Pomas Le Château

MOYEN AGE
EPOQUES MODERNE ET CONTEMPORAINE [1]

Un court diagnostic portant sur une étude de bâti
du château et sur des sondages sur la plate-forme a
permis un premier phasage de cet ensemble castral
qui se résume à cinq grandes étapes.
La plus ancienne qui reste à dater (XIII-XIVe s. ?)
dessine une enveloppe quadrangulaire de type
défensif avec des archères cruciformes en batterie à
la base et des hourds en couronnement, deux entrées
sous brétèches dont la principale domine un fossé,
des traces de divisions intérieures et de stockage.
Les tourelles d’angle peuvent appartenir à cet état ;
elles sont très semblables à celles du donjon de la
cathédrale d’Agde daté de la fi n du XIIIe s., le système
de hourdage mais aussi le plafond peint attribuable à
la fi n du XVe s. prenant chaque fois en compte leur
présence.

La fi n du XVe s. semble marquer la transformation
de l’ensemble castral à vocation défensive en une
habitation de prestige selon un plan aménageant
trois corps de bâtiments sur cour et comprenant
tourelle d’escalier à vis, baies à croisées et cheminées
monumentales, plafond peint avec blasons et figures
historiées sur salle d’apparat, à rapprocher de celui de
l’abbaye de Saint-Hilaire à 3 km de là.

Le XVIe s. voit la mise en place d’une tour carrée
avec canonnières, la reprise d’élévations intérieures
notamment le plafond sur la grande salle et percement
de grandes baies, aménagement d’une cave en sous-sol.
Au XVIIe s., on note la réfection de certains plafonds
ainsi que des réaménagements divers. Les XVIIIe et
XIXe s. se caractérisent par des cloisonnements, des
reprises de la distribution et la surélévation d’un corps
de bâtiment.

Le XXe s. est marqué par la présence d’une grande
terrasse surplombant les anciens fossés du côté de
la plate-forme est à laquelle on accède à hauteur
du premier étage ; celle-ci peut être plus ancienne
puisqu’elle semble figurer sur le cadastre napoléonien
de 1832. En 1973, le château est vendu et les différents
travaux sont effectués sans aucune concertation avec
les servies publics. L’opération actuelle s’insère dans
un nouveau projet de restructuration.

Quant aux sondages ils n’ont livré guère de résultats, le
substrat étant très proche : ils se résument à un vestige
de mur de terrasse sur la partie la plus haute de la cour,
mais dépourvu de mobilier significatif. L’hypothèse
selon laquelle au départ il y avait un chemin menant
au château à partir de la fourche enserrant l’église
(XIVe s.) et le cimetière, n’a pu être vérifiée. Quant aux
bâtiments associés, leur facture est moderne, voire
récente, en dépit du fait que l’un d’eux est inscrit de
longues enfilades pouvant s’apparenter à des archères
mais servant plutôt à éclairer sans mettre en péril le
contenu du bâtiment par des ouvertures plus larges.

Astrid HUSER
INRAP Méditerranée

Pomas
Plan général des vestiges

[1Notice extraite du Bilan Scientifique 2008 du Service Régional d’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon