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Les anciens châteaux seigneuriaux du département de l’Aude

Communes dont le nom commence par A

par Charles Boyer

AIGUES-VIVES

Le château situé sur un monticule à côté de l’église paraît remonter seulement au XIIIe siècle. C’est une construction bien délabrée dont la construction des maisons voisines a modifié la disposition des lieux. Au centre une tour carrée, le fort d’une hauteur de 20 m., couvre une surface de 30 mètres carrés ; les murs ont une épaisseur de 1,80 m. À l’intérieur sont les restes d’un escalier conduisant au premier étage sur voûte. Du château il ne reste qu’une partie de la bâtisse de l’est ; on y voit des traces de fenêtres murées.

AIROUX

Le château situé dans le village est une solide construction de la Renaissance flanquée d’une tourelle d’angle. L’escalier est renfermé dans une autre tourelle percée d’une porte et de fenêtres aux riches sculptures.

AJAC

Le château d’Ajac dont quelques parties remontent au XVe siècle a été restauré au XVIIIe siècle. Il a successivement appartenu aux familles de Lévis et de Montcalm. Il est aujourd’hui délaissé. Le maréchal de Lévis y naquit en 1719. F. Pasquier [1] a écrit une belle étude sur ce château. Construit sur le coteau au bas duquel se développe le village, il forme une masse carrée au milieu d’une terrasse couverte de beaux arbres.

La façade principale est percée de fenêtres sans caractère, elle a été refaite au milieu du règne de Louis XV. Au rez-de-chaussée on peut voir la salle à manger ayant conservé quelques restes de décoration. La cuisine, à côté, doit dater des premiers temps du château. L’escalier qui conduit aux étages, placé sous une sorte de coupole sous arceau, possède une rampe en fer forgé.

Les appartements du premier, bien délabrés, présentent encore quelques restes de moulures anciennes.

ALAIGNE

Le château est cité dans les archives en 1252 (Castrum de Alagnano). Dominé par le château, situé sur la place de l’église du même nom, le village était entouré de murs protégés par un fossé. Il ne reste rien du château démoli sans doute pendant les guerres. Peut-être en cherchant bien pourrait-on encore trouver quelques traces de murs anciens.

Les deux parties qui s’ouvraient dans les fortifications de l’enceinte sont bien conservées.

ALAIRAC

Suivant la tradition (Cros-Mayrevieille, Histoire de Carcassonne). Alarie aurait fait bâtir le château d’Alairac vers 481. Actuellement, il ne reste que des débris du château incendié par les Routiers en 1366. Il était considérable au XIe siècle et résista aux armées de Raymond comte de Toulouse. Il s’élevait sur l’emplacement où se trouve actuellement le presbytère. Dans le mur de la cave, ancien mur d’enceinte on y remarque des meurtrières. L’église est l’ancienne chapelle du château, elle serait d’origine romane.

ALBAS

Le château est cité, en 1221 par Sabarthès [2]. Il s’élevait sur le point culminant de la colline surplombant la rivière. On voit encore quelques vestiges. Il y a aussi des vestiges des murs de l’enceinte et des portes. Le château d’Albas n’a joué aucun rôle dans la guerre des Albigeois. Certains traducteurs de la Chanson de la croisade ont confondu ce village avec Le Bézu.

ALET

En 1318, le pape Jean XXII créa le nouveau diocèse d’Alet par démembrement de celui de Narbonne. L’évêque de ce siège prit le titre de comte d’Alet dont il était d’ailleurs le seigneur temporel. À cette époque, le couvent et ses dépendances furent modifiés pour être appropriés à leur nouvelle destination et une partie de la maison monastique, des religieux bénédictins, fut transformée en palais épiscopal. Que reste-t-il aujourd’hui de cette belle résidence ?. Une partie du cloître, quelques pans de mur, les débris des pilastres d’une porte cintrée avec leurs chapiteaux sculptés ; en un mot quelques fragments de ruines des constructions des XIVe et XVIe siècles.

ALBIÈRES

Le château en ruine se trouve au point culminant du village. Il est cité par Sabarthès [3] en 1183. Il n’en reste que quelques pans de murs, mais forme encore une masse importante. En avant du château se voient des vestiges de constructions étagées qui indiquaient que l’entrée était précédée d’une première enceinte ?

ALZONNE

Le château seigneurial qui était situé place du Plô n’existe plus, mais il en reste quelques vestiges encore visibles. Confisqué sur la maison de Puyvert pour cause d’émigration, le château d’Alzonne avec ses dépendances, dont une maison, appelée le château de Leuc, fut adjugée le 16 floréal An II à François Chabaud négociant d’Alzonne au prix de 32.100 livres assignats. On a encore un plan informe de ce château, plan qui paraît dater de 1789. L’emplacement était au nord d’Alzonne. Un large fossé le séparait du village qui était perché sur un mamelon dominant la plaine. Mahul [4] parle d’un vieux château qui se trouvait à Villelisses, ferme de la commune d’Alzonne, qui était autrefois une seigneurie dépendant du consulat d’Alzonne, le château existait en 1630.

ANTUGNAC

Le château d’Antugnac, près de l’église, fut bâti d’après Fédié [5] au commencement du XVe siècle. Il a été remanié à diverses époques. Il fut ravagé par les Calvinistes mais restauré par la suite. C’était un simple manoir qui a été transformé aujourd’hui en habitation moderne. Le hameau de Groux, ancienne communauté, qui dépendait de la seigneurie de Lespinet et de Rouvenac ? possédait un château cité en 1319.

ARAGON

Le château seigneurial est cité, en 1287 par Sabarthès [6]. Il est situé sur le sommet de la montagne non loin de l’église. Il est en grande partie du XVe et du XVIIe siècle. Dans la cour intérieure est un vieux puits du XVIIe siècle. Dans la cour on voit de grandes arcades Renaissance et des traces de grandes fenêtres de la même époque. Dans l’intérieur de la demeure on remarque de vieux plafonds à la française et une belle cheminée Louis XVI. À l’ouest du château on remarque le reste du mur de l’enceinte de 160 centimètres d’épaisseur et une portion de fossé. Les restes de l’enceinte sont encore très importants autour du village.

ARGELIERS

Le château seigneurial est cité ainsi que l’église en 1154 par Sabarthès [7]. Le château avec sa tourelle intacte, servant de pigeonnier, ses plafonds à caissons et ses deux cheminées monumentales, forment un ensemble bien conservé du XVIe siècle. Cette partie du vieux village, où il se trouve, autrefois possédée par l’abbaye de Quarante, est intéressante au point de vue archéologique.

ARGENS

Le château seigneurial fut pris au XIIIe siècle par Simon de Montfort à Arnaud archevêque de Narbonne qui le possédait. De cette époque, il ne semble pas rester grand-chose.

Le château actuel que l’on voit sur la hauteur dominant le village est un bel édifice flanqué de deux tours carrées et qui ne paraît remonter qu’au XVe ou XVIe siècle.

ARMISSAN

Il ne semble rester aucune trace du château seigneurial cité par Sabarthès [8] en 1271. Le château actuel d’origine moderne n’a aucune importance. Une dalle funéraire à inscription et armoiries, de René de Chefdebien écuyer et seigneur d’Armissan (1615) a été signalée par Mansard de Sagoune, en 1910, pour être classée. Saint-Pierre-du-Lec est une ancienne chapelle et ancienne seigneurie sur le territoire d’Armissan ; elle avait son château seigneurial signalé par Sabarthès [9] en 1119.

ARQUES

Le château seigneurial d’Arques est un bel édifice classé comme monument historique le 16 août 1887. Le donjon est la seule partie bien conservée. Elle consiste en une tour flanquée à chacun de ses angles d’une tourelle ronde reposant sur une corniche comme une console. La tour est percée de meurtrières et garnie de mâchicoulis, quelques fenêtres sont percées sur les quatre faces. Une porte étroite donne accès au rez-de-chaussée. Dans une tourelle un escalier à hélice dessert les deux étages. Le premier étage se compose d’une seule pièce. La salle du deuxième est délabrée. Dans la partie haute de la tour des créneaux et des meurtrières formaient le couronnement.

Les constructions entourant le donjon formaient un vaste quadrilatère ; il en reste seulement quelques vestiges. Le château commencé par Gilles de Voisins fut terminé vers la fin du XIIIe siècle par son fils Gilles III. Il était entouré d’une enceinte quadrangulaire mesurant 51 m. sur 56. Le donjon a une hauteur de 24,50 m. et mesure à la base 12,50 m sur 13 mètres. Les murailles ont 2 m d’épaisseur.

ARQUETTES-EN-VAL

Cette terre semble avoir été tenue en paréage par les vicomtes de Carcassonne et par l’abbaye de Lagrasse. En 1110, Bernard Atton fait hommage pour Arquettes à l’abbé de Lagrasse. En 1300, elle était gouvernée en paréage sous l’autorité du Roi et de l’abbaye. Il n’y avait probablement pas de château seigneurial. Un seigneur est signalé à Faviès, ferme et prieuré et au Lys, ferme où il y avait un château signalé par Sabarthès10 en 1237 et en 1785.

ARTIGUES

Ce petit village dépendait autrefois de l’abbaye de Saint-Martin-de-Senis qui s’élevait à proximité du village de Saint-Martin-Lys. Il n’y avait pas de château seigneurial.

ARZENS

La seigneurie d’Arzens appartint dès le XIe siècle aux comtes de Carcassonne mais les comtes de Foix s’en emparèrent peu après pour la céder en 1310 à titre d’échange au vicomte d’Armagnac. Elle passa ensuite, en 1404 par mariage à la maison de Lévis-Mirepoix. Un beau château flanqué de quatre tours existait à cette époque. On y trouve dans ses ruines qui occupent le haut de la ville et qui formaient une construction carrée, plus haute que les maisons voisines, des restes de portes romanes des XIe et XIIe siècles. D’autres parties sont moins anciennes et présentent des fenêtres gothiques trilobées à meneaux du XIVe siècle. Du côté du levant est une ouverture bouchée en plein cintre. Le château fut brulé, en 1591 mais réparé par la suite. A la Révolution il appartenait à Joseph Louis Étienne Guilhermin, le dernier seigneur et lui fut confisqué.

Le château était protégé par le mur de la ville qui présente encore des restes importants.

AUNAT

Ce petit village n’a jamais eu de château seigneurial. Le seigneur était le chapitre de Saint-Paul-de-Fenouillèdes dont dépendait le curé.

AURIAC

Le château seigneurial est cité, en 1028 par Sabarthès [10]. Il est actuellement à l’état de ruines plantées sur le sommet d’un roc escarpé. Elles produisent dans le lointain un effet des plus pittoresques. C’était une construction vaste et régulièrement construite malgré les inégalités du site qui le supporte.

La terre d’Auriac relevait au XIIe siècle de la suzeraineté des vicomtes de Carcassonne. Dès avant la conquête de Simon de Montfort et depuis jusqu’à la Révolution, elle fut tenue par les archevêques de Narbonne. En 1121, Bernard Atton vicomte de Carcassonne fit hommage à Richard archevêque de Narbonne de la terre d’Auriac. En 1152, R. Trencavel était seigneur d’Auriac et eut à régler des différends survenus entre les chevaliers qui occupaient le château. En 1784, Guillaume de Vic était seigneur d’Auriac.

AXAT

Les ruines du château seigneurial s’élèvent à peu de distance de l’église, sur un monticule où est construit le vieux village. Dans un document mentionné par Fédié [11] où figurent tous les seigneurs de la contrée en 1529, il n’est pas fait mention d’Axat qui probablement dépendait d’une autre seigneurie. Fédié (op. cit.) nous dit que la seigneurie d’Axat passa au milieu du XVIe siècle à la famille d’Ax qui posséda le château et les usines de la région.

AZILLE

Le château seigneurial existait en 1177, il est cité par Mahul [12] dans un acte de cette date sous le nom de castellum de Asellano. Mahul (p. 21) nous dit qu’à son époque il existe encore les restes d’un château fortifié et d’une muraille d’enceinte. Le château fort fut pris par Trencavel en 1240 ; les Anglais l’occupèrent en 1355 ; le duc de Berry s’en rendit maître en 1382. Cette seigneurie faisait partie au Iie (?) siècle du domaine des vicomtes de Minerve qui le cédèrent par échange aux vicomtes de Carcassonne. Réunie par la conquête au domaine royal, la seigneurie d’Azille fut inféodée à divers seigneurs. Sicard de Montaut l’un d’eux ayant vendu en 1379 au comte de L’Isle en Jourdain, le Roi sur la demande des habitants d’Azille revendiqua son droit de prélation moyennant finance et en échange de la concession de franchises et libertés municipales. Cela n’empêcha pas le roi Charles VI de concéder les terres de la seigneurie. Par la suite, le domaine utile de la seigneurie d’Azille, fut transféré par fraction à divers coseigneurs sous la suzeraineté du Roi.

Notes

[1] PASQUIE (F.) Château d’Ajac. Bulletin SESA, 1897, T. VIII, p. 53

[2] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p.6

[3] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p.6

[4] MAHUL (A.) Cartulaire…T. I, p.39

[5] FÉDIÉ (L.) Le Comté de Razès

[6] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p.8

[7] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p.10

[8] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p.11

[9] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p.11

[10] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p.15

[11] FÉDIÉ (L.) Le Comté de Razès.

[12] MAHUL (A.) Cartulaire…T. IV, p. 8

  
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