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Tournissan Le Castillet

NÉOLITHIQUE AGE DU BRONZE [1]

Une opération d’archéologie préventive a été menée sur l’emprise d’un lotissement au lieu-dit « Le Castillet », rue du Château. Le site est localisé à quelques centaines de mètres au nord du village actuel, dans la continuité du lotissement « Le Château », déjà existant. Dans le cadre du projet d’aménagement, un diagnostic archéologique a été réalisé à la fin de l’année 2006 par Denis Rolin (INRAP), révélant avec plus de précisions ce que la prospection terrestre menée par Gérald Sachot la même année, avait suggéré. Trois types de vestiges ont été mis au jour : un monument funéraire attribué au Chasséen (4500 – 3500 av. J.-C.), les vestiges d’une occupation domestique attribuée au Bronze final IIIb (900 – 700 av. J.-C.) et une grande fosse d’extraction de matériaux datée du Néolithique final (3000 – 2500 av. J.-C.) qui n’a pas donné lieu à prescription de fouille. Celle-ci s’est déroulée du 13 mai au 30 juin 2008.

Dans le secteur 1 « Age du Bronze », 52 faits ont été identifiés et fouillés, sur les 350 m2 décapés. Ils se présentent sous la forme de structures en creux, conservées sur une assez faible profondeur (de 6 à 41 cm). La moitié d’entre elles a livré du mobilier archéologique, principalement composé de fragments de céramique. On distingue : un tronçon de fossé très arasé, des fosses de forme ovale, des petites cuvettes circulaires pouvant être interprétées comme des bases de trous de poteaux, des fosses circulaires dont le comblement renfermait d’importantes quantités de matériel. Ces divers éléments viennent documenter une occupation datée du Bronze final IIIa ou IIIb.

Le secteur 2 « enclos néolithique », se caractérise par la présence de structures en creux, de type fosses ou trous de poteaux mais aussi de dépressions naturelles dans lesquelles du matériel a été piégé, d’un épandage de terre cuite et de céramique, et d’un « monument funéraire ». Huit faits peuvent être interprétés comme des trous de poteaux. L’essentiel du matériel mis au jour dans cette zone, l’a été à la faveur de dépressions naturelles situées dans la partie est de l’emprise, entièrement détruite par les labours en raison d’une remontée sensible du substrat calcaire. On note également la présence d’un épandage, assez limité en surface, de terre cuite et de tessons de céramique. La plupart du matériel recueilli appartient au Bronze Final IIIb et un seul fait peut être attribué au Bronze ancien.

Le « monument funéraire » est l’élément le plus visible de cette zone. Contrairement à ce qui était attendu, aucun coffre n’a pu être retrouvé. Seules des dalles isolées, en position secondaire, ont été mises au jour, de même qu’un amas de dalles et de blocs fracturés au centre du monument. Aucun datation directe ne peut être proposée, faute d’éléments matériels. Seul un terminus post quem, donné par le matériel Bronze final issu des terres de recouvrement, peut être avancé. De même, la destination réelle de cette construction ne peut être clairement établie. L’hypothèse d’un cénotaphe a été émise.

Pascale FRANCOIS
ARCHEODUNUM

Notes

[1] Notice extraite du Bilan Scientifique 2008 du Service Régional d’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon

  
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