Accueil du site > L’Aude et le Monde. > Bilans scientifiques du SRA (DRAC) > Bilan 2008 du SRA > Villeneuve-la-Comptal Parc du château

Villeneuve-la-Comptal Parc du château

MOYEN AGE EPOQUE MODERNE [1]

Sur une surface de 3,3 hectares le projet de lotissement « Le parc du Château » recouvre des vestiges couvrant un large spectre chronologique, du Haut Moyen Age jusqu’à la période moderne, en passant par le Bas Moyen Age, période la mieux documentée. A l’issue de cette campagne, on constate que les vestiges, nombreux et variés, font écho à l’origine médiévale du village de Villeneuve-la-Comptal, à son développement et à son extension en dehors du périmètre matérialisé par l’enceinte fortifiée.

Les traces humaines les plus anciennes sur les lieux se manifestent par la présence de mobilier céramique antique, soit en surface du terrain, soit de manière résiduelle au sein des couches et structures du Moyen Age. Les vestiges immobiliers sont quant à eux des plus discrets, contrairement à ce que nous aurions pu penser en regard de la présence de ces tessons antiques. M. Passelac pressent un établissement agricole dans le secteur, mais la question de sa localisation exacte reste posée.

La présence d’activités humaines dès le Haut Moyen Age est en soit une information exceptionnelle, et par conséquent confirme les observations effectuées par M Passelac dans certains secteurs de la commune. En revanche, il nous est difficile en l’état de nos recherches de caractériser correctement le type d’occupation que nous avons exhumé. Il est clair que nous avons affaire à une population rurale présente de manière timide dès le début du Haut Moyen Age comme en témoigne la découverte de céramique du VIIème siècle dans un fossé. Cette présence est beaucoup plus palpable entre les IXe et XIe siècles. L’ensemble des trous de poteau observés au nord du diagnostic renvoie sans doute à l’existence d’habitats à poteaux porteurs. Les activités de type agricole sont perçues à travers la découverte de silos de stockage des grains. La fonction des autres creusements (grandes fosses quadrangulaires et fosses circulaires…) restent pour l’instant obscures à nos yeux. Un décapage extensif de cette zone permettrait probablement de saisir l’organisation générale de ces vestiges, et par conséquent d’entrevoir certaines unités d’habitation.

Il y a fort à penser que l’existence de cette communauté paysanne après l’an Mil, a jouée un rôle décisif dans la création du castrum en 1162. Nos investigations ont eu pour résultat d’exhumer un pan entier de ce dernier où plutôt une extension hors les murs dans le courant du XIIIe siècle et durant le XIVe siècle, extension qui a en tout cas sans doute précédé les grandes crises du milieu du XIVe. Avec les aléas du temps, ce faubourg n’avait laissé aucune trace, à la fois dans les documents d’archives, mais aussi à la surface du terrain. Il parait évident aussi, que la proximité du village explique la densité des ruines dans ce secteur.

L’organisation spatiale de ce que l’on peut considérer comme un faubourg – ou plutôt devrait-on parler d’habitats groupés ?- s’articule de part et d’autre d’un chemin orienté du nord-sud, ancêtre du chemin actuel. Cet habitat se manifeste par un réseau dense de constructions qui se concrétise dans nos tranchées par une quarantaine de murs obéissant le plus souvent à deux axes directeurs, nord-sud et est-ouest. La trame d’ensemble de ce faubourg nous échappe, toutefois la concentration de maçonneries dans certains secteurs semble ponctuellement mettre en évidence la présence d’unités d’habitations.

Le niveau général de conservation des vestiges de cette période est plutôt médiocre, l’absence de niveaux de sol est la règle générale, le site semble en effet avoir subi à la fois un important phénomène d’érosion ainsi qu’un processus de récupération des matériaux de construction. En effet, on a pu constater que la quasi-totalité des murs avait été profondément démantelée et que ne subsistaient que des tronçons de fondation, le plus souvent sur une unique assise conservée. Dans ce contexte, il est donc difficile de localiser ne serait-ce que des espaces ouverts et des espaces fermés, hormis pour le chemin principal et un espace de circulation repéré à l’ouest de l’un des murs.

La présence de mottes de torchis dans les remblais d’abandon nous informe sur l’édification de certains murs avec de la terre et de la paille. Tout comme la forte concentration de fragments de tuiles romanes nous informe sur la présence de couverture de ce type.

Un certain nombre de structures en relation avec cette occupation ont été mis au jour, il s’agit de plusieurs puits, des silos, un four, ainsi qu’un réseau de fossés et de drain assez complexe à comprendre en l’état actuel de nos recherches.

Les premiers éléments de datation établis sur base du mobilier céramique situent la construction et l’occupation de l’ensemble dans une séquence chronologique de deux cent ans environ, entre le XIIIème siècle et le XVème siècle, sans qu’il soit possible d’apporter une datation plus précise. On constate que les remblais d’abandon recouvrant la plupart des structures bâties se situent à l’extrême fin du Bas Moyen Age, voire au début de la période moderne. Ce secteur semble alors conserver certaines activités et des constructions sont présentes sur les lieux, comme par exemple autre un ancien pigeonnier, annexe du château.

Tanguy WIBAUT et Eric YEBDRI
INRAP Méditerranée

Notes

[1] Notice extraite du Bilan Scientifique 2008 du Service Régional d’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon

  
SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0