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Les anciens châteaux seigneuriaux du département de l’Aude

Les communes dont le nom commence par T

par Charles Boyer

TALAIRAN

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [1] en 1271. Ce château a disparu, transformé en habitations particulières. Il existait au moment de la Révolution, puisqu’il fut confisqué en 1794, sur la tête de Davisard dernier seigneur qui avait émigré. La seigneurie de Talairan possédée par le Roi après la Croisade des Albigeois fut donnée à la fin du XIIIe siècle à Amalric de Narbonne qui est considéré comme tige de la première branche des barons de Talairan qui conservèrent ce bien jusqu’au milieu du XVIIe siècle. La seigneurie fut vendue à cette époque et passe à la famille de Belissens baron de Malves.

TAURIZE

Le château seigneurial de Taurize est cité par Sabarthès [2] en 1260. Le seul reste de ce château est la tour utilisée pour la construction de l’église. Cette tour était un donjon à trois étages de voûtes superposées. De forme carrée, on y a logé le choeur de l’église et la sacristie. Le mur occidental de la tour a été démoli pour établir une communication avec la nef construite, en 1778. Possédée primitivement par l’abbaye de Lagrasse, cette seigneurie passa dans les mains d’Olivier de Termes et de divers autres seigneurs.

TERMES

Le château seigneurial de Termes est cité par Sabarthès [3] en 1119. C’était un château des frontières (castrum finarum), il séparait les domaines des comtes de Carcassonne de ceux des rois d’Aragon. Il fut possédé à cette époque par une famille puissante de seigneurs féodaux. Il soutint pendant la Croisade des Albigeois un siège qui fut un des épisodes mémorables de cette guerre. Raymond de Termes ayant soutenu les hérétiques fut attaqué dans son château par Simon de Montfort, le 29 novembre 1210, après quatre mois d’un siège vigoureux et de résistance héroïque, Raymond fut fait prisonnier

Simon de Montfort l’enferma les fers aux pieds dans une des tours de la Cité de Carcassonne, où il mourut. Sous la troisième race de nos rois, le château de Termes continue d’être une place forte d’importance, relativement à la frontière espagnole du Roussillon et les rois de France y entretinrent garnison et gouverneur ; mais pendant les guerres fréquentes entre la France et l’Espagne qui marquèrent la dernière moitié du XVIe siècle, les gouverneurs de Termes abusèrent de leur position écartée, soit pour se vendre à l’Espagne, soit pour se faire racheter par la France. C’est pourquoi Richelieu, après la conquête de Roussillon, fit raser en 1653, les murailles du château et il ne resta que des pans de mur avec un chétif village à leurs pieds.
Le château, complètement en ruine, comprend une partie bien appareillée belle construction faite sans doute à la fin du XIIe siècle, et une partie grossière faite plus tard. Il mesure 85 mètres de long sur 60 mètres de large. Les côtés Nord et Ouest, sont les mieux conservées. L’entrée primitive est inaccessible. On pénètre par la face méridionale où se trouvent d’énormes blocs de maçonnerie renversés par la poudre, en 1653, sur l’ordre de Richelieu. Vers la gauche, nous rencontrons une construction qui pourrait avoir été un magasin. Un peu plus loin est l’entrée d’un souterrain avec son système de défense. De ce côté, les meurtrières sont bien conservées. En continuant vers la gauche, nous arrivons à une poterne en plein cintre, encore fortifiée, fort bien conservée, donnant sur le côté Nord à une crête des rochers qui domine le précipice. Cette poterne de 1,15 mètre de large sur 2,45 mètres de hauteur, servait de communication entre le château et une tour appelée Termet, qui joua un rôle très important pendant le siège de Simon de Montfort ; elle se trouvait à environ 200 mètres de la poterne sur les bords de l’abime.
Au centre on rencontre les vestiges du donjon et de la chapelle bâtie en style roman et dont il reste une fenêtre en bonne conservation. Elle a la forme d’une croix comme les fenêtres des églises primitives.
Il ne reste que des traces des échauguettes et du chemin de ronde ; les créneaux ont entièrement disparu. Si de retour vers notre point de départ nous allons vers la droite, nous trouvons une épaisse muraille en partie debout. Après cela, vient la fracture où se trouvait la porte principale, dont on voit encore un des pieds droits. Elle était accessible par une rampe dont on voit les traces et défendues par des tours rondes et carrées, dont on ne voit que les parties les plus basses. Ce qui reste est comblé de pierres et de terre. À la suite s’étend la ligne des fortifications tantôt minces, tantôt épaisses qui vont rejoindre la poterne et Termet. Description reprise du Dr. Courrent [4].

TERROLES

Aucun renseignement intéressant dans les archives sur ce petit village qui aurait été fondé au VIIIe siècle par les moines de l’abbaye de Saint-Polycarpe. Il n’y a jamais eu de château seigneurial.

LA TOURETTE-CABARDÈS

Une partie des murs de l’ancien château seigneurial a servi à la construction de l’église. Le clocher serait une tour du château.

En 1292, le Roi était seul seigneur en toute justice de ce lieu. Il céda cette seigneurie au chapitre de Saint-Nazaire de Carcassonne.

TOURNISSAN

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [5] en 1316. L’ancien château seigneurial du XIVe siècle dominant la plaine a été transformé en habitations particulières.

Il possède deux tourelles intéressantes. En 1360, un capitaine et ses hommes, payés par les habitants, logeaient dans le château pour le garder en cas d’attaque et défendre le village. Il fut loué plus tard après les guerres du XVIe siècle à Barthélemy de Grave (1676). La seigneurie était contestée au début du XIIIe siècle entre Termes et l’abbaye de Lagrasse qui la conserva jusqu’à la Révolution.

TOUROUZELLE

Il reste quelques vestiges du château près de l’église qui en était la chapelle. Le clocher était une tour crénelée du château.

TOURREILLES

Ce village n’a jamais eu de château seigneurial et il semble d’après les vagues renseignements donnés par les archives qu’il n’a même pas eu de fortifications.

TRASSANEL

L’ancien château seigneurial qui ne consistait qu’en de simples granges ou greniers est signalé de nos jours par un pigeonnier. En 1260, Jordain de Cabaret possédait cette seigneurie. Elle fut possédée du XVIe au XVIIIe siècle par la maison de Bellisens de Malves. En 1741, Germain Roques en était seigneur. De 1767 à 1789 Jean-Pierre de Rolland-Fourtou possédait cette seigneurie. Il avait la haute, moyenne et basse justice.

TRAUSSE

Le vieux Trausse avec ses rues étroites ses maisons à encorbellement et ses deux anciennes portes des fortifications offre une situation pittoresque . Il est dominé par une haute et puissante tour carrée, l’ancien donjon, magnifique spécimen de l’architecture militaire du Moyen-Âge. C’est ce qui reste du château seigneurial.

TRÈBES

On trouve encore des restes de l’enceinte, le long du chemin se dirigeant vers la rivière l’Orbiel et qui borde le canal. On aboutit par là aux vestiges encore importants du château seigneurial, qui était situé près du portail de l’Orbiel principale entrée à Trèbes au Moyen-Âge. Le château a été complètement transformé après la Révolution pour être habité. Il ne présente plus aucun intérêt archéologique.
Un des premiers seigneurs connus est Guillaume Valvatt qui fut en 1110 un des signataires du mariage entre Ganfred de Roussillon et Ermengarde fille de Bernard Aton, vicomte de Carcassonne. Le Roi était seigneur de Trèbes ; il y avait cependant des seigneurs engagistes. Le dernier est probablement messire Vincent Castel, abbé, seigneur et baron de Sordes qui en septembre 1669 se démit de l’office de capitaine, châtelain et bailli de Trèbes en faveur de la communauté de ce lieu. À partir de cette date, le château seigneurial ne fut plus occupé et commence sans doute à se détériorer de plus en plus.

TREILLES

L’ancien château seigneurial est en ruine ; quelques pans de murs autour d’un piton rocheux en sont les vestiges. Ce château était protégé par un mur d’enceinte fort épais, véritable rempart dont les substructions résistent aux intempéries. La porte d’entrée était vers le Sud, à l’entrée de la cour du château et cette cour se trouvait au-dessus de l’église

Il reste encore un escalier par lequel on descend du château dans l’église. Une citerne, à découvert aujourd’hui, située vers le Nord, au-devant du château fournissait l’eau d’alimentation. La chapelle du château de style roman a été fortement reprise pour devenir l’église paroissiale. Au XVIe siècle, le château de Treilles servait de refuge aux brigands. Il fut démoli, en 1579, pour mettre fin aux violences et aux meurtres qui se commettaient malgré l’édit de pacification intervenu à la suite de la conférence de Nérac.

TRÉVILLE

L’ancien château seigneurial s’élève à l’entrée du village sur l’avenue de Castelnaudary. C’est une belle résidence qui n’est pas très ancienne, des XVIIe ou XVIIIe siècles. Il appartenait toujours à la famille de Tréville quand nous l’avons visité.
Le 25 mai 1576, les religionnaires s’étant emparés du village y mirent le feu et le brûlèrent complètement. Il ne peut donc exister de château seigneurial ancien antérieur au XVIe siècle. Après avoir suivi les destinées des comtes de Toulouse puis du comté de Lauragais, ce village passa dans le domaine royal sous Louis XIII.

TRÉZIERS

L’ancien château situé au milieu du village dominait les deux vallées du haut de la colline qui les sépare. En janvier 1980 un incendie a détruit presque complètement cette gentilhommière qui avait conservé des fenêtres à meneaux, ses deux tourelles d’angle et ses vestiges de mâchicoulis.

Ce château dépendait de la seigneurie de Lévis-Mirepoix.

TUCHAN

Il n’y a pas de château seigneurial à Tuchan et il n’y en a jamais eu. La seigneurie appartenait en toute justice à l’abbaye de Fontfroide. Elle lui fut vendue par Olivier de Termes qui la possédait en 1250. L’abbaye la garda jusqu’à la Révolution.

Les imposantes ruines du château d’Aguilar dominent Tuchan à L’Est. L’enceinte est un polygone formé de murailles réunies par six tours avec deux ouvertures, une porte et poterne. Le réduit comprend le donjon, le logement du seigneur et une cour. Le donjon comprend un sous-sol, une salle de rez-de-chaussée et une salle à l’étage. Il est couvert par une terrasse. Le logement du seigneur comprend deux salles l’une sur l’autre ; au-dessus est une terrasse. Les tours sont percées de meurtrières. En avant de la porte on peut voir les fondations d’une tour en demi-cercle, sorte de barbacane qui protégeait l’entrée. À 20 mètres en avant de la porte en contrebas du château se trouve la chapelle romane qui était dédiée à sainte Anne. Le dernier seigneur d’Aguilar homme de lettres est décédé à Toulouse vers 1840.
La ferme de Nouvelles est une ancienne communauté qui possédait un château seigneurial, en 1119, il est cité par Sabarthès [6]. Actuellement, il ne reste que la tour carrée du donjon et quelques vestiges de murs tout autour, indiquant qu’il y avait une forteresse.

Notes

[1] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 439.

[2] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 440.

[3] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 442.

[4] COURRENT Bulletin SESA, 1910 T. XXI.

[5] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 447.

[6] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 283.

  
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