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Narbonne, toutes opérations

Toutes les notices sont extraites du Bilan Scientifique 2008 du Service Régional d’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon.

Les Collines de Réveillon
Les Abrassous Bas
Quai d’Alsace, diagnostic
Quai d’Alsace, fouille préventive
La Vignede Crabit
Rue Lakanal, Théodora
Rue Lakanal, Les Dryades
Avenue de la Grande Armée
Les Jardins de couderc
14, rue du Bois Rolland
LotissementEmeraude
La Coupe III, tranche 2
La coupe III, Saint-Hippolyte
La Coupe III
Rue Louise Michel
34, rue du Pont des Marchands
Résidence Roca. 30, Boulevard de 1848
Boulevard Général de Gaulle, Résidence Le Palais
Canal de la Robine et fleuve Aude

Les Collines de Réveillon

Antiquité

Le site de Narbonne-Réveillon est à environ 5 km au sud de la ville, juste au nord de Prat-de-Cest, dont le nom provient du VIe milliaire. La fouille a permis de mettre en évidence l’évolution ponctuelle de la voie domitienne et un petit aqueduc de type domanial. Trois zones ont été ouvertes au nord du ruisseau du Figairolles dont le passage se faisait par un ponceau. Ce dernier avait été observé lors du diagnostic et inclus pour sa protection dans une zone non ædificandi. La voie qui empruntait ce ponceau a connu au moins trois phases non superposées. La céramique permet de dater la construction et l’utilisation de ces voies de l’époque gallo-romaine sans plus de précision. La qualité des installations est très variable. Il semble que lorsque cela est possible, la chaussée (ou partie) repose directement sur la roche calcaire. Au besoin un compactage de matériaux forme le statumen.

- Dans un premier temps, une voie a été installée au fond d’un vallon créé par le massif de Fondfroide et un pech avant d’obliquer légèrement vers l’est. La roche lui sert de statumen et la surface de circulation a pu être étagée par paliers pour s’adapter aux pentes du vallon : sa largeur maximale est de 4,20 m. Elle semble emprunter le ponceau du Figairolles. Cette voie a disparu sous un épais colluvionnement.
- Une autre voie a été installée plus à l’est. On ne connaît pas la datation relative de cette voie par rapport à la précédente. Sa trajectoire semble être rectiligne. Elle coupe peut-être le vallon entre le massif de Fondfroide et le pech plutôt que de le suivre. Ce fait pourrait indiquer que le vallon était déjà comblé par les colluvions et donc que cette voie est postérieure à la précédente. Elle semble rejoindre le ponceau du Figairolles. Sa largeur totale n’est pas certaine mais peut être estimée à 4,5 m. A cette phase on a associé des éléments d’une autre surface, mal conservée en raison des travaux agricoles et des destructions précédant immédiatement la fouille.
- Un troisième axe, contemporain ou postérieur au fonctionnement à la phase précédente, a pu permettre l’accès au massif de Fondfroide en longeant la rive gauche du Figairolles, mais sa destination exacte est incertaine. Les « collines de Réveillon » seraient alors le lieu d’un embranchement.

Quelques éléments postérieurs aux voies déjà citées permettent de supposer une reprise de l’axe le plus rectiligne (deuxième phase) après qu’un nouvel épisode de colluvionnement l’ait recouvert.

Il faut retenir que le passage du Figairolles à l’époque antique a obligé non seulement des réfections de la via domitia, mais aussi des évolutions du tracé. Ce fait est probablement dû à l’impact du colluvionnement sur la viabilité des surfaces et à une évolution de l’approche du ponceau pour le franchissement du Figairolles. Le signe le plus net de ces réaménagements est l’existence du petit aqueduc rural observé sur plus de 100 m. De petit module, il est construit avec des piédroits maçonnés et une couverture de dalles et d’autres matériaux récupérés (dolium). Orienté nord-ouest/ sud-est, il pouvait permettre d’acheminer l’eau du Figairolles vers un établissement qui n’a pu être identifié. Il est installé dans l’important colluvionnement qui fait disparaître le premier tracé de la voie et est ensuite intégré dans les sous-structures d’une des voies plus tardive. Il est donc possible que lors de sa construction et peut-être une partie de son utilisation, la circulation de Narbonne vers l’Espagne se soit faite par des tronçons qui ne passent pas sur les collines de Réveillon.

Des éléments d’aménagements postérieurs à la dernière phase de la voie ont été retrouvé. La plupart sont des drains ou fossés mais on a aussi un mur courbe isolé et une voirie plus récente menant vers le haut du massif.

Céline BEAUCHAMP
Oxford Archéologie Méditerranée

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Narbonne Réveillon
Plan général du site, phasé

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Les Abrassous Bas

NÉOLITHIQUE FINAL AGE DU BRONZE - ANTIQUITÉ

Une fouille archéologique a été réalisée, dans le cadre du projet d’aménagement d’un lotissement, les Abrassous Bas, à environ 3 km au nord-ouest du centre de Narbonne. Elle a fait suite à un diagnostic réalisé en août 2004 par Véronique Canut (INRAP). Le site des Abrassous Bas est occupé du Néolithique récent jusqu’à l’époque romaine. La campagne de fouille menée à la fi n de l’hiver 2008 a surtout mis en évidence une occupation caractéristique du Néolithique fi nal languedocien.

Deux zones ont été distinguées. Dans la zone A (1450 m²), se trouvent surtout des vestiges du Néolithiques et de l’Age du Bronze ; ils ont livré une large collection de céramique, faune et carporestes. Les études spatiales, fonctionnelles et chronologiques font toutes ressortir le caractère hétérogène de cette occupation et seules quelques conclusions ont pu être avancées.

D’un point de vue culturel, la majorité des structures datables est attribuée à un Néolithique fi nal vérazien. Selon le phasage proposé par L. Carozza (CNRS), il est possible d’établir la date d’une partie de l’occupation vers un Vérazien classique et probablement même une transition entre Vérazien classique et Vérazien fi nal, ce que confi rmerait les datations radiocarbones calibrées à deux sigmas à 2670-2470 BC ( Poz-29519 et Poz- 29520).

Au niveau fonctionnel, les structures liées à l’usage du feu sont majoritaires (15 fosses sur 29). On distingue des fosses présentant des traces de combustion, des fosses à dépôt cendreux interprétées comme des cendriers de four, des fosses contenant de nombreuses pierres brûlées et des fosses livrant des fragments de terre cuite interprétés comme des éléments de four.

Quelques trous de poteaux sont regroupés à l’ouest de la zone A. Il est trop périlleux de proposer la restitution d’une structure car la nature même de « trou de poteau » ne peut être catégoriquement affi rmée pour chacune d’entre elles et les éléments de datation ne permettent pas d’affi rmer la contemporanéité de cet ensemble. Néanmoins la présence d’un bâtiment n’est pas exclue au vu de la variabilité des structures, et du mobilier céramique qui atteste l’implantation d’un habitat sur ou à proximité de la zone A.

Les vestiges romains apparaissent principalement dans la zone B (150 m²), ouverte pour vérifi er l’existence d’une cabane tardo-républicaine. La fouille a mis en évidence l’existence de fosses entrecoupées datant du Ier siècle de notre ère.

Céline BEAUCHAMP _Oxford Archéologie Méditerranée

Robin FURESTIER
Oxford Archéologie Méditerranée, UMR 5140 Montpellier-Lattes

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Quai d’Alsace, diagnostic

Antiquité

Les huit sondages positifs réalisés lors du diagnostic archéologique au 18-20 quai d’Alsace, ont permis la découverte d’un quartier de la Narbonne antique. Celui-ci se met en place pendant le Haut Empire, vraisemblablement au début du Ier s. de notre ère et perdure au siècle suivant. Cette urbanisation se manifeste par la présence de murs, de niveaux de sol, d’une voie de circulation, d’espaces et de structures liées à l’eau (bassins, caniveau) dans différents secteurs de la parcelle. Les éléments que nous ont apportés les huit sondages ne nous permettent pas de saisir la trame d’ensemble ; tout juste pouvonsnous tenter une ébauche de réfl exion sur la répartition spatiale des vestiges tels que nous l’avons observée in situ. Les vestiges bâtis sont présents partout, hormis dans la zone nord-est.

Une voie de circulation a été repérée dans un des sondages situés à l’ouest ; elle correspond peut-être à la limite occidentale de l’emprise des bâtiments antiques. Bien que dégagé sur une assez courte distance, ce tronçon de rue pourrait apporter une indication essentielle à la compréhension de la topographie du secteur. Il met en évidence la présence d’une desserte prise en étau entre le cours d’eau antique à l’ouest (matérialisé aujourd’hui par le canal de la Robine) et les constructions que nous avons mis au jour à l’est. Cette répartition topographique des éléments (bras de l’Aude, chemin et quartier urbanisé à l’est) ressemble étrangement à la topographie du quartier depuis le XIXe siècle, qui se fédère autour du canal de la Robine à l’ouest, du quai d’Alsace en guise d’axe de circulation et de bâtiments artisanaux à l’est.

L’ensemble des murs mis au jour, un peu moins d’une dizaine, accuse deux orientations précises, nord-sud et est-ouest (6° Est plus précisément). La pierre, la terre et la terre cuite entrent largement dans le mode de construction des bâtiments. La pierre, toujours liée au mortier de chaux, est exclusivement à base de moellons et de blocs de calcaire blancs, ce matériau a également été utilisé comme soubassement à des élévations en terre. Seul le mur du sondage 8, en limite de la voie est construit en pierre de grès.

La présence relativement importante dans les remblais de démolition de fragments et de nodules de torchis (rubéfi ées ou pas), témoigne d’architecture en terre crue dans l’édifi cation des élévations des murs. La couverture des bâtiments utilise essentiellement la tuile, les tegulae et imbrices font parties du cortège des artéfacts exhumés dans les remblais d’abandon. Sur une grande partie des bâtiments mis au jour, l’unique sol d’occupation correspond à un niveau de sol bâti que nous avons baptisé « sol rouge » en référence à sa couleur. Ceci rend donc l’interprétation des pièces et des espaces diffi ciles. Le « sol rouge » est d’une facture assez particulière, car il met en oeuvre uniquement une très grande quantité de matériaux provenant de la destruction de fours, à savoir des briques et des briquettes d’argile crue rubéfi ées. Une autre particularité de ce sol est son extrême densité qui se matérialise par une surface de circulation horizontale très compacte.

La présence des bassins, croisés dans le sondage 6 (lieu de stockage de l’eau ou de décantation de l’argile) et dans une moindre mesure du caniveau du sondage 5, pourrait renforcer l’hypothèse d’une activité artisanale sur le site.

Les constructions sont détruites et abandonnées dans le courant du IIe s. ap. J.-C. Nous n’avons pas repéré de nouvelles implantations sur les décombres des bâtiments. Ces derniers semblent être rapidement submergés par des limons sableux, sans doute des alluvions déposés au gré des débordements du bras de l’Aude. Ces dépôts attestent du caractère inondable des lieux, problème récurrent qui a pu pousser les habitants à quitter le site. Ces phases de crue pourraient valider la présence d’un bras de l’antique Atax à partir du Ier siècle de notre ère, tel que le mentionnent les textes antiques. Elle a favorisé le développement de nouvelles zones urbanisées à proximité d’une voie fl uviale, favorable au transport des marchandises.

Grâce aux dépôts limoneux, le secteur devient alors propice aux travaux agricoles, et ce très tôt après l’abandon des bâtiments. Des séries de fosses de plantation transpercent les niveaux antiques à partir du IIe s. ap. J.-C.

Tanguy WIBAUT, Eric YEBDRI
INRAP Méditerranée

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Quai d’Alsace, Fouille préventive

Antiquité

La fouille préventive menée au 19/20 quai d’Alsace, a été motivée par la construction d’un parking souterrain et d’un ensemble de logements résidentiels. Le site est localisé à l’ouest de la ville, en dehors des murs du Bas Empire et dans un secteur réputé en marge de la ville du Haut Empire. Néanmoins, de récentes opérations (21 quai d’Alsace, rue Lamartine, diagnostic rue des Passerelles) ont montré l’importance du suivi archéologique de la zone. Le diagnostic, mené par T. Wibaut (INRAP), a révélé la présence de bâtiments, de bassins et d’une canalisation. La fouille archéologique préventive a été réalisée par la société Archeodunum entre le 14 avril et le 13 juin 2008.

Les vestiges mis au jour étaient nettement plus denses que ce qui était attendu, mais globalement en mauvais état de conservation, en particulier dans la partie nordest de l’emprise.

La fouille a révélé quatre phases principales d’occupation. La plus ancienne datée du principat d’Auguste, se caractérise par la mise en place de deux axes de circulation nord-sud, délimitant un espace de 35 m de large environ (soit un actus) dans la partie occidentale de l’emprise.

Les premiers bâtiments apparaissent au milieu du Ier siècle. Ils sont dans l’ensemble assez mal conservés. Seul le plan d’un grand édifi ce composé de cellules aux dimensions identiques et disposées selon un axe nord-sud a pu être restitué. Il pourrait s’agir d’une série de boutiques (tabernae), bordées par un portique ouvert sur la voie centrale édifiée à l’époque augustéenne et rechargée au cours de cette deuxième phase d’occupation du site. Plusieurs exemples en Gaule et Italie permettent d’envisager la présence d’un habitat à proximité. Ainsi, la pièce située à l’extrémité sud de l’îlot adopte un plan différent et est équipée d’enduits peints, effondrés au pied des murs. La voie située à l’ouest est également longée par un portique. En partie est, les bâtiments sont trop mal conservés pour établir une interprétation satisfaisante de l’ensemble. Dans le même temps, ou légèrement plus tard, plusieurs bassins sont construits ainsi qu’un important réseau de canalisations, pour l’essentiel utilisé afin d’évacuer leurs eaux. Le quartier semble ainsi abriter des édifices artisanaux et commerciaux, activités sans doute favorisées par la probable proximité de l’Atax. Cet ancien cours d’eau, dont la localisation exacte pose problème, n’a pas pu être mis en évidence sur l’emprise des travaux. Après la destruction de ces premiers édifices, le quartier est réorganisé et une nouvelle trame urbaine est perceptible à travers l’orientation des bâtiments alors édifiés (deuxième moitié du IIe siècle). Ceux-ci se concentrent à l’est et au sud de l’emprise, tandis que les voies de circulation sont encore empruntées, au moins en partie. Le plan lacunaire des constructions ne permet pas d’attribuer une quelconque fonction au bâti de cette troisième phase d’occupation. Les lieux sont peu à peu abandonnés et les derniers vestiges remontent au milieu du IIIe siècle. Peu nombreux, ils consistent trois canalisations et quelques fosses. C’est à cette époque que Narbonne semble se replier sur elle-même et que l’enceinte est construite. Le principal intérêt de cette fouille est la mise au jour d’un bâti relativement dense dans un secteur mal connu de la ville du Haut Empire. Il confirme l’importance de l’occupation du quartier ainsi que sa probable vocation artisanale et commerciale. Par ailleurs, les constructions ne respectent pas les trames cadastrales jusque-là identifiées à Narbonne, ce qui invite à repenser les formes de l’urbanisation dans cette partie de la ville.

Julien OLLIVIER
ARCHEODUNUM

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La Vigne Crabit

Antiquité - Antiquité tardive

Le lotissement de la Vigne Crabit se situe au nord-ouest de la ville. Les parcelles concernées par ce diagnostic étaient préalablement plantées en vigne.

Nous avons pu observer un ensemble de traces agraires, plusieurs sections de fossés, des drains modernes et antiques, un lambeau de sol, une petite zone où l’on a relevé les trace d’un foyer et de rubéfaction, et une section d’aqueduc dans un bon état de conservation. La situation de ces parcelles en bas de vallon était propice aux inondations. Il était donc normal que le diagnostic mette en évidence un système de drainage pour assainir ces terrains après les périodes de fortes pluies. Nous n’avons pu situer avec précision ces aménagements chronologiquement.

Le niveau de sol était constitué d’un sédiment brun mêlé de fragments de céramique antique (Ier av.- Ier ap.-IIe ap. J-.C.), des vestiges similaires avaient été mis en évidence lors des diagnostics précédents concernant des parcelles limitrophes. Il peut s’agir bien sûr d’un phénomène de colluvionnement mais aussi du résultat des techniques de fumure. Les traces agraires mises en évidence se situaient à proximité et sous ce niveau brun.

L’aqueduc n’a pu être appréhendé que sur une courte section. Il était bien conservé, mais la rapide montée des eaux dans la tranchée n’a pas permis une observation exhaustive. La largeur du canal (0,45 m) témoigne d’un ouvrage d’une certaine importance qui devait alimenter un système d’arrosage, une ou plusieurs villae ou peut-être même la ville de Narbonne. Cet ouvrage n’a pu être daté avec précision. Des fragments de céramique du IIe/ Ier av. – Ier/IIe ap. – IVe/Ve s. ap. J.-C étaient présents dans le comblement du fossé.

Denis ROLIN
INRAP Méditerranée

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Rue Lakanal, Theodora

Antiquité

Le terrain soumis à diagnostic est destiné à la construction d’un immeuble collectif. L’assiette du projet couvre une surface de 616 m2, située en centre ville. Cette emprise incluse dans le zonage archéologique de Narbonne se trouve à proximité de découvertes notables qui attestent la présence d’un quartier résidentiel édifié au cours du Ier s. ap. J.-C.

Les observations permettent de supposer plusieurs phases d’occupation durant l’Antiquité. Les vestiges de la première occupation, deux niveaux de sol et un angle de maçonnerie, appartiennent probablement à une domus datable du Ier s. ap. J.-C. La richesse du mobilier issu des tranchées de récupération postérieures, permet de supposer que cette construction était décorée d’enduits peints de belle facture et sans doute de sols ouvragés (présence de fragments d’opus sectile).

Une deuxième occupation, superposée à la première, est attesté par un mur englobé dans les tranchées de récupération et les remblais de la fin du IIe s. ou du début du IIIe s. Aucun niveau de sol en relation avec ce mur, n’a été observé. Ce bâtiment est peut-être à associer à un chemin en bordure orientale duquel est apparue une sépulture en amphore.

Véronique CANUT
INRAP Méditerranée

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5, Rue Lakanal, Les Dryades

ANTIQUITÉ ANTIQUITÉ TARDIVE - EPOQUE MODERNE

Le terrain d’une surface de 660 m2 en centre ville est destiné à la construction d’un immeuble collectif. Cette emprise est incluse dans le zonage archéologique de Narbonne et se trouve à proximité de découvertes archéologiques notables qui attestent la présence d’un quartier résidentiel édifi é au cours du Ier s. ap. J.-C.

Les structures mises au jour au fond des deux tranchées appartiennent à un espace ouvert au sein d’un bâtiment antique de type domus édifié au cours de la seconde moitié du Ier s. Dans la moitié méridionale de la tranchée 12, les vestiges de cette occupation ont été dégagés sur une superficie de 6 m2 à une profondeur de plus de m. Il s’agit d’un mur quasi intégralement récupéré délimitant à l’ouest un sol mosaïqué à fond noir, et longé à l’est par un bassin-canal. La seconde tranchée a confirmé l’extension de l’habitation vers le sud de l’emprise. Un sol en opus spicatum très endommagé, est apparu à une profondeur de 2,10 m au centre du sondage.

Au cours du IVe s. des récupérations de matériaux affectent les vestiges de la domus. La tranchée de récupération d’un mur a livré un follis de Constant ou Constance César, frappé à Lyon vers 341/346 ap. J.-C. Cette découverte permet de dater avec plus de précision les niveaux contemporains de la tranchée de spoliation, notamment le sol de circulation grossier constitué de petites pierres et galets noyés dans un mortier de chaux induré et la fosse qui le transperce. Les niveaux antiques sont finalement scellés par une épaisse couche limoneuse contenant du mobilier tardo-médiéval à moderne. Il s’agit des terres du glacis ceinturant les ouvrages avancés de la courtine édifiée au cours du XVIe s.

Véronique CANUT
INRAP Méditerranée

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Avenue de la Grande Armée

ANTIQUITÉ ANTIQUITÉ TARDIVE

Un diagnostic archéologique a été réalisé, en mars 2008, au nord-ouest de la ville antique, avenue de la Grande Armée. Sur une parcelle de 1865 m2, 500 m2 ont été testés Le terrain concerné par l’opération s’inscrit dans le zonage archéologique de Narbonne (arrêté préfectoral 2002-89 du 16 février 2002), dans un secteur qui a déjà livré de nombreux vestiges d’époque antique.

Sur les deux tranchées ouvertes, une n’a pas pu être exploitée, pour des raisons de sécurité. La seconde a livré une séquence stratigraphique qui illustre l’occupation dans cette zone durant l’Antiquité tardive ; le mobilier associé à cette période est présent en quantité très réduite.

L’alternance de niveaux anthropisés et de niveaux de sable semble attester d’une accumulation en espace ouvert, dans une zone fortement inondable. Toutefois, au-delà de l’illustration somme toute récente de l’occupation que nous livre ces remblais, c’est l’homogénéité de leur datation pour les contextes datés de l’époque augustéenne qui est avant tout à retenir. Cette séquence chronologique, qui témoigne de la présence de dépotoirs, est attestée par le mobilier céramique et faunique qui, tous deux, s’avèrent très peu pollués par les éléments représentatifs de l’occupation ultime.

L’analyse archéozoologique des restes ostéologique et conchyliologique, par Vianney Forest (INRAP), permet de distinguer la proximité d’activités privées ou publiques à l’origine de ces dépotoirs. L’étude de la céramique, par Corinne Sanchez (UMR 5607 – Ausonius, Bordeaux 3), livre de nouveaux éléments sur ces dépotoirs et montre l’importance de ce phénomène à la période augustéenne et notamment avant le changement d’ère.

Ainsi, au travers de ce dossier c’est encore une fois pour l’agglomération antique de Narbonne une utilisation de ces zones périurbaines à des fins de stockage des rejets domestiques qui se trouve illustrée pour la période augustéenne.

Agnès BERGERET
INRAP Méditerranée

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Les Jardins de Couderc

NÉOLITHIQUE

Un diagnostic archéologique, nommé « les jardins de Couderc », a été réalisé en février 2008 à 5 km au nord-ouest de la ville, sur une parcelle de 5785 m2. Il s’inscrit dans un secteur, peu à peu gagné par l’expansion urbaine, qui fait l’objet d’un suivi systématique de la part du Service Régional de l’Archéologie dans le cadre de l’étude sur l’occupation du sol et l’organisation de l’habitat dans la périphérie de Narbonne.

Cette opération succède ainsi à trois interventions dirigées par C. Sanchez en 2004 (deux diagnostics) et V. Canut en 2007. Ces terrains étudiés antérieurement encadrent, au nord, au sud et à l’est, le lieu récemment investigué. Les vestiges dégagés avant 2008 témoignent d’une occupation de cette vaste zone, du Néolithique final jusqu’à l’Antiquité tardive, caractérisée par des traces d’habitat (néolithique et protohistoire) et de mise en valeur des terres (Antiquité et/ou Moyen Age).

Sur la parcelle diagnostiquée en 2008, la découverte d’une unique fosse enrichit, par le mobilier céramique très abondant qu’elle contenait, la connaissance de l’occupation de ce secteur durant le Néolithique final de tradition vérazienne (3000 à 2500 av. n.è.). Le mobilier a été daté par G. Loison.

Agnès BERGERET
INRAP Méditerranée

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14, rue du Bois-Rolland

ANTIQUITÉ

Les deux tranchées mécaniques ouvertes sur l’emprise d’une future piscine sur la parcelle AP74 n’ont pas révélé la présence de vestiges archéologiques. Menés jusqu’au contact du probable terrain naturel, à une profondeur comprise entre 2 et 2,10 m sous le sol actuel, les sondages ont mis au jour plusieurs recharges constitutives d’un même remblai datable des alentours du 1er siècle de n. è.

Olivier GINOUVEZ
INRAP Méditerranée

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Lotissement Emeraude

ANTIQUITÉ ANTIQUITÉ TARDIVE - HAUT MOYENAGE

Le lotissement « Emeraude » à Narbonne au lieu-dit ‘Villar de Fargues’ est l’ultime parcelle au nord du complexe de la ZAC de ‘La Coupe’ à avoir fait l’objet d’un diagnostic. Les précédentes interventions se sont soldées par l’identifi cation de deux périodes d’occupations, l’une antique (un bâti, des silos et des fosses de plantation), l’autre du Haut Moyen Âge (un castrum et l’habitat associé). Cette opération a permis la mise au jour de vestiges de l’Antiquité tardive à savoir un bâtiment orienté nord-sud, associé à un silo d’1,80 m de diamètre. Le bâti rectangulaire fortement arasé est installé sur une terrasse est-ouest au pied de la colline, sa largeur est de 5,20 m pour une longueur maximale observée de 14,50 m vu qu’il se perd au sud dans le substrat affl eurant. Il est conservé au mieux sur deux assises de fondation construites en blocs et moellons de pierres de grès liées à la terre et appareillées grossièrement. Le mobilier collecté détermine une occupation domestique liée à un habitat (vaisselle fi ne, peson, faune, verre, …) mais la présence de scories dénote également d’une activité artisanale. Une fouille est prévue qui caractérisera la chronologie de cette occupation.

Tanguy WIBAUT et Eric YEBDRI
INRAP Méditerranée

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La Coupe III, tranche 2.

ANTIQUITÉ MOYEN AGE

La seconde tranche de l’opération réalisée à Narbonne La Coupe III, sur l’îlot 3, a permis de confi rmer les informations relevées lors du diagnostic de 2007 (des îlots 2 et 4). Un secteur agricole antique s’étalant sur toute la surface du projet et un site médiéval localisé au niveau de la ruine du castrum de Villar de Fargues. La première tranche avait livré un long bâtiment antique, à l’ouest de la Coupe III, associé à des traces agraires. D’autres structures agraires ont été retrouvées à l’autre extrémité de la parcelle. C’est entre ces deux zones que nous avons mis au jour lors de cette intervention, un réseau parcellaire souligné par des fossés et des murets bas et peu épais. Différents types de fosses de plantation ont été relevés, oblongues, rondes, rectangulaires de grandes dimensions ou carrées de moins de 0,60 m de côté. Celles-ci peuvent appartenir à des périodes différentes. Les petites fosses oblongues, largement majoritaire lors du diagnostic de l’îlot 4, sont indubitablement antiques. Les autres types de fosses n’ont pas livré de matériel, si ce n’est les fosses carrées attribuées à la période médiévale et localisées dans la partie ouest de l’îlot 3.

Les murets sont formés de blocs et de moellons de grès local liés à la terre. Ils fonctionnent selon une trame orthonormée, épousant légèrement le cirque naturel des hauteurs alentours. Les fossés se placent au travers de la topographie du terrain, contraint de s’adapter aux terrasses, dépressions et autres ravines naturelles.

A l’instar de ceux de la première tranche, deux silos antiques ont été retrouvés dans la partie est. Une batterie de six silos est localisée à la limite est du domaine du castrum. Nous sommes étonnés de ne pas avoir trouvé plus de vestiges liés à cette période dans ce secteur, surtout au plus près de la terrasse où l’on peut toujours voir le ruines du castrum. C’est dans ce même secteur qu’un troisième silo antique a été trouvé, présentant une profondeur de 0,80 m, qui signale ainsi le potentiel archéologique préservé de cette zone.

Tanguy WIBAUT, Eric YEBDRI
INRAP Méditerranée

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La coupe III, Saint-Hippolyte

ANTIQUITÉ

La fouille de Narbonne La Coupe III fait suite à un diagnostic qui s’est déroulé en avril 2007 sous la responsabilité de T. Wibaut (INRAP). La prescription portait sur la partie sud-est de ce diagnostic, avec la présence de murs antiques, certainement constitutifs d’un bâtiment, ainsi que de fossés dont il restait à vérifi er la contemporanéité et d’une fosse avec des restes animaux.

Une fouille était alors prescrite afi n de préciser la datation des vestiges rencontrés et notamment celle du bâtiment ainsi que sa fonction. Il était intéressant aussi de confi rmer ou d’infi rmer la chronologie relative du bâtiment et des fossés repérés pendant le diagnostic.

La fouille a permis de repérer trois phases d’occupation.

La première est antérieure à la période augustéenne et se matérialise par deux petits murs dans la partie sudest de la parcelle, dont un est courbe ; d’une petite fosse et d’un niveau de circulation correspondant peutêtre à une pâture, limité à l’est par un fossé. Cela laisse imaginer éventuellement la présence d’un parcellaire antérieur à la période augustéenne. Ces vestiges ont été attribués à cette période car ils se trouvent sous les niveaux relatifs aux bâtiments et n’ont apparemment pas de rapport avec ces derniers.

La période augustéenne est représentée principalement par un bâtiment agricole d’environ 25 m de long pour 7 m de large, équivalent à une surface d’environ 175 m². Il est composé de deux espaces internes séparés par un mur de cloison au centre de laquelle devait se trouver une ouverture (un seuil en pierre est conservé à cet endroit) permettant faire communiquer les deux pièces. A l’image de deux bâtiments agricoles du Haut Empire (sur les sites aveyronnais du Cenel à La Cavalerie et de Cordenade à Salles-la-Source) la petite pièce devait servir d’habitat pour l’exploitant tandis que la grande pièce devait être réservée aux animaux. Deux autres murs de la même période se développent au nord et peuvent être le témoin d’un bâtiment annexe ou bien d’un enclos. Si la fonction agricole est la plus probable pour ce bâtiment, celle d’une bergerie, en comparaison avec le plan de bergeries antiques telles que celles de Cordenade, de la Crau ou du Cenel est séduisante.

Ce bâtiment coexiste avec un fossé se développant à l’est de celui-ci. Il est parallèle au mur oriental du bâtiment et effectue un retour vers l’ouest à environ deux mètres au nord du bâtiment.

La période contemporaine est marquée par fossé drainant se développant du nord-ouest vers le sudest en changeant deux fois de direction. Une carcasse d’animal, avait été repérée au diagnostic. Il s’agit d’un équidé enterré là au moins à la période moderne, car la séparation des membres du reste du corps de l’animal avant de le mettre en terre est reconnu pour ladite période.

Les apports de la fouille sont multiples. Les fossés repérés durant le diagnostic ne correspondent pas tous à ceux qui ont été explorés durant la fouille. En effet, après un décapage extensif, il semble que certaines des structures identifi ées au diagnostic comme des fossés correspondaient fi nalement à des lacunes dans le substrat, comblées par des colluvions. Néanmoins les différents fossés observés en fouille, qu’ils soient augustéens ou antérieurs à cette période pourraient être des limites de parcelles, selon l’hypothèse déjà suggérée lors du diagnostic. Cependant, l’orientation de ces fossés et du bâtiment, qui leur est en partie parallèle, ne s’insère dans aucun des cadastres antiques reconnus à Narbonne.

Les couches archéologiques en correspondance avec le bâtiment et surtout le dépotoir localisé au sud de celui-ci nous ont permis de mieux le situer dans le temps et de le positionner entre la fi n du Ier s. av. n. è. et le début du Ier s. de n. è. Le mobilier en relation avec les vestiges ayant pu fonctionner avec le bâtiment confi rme cette datation. Il est présent aussi bien dans des couches d’occupation que dans des niveaux d’abandon. De plus, aucun mobilier postérieur à la moitié du Ier s. de n. è. et antérieur à la période contemporaine n’a été trouvé.

Séverine MAYOUD
ARCHEODUNUM

Narbonne, La Coupe III, Saint-Hippolyte 1 : Comparaison de la taille et de l’orientation des bâtiments des sites du Cenel, de Cordenade et de La Coupe III. (D.A.O : S. Mayoud) 2 : Plan masse phasé des structures archéologiques. (DAO : S.Mayoud, M.Derin)

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La Coupe III

MOYEN AGE

Le site de La Coupe occupe le versant sud d’une petite colline, à l’est de Narbonne, prochainement destinée à être lotie. Au sommet, se trouvent les vestiges d’une ancienne fortifi cation médiévale, le castrum Vilar de Fargues, mentionné dans la documentation à partir de 1271. Cette opération fait suite à trois diagnostics réalisé entre 2007 et 2008 par Tanguy Wibaut (INRAP) portant sur l’ensemble du vallon. L’un d’entre eux avait permis de mettre au jour des vestiges en élévation contre les ruines du castrum, une vingtaine de silos en contrebas et des éléments bâtis épars sur le reste de la parcelle. La prescription concernait l’ensemble de ces découvertes et prévoyait le décapage complet de la zone de manière à mieux appréhender les vestiges ponctuels, ainsi qu’un important volet d’études paléoenvironnementales.

La zone d’emprise mordait sur les terrasses qui se trouvaient immédiatement sous les vestiges du castrum. Le décapage de ce secteur a permis de mettre au jour le mur d’enceinte conservé dans sa partie orientale sur près de 2 m de haut, alors qu’il est dérasé à l’ouest. Cette fortifi cation s’installe dans un large fossé, comblé dans le courant de la seconde moitié du XIIIe siècle. La partie orientale est ensuite occupée par des activités domestiques et artisanales, avec notamment une importante zone de foyers. Le secteur semble abandonné à partir de la fi n du Moyen Age.

Au sud du fossé, se développe une zone d’ensilage composée de 25 silos et d’un puits. Quatre autres silos ont été découverts dans la partie est de l’emprise. Ces fosses, particulièrement érodées, ont été interprétées comme des silos en raison de leur forme semi sphérique et parce que certaines structures présentent un début de rétrécissement. Enfi n, bien souvent, de larges dalles de calcaire ont été observées dans la partie basse de leur comblement. Interprétées comme des dalles de couverture, ces dernières isolent deux niveaux nettement différents. Dans l’ensemble, les silos contenaient très peu de mobilier ; leur comblement pourrait être daté, avec beaucoup de précautions, du XIIIe siècle.

Dans la partie est de la zone d’emprise, un bâtiment, dont il ne reste que l’assise des fondations, a été mis au jour. Composé de trois pièces, il s’ouvre, à l’ouest, sur une aire de combustion. Une structure hydraulique, composée d’un canal principal bâti en pierres calcaires posées de champ et de canaux secondaires, longe le bâtiment à l’est. Ce conduit s’ouvre sur un fossé plus grand, en périphérie duquel se trouve un massif quadrangulaire, en partie effondré.

Enfin, le site est ceinturé à l’ouest est au sud par un paléochenal, descendant de la colline et probablement comblé après le Moyen Age.

Carole PUIG
Sarl ACTER

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Rue Louise Michel

ANTIQUITÉ ANTIQUITÉ TARDIVE

L’assiette du projet de diagnostic couvre une surface de 238 m2 dans le quartier occidental de la ville. Cette emprise se situe à proximité du site de la gendarmerie où les fouilles menées en 1981 et 1982 ont livré la présence de fosses d’extraction d’argile d’époque républicaine, puis des incinérations datées du Ier s. ap. J.-C. et plus ponctuellement des inhumations tardo-antiques faisant partie de la nécropole de la voie d’Aquitaine.

Le diagnostic a révélé une occupation antique du terrain contemporaine des sites connus dans le quartier. L’absence de sépultures renseigne sur les limites des nécropoles à incinération puis à inhumation localisées le long de l’avenue Anatole France. La question de la Voie d’Aquitaine, si elle a pu être envisagée en cours d’intervention, a été écartée grâce à la réalisation d’une tranchée profonde en bordure occidentale du sondage. Celle-ci a, en effet, révélé la présence d’un large drain, peu profond sous-jacent et de trois structures, un petit fossé et deux fosses, l’ensemble étant datable des Ier et IIe s. ap. J.-C.

Le large drain disparaît donc sous un vaste sol dont seule la limite méridionale a pu être appréhendée dans le cadre du sondage. L’exiguïté du terrain n’a pas permis la réalisation d’un sondage supplémentaire qui aurait permis de vérifi er les hypothèses avancées, à savoir un large chemin axé sud-est/nord-ouest, ou une simple aire ouverte de type cour. Le scellement de cette surface de circulation a livré du mobilier tardo-médiéval qui permet de supposer sa grande longévité.

Véronique CANUT
INRAP Méditerranée

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34, rue du Pont des Marchands

MODERNE

Cette opération fait suite au diagnostic archéologique réalisé par Véronique Canut (INRAP). Elle a permis de reconnaître l’emprise d’une pile du Pont des Marchands et de suivre le développement d’une partie attenante de l’arche sud. Mais force est de constater que rien, dans les vestiges ne semble remonter à la période romaine. Les maçonneries les plus anciennes pourraient à la rigueur témoigner de la fameuse restauration du pont, mentionnée sur une inscription de l’Antiquité tardive, mais les traces manifestes de remaniements, visibles à l’intrados de la 7ème arche, et l’emploi de blocs de moyen ou de grand appareil, ne constituent pas des indices décisifs. D’ailleurs le fait que le pont ne présente pas un plan strictement linéaire, ainsi qu’on a pu l’observer à la charnière des 7e et 6e arches, ne plaide pas en faveur d’un ouvrage de haute époque romaine. Mieux, lorsqu’on prend de la hauteur et que l’on considère l’ample courbe que forme en plan l’actuelle rue du Pont des Marchands et la légère différence d’orientation globale entre cet axe et celui de la voie romaine dans sa traversée de Narbonne (rues Droite et du Luxembourg), on est en droit de se poser la question d’une totale reconstruction de l’ouvrage, à une époque indéterminée, en léger décalé par rapport à celui d’origine.

Ce sondage a surtout mis en évidence la réalité de nombreuses interventions échelonnées dans le temps : exhaussement ou doublement des maçonneries, reprises ou remaniements qui indiquent que le pont des Marchands a connu une utilisation intensive et subi un parasitage précoce. Ces travaux ont eu pour but de consolider le pont, de le coloniser et pour fi nir de le transformer en rue marchande. Conjugués avec le processus irréversible d’envasement de la rivière, ils ont eu pour effet de sceller le recouvrement progressif de l’ouvrage, au point de l’effacer presque entièrement du paysage urbain.

Dominique MOULIS, Eric DELLONG
Ville de Narbonne

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Résidence Roca. 30, Boulevard de 1848

ANTIQUITÉ ANTIQUITÉ TARDIVE

La fouille réalisée en 2008 sur le projet de résidence Roca, 30, Bd de 1848, fait suite à un diagnostic de l’Inrap et permet d’actualiser les observations anciennes déjà effectuées aux abords de ce boulevard. En effet, grâce à la découverte et à l’étude anthropologique de six contenant dix urnes, auxquels s’ajoutent trois inhumations et une réduction, le corpus de sépultures découvertes dans ce quartier s’enrichit. Il s’ajoute aux découvertes faites sur le même site lors du diagnostic : sept urnes et une inhumation, ce qui fait un total de 22 individus. Les sépultures à crémation sont toutes datables de l’époque augustéenne, alors que les inhumations semblent tardives (IVe -Ve siècles). Dans tous les cas les sépultures à crémation sont des dépôts secondaires. Les modalités de récupération des ossements ont pu être appréhendées : il semblerait, d’après les dépôts trouvés au fond des urnes, que le haut du corps soit récupéré en premier pour les adultes, alors que pour les immatures, ce sont les squelettes moyens et inférieurs. La position des corps sur le bûcher pourrait être déterminée grâce à la coloration des os et une étude complémentaire s’impose en ce sens. Les cendres sont accompagnées d’offrandes dans des récipients toujours en céramique. Des résidus de crémation correspondant apparemment aux restes d’un seul individu on été également prélevés et pourraient avoir un lien avec la fosse la plus proche. Une réduction, associée à de la faune, semble elle aussi contemporaine des crémations. Les murs découverts dans la partie sud-ouest, parfois associés à des sols en mortier de chaux, correspondent à des contextes du IIe siècle de notre ère. Ils sont construits en petit appareil irrégulier, mais sont liés à la chaux. Leur épaisseur (0,50 à 0,70 m), induisant une faible hauteur (2 m maximum), plaide en faveur de murs d’enclos funéraires, bien qu’aucune sépulture n’y soit directement associée. En revanche, les sépultures en pleine terre semblent correspondre à des inhumations tardives (IVe - Ve siècles). On peut donc émettre l’hypothèse que cette partie de la nécropole a été occupée sur une longue durée : du Ier au Ve siècle ap. J.-C. Dans le sous-sol de ce quartier de Narbonne, les sépultures apparaissent à partir de la cote 7,61 m NGF. Des fosses de petites dimensions attestent une activité qui n’a pu être caractérisée, mais qui pourrait avoir un rapport avec les activités artisanales attestées dans le quartier Razimbaud. Leur niveau d’apparition est le même que celui des fosses à incinération (7,64 m NGF). La problématique de cette parcelle était en partie basée sur les témoignages des fouilles anciennes qui avaient mis en évidence à plusieurs reprises la présence d’un important creusement sur les abords de ce boulevard et avançaient l’hypothèse d’un fossé d’époque césarienne, protégeant la ville au nord. Cette hypothèse mérite d’être relativisée. La présence de plusieurs grandes fosses est avérée et un creusement probablement linéaire dont le profi l varie entre 45 et 70° apparaît à trois reprises, mais bien d’autres fonctions pourraient lui être attribuées (carrière, drainage, gestion de déblais ou d’ordures…). On ne peut pas exclure qu’elles appartiennent à une grande excavation, mais rien ne laisse entendre pour l’instant que ce ou ces creusements aient pu avoir à l’origine une fonction défensive. Ce creusement est comblé par du matériel augustéen puis du IIe siècle ap. J.-C. Les déchets qu’il contient sont issus d’activités artisanales, conchylicoles ou de démolition. Il semble donc qu’il ne s’agisse pas d’un espace de gestion des déchets domestiques mais plutôt, vu sa position très périphérique, d’une zone de décharge à dominante artisanale. À partir d’Auguste et surtout au Ier s. ap. J.-C., il semble que la zone de l’actuel boulevard de 1848 soit privilégiée comme zone de « décharge » pour la Cité. On voit ainsi tout l’intérêt que présente l’étude des zones périurbaines antiques : des nécropoles immenses utilisées pendant presque toute l’Antiquité, les activités artisanales, les décharges plus ou moins organisées… Comment s’organisent ces rejets par rapport aux nécropoles ? Quelle place occupent les activités artisanales ? Un intéressant travail de topographie et de reprise des documents provenant des fouilles anciennes est à réaliser pour la périphérie de Narbonne. Seule une observation systématique de ce quartier et une cartographie précise des creusements pourrait, à l’avenir, contribuer à répondre à ce questionnement.

Marie-Elise GARDEL
Amicale Laïque de Carcassonne

Narbonne, Résidence Roca
Sépulture à incinération

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Boulevard Général de Gaulle, Résidence Le Palais

ANTIQUITÉ - MOYEN AGE EPOQUE MODERNE

Préalablement au projet de construction d’un immeuble avec parking souterrain le long du boulevard du Gal de Gaulle et faisant suite à un diagnostic positif réalisé par l’Inrap en 2006, une fouille archéologique préventive a été effectuée en 2007 sur ce terrain.

Elle avait donc pour mission d’interpréter avec plus de précision les espaces concernés, probablement compris entre l’enceinte du Bas-Empire et celle du XVIe siècle, permettant ainsi d’étudier un secteur fortifi é de la ville et d’enrichir la connaissance de ce quartier depuis l’Antiquité.

La fouille extensive a porté sur deux points de l’emprise du projet, sur une surface totale de 267 m². Des vestiges d’occupation de l’Antiquité tardive, perturbés par les constructions de l’époque moderne, ont pu être mis au jour et étudiés. Cependant, la principale recherche a porté sur la fortifi cation urbaine du XVIe siècle.

Principale découverte de cette opération, le tunnel d’accès au bastion Saint-François, constitue un élément bâti très important pour la connaissance des fortifi cations urbaines du XVIe siècle. Il a été mis au jour sur 7,70 m de long et mesure 4,40 m de largeur maximum. A l’intérieur, la largeur du passage voûté est de 3 m maximum sur 2,30 m de haut.

La fouille de l’intérieur de l’édifi ce nous a permis d’observer la construction de la voûte et de repérer le niveau de circulation qui se trouve à 8,72 m NGF. Ce sol d’occupation scelle la tranchée de fondation de cette structure creusée dans des occupations antiques. Lors de son abandon, le tunnel s’est peu à peu remblayé servant parfois de refuge, puis de dépotoir aux abattoirs du XVIIIe siècle, comme en témoigne la grande quantité de mâchoires de porc trouvées dans son comblement. Puis il a été recouvert par des remblais lors du déclassement et de la démolition des remparts au XIXe siècle.

La zone de fouille située au nord du terrain a, quant à elle, livré une partie de la courtine orientale de la fortifi cation du XVIe siècle sur une longueur de 11 mètres. La face interne de cette fortifi cation a pu être observée. Il s’agit d’une construction soignée en pierres de remploi en grand appareil, comportant deux éléments sculptés issus probablement de mausolées antiques. Il est possible que certaines de ces pierres aient déjà été remployées une première fois dans l’enceinte du Bas-Empire, vraisemblablement très proche, d’où ils auraient été extraits au XVIe siècle pour la construction de la fortifi cation. Cette fouille a notamment révélé que les éléments lapidaires sculptés, dont l’un provient d’une frise d’armes, n’étaient donc pas réservés au seul parement extérieur, mais que certains étaient aussi remployés dans une partie probablement enterrée du parement intérieur.

La découverte de trois contreforts dans le secteur nord et de deux autres dans la partie sud près du tunnel voûté a permis également de connaître leur rythme (de 4 m environ) et leur morphologie. Il est probable que ces contreforts, dont l’un est engagé dans le tunnel voûté, sont antérieurs à cet édifice.

On peut donc considérer que les structures découvertes ont été globalement construites aux dates connues pour ce chantier : 1525-1535, ce qui fait de la partie du rempart concernant le bastion Saint-François l’une des fortifications bastionnées les plus précoces de notre pays.

Par ailleurs, des niveaux et des structures antiques endommagés par le creusement et la construction du tunnel au XVIe siècle sont apparus au sud de cet édifi ce et le mobilier a révélé des occupations de l’Antiquité tardive allant du IVe au VIe siècle. Il s’agit notamment de deux murs arasés dont l’un est nettement recoupé par le mur sud du tunnel voûté. En observant les couches de démolition, on constate que ces bâtiments étaient construits en matériaux légers ou périssables (bois, adobe, canisses et enduits à la chaux).

Ces bâtiments se trouvaient probablement hors du périmètre fortifi é du Bas Empire (IIIe siècle). Présentant des traces de combustion, ils pourraient avoir été incendiés lors de troubles survenus au début du VIe siècle, parce qu’ils étaient hors les murs.

Il est regrettable que la deuxième tranche de travaux n’ait pas pu avoir lieu sur le terrain du projet du boulevard Gal de Gaulle. En effet, il aurait été possible de mettre en relation les structures découvertes avec la trame urbaine antérieure et d’avoir ainsi une stratigraphie complète de cette partie de Narbonne. De plus, la reconnaissance du tracé de l’enceinte du Bas Empire aurait probablement pu être effectuée, de même que son éventuel mode d’épierrement. Enfi n, lors du diagnostic, la qualité artistique des enduits peints mis au jour laissait présager la découverte d’importants bâtiments d’époque césarienne comportant des décors d’une qualité rare. Néanmoins, la première et seule tranche de travaux réalisée a permis une meilleure compréhension des travaux de fortifi cation effectués au XVIe siècle et la découverte de structures de l’Antiquité tardive qui ont par chance échappé à la destruction due à ces travaux gigantesques.

Marie-Elise GARDEL
Amicale laïque de Carcassonne

1.

2.

Narbonne, Bd du Général de Gaulle 1 : Fragment de frises d’armes en remploi - 2 : Tunnel d’accès au bastion Saint-François

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Canal de la Robine et fleuve Aude

ANTIQUITÉ - MOYEN AGE EPOQUE MODERNE

Le sondage de 2008 avait pour objectif de mettre en évidence d’anciennes berges du fl euve Aude aujourd’hui submergées. Sa situation, en bordure d’un méandre que formait la Robine à l’entrée du pont des Carmes et dans un secteur au potentiel archéologique reconnu, laissait présager une stratigraphie ancienne et peut-être homogène susceptible de nous apporter une lecture plus précise de la stratigraphie relevée dans les sondages de 2006 et 2007.

Malgré les niveaux profonds atteints à -5,85 m depuis la surface de l’eau, nous n’avons retrouvé que deux types de comblement, ceux déjà reconnus dans les précédents sondages : un comblement hétérogène qualifi é de « post-fl uvial », et dont la période de formation se place entre la fi n du XIVe siècle et nos jours et un comblement antérieur, fl uvial, caractérisé par une couche fl uide de sables. Le terminus de cette épaisse couche de 3,50 m de sable relevée entre le 0 NGF et une couche plus dense probablement de formation ancienne, est placé à la fi n du XIVe siècle mais le début du processus est encore imprécis.

Pourquoi rencontre-t-on systématiquement en ce point de la ville, une formation exclusivement constituée de sables moyens à grossiers ? Ne devrait-on pas retrouver des composants plus lourds, notamment des galets, à l’image de ceux que charrie l’Aude actuelle en période de crue ?

Cette couche qui caractérise la partie inférieure du comblement du cours d’eau a été systématiquement reconnue dans les trois sondages. Elle pourrait indiquer une dépression naturelle antérieure à la transgression marine (lit du fleuve ?). Nous savons qu’elle n’est pas postérieure au XIVe siècle et donc au rehaussement du lit du canal engendré par la construction des écluses au début du XVIIe siècle. Sans doute faut-il voir dans la présence de ce sable, l’effet de la transgression marine qui affecte le littoral narbonnais depuis l’Antiquité tardive. Plus élevée, l’eau de la mer et des étangs, ralentit l’évacuation du sable. Compte tenu des épaisseurs de cette couche, cette transgression a pu atteindre 2,50 m. Mais dans quel laps de temps s’est déposée cette couche de sable ? Vraisemblablement, dans une période antérieure au XIVe siècle… Le sondage de 2007 avait mis au jour des indices archéologiques antiques dans les dépôts sableux les plus profonds, ce qui suggère un dépôt progressif et ancien… peut-être en relation avec le développement des défrichements de l’Antiquité.

« Le cours ancien de l’Aude a-t-il été l’oeuvre des romains ? ». Par cette question, Paul Ambert, soustend l’existence d’une robine, un canal antique qui aurait détourné tout ou partie du cours du fl euve Aude. Cette robine « naturalisée » par les eaux du fl euve, aurait été progressivement transformée (atterrissement, divagations) tout au long de la période médiévale avant d’être totalement comblée au XIVe siècle pour être ensuite restaurée au cours des siècles suivants (creusements, rectifi cations…). Cette hypothèse nous paraît acceptable avec cependant une réserve pour le secteur le long duquel nous avons réalisé les sondages. Nous maintenons l’existence possible, sur ce parcours entre le Pont des Marchands et le canal de la Mayral, d’un « paléo talweg » progressivement comblé par des apports fi ns en raison de la transgression qui affecte le secteur depuis l’Antiquité tardive. Cette dépression naturelle orientée ouest-est aurait été alimentée par un canal de dérivation creusé au nord-ouest de la cité antique à partir du lieu dit Raonel (commune de Cuxac d’Aude) où l’actuelle Robine marque un changement de direction vers le sud.

Jean-Marie FALGUERA
Association Antéas

1.

2.

Narbonne, Canal de la Robine

1 Plan des sondages 2006 et 2007 (D.A.O. E. Dellong) ; restitution de l’assemblage de l’architecture en bois (Dessin J.-M. Falguéra)

2 Planche récapitulative des éléments en bois prélevés dans les sondages 2006-2008 (Dessin J.-M. Falguéra ; D.A.O. E. Dellong)

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