Accueil du site > La bibliothèque > Documents de la bibliothèque numérisés > Les châteaux de l’Aude > Communes dont le nom commence par P

Les anciens châteaux seigneuriaux du département de l’Aude

Communes dont le nom commence par P

par Charles Boyer

PADERN

Le château seigneurial de Padern est cité, en 1285 par Sabarthès [1]. Il cite également le château de Mouillet, en 1285, qui était une seigneurie propriété de l’abbaye de Lagrasse. Il en reste quelques murs. Le château de Padern a encore des ruines importantes sur la colline. Au XVIIe siècle la famille de Vic le reconstruisit presque entièrement. Il comprenait une haute tour carrée à trois étages avec porte d’entrée surmontée des armes de Vic. Une autre tour à deux étages dont le rez-de-chaussée voûté formait une chapelle dédiée à Saint Louis. Il y avait un donjon à deux étages et de nombreux bâtiments, écuries, colombier, cave et prison. Le puits couvert en voûte était derrière le château.

La famille de Vic possédait le château, semble-t-il, depuis 1579 à la suite d’une vente faite par l’abbaye de Lagrasse qui le possédait avant. Il semble que les religieux de Lagrasse en reprissent possession en 1766.

PALAIRAC

Le château seigneurial est cité, en 1215 par Sabarthès [2]. Il dominait le village ; il n’en reste que quelques pans de murs. Dans ce château, le 18 août 1283, Philippe le Hardi, roi de France, eut une entrevue avec Jeanne d’Aragon. Le différend qui existait entre les deux rois au sujet de la ville de Montpellier fut réglé et signé dans ce château

PALAJA

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [3] en 1296. Ce château entouré d’un mur d’enceinte et de fossés s’élevait à l’Ouest de l’église. Il a été complètement rasé. On voit seulement un restant des murs qui formaient l’angle Nord-Ouest à l’entrée du village. Il y eut des seigneurs à Palaja jusqu’à la Révolution. Le dernier Pierre d’Espéronnat seigneur de Palaja et baron de Saint-Ferriol, figure en 1789 dans l’ordre de la noblesse de la sénéchaussée.

PARAZA

Le château seigneurial de Paraza [4] est cité par Sabarthès en 1271. Cet ancien château a disparu complètement démoli lors du creusement du Canal du Midi. Les matériaux provenant de la démolition de la vieille église ont servi à construire à la fin du XVIe siècle le château seigneurial qui se trouve sur l’emplacement de cette vieille église, au bas du village.

PAULIGNE

On voit les restes du château-fort primitif à l’angle de la rue au-dessus de l’église au lieu-dit Le Casteillas. Les murs sont bâtis sur le roc, la porte a d’épais montants en pierre et au-dessus une petite ouverture tient lieu de meurtrière. L’angle du mur est construit en gros moellons taillés. Le château seigneurial actuel est une belle résidence des XVe et XVIe siècles avec perron , fleurs et véranda. Il était la propriété de la famille Jean de Blaches descendant par alliance de la maison de Pauligne, lorsque nous l’avons visité.

PAYRA-sur-L’HERS

Le château seigneurial a été construit dans le voisinage de l’église vers le milieu du XVIe siècle ; l’ornementation de ses fenêtres à meneaux qui ressemblent à celles du château de Marquein, indique bien cette époque. Sa façade principale, exposée au Midi, est la plus intéressante, elle appartient au style de la Renaissance, et fut remaniée, dit-on par Marguerite de Valois. On est étonné de n’y voir aucune tour de défense, flanquant les angles ; cela peut s’expliquer par l’époque de la construction, avant 1562, qui était une époque de paix.

Les incursions des Protestants n’eurent lieu, dans cette région, qu’après cette date. On ne peut noter que la présence d’une échauguette moulurée à la base, à l’angle Nord-Ouest. À l’intérieur on voit de belles salles avec cheminées monumentales. L’une de celles-ci est ornée d’un dauphin au milieu d’un champ parsemé de lis. Ce dauphin est surmonté d’une couronne de marquis. Ce sont les emblèmes de la famille Marion de Fanjeaux qui a possédé la seigneurie de Payra. Un large escalier, en pierre, surmonté d’un dôme conduit aux étages supérieurs. On remarque aussi une oratoire avec voûte aux fines nervures ogivales sculptées. Dans la cour se trouve une ancienne tour servant de pigeonnier.

PAZIOLS

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [5] en 1262.

Des vestiges encore intéressants existent sur la colline dominant le village. La seigneurie de Paziols appartenait avant le XIIIe siècle à Olivier de Termes qui la vendit en 1257 au monastère de Fontfroide. Celui-ci la posséda jusqu’en 1701.

PÉCHARIC-ET-LE-PY

L’ancien château seigneurial du hameau de Pécharic formant une commune avec le Py se trouve sur la place. C’était une belle construction à trois étages. Vers 1890, un incendie détruisit les étages supérieurs, il ne reste que le rez-de-chaussée que l’on transforma en grange. Le hameau du Py est situé au-dessous et à l’Ouest de Pécharic dans la vallée, sur un petit mamelon baigné par la rivière du même nom. Petite seigneurie rurale, ce lieu appartenait à l’Ordre de Saint-Jean. Le commandeur de Puysubra (Pexiora) nommait à la vicairie perpétuelle de la chapelle Saint-Paul qui servait d’église paroissiale aux deux hameaux.

PECH-LUNA

Le château seigneurial restauré et transformé est occupé actuellement par la mairie et l’école. On voit encore sur la façade du Nord, les traces d’une ancienne tour d’angle. Le verger du château et le parc s’étendaient en avant de cette tour. Les seigneurs Bernard et Raymond Saqueti dénombraient au Roi au XIVe siècle. La moitié de la seigneurie était déclarée indivise avec le monastère de Boulbonne. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, il semble que cette indivision avec le monastère de Boulbonne n’existait plus.

PENNAUTIER

Il ne reste aucune trace du château primitif qui existait, en 1255, d’après Sabarthès [6]. Il était situé sur la hauteur près de l’église.

Le château seigneurial actuel à l’aspect d’un petit Versailles. Il fut construit au début du XVIIe siècle. Il était formé seulement à l’origine de la partie centrale surmontée d’un attique. Ce n’est que plus tard, vers 1850, que furent édifiées de part et d’autre de la première construction les deux ailes qui devaient servir d’orangerie. Les immenses pièces du château abritent divers meubles de grande beauté. On peut voir encore la chambre où coucha Louis XIII. Une magnifique cheminée en pierre, portant les armes de France et un mobilier de l’époque, composé d’un lit à colonnes et de quatre fauteuils ornant cette pièce. Il faut encore citer la bibliothèque et la chambre où coucha Charles X lors de son passage à Pennautier. En terminant, il ne faut pas oublier de mentionner l’importante galerie des portraits de famille.

PÉPIEUX

L’ancien château seigneurial de Pépieux est cité par Sabarthès [7] en 1241. Il se trouvait contre les fortifications de la ville dominant la rivière l’Ognon. Le château était fortifié et possédait une petite garnison, en 1568. Il était gouverné par Arnaud Majou, bénéficier de l’église Saint-Just de Narbonne. On craignait à cette époque une attaque des Huguenots.

PEXIORA

Ce village est une ancienne commanderie de l’Ordre de Malte fondée en 1100. Le commandeur Pierre de Soubiran, en 1194, avec les autres seigneurs de ce lieu, Sicard de Laurac et Aymeric de Roquefort, accordèrent des coutumes au château qu’ils avaient construit. Les comtes de Toulouse avaient aussi depuis longtemps des droits sur le village, mais ils les perdirent pendant la guerre des Albigeois. Le château qui s’élevait sur le point culminant de la Grand’Rue est aujourd’hui transformé en habitations particulières.

PEYREFITTE-du-RAZÈS

Ce petit village est très ancien puisqu’on y trouve un menhir, la Pierre Blanche, et d’intéressants débris de tuiles et de poteries romaines. Du Moyen-Âge, il ne reste rien.

PEYREFITTE-sur-L’HERS

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [8] en 1311. Il se trouvait au centre des fortifications qui entouraient le village. Actuellement, le château bien modifié se trouve sur la place. Il était précédé de deux tours carrées aujourd’hui modifiées. Quoique restauré et transformé, le château est une vaste et confortable résidence qui a bel aspect. On raconte, qu’un souterrain part des ruines d’une tour, derniers vestiges des fortifications à l’Ouest et débouche dans le parc du château. L’église d’origine romane serait l’ancienne chapelle du château.

PEYRENS

Au XIVe siècle Peyrens possédait deux coseigneurs. En 1477, il fit partie du Lauragais érigé en comté. En 1610, le roi Louis XIII le remit à la couronne. Un ancien château seigneurial se trouvait en avant de la mairie. Il a été démoli vers 1890 et son emplacement a été transformé en sol à dépiquer. Un autre château existait sur la place touchant l’église. Il a été transformé en habitations particulières.

PEYRIAC-de-MER

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [9] en 1080. Il n’en reste aucune trace. La seigneurie appartenait à l’archevêque de Narbonne qui avait toute la justice.

PEYRIAC-MINERVOIS

Le bourg de Peyriac-Minervois était possédé, en 1070 par Raymond Bernard Trencavel vicomte de Béziers. Il vendit le château de Peyriac au comte de Barcelone. Neuf ans après Raymond et Bérenger comtes de Barcelone donnèrent la moitié du château de Peyriac au monastère de Saint-Pons-de-Thomières qui posséda cette seigneurie jusqu’à la Révolution. Le château seigneurial ancien n’existe plus. On ne voit actuellement que les vastes constructions d’un château du XVIe siècle qui se trouve au centre du village et que plusieurs particuliers s’étaient partagés longtemps avant la Révolution. On voit encore une tourelle d’angle et la porte bien conservée qui sont de l’époque gothique.
Le château était surtout intéressant par des peintures qui se trouvaient dans les combles et qui étaient importantes, à l’époque où Tournal de Narbonne le visite en 1844. Voici ce qu’il dit dans la lettre au Comité des arts et monuments : "Je crois devoir vous signaler des peintures à fresque portant la date de 1599, et qui se trouvent placées au-dessous de la charpente à quatre versants du grand escalier. Ces peintures qui n’avaient pas encore été signalées offrent des espèces d’arabesques composées des motifs les plus disparates ; l’on y voit figurer les signes du zodiaque, des animaux réels et fantastiques, des scènes du monde renversé, des religieux, des militaires, des sujets de chasse, des grotesques, des fruits, des squelettes à cheval, etc. Le toit sous lequel cette curieuse composition se trouve placée est très dégradé ; plusieurs ouvertures laissent le vent et la pluie ; cependant les peintures sont encore dans un bon état de conservation, mais elles seront effacées dans quelques années, si l’on ne se hâte de restaurer le tout. Le château possédait une chapelle qui a été démolie.

PEYROLLES

Les ruines du château seigneurial se trouvent sur les bords du village, elles ne présentent aucun intérêt archéologique. Les seigneurs de Peyrolles ont appartenu à différentes familles nobles. On peut citer les suivantes : de Bourg, de Joyeuse, de Voisins, de Poulpry. Dans les temps anciens ce village appartenait à l’abbaye de Saint-Polycarpe à qui le roi Eudes l’avait donné en 889.

PEZENS

Le château seigneurial de Pezens est cité par Sabarthès [10] en 1253. Il fut démoli au passage du Prince Noir et reconstruit après. Il n’en reste rien si ce n’est des matériaux remployés dans la ville dans certaines constructions de maisons ; vieilles parties des XIIIe et XIVe siècles ; fenêtres anciennes des XVe et XVIe siècles. Il se trouvait sur le haut de la ville, sur l’emplacement du presbytère, au lieu appelé : La Ruine. Autrefois l’église, le château et l’Hôtel de ville étaient groupés sur cette place. L’ancienne communauté d’Alzau avait un château qui fut rasé en 1621.

PIEUSSE

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [11] en 1119. Ce lieu était une ancienne baronnie de l’archevêque de Narbonne. L’ancien château est un grand bâtiment sans style bien défini remanié et modifié plusieurs fois pour loger plusieurs familles. Sur la muraille nord on a conservé deux élégantes fenêtres avec chapiteaux sculptés. Une autre fenêtre géminée se trouve au deuxième étage. Le donjon placé à l’avant est debout jusqu’au premier étage. On y voit une belle voûte contrée. C’était primitivement une seigneurie appartenant à Raimond Roger comte de Foix. Cédée par son fils à Louis IX, ce dernier le donna en 1229 à l’archevêque de Narbonne.
La ferme de Saint-André possède un château seigneurial cité par Sabarthès [12] en 1416. C’était une ancienne rectorie du diocèse de Narbonne ; l’abbé de Caunes était seigneur justicier.

En 1334, Guillaume II d’Olargues abbé de Caunes compta trois cents livres au sénéchal de Carcassonne pour être maintenu dans la moyenne et basse justice des châteaux de Bagnols et de Saint-André près Limoux.

PLAIGNE

Le château de Plaigne est cité par Doat en 1270. Il ne reste aucune trace de cet édifice qui se trouvait sans doute à côté de l’église sur la rue au pont culminant du village. La dernière représentante des seigneurs de Plaigne, Anne de Plaigne, mariée au comte de Pibrac, vendit, en 1685, la terre de Plaigne à messire François Paul de Béon de Masses-Cazeaux grand prieur de Toulouse, lequel en fit le siège d’une commanderie. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’Ordre de Malte possédait cette terre.

Le château est un édifice rectangulaire flanqué de tours sur les angles, la quatrième a disparu. Au-dessus de la porte, précédée d’un bel escalier, est sculptée la croix de Malte en relief. À l’intérieur on remarque surtout le parquet qui dessine des croix de Malte. Ce château a été construit ou peut-être complètement restauré au XVIIe siècle, époque où les chevaliers de Malte s’y installèrent.

PLAVILLA

Ce petit village qui est cité par Sabarthès [13] en 1271 et qui existait bien avant avait en 1830, 215 habitants ; il n’y en a plus que 55. Il n’a jamais eu de château seigneurial. Le hameau de Pesquier qui fait partie de la commune, est un ancien fief du marquis de Lévis-Mirepoix.

LA POMARÈDE

Le château de la Pomarède fut assiégé par Simon de Montfort et pris en 1211. Comme tous les villages du Lauragais ce village était aux mains des comtes de Toulouse pendant la période féodale et y resta jusqu’à la mort de Raymond VII. Il eut ensuite des seigneurs particuliers, passa sous l’autorité de Catherine de Médicis et enfin sous celle du Roi de France.

La famille d’Auberjon posséda le château vers la fin de l’Ancien Régime et le comte d’Auberjon qui vivait en 1867, nous a laissé un mémoire sur cette terre qu’il possédait et qu’il avait mise en valeur. Il a oublié de parler de son château.
Le château-fort se dresse sur le haut de la colline qui domine le village. C’est une immense enceinte fortifiée dont il reste de nombreux vestiges en assez bon état. C’est le château-fort qui fut assiégé et pris en 1211 par les Croisés. De forme vaguement quadrangulaire, il est assez grand pour avoir pu abriter pendant les guerres la population du village ; on y trouve actuellement la mairie et l’école. Ce château seigneurial complètement modernisé n’occupe qu’une partie de la façade Nord de cette enceinte dont le mur a disparu. Ce château-fort qui remonte dans certaines parties au XIIIe siècle n’a qu’une seule porte d’entrée, au levant. Elle était défendue par un pont-levis qui est remplacé actuellement par un pont à trois arches sur le fossé très profond qui défend ce front Est et une partie des fronts Sud et Nord. Toute l’autre partie de l’enceinte suit les bords de la colline qui tombe à pic sur le village et dont l’escalade était presque impossible. On voit dans les murs de cette enceinte des ouvertures d’archères du XIIIe et du XIVe siècle et quelques trous circulaires pour les armes à feu des époques postérieures XVe et XVIe siècles. Une belle tour carrée dont le sommet est bordé de mâchicoulis est encore bien conservée. Elle occupe l’angle Nord-Ouest. Une tour ronde se trouve à l’angle Sud-Est. Ces fortifications qui remontent au début du XIIIe siècle ont été modifiées au cours des époques suivantes. Des tours se trouvaient primitivement aux quatre angles.

POMAS

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [14] en 1319. Bien avant il est mentionné dans une charte de 1252. Ce château ancien a été modifié au XIVe siècle et presque entièrement refait au XVIe siècle.

Le château construit sur le roc et solidement bâti était flanqué de trois tourelles et d’une haute tour carrée à l’angle Sud-Est. Il était lui-même entouré d’une enceinte fortifiée aussi construite sur le roc et surplombant des fossés. Il est actuellement transformé en habitation particulière. On y voit de nombreuses meurtrières. Sur la face Sud, à côté de la tour carrée est une ancienne porte d’entrée murée défendue par un mâchicoulis dont on voit les supports en pierre. Dans deux chambres on trouve des blasons peints sur les poutres et les murs. Ces peintures sont du XVIe siècle et concernent surtout des familles nobles de la région. Dans les sous-sols on voit deux cheminées monumentales. Les Voisins occupèrent le château depuis le début du XVIe siècle jusqu’à la fin du XVIIe. Odet de Voisins fut le dernier seigneur de cette famille. Avant de mourir, il vendit probablement sa seigneurie à Guillaume Castanier qui en était propriétaire en 1720. La Révolution déposséda sa petite fille Mme de Poulpry et le château fut vendu à l’État.

POMY

Des restes du château seigneurial on voit encore dans le village, une grosse tour ronde assez bien conservée. Il s’agit, semble-t-il d’une tour d’angle d’une grande construction qui a disparu.

PORTEL

Un château est cité par Sabarthès [15] en 1271. Est-ce le château actuel du village ? L’ancien château seigneurial du village quoique transformé pour être habité s’élève encore sur un rocher dominant la Berre. C’est une construction carrée avec une tour d’angle. Il ne présente que peu d’intérêt archéologique. Il a été trop remanié pour permettre de lui donner un âge. Au Sud de Portel sont les ruines importantes du Castellas. Campardou [16] en donne une bonne description. Ces ruines forment un amas considérable entouré d’une enceinte polygonale irrégulière de 100 mètres de diamètre. Il reste encore des vestiges du donjon rasé à la hauteur de la voûte inférieure encore visible. On voit aussi des restes de murs et une porte en plein cintre d’un assez bel aspect.

POUZOLS

Le château seigneurial de Pouzols est cité par Sabarthès [17] en 1272. L’ancien château fortifié se trouvait sur le même emplacement que le château actuel. Le nouveau château, superbe résidence, entourée d’un vaste et joli parc, a été construit, en 1786 par M. de Gaillac, maréchal de camp, capitaine aux gardes françaises, seigneur de Pouzols.. M. de Gaillac était un descendant par alliance de Pontus de la Gardie général en chef des armées de Suède. La seigneurie de Pouzols est l’antique patrimoine des premiers de la Gardie.

Primitivement la seigneurie appartenait à l’abbaye de Fontfroide. Le château actuel est une très grande maison moderne. Il n’y a aucun vestige de l’ancien château.

PRADELLES-CABARDÈS

Le village paraît être resté sous l’autorité directe du Roi jusqu’au milieu du XVIIe siècle. En 1640 Pradelles avait un seigneur particulier, Philippe de Salles qui dépendait du roi. Il y eut ensuite en 1652 Pierre de Salles et en 1703 François de Salles. En 1789, M. de la Valette de Fabas fut le dernier seigneur. Le presbytère est l’ancien château seigneurial ; on y voit encore une tour.

PRADELLES-en-VAL

Le castrum de Pradellas est cité par Sabarthès [18] en 1110. Le château seigneurial remonte au XIIe siècle dans ses parties les plus anciennes, mais a subi de nombreuses réparations ou modifications jusqu’à nos jours. Il est en effet encore habité. L’entrée se trouve à l’Ouest ; c’est une porte en plein cintre surmontée d’un mâchicoulis. Le mur de cette façade Ouest est limité par deux grosses tours carrées. La porte franchie , on pénètre dans la cour bordée du côté nord par la façade Est percée de deux portes en plein cintre, probablement du XIIe siècle ; qui donnent accès à l’intérieur du château. Tout cet intérieur a été remanié principalement le premier étage, à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe. On y trouve des pièces avec plafond à la française et une cheminée Louis XVI, assez simple.

Une grande cheminée de 2,75 mètres d’ouverture se trouve dans la cuisine du rez-de-chaussée, qui est voûtée. Les murs dans cette partie sont anciens et ont une épaisseur de 2,25 mètres. Les deux tours carrées que nous avons signalées plus haut, ont leur rez-de-chaussée voûté en plein cintre et remontant probablement au XIIe siècle. L’angle nord-ouest du château possède une tour ronde à base légèrement évasée ; l’intérieur est bouché. L’ancienne église se trouvait dans la cour et masquait la vue. Dans cette cour on voit un vieux puits et des vestiges d’une tour à l’angle sud-est.

Roquenégade sur le territoire de la commune de Pradelles est situé sur les flancs de la montagne d’Alaric, qui regarde l’Est ; au-dessus de la ferme, ancien prieuré, se trouvent les ruines d’un château seigneurial dont l’époque probable de construction se situe dans les années qui ont précédé la Croisade des Albigeois. Il fut possédé du XIIIe au XIVe siècle, par la maison d’Aban puis par la maison de Nigri d’où il passa par mariage, en 1779, dans la maison Bennavent-Rodez. Ce qui reste de la forteresse est informe. Les vestiges sont cachés dans le bois de chênes verts. Ils forment un rectangle entouré de murs hauts de 1 à 2,50 mètres. Vers le milieu de la façade orientale se trouve une porte de 1,70 mètre de largeur. La façade nord-ouest se confond avec des bandes de rochers verticaux surmontés de murailles de petit et moyen appareil. Sur l’angle nord-ouest, est bâtie une tour carrée dont les arêtes d’angle sont fort régulières. Au milieu de ce rectangle se trouve une salle voûtée en berceau qui mesure 5 sur 6 mètres, avec une seule ouverture et un trou à la voûte pour monter à l’étage supérieur. Le long de la façade nord-ouest se trouve un couloir naturel, entre deux bandes de rochers, qui permet de monter sur le plateau. À la partie la plus élevée du plateau se trouvent les restes d’une tour.

La ferme de Comelles ancien prieuré possédant des fortifications et un château seigneurial cité, en 1236 dans les archives. Nous en avons trouvé des traces au midi de l’église en bordure d’un jardin.

PREIXAN

Sabarthès [19] signale en château seigneurial à Preixan en 1203. Il était situé sur la hauteur et Viguerie [20] nous dit qu’on en voyait encore les restes en 1789. Un nouveau château, flanqué de quatre tours aux angles, a existé ensuite. Il fut confisqué à la Révolution en 1789 sur la tête de Catherine Françoise Castanier veuve du ci-devant marquis de Poulpry et vendu ensuite par l’État à un agriculteur de Preixan. C’est dans les murs de ce château que fut construite, en 1858, la nouvelle église. On a placé aux clefs de voûte les armes des anciens seigneurs de Preixan ; comtes de Foix, vicomtes d’Armagnac, Lévy, barons de Mirepoix, Castanier, Poulpry.

PUGINIER

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [21] en 1271. Il était sur un monticule dominant le village. Il est complètement en ruine. On ne voit plus que des murs informes délabrés construits avec revêtement de briques rouges. Il reste encore de la période ancienne une porte en plein cintre, de grandes fenêtres ajoutées postérieurement au XVIIIe siècle et une tour d’angle réprée à une époque récente avec des briques plates et recouverte d’un enduit blanc ; elle flanquait l’angle sud-ouest. L’état ancien a été complètement modifié par des réparations et des adjonctions successives.

PUICHÉRIC

Un château seigneurial est cité par Sabarthès [22] en 1063. Il est formé de constructions de diverses époques depuis le Moyen Âge jusqu’au XVIIe siècle. Il se trouve à côté de l’église sur la hauteur qui domine le village actuel. On y pénètre par trois portes à la suite l’une de l’autre, qui donnent accès à une cour intérieure de style Renaissance. Après avoir fait partie des comtes de Carcassonne, cette seigneurie fut donnée par Simon de Montfort à Lambert de Thuri ou Touri, l’un de ses lieutenants, le nom se transforma en Thurin. La Maison de Brettes de Thurin garda cette terre jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Le dernier des seigneurs qui posséda cette terre et ce château est François Joseph Marie de Farjol qui avait le nom de baron de Puichéric. Ayant émigré, la terre fut confisquée et vendue par la nation.

PUILAURENS

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [23] en 1255. Il nous dit que les ruines de ce vieux château féodal se trouvent au Nord-Ouest du village à 693 mètres de haut. C’était, dit-il une des plus fortes places de tout le pays. La seigneurie depuis 1263 appartenait au roi.
Voici ce que nous dit Sicard [24] lors de l’excursion au château de Puilaurens : "L’entrée du château se trouve au Sud, seul côté accessible. Au Nord, côté du précipice, se trouvaient deux poternes. Sur une pente presque verticale des murailles, percées de meurtrières, bordaient un chemin en zig-zag que l’ennemi devait suivre. Ce sentier était dominé par la tour de la reine Blanche et les courtines du donjon. L’entrée donnait dans une sorte de vestibule allongé qui donnait accès à la place d’armes.

À l’Ouest se trouve l’ensemble des constructions du donjon. À gauche une passerelle qui a remplacé l’ancien pont-levis, permet d’arriver à la porte du donjon. La place d’armes ou la cour du château de forme allongée est entourée de l’enceinte fortifiée renforcée par des tours rondes ouvertes à l’intérieur.

Ce sont une tour du Sud et une tour de l’Est. L’escalier porte des traces de réparations du XIIIe siècle". Cette vieille forteresse, monument historique était une place très importante quand les Espagnols étaient maîtres du Roussillon. Primitivement c’était, pense-t-on un manoir sans importance bâti par les seigneurs de Fenouillèdes. Le roi de France pour défendre la frontière le fit fortifier et, en 1255, on vit s’élever les tours et les murs crénelés. Après les guerres le château continua à être gardé par un gouverneur et des mortes payes. La seigneurie appartenait au roi depuis 1263.

PUIVERT

L’ancien château appelé « la Ville » est cité par Sabarthès [25] en 1213. C’est le premier château construit. Placé du côté nord il ne présente pas un plan régulier. Il était défendu par trois tours rondes appelées, tour grande ou grosse, tour de la trésorerie, et tour verte.

Une porte ogivale ouverte sur le côté servait à faire communiquer les châtelains avec les vassaux de la ville voisine. C’est dans cette vieille construction qu’on avait bâti l’habitation des seigneurs et celle des familles à leur service, les greniers à fourrage et les écuries. Sabarthès cite le fort de Puivert avec cinq tours en 1389 – 1589. C’est la seconde construction celle qui est la plus moderne.

Elle présente le plan d’un parallélogramme allongé. Des murs épais défendus par cinq tours circonscrivent le préau ou place d’armes. La construction primitive est séparée de celle qui est plus récente par un donjon carré. C’est dans une salle de ce donjon que se trouvent huit bustes de musiciens jouant des instruments de l’époque au commencement du XIVe siècle.
Au commencement du XIIe siècle, les comtes de Carcassonne possédaient cette région. Simon de Montfort fit le siège de Puivert. Trois jours furent nécessaires pour la faire capituler. Thomas Pons de Bruyère, compagnon de Simon de Montfort, reçut à titre de fief pour le récompenser, la terre de Chalabre et celle de Puyvert. Il n’en jouit pas longtemps, car Trencavel II aidé des comtes de Toulouse et de Foix reprit ses domaines dans le Razès. Il s’en dessaisit en faveur de Saint-Louis, en 1247, qui rendit le village aux Bruyères. Puyvert passa ensuite aux Voisins par mariage. Ceux-ci le gardèrent très longtemps. En 1609, le cardinal d’Arques ayant hérité de Puyvert le vendit à Jean-Antoine de Chalabre seigneur de Bruyères. En dernier lieu, il appartint aux de Mauléon.
Le hameau de Lecales avait un château cité par Sabarthès [26] en 1240.

Notes

[1] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 287.

[2] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 288.

[3] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 288.

[4] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 290.

[5] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 294.

[6] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 303.

[7] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 303.

[8] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 308.

[9] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 310.

[10] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 311.

[11] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 313.

[12] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 367.

[13] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 317.

[14] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 318.

[15] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 322.

[16] CAMPARDOU (J.) Bullet CAN T XX/2 p. 215 Etude de la voie Domitienne de Narbonne à Salces.

[17] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 326.

[18] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 326.

[19] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 330.

[20] VIGUERIE. Annales de Carcassonne.

[21] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 323.

[22] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 332.

[23] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 332.

[24] SICARD (G.) Excursion au château de Puilaurens. Bulletin SESA, 1927. T. XXXI, p. 61.

[25] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 333.

[26] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 207.

  
SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0