Narbonne, toutes opérations

Toutes les notices sont extraites du Bilan Scientifique 2008 du Service Régional d’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon.

Les Collines de Réveillon
Les Abrassous Bas
Quai d’Alsace, diagnostic
Quai d’Alsace, fouille préventive
La Vignede Crabit
Rue Lakanal, Théodora
Rue Lakanal, Les Dryades
Avenue de la Grande Armée
Les Jardins de couderc
14, rue du Bois Rolland
LotissementEmeraude
La Coupe III, tranche 2
La coupe III, Saint-Hippolyte
La Coupe III
Rue Louise Michel
34, rue du Pont des Marchands
Résidence Roca. 30, Boulevard de 1848
Boulevard Général de Gaulle, Résidence Le Palais
Canal de la Robine et fleuve Aude

Les Collines de Réveillon

Antiquité

Le site de Narbonne-Réveillon est à environ 5 km au
sud de la ville, juste au nord de Prat-de-Cest, dont
le nom provient du VIe milliaire.
La fouille a permis de mettre en
évidence l’évolution ponctuelle
de la voie domitienne et un petit
aqueduc de type domanial. Trois
zones ont été ouvertes au nord
du ruisseau du Figairolles dont le
passage se faisait par un ponceau.
Ce dernier avait été observé lors
du diagnostic et inclus pour sa
protection dans une zone non
ædificandi
. La voie qui empruntait
ce ponceau a connu au moins
trois phases non superposées.
La céramique permet de dater la
construction et l’utilisation de ces
voies de l’époque gallo-romaine
sans plus de précision. La
qualité des installations est très
variable. Il semble que lorsque
cela est possible, la chaussée
(ou partie) repose directement sur
la roche calcaire. Au besoin un
compactage de matériaux forme
le statumen.

  • Dans un premier temps, une voie
    a été installée au fond d’un vallon
    créé par le massif de Fondfroide
    et un pech avant d’obliquer
    légèrement vers l’est. La roche lui
    sert de statumen et la surface de
    circulation a pu être étagée par
    paliers pour s’adapter aux pentes du vallon : sa largeur
    maximale est de 4,20 m. Elle semble emprunter le
    ponceau du Figairolles. Cette voie a disparu sous un
    épais colluvionnement.
  • Une autre voie a été installée
    plus à l’est. On ne connaît pas la datation relative de
    cette voie par rapport à la précédente. Sa trajectoire
    semble être rectiligne. Elle coupe peut-être le vallon
    entre le massif de Fondfroide et le pech plutôt que de
    le suivre. Ce fait pourrait indiquer que le vallon était
    déjà comblé par les colluvions et donc que cette voie
    est postérieure à la précédente. Elle semble rejoindre
    le ponceau du Figairolles. Sa largeur totale n’est pas
    certaine mais peut être estimée à 4,5 m. A cette phase
    on a associé des éléments d’une autre surface, mal
    conservée en raison des travaux agricoles et des
    destructions précédant immédiatement la fouille.
  • Un troisième axe, contemporain ou postérieur au
    fonctionnement à la phase précédente, a pu permettre
    l’accès au massif de Fondfroide en longeant la rive
    gauche du Figairolles, mais sa destination exacte
    est incertaine. Les « collines de Réveillon » seraient
    alors le lieu d’un embranchement.

Quelques éléments
postérieurs aux voies déjà citées permettent de
supposer une reprise de l’axe le plus rectiligne
(deuxième phase) après qu’un nouvel épisode de
colluvionnement l’ait recouvert.

Il faut retenir que le passage du Figairolles à l’époque
antique a obligé non seulement des réfections de la via
domitia
, mais aussi des évolutions du tracé. Ce fait est
probablement dû à l’impact du colluvionnement sur la
viabilité des surfaces et à une évolution de l’approche
du ponceau pour le franchissement du Figairolles.
Le signe le plus net de ces réaménagements est
l’existence du petit aqueduc rural observé sur plus
de 100 m. De petit module, il est construit avec des
piédroits maçonnés et une couverture de dalles et
d’autres matériaux récupérés (dolium). Orienté nord-ouest/
sud-est, il pouvait permettre d’acheminer l’eau
du Figairolles vers un établissement qui n’a pu être
identifié. Il est installé dans l’important colluvionnement
qui fait disparaître le premier tracé de la voie et est
ensuite intégré dans les sous-structures d’une des
voies plus tardive. Il est donc possible que lors de sa
construction et peut-être une partie de son utilisation,
la circulation de Narbonne vers l’Espagne se soit faite
par des tronçons qui ne passent pas sur les collines
de Réveillon.

Des éléments d’aménagements postérieurs à la
dernière phase de la voie ont été retrouvé. La plupart
sont des drains ou fossés mais on a aussi un mur
courbe isolé et une voirie plus récente menant vers le
haut du massif.

Céline BEAUCHAMP
Oxford Archéologie Méditerranée

Narbonne Réveillon
Plan général du site, phasé

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Les Abrassous Bas

NÉOLITHIQUE FINAL
AGE DU BRONZE - ANTIQUITÉ

Une fouille archéologique a été réalisée, dans le
cadre du projet d’aménagement d’un lotissement,
les Abrassous Bas, à environ 3 km au nord-ouest du
centre de Narbonne. Elle a fait suite à un diagnostic
réalisé en août 2004 par Véronique Canut (INRAP).
Le site des Abrassous Bas est occupé du Néolithique
récent jusqu’à l’époque romaine. La campagne de
fouille menée à la fi n de l’hiver 2008 a surtout mis
en évidence une occupation caractéristique du
Néolithique fi nal languedocien.

Deux zones ont été distinguées. Dans la zone A (1450 m²),
se trouvent surtout des vestiges du Néolithiques et de
l’Age du Bronze ; ils ont livré une large collection de
céramique, faune et carporestes. Les études spatiales,
fonctionnelles et chronologiques font toutes ressortir
le caractère hétérogène de cette occupation et seules
quelques conclusions ont pu être avancées.

D’un point de vue culturel, la majorité des structures
datables est attribuée à un Néolithique fi nal vérazien.
Selon le phasage proposé par L. Carozza (CNRS), il est
possible d’établir la date d’une partie de l’occupation
vers un Vérazien classique et probablement même une
transition entre Vérazien classique et Vérazien fi nal, ce
que confi rmerait les datations radiocarbones calibrées
à deux sigmas à 2670-2470 BC ( Poz-29519 et Poz-
29520).

Au niveau fonctionnel, les structures liées à l’usage du
feu sont majoritaires (15 fosses sur 29). On distingue
des fosses présentant des traces de combustion, des
fosses à dépôt cendreux interprétées comme des
cendriers de four, des fosses contenant de nombreuses
pierres brûlées et des fosses livrant des fragments de
terre cuite interprétés comme des éléments de four.

Quelques trous de poteaux sont regroupés à l’ouest de
la zone A. Il est trop périlleux de proposer la restitution
d’une structure car la nature même de « trou de
poteau » ne peut être catégoriquement affi rmée pour
chacune d’entre elles et les éléments de datation ne
permettent pas d’affi rmer la contemporanéité de cet
ensemble. Néanmoins la présence d’un bâtiment n’est
pas exclue au vu de la variabilité des structures, et
du mobilier céramique qui atteste l’implantation d’un
habitat sur ou à proximité de la zone A.

Les vestiges romains apparaissent principalement
dans la zone B (150 m²), ouverte pour vérifi er l’existence
d’une cabane tardo-républicaine. La fouille a mis en
évidence l’existence de fosses entrecoupées datant
du Ier siècle de notre ère.

Céline BEAUCHAMP
_Oxford Archéologie Méditerranée

Robin FURESTIER
Oxford Archéologie Méditerranée, UMR 5140
Montpellier-Lattes

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Quai d’Alsace, diagnostic

Antiquité

Les huit sondages positifs réalisés lors du diagnostic
archéologique au 18-20 quai d’Alsace, ont permis
la découverte d’un quartier de la Narbonne antique.
Celui-ci se met en place pendant le Haut Empire,
vraisemblablement au début du Ier s. de notre ère
et perdure au siècle suivant. Cette urbanisation se
manifeste par la présence de murs, de niveaux de sol,
d’une voie de circulation, d’espaces et de structures
liées à l’eau (bassins, caniveau) dans différents
secteurs de la parcelle. Les éléments que nous ont
apportés les huit sondages ne nous permettent pas
de saisir la trame d’ensemble ; tout juste pouvonsnous
tenter une ébauche de réfl exion sur la répartition
spatiale des vestiges tels que nous l’avons observée in
situ. Les vestiges bâtis sont présents partout, hormis
dans la zone nord-est.

Une voie de circulation a été repérée dans un des
sondages situés à l’ouest ; elle correspond peut-être à la
limite occidentale de l’emprise des bâtiments antiques.
Bien que dégagé sur une assez courte distance,
ce tronçon de rue pourrait apporter une indication
essentielle à la compréhension de la topographie du
secteur. Il met en évidence la présence d’une desserte
prise en étau entre le cours d’eau antique à l’ouest
(matérialisé aujourd’hui par le canal de la Robine) et
les constructions que nous avons mis au jour à l’est.
Cette répartition topographique des éléments (bras de
l’Aude, chemin et quartier urbanisé à l’est) ressemble
étrangement à la topographie du quartier depuis le XIXe
siècle, qui se fédère autour du canal de la Robine à
l’ouest, du quai d’Alsace en guise d’axe de circulation
et de bâtiments artisanaux à l’est.

L’ensemble des murs mis au jour, un peu moins d’une
dizaine, accuse deux orientations précises, nord-sud
et est-ouest (6° Est plus précisément). La pierre, la
terre et la terre cuite entrent largement dans le mode
de construction des bâtiments. La pierre, toujours
liée au mortier de chaux, est exclusivement à base de
moellons et de blocs de calcaire blancs, ce matériau
a également été utilisé comme soubassement à des
élévations en terre. Seul le mur du sondage 8, en limite
de la voie est construit en pierre de grès.

La présence relativement importante dans les remblais
de démolition de fragments et de nodules de torchis
(rubéfi ées ou pas), témoigne d’architecture en terre
crue dans l’édifi cation des élévations des murs. La
couverture des bâtiments utilise essentiellement la
tuile, les tegulae et imbrices font parties du cortège
des artéfacts exhumés dans les remblais d’abandon.
Sur une grande partie des bâtiments mis au jour,
l’unique sol d’occupation correspond à un niveau
de sol bâti que nous avons baptisé « sol rouge » en
référence à sa couleur. Ceci rend donc l’interprétation
des pièces et des espaces diffi ciles. Le « sol rouge »
est d’une facture assez particulière, car il met en oeuvre
uniquement une très grande quantité de matériaux
provenant de la destruction de fours, à savoir des
briques et des briquettes d’argile crue rubéfi ées. Une
autre particularité de ce sol est son extrême densité
qui se matérialise par une surface de circulation
horizontale très compacte.

La présence des bassins, croisés dans le sondage 6
(lieu de stockage de l’eau ou de décantation de
l’argile) et dans une moindre mesure du caniveau
du sondage 5, pourrait renforcer l’hypothèse d’une
activité artisanale sur le site.

Les constructions sont détruites et abandonnées
dans le courant du IIe s. ap. J.-C. Nous n’avons pas
repéré de nouvelles implantations sur les décombres
des bâtiments. Ces derniers semblent être rapidement
submergés par des limons sableux, sans doute des
alluvions déposés au gré des débordements du
bras de l’Aude. Ces dépôts attestent du caractère
inondable des lieux, problème récurrent qui a pu
pousser les habitants à quitter le site. Ces phases
de crue pourraient valider la présence d’un bras de
l’antique Atax à partir du Ier siècle de notre ère, tel
que le mentionnent les textes antiques. Elle a favorisé
le développement de nouvelles zones urbanisées à
proximité d’une voie fl uviale, favorable au transport
des marchandises.

Grâce aux dépôts limoneux, le secteur devient alors
propice aux travaux agricoles, et ce très tôt après
l’abandon des bâtiments. Des séries de fosses de
plantation transpercent les niveaux antiques à partir
du IIe s. ap. J.-C.

Tanguy WIBAUT, Eric YEBDRI
INRAP Méditerranée

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Quai d’Alsace, Fouille préventive

Antiquité

La fouille préventive menée au 19/20 quai d’Alsace, a
été motivée par la construction d’un parking souterrain
et d’un ensemble de logements résidentiels. Le site
est localisé à l’ouest de la ville, en dehors des murs
du Bas Empire et dans un secteur réputé en marge
de la ville du Haut Empire. Néanmoins, de récentes
opérations (21 quai d’Alsace, rue Lamartine, diagnostic
rue des Passerelles) ont montré l’importance du suivi
archéologique de la zone. Le diagnostic, mené par T.
Wibaut (INRAP), a révélé la présence de bâtiments, de
bassins et d’une canalisation. La fouille archéologique
préventive a été réalisée par la société Archeodunum
entre le 14 avril et le 13 juin 2008.

Les vestiges mis au jour étaient nettement plus denses
que ce qui était attendu, mais globalement en mauvais
état de conservation, en particulier dans la partie nordest
de l’emprise.

La fouille a révélé quatre phases principales
d’occupation.
La plus ancienne datée du principat d’Auguste, se
caractérise par la mise en place de deux axes de circulation
nord-sud, délimitant un espace de 35 m de large environ
(soit un actus) dans la partie occidentale de l’emprise.

Les premiers bâtiments apparaissent au milieu du Ier
siècle. Ils sont dans l’ensemble assez mal conservés.
Seul le plan d’un grand édifi ce composé de cellules aux
dimensions identiques et disposées selon un axe nord-sud
a pu être restitué. Il pourrait s’agir d’une série de
boutiques (tabernae), bordées par un portique ouvert
sur la voie centrale édifiée à l’époque augustéenne
et rechargée au cours de cette deuxième phase
d’occupation du site. Plusieurs exemples en Gaule et
Italie permettent d’envisager la présence d’un habitat à
proximité. Ainsi, la pièce située à l’extrémité sud de l’îlot
adopte un plan différent et est équipée d’enduits peints,
effondrés au pied des murs. La voie située à l’ouest
est également longée par un portique. En partie est,
les bâtiments sont trop mal conservés pour établir une
interprétation satisfaisante de l’ensemble. Dans le même
temps, ou légèrement plus tard, plusieurs bassins sont
construits ainsi qu’un important réseau de canalisations,
pour l’essentiel utilisé afin d’évacuer leurs eaux. Le
quartier semble ainsi abriter des édifices artisanaux et
commerciaux, activités sans doute favorisées par la
probable proximité de l’Atax. Cet ancien cours d’eau,
dont la localisation exacte pose problème, n’a pas pu
être mis en évidence sur l’emprise des travaux.
Après la destruction de ces premiers édifices, le
quartier est réorganisé et une nouvelle trame urbaine
est perceptible à travers l’orientation des bâtiments
alors édifiés (deuxième moitié du IIe siècle). Ceux-ci se
concentrent à l’est et au sud de l’emprise, tandis que
les voies de circulation sont encore empruntées, au
moins en partie. Le plan lacunaire des constructions
ne permet pas d’attribuer une quelconque fonction au
bâti de cette troisième phase d’occupation.
Les lieux sont peu à peu abandonnés et les derniers
vestiges remontent au milieu du IIIe siècle. Peu
nombreux, ils consistent trois canalisations et quelques
fosses. C’est à cette époque que Narbonne semble se
replier sur elle-même et que l’enceinte est construite.
Le principal intérêt de cette fouille est la mise au
jour d’un bâti relativement dense dans un secteur
mal connu de la ville du Haut Empire. Il confirme
l’importance de l’occupation du quartier ainsi que
sa probable vocation artisanale et commerciale.
Par ailleurs, les constructions ne respectent pas les
trames cadastrales jusque-là identifiées à Narbonne,
ce qui invite à repenser les formes de l’urbanisation
dans cette partie de la ville.

Julien OLLIVIER
ARCHEODUNUM

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La Vigne Crabit

Antiquité - Antiquité tardive

Le lotissement de la Vigne Crabit se situe au nord-ouest
de la ville. Les parcelles concernées par ce diagnostic
étaient préalablement plantées en vigne.

Nous avons pu observer un ensemble de traces agraires,
plusieurs sections de fossés, des drains modernes et
antiques, un lambeau de sol, une petite zone où l’on
a relevé les trace d’un foyer et de rubéfaction, et une
section d’aqueduc dans un bon état de conservation.
La situation de ces parcelles en bas de vallon était propice
aux inondations. Il était donc normal que le diagnostic
mette en évidence un système de drainage pour assainir
ces terrains après les périodes de fortes pluies. Nous
n’avons pu situer avec précision ces aménagements
chronologiquement.

Le niveau de sol était constitué d’un sédiment brun mêlé
de fragments de céramique antique (Ier av.- Ier ap.-IIe ap.
J-.C.), des vestiges similaires avaient été mis en évidence
lors des diagnostics précédents concernant des parcelles
limitrophes. Il peut s’agir bien sûr d’un phénomène de
colluvionnement mais aussi du résultat des techniques
de fumure. Les traces agraires mises en évidence se
situaient à proximité et sous ce niveau brun.

L’aqueduc n’a pu être appréhendé que sur une courte
section. Il était bien conservé, mais la rapide montée des
eaux dans la tranchée n’a pas permis une observation
exhaustive. La largeur du canal (0,45 m) témoigne d’un
ouvrage d’une certaine importance qui devait alimenter
un système d’arrosage, une ou plusieurs villae ou peut-être
même la ville de Narbonne. Cet ouvrage n’a pu être
daté avec précision. Des fragments de céramique du IIe/
Ier av. – Ier/IIe ap. – IVe/Ve s. ap. J.-C étaient présents
dans le comblement du fossé.

Denis ROLIN
INRAP Méditerranée

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Rue Lakanal, Theodora

Antiquité

Le terrain soumis à diagnostic est destiné à la construction
d’un immeuble collectif. L’assiette du projet couvre une
surface de 616 m2, située en centre ville. Cette emprise
incluse dans le zonage archéologique de Narbonne se
trouve à proximité de découvertes notables qui attestent
la présence d’un quartier résidentiel édifié au cours du Ier
s. ap. J.-C.

Les observations permettent de supposer plusieurs
phases d’occupation durant l’Antiquité. Les vestiges de la
première occupation, deux niveaux de sol et un angle de
maçonnerie, appartiennent probablement à une domus
datable du Ier s. ap. J.-C. La richesse du mobilier issu
des tranchées de récupération postérieures, permet de
supposer que cette construction était décorée d’enduits
peints de belle facture et sans doute de sols ouvragés
(présence de fragments d’opus sectile).

Une deuxième occupation, superposée à la première,
est attesté par un mur englobé dans les tranchées de
récupération et les remblais de la fin du IIe s. ou du début
du IIIe s. Aucun niveau de sol en relation avec ce mur,
n’a été observé. Ce bâtiment est peut-être à associer à
un chemin en bordure orientale duquel est apparue une
sépulture en amphore.

Véronique CANUT
INRAP Méditerranée

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5, Rue Lakanal, Les Dryades

ANTIQUITÉ
ANTIQUITÉ TARDIVE - EPOQUE MODERNE

Le terrain d’une surface de 660 m2 en centre ville est
destiné à la construction d’un immeuble collectif. Cette
emprise est incluse dans le zonage archéologique de
Narbonne et se trouve à proximité de découvertes
archéologiques notables qui attestent la présence
d’un quartier résidentiel édifi é au cours du Ier s. ap.
J.-C.

Les structures mises au jour au fond des deux tranchées
appartiennent à un espace ouvert au sein d’un
bâtiment antique de type domus édifié au cours de la
seconde moitié du Ier s. Dans la moitié méridionale de
la tranchée 12, les vestiges de cette occupation ont été
dégagés sur une superficie de 6 m2 à une profondeur
de plus de m. Il s’agit d’un mur quasi intégralement
récupéré délimitant à l’ouest un sol mosaïqué à fond
noir, et longé à l’est par un bassin-canal. La seconde
tranchée a confirmé l’extension de l’habitation vers
le sud de l’emprise. Un sol en opus spicatum très
endommagé, est apparu à une profondeur de 2,10 m
au centre du sondage.

Au cours du IVe s. des récupérations de matériaux
affectent les vestiges de la domus. La tranchée de
récupération d’un mur a livré un follis de Constant
ou Constance César, frappé à Lyon vers 341/346 ap.
J.-C. Cette découverte permet de dater avec plus de
précision les niveaux contemporains de la tranchée
de spoliation, notamment le sol de circulation grossier
constitué de petites pierres et galets noyés dans un
mortier de chaux induré et la fosse qui le transperce.
Les niveaux antiques sont finalement scellés par une
épaisse couche limoneuse contenant du mobilier
tardo-médiéval à moderne. Il s’agit des terres du glacis
ceinturant les ouvrages avancés de la courtine édifiée
au cours du XVIe s.

Véronique CANUT
INRAP Méditerranée

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Avenue de la Grande Armée

ANTIQUITÉ
ANTIQUITÉ TARDIVE

Un diagnostic archéologique a été réalisé, en mars
2008, au nord-ouest de la ville antique, avenue de la
Grande Armée. Sur une parcelle de 1865 m2, 500 m2
ont été testés Le terrain concerné par l’opération
s’inscrit dans le zonage archéologique de Narbonne
(arrêté préfectoral 2002-89 du 16 février 2002), dans
un secteur qui a déjà livré de nombreux vestiges
d’époque antique.

Sur les deux tranchées ouvertes, une n’a pas pu être
exploitée, pour des raisons de sécurité. La seconde
a livré une séquence stratigraphique qui illustre
l’occupation dans cette zone durant l’Antiquité
tardive ; le mobilier associé à cette période est présent
en quantité très réduite.

L’alternance de niveaux anthropisés et de niveaux de
sable semble attester d’une accumulation en espace
ouvert, dans une zone fortement inondable.
Toutefois, au-delà de l’illustration somme toute récente
de l’occupation que nous livre ces remblais, c’est
l’homogénéité de leur datation pour les contextes
datés de l’époque augustéenne qui est avant tout à
retenir. Cette séquence chronologique, qui témoigne
de la présence de dépotoirs, est attestée par le mobilier
céramique et faunique qui, tous deux, s’avèrent
très peu pollués par les éléments représentatifs de
l’occupation ultime.

L’analyse archéozoologique des restes ostéologique
et conchyliologique, par Vianney Forest (INRAP),
permet de distinguer la proximité d’activités privées
ou publiques à l’origine de ces dépotoirs. L’étude
de la céramique, par Corinne Sanchez (UMR 5607 –
Ausonius, Bordeaux 3), livre de nouveaux éléments
sur ces dépotoirs et montre l’importance de ce
phénomène à la période augustéenne et notamment
avant le changement d’ère.

Ainsi, au travers de ce dossier c’est encore une
fois pour l’agglomération antique de Narbonne une
utilisation de ces zones périurbaines à des fins de
stockage des rejets domestiques qui se trouve illustrée
pour la période augustéenne.

Agnès BERGERET
INRAP Méditerranée

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Les Jardins de Couderc

NÉOLITHIQUE

Un diagnostic archéologique, nommé « les jardins
de Couderc », a été réalisé en février 2008 à 5
km au nord-ouest de la ville, sur une parcelle de
5785 m2. Il s’inscrit dans un secteur, peu à peu
gagné par l’expansion urbaine, qui fait l’objet d’un
suivi systématique de la part du Service Régional de
l’Archéologie dans le cadre de l’étude sur l’occupation
du sol et l’organisation de l’habitat dans la périphérie
de Narbonne.

Cette opération succède ainsi à trois interventions
dirigées par C. Sanchez en 2004 (deux diagnostics) et
V. Canut en 2007. Ces terrains étudiés antérieurement
encadrent, au nord, au sud et à l’est, le lieu
récemment investigué. Les vestiges dégagés avant
2008 témoignent d’une occupation de cette vaste
zone, du Néolithique final jusqu’à l’Antiquité tardive,
caractérisée par des traces d’habitat (néolithique et
protohistoire) et de mise en valeur des terres (Antiquité
et/ou Moyen Age).

Sur la parcelle diagnostiquée en 2008, la découverte
d’une unique fosse enrichit, par le mobilier céramique
très abondant qu’elle contenait, la connaissance de
l’occupation de ce secteur durant le Néolithique final
de tradition vérazienne (3000 à 2500 av. n.è.). Le
mobilier a été daté par G. Loison.

Agnès BERGERET
INRAP Méditerranée

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14, rue du Bois-Rolland

ANTIQUITÉ

Les deux tranchées mécaniques ouvertes sur l’emprise
d’une future piscine sur la parcelle AP74 n’ont pas révélé
la présence de vestiges archéologiques. Menés jusqu’au
contact du probable terrain naturel, à une profondeur
comprise entre 2 et 2,10 m sous le sol actuel, les sondages
ont mis au jour plusieurs recharges constitutives d’un
même remblai datable des alentours du 1er siècle de n. è.

Olivier GINOUVEZ
INRAP Méditerranée

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Lotissement Emeraude

ANTIQUITÉ
ANTIQUITÉ TARDIVE - HAUT MOYENAGE

Le lotissement « Emeraude » à Narbonne au lieu-dit
‘Villar de Fargues’ est l’ultime parcelle au nord du
complexe de la ZAC de ‘La Coupe’ à avoir fait l’objet
d’un diagnostic. Les précédentes interventions se
sont soldées par l’identifi cation de deux périodes
d’occupations, l’une antique (un bâti, des silos et des
fosses de plantation), l’autre du Haut Moyen Âge (un
castrum et l’habitat associé). Cette opération a permis
la mise au jour de vestiges de l’Antiquité tardive à
savoir un bâtiment orienté nord-sud, associé à un silo
d’1,80 m de diamètre. Le bâti rectangulaire fortement
arasé est installé sur une terrasse est-ouest au pied de
la colline, sa largeur est de 5,20 m pour une longueur
maximale observée de 14,50 m vu qu’il se perd au
sud dans le substrat affl eurant. Il est conservé au
mieux sur deux assises de fondation construites en
blocs et moellons de pierres de grès liées à la terre
et appareillées grossièrement. Le mobilier collecté
détermine une occupation domestique liée à un
habitat (vaisselle fi ne, peson, faune, verre, …) mais la
présence de scories dénote également d’une activité
artisanale. Une fouille est prévue qui caractérisera la
chronologie de cette occupation.

Tanguy WIBAUT et Eric YEBDRI
INRAP Méditerranée

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La Coupe III, tranche 2.

ANTIQUITÉ
MOYEN AGE

La seconde tranche de l’opération réalisée à Narbonne
La Coupe III, sur l’îlot 3, a permis de confi rmer les
informations relevées lors du diagnostic de 2007 (des
îlots 2 et 4). Un secteur agricole antique s’étalant sur
toute la surface du projet et un site médiéval localisé
au niveau de la ruine du castrum de Villar de Fargues.
La première tranche avait livré un long bâtiment antique,
à l’ouest de la Coupe III, associé à des traces agraires.
D’autres structures agraires ont été retrouvées à l’autre
extrémité de la parcelle. C’est entre ces deux zones
que nous avons mis au jour lors de cette intervention,
un réseau parcellaire souligné par des fossés et des
murets bas et peu épais. Différents types de fosses
de plantation ont été relevés, oblongues, rondes,
rectangulaires de grandes dimensions ou carrées de
moins de 0,60 m de côté. Celles-ci peuvent appartenir
à des périodes différentes. Les petites fosses
oblongues, largement majoritaire lors du diagnostic
de l’îlot 4, sont indubitablement antiques. Les autres
types de fosses n’ont pas livré de matériel, si ce n’est
les fosses carrées attribuées à la période médiévale et
localisées dans la partie ouest de l’îlot 3.

Les murets sont formés de blocs et de moellons de
grès local liés à la terre. Ils fonctionnent selon une trame
orthonormée, épousant légèrement le cirque naturel des
hauteurs alentours. Les fossés se placent au travers de
la topographie du terrain, contraint de s’adapter aux
terrasses, dépressions et autres ravines naturelles.

A l’instar de ceux de la première tranche, deux silos
antiques ont été retrouvés dans la partie est. Une batterie
de six silos est localisée à la limite est du domaine du
castrum. Nous sommes étonnés de ne pas avoir trouvé
plus de vestiges liés à cette période dans ce secteur,
surtout au plus près de la terrasse où l’on peut toujours
voir le ruines du castrum. C’est dans ce même secteur
qu’un troisième silo antique a été trouvé, présentant
une profondeur de 0,80 m, qui signale ainsi le potentiel
archéologique préservé de cette zone.

Tanguy WIBAUT, Eric YEBDRI
INRAP Méditerranée

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La coupe III, Saint-Hippolyte

ANTIQUITÉ

La fouille de Narbonne La Coupe III fait suite à un
diagnostic qui s’est déroulé en avril 2007 sous la
responsabilité de T. Wibaut (INRAP). La prescription
portait sur la partie sud-est de ce diagnostic, avec la
présence de murs antiques, certainement constitutifs
d’un bâtiment, ainsi que de fossés dont il restait à
vérifi er la contemporanéité et d’une fosse avec des
restes animaux.

Une fouille était alors prescrite afi n de préciser la
datation des vestiges rencontrés et notamment celle du
bâtiment ainsi que sa fonction. Il était intéressant aussi
de confi rmer ou d’infi rmer la chronologie relative du
bâtiment et des fossés repérés pendant le diagnostic.

La fouille a permis de repérer trois phases
d’occupation.

La première est antérieure à la période augustéenne et
se matérialise par deux petits murs dans la partie sudest
de la parcelle, dont un est courbe ; d’une petite
fosse et d’un niveau de circulation correspondant peutêtre
à une pâture, limité à l’est par un fossé. Cela laisse
imaginer éventuellement la présence d’un parcellaire
antérieur à la période augustéenne. Ces vestiges ont
été attribués à cette période car ils se trouvent sous les
niveaux relatifs aux bâtiments et n’ont apparemment
pas de rapport avec ces derniers.

La période augustéenne est représentée principalement
par un bâtiment agricole d’environ 25 m de long pour
7 m de large, équivalent à une surface d’environ
175 m². Il est composé de deux espaces internes
séparés par un mur de cloison au centre de laquelle
devait se trouver une ouverture (un seuil en pierre est
conservé à cet endroit) permettant faire communiquer
les deux pièces. A l’image de deux bâtiments agricoles
du Haut Empire (sur les sites aveyronnais du Cenel à
La Cavalerie et de Cordenade à Salles-la-Source) la
petite pièce devait servir d’habitat pour l’exploitant
tandis que la grande pièce devait être réservée aux
animaux. Deux autres murs de la même période se
développent au nord et peuvent être le témoin d’un
bâtiment annexe ou bien d’un enclos. Si la fonction
agricole est la plus probable pour ce bâtiment, celle
d’une bergerie, en comparaison avec le plan de
bergeries antiques telles que celles de Cordenade, de
la Crau ou du Cenel est séduisante.

Ce bâtiment coexiste avec un fossé se développant
à l’est de celui-ci. Il est parallèle au mur oriental du
bâtiment et effectue un retour vers l’ouest à environ
deux mètres au nord du bâtiment.

La période contemporaine est marquée par fossé
drainant se développant du nord-ouest vers le sudest
en changeant deux fois de direction. Une carcasse
d’animal, avait été repérée au diagnostic. Il s’agit d’un
équidé enterré là au moins à la période moderne,
car la séparation des membres du reste du corps de
l’animal avant de le mettre en terre est reconnu pour
ladite période.

Les apports de la fouille sont multiples. Les fossés
repérés durant le diagnostic ne correspondent pas tous
à ceux qui ont été explorés durant la fouille. En effet,
après un décapage extensif, il semble que certaines
des structures identifi ées au diagnostic comme des
fossés correspondaient fi nalement à des lacunes dans
le substrat, comblées par des colluvions. Néanmoins
les différents fossés observés en fouille, qu’ils soient
augustéens ou antérieurs à cette période pourraient
être des limites de parcelles, selon l’hypothèse déjà
suggérée lors du diagnostic. Cependant, l’orientation
de ces fossés et du bâtiment, qui leur est en partie
parallèle, ne s’insère dans aucun des cadastres
antiques reconnus à Narbonne.

Les couches archéologiques en correspondance
avec le bâtiment et surtout le dépotoir localisé au
sud de celui-ci nous ont permis de mieux le situer
dans le temps et de le positionner entre la fi n du Ier
s. av. n. è. et le début du Ier s. de n. è. Le mobilier en
relation avec les vestiges ayant pu fonctionner avec le
bâtiment confi rme cette datation. Il est présent aussi
bien dans des couches d’occupation que dans des
niveaux d’abandon. De plus, aucun mobilier postérieur
à la moitié du Ier s. de n. è. et antérieur à la période
contemporaine n’a été trouvé.

Séverine MAYOUD
ARCHEODUNUM

Narbonne, La Coupe III, Saint-Hippolyte 1 : Comparaison de la taille et de l’orientation des bâtiments des sites du Cenel, de Cordenade et de La Coupe III. (D.A.O : S. Mayoud) 2 : Plan masse phasé des structures archéologiques. (DAO : S.Mayoud, M.Derin)

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La Coupe III

MOYEN AGE

Le site de La Coupe occupe le versant sud d’une petite
colline, à l’est de Narbonne, prochainement destinée à
être lotie. Au sommet, se trouvent les vestiges d’une
ancienne fortifi cation médiévale, le castrum Vilar de
Fargues, mentionné dans la documentation à partir de
1271. Cette opération fait suite à trois diagnostics réalisé
entre 2007 et 2008 par Tanguy Wibaut (INRAP) portant
sur l’ensemble du vallon. L’un d’entre eux avait permis
de mettre au jour des vestiges en élévation contre les
ruines du castrum, une vingtaine de silos en contrebas
et des éléments bâtis épars sur le reste de la parcelle. La
prescription concernait l’ensemble de ces découvertes
et prévoyait le décapage complet de la zone de manière
à mieux appréhender les vestiges ponctuels, ainsi qu’un
important volet d’études paléoenvironnementales.

La zone d’emprise mordait sur les terrasses qui se
trouvaient immédiatement sous les vestiges du castrum.
Le décapage de ce secteur a permis de mettre au jour
le mur d’enceinte conservé dans sa partie orientale sur
près de 2 m de haut, alors qu’il est dérasé à l’ouest.
Cette fortifi cation s’installe dans un large fossé,
comblé dans le courant de la seconde moitié du XIIIe
siècle. La partie orientale est ensuite occupée par des
activités domestiques et artisanales, avec notamment
une importante zone de foyers. Le secteur semble
abandonné à partir de la fi n du Moyen Age.

Au sud du fossé, se développe une zone d’ensilage
composée de 25 silos et d’un puits. Quatre autres silos
ont été découverts dans la partie est de l’emprise. Ces
fosses, particulièrement érodées, ont été interprétées
comme des silos en raison de leur forme semi sphérique
et parce que certaines structures présentent un début
de rétrécissement. Enfi n, bien souvent, de larges dalles
de calcaire ont été observées dans la partie basse de
leur comblement. Interprétées comme des dalles de
couverture, ces dernières isolent deux niveaux nettement
différents. Dans l’ensemble, les silos contenaient très
peu de mobilier ; leur comblement pourrait être daté,
avec beaucoup de précautions, du XIIIe siècle.

Dans la partie est de la zone d’emprise, un bâtiment,
dont il ne reste que l’assise des fondations, a été mis
au jour. Composé de trois pièces, il s’ouvre, à l’ouest,
sur une aire de combustion. Une structure hydraulique,
composée d’un canal principal bâti en pierres calcaires
posées de champ et de canaux secondaires, longe
le bâtiment à l’est. Ce conduit s’ouvre sur un fossé
plus grand, en périphérie duquel se trouve un massif
quadrangulaire, en partie effondré.

Enfin, le site est ceinturé à l’ouest est au sud par un
paléochenal, descendant de la colline et probablement
comblé après le Moyen Age.

Carole PUIG
Sarl ACTER

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Rue Louise Michel

ANTIQUITÉ
ANTIQUITÉ TARDIVE

L’assiette du projet de diagnostic couvre une surface
de 238 m2 dans le quartier occidental de la ville. Cette
emprise se situe à proximité du site de la gendarmerie
où les fouilles menées en 1981 et 1982 ont livré la
présence de fosses d’extraction d’argile d’époque
républicaine, puis des incinérations datées du Ier s.
ap. J.-C. et plus ponctuellement des inhumations
tardo-antiques faisant partie de la nécropole de la voie
d’Aquitaine.

Le diagnostic a révélé une occupation antique du terrain
contemporaine des sites connus dans le quartier.
L’absence de sépultures renseigne sur les limites des
nécropoles à incinération puis à inhumation localisées
le long de l’avenue Anatole France. La question de la
Voie d’Aquitaine, si elle a pu être envisagée en cours
d’intervention, a été écartée grâce à la réalisation d’une
tranchée profonde en bordure occidentale du sondage.
Celle-ci a, en effet, révélé la présence d’un large drain,
peu profond sous-jacent et de trois structures, un petit
fossé et deux fosses, l’ensemble étant datable des Ier
et IIe s. ap. J.-C.

Le large drain disparaît donc sous un vaste sol dont
seule la limite méridionale a pu être appréhendée dans
le cadre du sondage. L’exiguïté du terrain n’a pas
permis la réalisation d’un sondage supplémentaire
qui aurait permis de vérifi er les hypothèses avancées,
à savoir un large chemin axé sud-est/nord-ouest, ou
une simple aire ouverte de type cour. Le scellement
de cette surface de circulation a livré du mobilier
tardo-médiéval qui permet de supposer sa grande
longévité.

Véronique CANUT
INRAP Méditerranée

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34, rue du Pont des Marchands

MODERNE

Cette opération fait suite au diagnostic archéologique
réalisé par Véronique Canut (INRAP). Elle a permis
de reconnaître l’emprise d’une pile du Pont des
Marchands et de suivre le développement d’une partie
attenante de l’arche sud. Mais force est de constater
que rien, dans les vestiges ne semble remonter à la
période romaine. Les maçonneries les plus anciennes
pourraient à la rigueur témoigner de la fameuse
restauration du pont, mentionnée sur une inscription
de l’Antiquité tardive, mais les traces manifestes de
remaniements, visibles à l’intrados de la 7ème arche,
et l’emploi de blocs de moyen ou de grand appareil,
ne constituent pas des indices décisifs. D’ailleurs le
fait que le pont ne présente pas un plan strictement
linéaire, ainsi qu’on a pu l’observer à la charnière des
7e et 6e arches, ne plaide pas en faveur d’un ouvrage
de haute époque romaine. Mieux, lorsqu’on prend de
la hauteur et que l’on considère l’ample courbe que
forme en plan l’actuelle rue du Pont des Marchands
et la légère différence d’orientation globale entre cet
axe et celui de la voie romaine dans sa traversée de
Narbonne (rues Droite et du Luxembourg), on est en
droit de se poser la question d’une totale reconstruction
de l’ouvrage, à une époque indéterminée, en léger
décalé par rapport à celui d’origine.

Ce sondage a surtout mis en évidence la réalité de
nombreuses interventions échelonnées dans le temps :
exhaussement ou doublement des maçonneries,
reprises ou remaniements qui indiquent que le pont
des Marchands a connu une utilisation intensive et
subi un parasitage précoce. Ces travaux ont eu pour
but de consolider le pont, de le coloniser et pour fi nir
de le transformer en rue marchande. Conjugués avec
le processus irréversible d’envasement de la rivière, ils
ont eu pour effet de sceller le recouvrement progressif
de l’ouvrage, au point de l’effacer presque entièrement
du paysage urbain.

Dominique MOULIS, Eric DELLONG
Ville de Narbonne

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Résidence Roca. 30, Boulevard de 1848

ANTIQUITÉ
ANTIQUITÉ TARDIVE

La fouille réalisée en 2008 sur le projet de résidence
Roca, 30, Bd de 1848, fait suite à un diagnostic de l’Inrap
et permet d’actualiser les observations anciennes
déjà effectuées aux abords de ce boulevard. En effet,
grâce à la découverte et à l’étude anthropologique
de six contenant dix urnes, auxquels s’ajoutent trois
inhumations et une réduction, le corpus de sépultures
découvertes dans ce quartier s’enrichit. Il s’ajoute aux
découvertes faites sur le même site lors du diagnostic :
sept urnes et une inhumation, ce qui fait un total de
22 individus. Les sépultures à crémation sont toutes
datables de l’époque augustéenne, alors que les
inhumations semblent tardives (IVe -Ve siècles).
Dans tous les cas les sépultures à crémation sont des
dépôts secondaires. Les modalités de récupération des
ossements ont pu être appréhendées : il semblerait,
d’après les dépôts trouvés au fond des urnes, que le
haut du corps soit récupéré en premier pour les adultes,
alors que pour les immatures, ce sont les squelettes
moyens et inférieurs. La position des corps sur le
bûcher pourrait être déterminée grâce à la coloration
des os et une étude complémentaire s’impose en ce
sens. Les cendres sont accompagnées d’offrandes
dans des récipients toujours en céramique. Des
résidus de crémation correspondant apparemment aux
restes d’un seul individu on été également prélevés et
pourraient avoir un lien avec la fosse la plus proche.
Une réduction, associée à de la faune, semble elle
aussi contemporaine des crémations.
Les murs découverts dans la partie sud-ouest, parfois
associés à des sols en mortier de chaux, correspondent
à des contextes du IIe siècle de notre ère. Ils sont
construits en petit appareil irrégulier, mais sont liés
à la chaux. Leur épaisseur (0,50 à 0,70 m), induisant
une faible hauteur (2 m maximum), plaide en faveur
de murs d’enclos funéraires, bien qu’aucune sépulture
n’y soit directement associée.
En revanche, les sépultures en pleine terre semblent
correspondre à des inhumations tardives (IVe - Ve
siècles). On peut donc émettre l’hypothèse que cette
partie de la nécropole a été occupée sur une longue
durée : du Ier au Ve siècle ap. J.-C.
Dans le sous-sol de ce quartier de Narbonne, les
sépultures apparaissent à partir de la cote 7,61 m NGF.
Des fosses de petites dimensions attestent une activité
qui n’a pu être caractérisée, mais qui pourrait avoir un
rapport avec les activités artisanales attestées dans le
quartier Razimbaud. Leur niveau d’apparition est le
même que celui des fosses à incinération (7,64 m NGF).
La problématique de cette parcelle était en partie
basée sur les témoignages des fouilles anciennes
qui avaient mis en évidence à plusieurs reprises la
présence d’un important creusement sur les abords
de ce boulevard et avançaient l’hypothèse d’un
fossé d’époque césarienne, protégeant la ville au
nord. Cette hypothèse mérite d’être relativisée. La
présence de plusieurs grandes fosses est avérée et
un creusement probablement linéaire dont le profi l
varie entre 45 et 70° apparaît à trois reprises, mais
bien d’autres fonctions pourraient lui être attribuées
(carrière, drainage, gestion de déblais ou d’ordures…).
On ne peut pas exclure qu’elles appartiennent à une
grande excavation, mais rien ne laisse entendre pour
l’instant que ce ou ces creusements aient pu avoir à
l’origine une fonction défensive.
Ce creusement est comblé par du matériel augustéen
puis du IIe siècle ap. J.-C. Les déchets qu’il contient
sont issus d’activités artisanales, conchylicoles ou de
démolition. Il semble donc qu’il ne s’agisse pas d’un
espace de gestion des déchets domestiques mais
plutôt, vu sa position très périphérique, d’une zone de
décharge à dominante artisanale.
À partir d’Auguste et surtout au Ier s. ap. J.-C., il
semble que la zone de l’actuel boulevard de 1848 soit
privilégiée comme zone de « décharge » pour la Cité.
On voit ainsi tout l’intérêt que présente l’étude des
zones périurbaines antiques :
des nécropoles immenses utilisées pendant presque
toute l’Antiquité,
les activités artisanales,
les décharges plus ou moins organisées…
Comment s’organisent ces rejets par rapport aux
nécropoles ? Quelle place occupent les activités
artisanales ? Un intéressant travail de topographie
et de reprise des documents provenant des fouilles
anciennes est à réaliser pour la périphérie de Narbonne.
Seule une observation systématique de ce quartier et
une cartographie précise des creusements pourrait, à
l’avenir, contribuer à répondre à ce questionnement.

Marie-Elise GARDEL
Amicale Laïque de Carcassonne

Narbonne, Résidence Roca
Sépulture à incinération

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Boulevard Général de Gaulle, Résidence Le Palais

ANTIQUITÉ - MOYEN AGE
EPOQUE MODERNE

Préalablement au projet de construction d’un immeuble
avec parking souterrain le long du boulevard du Gal de
Gaulle et faisant suite à un diagnostic positif réalisé par
l’Inrap en 2006, une fouille archéologique préventive a
été effectuée en 2007 sur ce terrain.

Elle avait donc pour mission d’interpréter avec plus
de précision les espaces concernés, probablement
compris entre l’enceinte du Bas-Empire et celle du
XVIe siècle, permettant ainsi d’étudier un secteur
fortifi é de la ville et d’enrichir la connaissance de ce
quartier depuis l’Antiquité.

La fouille extensive a porté sur deux points de l’emprise
du projet, sur une surface totale de 267 m². Des vestiges
d’occupation de l’Antiquité tardive, perturbés par les
constructions de l’époque moderne, ont pu être mis
au jour et étudiés. Cependant, la principale recherche
a porté sur la fortifi cation urbaine du XVIe siècle.

Principale découverte de cette opération, le tunnel
d’accès au bastion Saint-François, constitue un
élément bâti très important pour la connaissance des
fortifi cations urbaines du XVIe siècle. Il a été mis au
jour sur 7,70 m de long et mesure 4,40 m de largeur
maximum. A l’intérieur, la largeur du passage voûté est
de 3 m maximum sur 2,30 m de haut.

La fouille de l’intérieur de l’édifi ce nous a permis
d’observer la construction de la voûte et de repérer le
niveau de circulation qui se trouve à 8,72 m NGF. Ce sol
d’occupation scelle la tranchée de fondation de cette
structure creusée dans des occupations antiques.
Lors de son abandon, le tunnel s’est peu à peu
remblayé servant parfois de refuge, puis de dépotoir
aux abattoirs du XVIIIe siècle, comme en témoigne
la grande quantité de mâchoires de porc trouvées
dans son comblement. Puis il a été recouvert par des
remblais lors du déclassement et de la démolition des
remparts au XIXe siècle.

La zone de fouille située au nord du terrain a, quant
à elle, livré une partie de la courtine orientale de la
fortifi cation du XVIe siècle sur une longueur de 11
mètres. La face interne de cette fortifi cation a pu
être observée. Il s’agit d’une construction soignée en
pierres de remploi en grand appareil, comportant deux
éléments sculptés issus probablement de mausolées
antiques. Il est possible que certaines de ces pierres
aient déjà été remployées une première fois dans
l’enceinte du Bas-Empire, vraisemblablement très
proche, d’où ils auraient été extraits au XVIe siècle
pour la construction de la fortifi cation. Cette fouille a
notamment révélé que les éléments lapidaires sculptés,
dont l’un provient d’une frise d’armes, n’étaient donc
pas réservés au seul parement extérieur, mais que
certains étaient aussi remployés dans une partie
probablement enterrée du parement intérieur.

La découverte de trois contreforts dans le secteur nord
et de deux autres dans la partie sud près du tunnel
voûté a permis également de connaître leur rythme (de
4 m environ) et leur morphologie. Il est probable que
ces contreforts, dont l’un est engagé dans le tunnel
voûté, sont antérieurs à cet édifice.

On peut donc considérer que les structures découvertes
ont été globalement construites aux dates connues
pour ce chantier : 1525-1535, ce qui fait de la partie
du rempart concernant le bastion Saint-François l’une
des fortifications bastionnées les plus précoces de
notre pays.

Par ailleurs, des niveaux et des structures antiques
endommagés par le creusement et la construction du
tunnel au XVIe siècle sont apparus au sud de cet édifi ce
et le mobilier a révélé des occupations de l’Antiquité
tardive allant du IVe au VIe siècle. Il s’agit notamment
de deux murs arasés dont l’un est nettement recoupé
par le mur sud du tunnel voûté. En observant les
couches de démolition, on constate que ces bâtiments
étaient construits en matériaux légers ou périssables
(bois, adobe, canisses et enduits à la chaux).

Ces bâtiments se trouvaient probablement hors du
périmètre fortifi é du Bas Empire (IIIe siècle). Présentant
des traces de combustion, ils pourraient avoir été
incendiés lors de troubles survenus au début du VIe
siècle, parce qu’ils étaient hors les murs.

Il est regrettable que la deuxième tranche de travaux
n’ait pas pu avoir lieu sur le terrain du projet du boulevard
Gal de Gaulle. En effet, il aurait été possible de mettre
en relation les structures découvertes avec la trame
urbaine antérieure et d’avoir ainsi une stratigraphie
complète de cette partie de Narbonne. De plus, la
reconnaissance du tracé de l’enceinte du Bas Empire
aurait probablement pu être effectuée, de même
que son éventuel mode d’épierrement. Enfi n, lors du
diagnostic, la qualité artistique des enduits peints mis
au jour laissait présager la découverte d’importants
bâtiments d’époque césarienne comportant des
décors d’une qualité rare. Néanmoins, la première
et seule tranche de travaux réalisée a permis une
meilleure compréhension des travaux de fortifi cation
effectués au XVIe siècle et la découverte de structures
de l’Antiquité tardive qui ont par chance échappé à la
destruction due à ces travaux gigantesques.

Marie-Elise GARDEL
Amicale laïque de Carcassonne

1.

2.

<centerNarbonne, Bd du Général de Gaulle
1 : Fragment de frises d’armes en remploi - 2 : Tunnel d’accès au bastion Saint-François

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Canal de la Robine et fleuve Aude

ANTIQUITÉ - MOYEN AGE
EPOQUE MODERNE

Le sondage de 2008 avait pour objectif de mettre
en évidence d’anciennes berges du fl euve Aude
aujourd’hui submergées. Sa situation, en bordure d’un
méandre que formait la Robine à l’entrée du pont des
Carmes et dans un secteur au potentiel archéologique
reconnu, laissait présager une stratigraphie ancienne
et peut-être homogène susceptible de nous apporter
une lecture plus précise de la stratigraphie relevée
dans les sondages de 2006 et 2007.

Malgré les niveaux profonds atteints à -5,85 m depuis
la surface de l’eau, nous n’avons retrouvé que deux
types de comblement, ceux déjà reconnus dans les
précédents sondages : un comblement hétérogène
qualifi é de « post-fl uvial », et dont la période de
formation se place entre la fi n du XIVe siècle et nos
jours et un comblement antérieur, fl uvial, caractérisé
par une couche fl uide de sables. Le terminus de cette
épaisse couche de 3,50 m de sable relevée entre le
0 NGF et une couche plus dense probablement de
formation ancienne, est placé à la fi n du XIVe siècle
mais le début du processus est encore imprécis.

Pourquoi rencontre-t-on systématiquement en ce point
de la ville, une formation exclusivement constituée
de sables moyens à grossiers ? Ne devrait-on pas
retrouver des composants plus lourds, notamment des
galets, à l’image de ceux que charrie l’Aude actuelle
en période de crue ?

Cette couche qui caractérise la partie inférieure du
comblement du cours d’eau a été systématiquement
reconnue dans les trois sondages. Elle pourrait
indiquer une dépression naturelle antérieure à la
transgression marine (lit du fleuve ?). Nous savons
qu’elle n’est pas postérieure au XIVe siècle et donc
au rehaussement du lit du canal engendré par la
construction des écluses au début du XVIIe siècle.
Sans doute faut-il voir dans la présence de ce sable,
l’effet de la transgression marine qui affecte le littoral
narbonnais depuis l’Antiquité tardive. Plus élevée, l’eau
de la mer et des étangs, ralentit l’évacuation du sable.
Compte tenu des épaisseurs de cette couche, cette
transgression a pu atteindre 2,50 m. Mais dans quel
laps de temps s’est déposée cette couche de sable ?
Vraisemblablement, dans une période antérieure au
XIVe siècle… Le sondage de 2007 avait mis au jour
des indices archéologiques antiques dans les dépôts
sableux les plus profonds, ce qui suggère un dépôt
progressif et ancien… peut-être en relation avec le
développement des défrichements de l’Antiquité.

« Le cours ancien de l’Aude a-t-il été l’oeuvre des
romains ? ». Par cette question, Paul Ambert, soustend
l’existence d’une robine, un canal antique qui
aurait détourné tout ou partie du cours du fl euve Aude.
Cette robine « naturalisée » par les eaux du fl euve, aurait
été progressivement transformée (atterrissement,
divagations) tout au long de la période médiévale
avant d’être totalement comblée au XIVe siècle pour
être ensuite restaurée au cours des siècles suivants
(creusements, rectifi cations…). Cette hypothèse nous
paraît acceptable avec cependant une réserve pour le
secteur le long duquel nous avons réalisé les sondages.
Nous maintenons l’existence possible, sur ce parcours
entre le Pont des Marchands et le canal de la Mayral,
d’un « paléo talweg » progressivement comblé par des
apports fi ns en raison de la transgression qui affecte
le secteur depuis l’Antiquité tardive. Cette dépression
naturelle orientée ouest-est aurait été alimentée par
un canal de dérivation creusé au nord-ouest de la cité
antique à partir du lieu dit Raonel (commune de Cuxac
d’Aude) où l’actuelle Robine marque un changement
de direction vers le sud.

Jean-Marie FALGUERA
Association Antéas

1.

2.

Narbonne, Canal de la Robine

1 Plan des sondages 2006 et 2007 (D.A.O. E. Dellong) ; restitution de l’assemblage de l’architecture en bois (Dessin J.-M. Falguéra)

2 Planche récapitulative des éléments en bois prélevés dans les sondages 2006-2008 (Dessin J.-M. Falguéra ; D.A.O. E. Dellong)

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Portfolio