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Les anciens châteaux seigneuriaux du département de l’Aude

Les communes dont le nom commence par D ou E

par Charles Boyer

DAVEJEAN

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [1] en 1362. Il n’en reste aucune trace. Le village existait dès le commencement du XIe siècle. Il faisait partie des domaines de la puissante maison de Termes. Olivier de Termes fit cession de ce lieu en même temps que plusieurs autres de la contrée, au roi Louis IX en1261. Depuis la seigneurie de Davejean fut inféodée à divers successivement au nom du roi. La famille de Barre a détenu durant de longues années la seigneurie de Davejean. Le chevalier Jourdain de Barre était connétable de la Cité de Carcassonne en 1344.

DERNACUEILLETTE

Le château ancienne résidence seigneuriale existe de nos jours quoique restauré, mais conserve des ouvertures en anse de panier du XVe siècle. Il était la propriété de la famille Degrave, très ancienne dans le pays, quand nous l’avons visité. L’église était autrefois la chapelle du château avec lequel elle communiquait. Le château et l’église sont dans l’ancien village, appelé le Fort qui était entouré de remparts, dont on voit les restes. La seigneurie de Dernacueillette a été possédée par la maison d’Arse aux XIVe et XVe siècles.

LA DIGNE-D’AMONT

Le vieux bourg au centre du village actuel comprenait le château-fort avec chapelle aussi fortifiée et quelques maisons.

On pénétrait dans ce bourg par une seule porte. Cette porte surmontée d’un blason où semble figurer un lion, existe à côté du clocher. L’église s’élève à la place du château. Le mur du fond est l’ancien mur de façade du château. Le clocher est une ancienne tour flanquant le château. Le haut a été démoli et exhaussé. La base, ancienne abside de la chapelle du château, est aujourd’hui la chapelle Sainte-Colombe de l’église.

LA DIGNE-D’AVAL

Le château seigneurial est cité par SabarthèsSABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 192. en 1232. Il ne reste aucune trace du château signalé au XIIIe siècle. Le bourg avait deux enceintes dont la première était défendue par les pentes naturelles du plateau, les maisons avaient leur vue à l’intérieur sur une rue transformée en promenade. La deuxième enceinte à l’intérieur de la première avait à son centre l’église et probablement le château quand il existait. L’église servit de forteresse et de refuge pour les habitants après la disparition du château. Une seule porte visible de nos jours donnait accès dans la deuxième enceinte. Cette porte est surmontée d’une niche dans laquelle se trouve une ancienne statue de Saint-Roch. Un des deux portails de la première enceinte qui paraît être du XVe siècle existe toujours, c’est le portail du Midi.

En 1668, l’évêque d’Alet prenait les revenus décimaires et s’occupait de toutes les dépenses de l’église. Il était probablement le seigneur du village.

DONAZAC

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [2] en 1232. Donazac appartenait avant la Révolution à l’abbaye de Saint-Hilaire. L’ancien village de forme circulaire était entouré d’un mur d’enceinte défendu par des fossés. On n’y pénétrait que par une seule porte placée à l’Est. Les habitations avaient leur ouverture vers l’intérieur sur une rue unique entourant le château ou Casteillas qui s’élevait au centre sur l’emplacement de la place publique actuelle. Il n’en reste aucune trace. Le dernier seigneur de Donazac fut M. du Barry.

DOUZENS

Le château seigneurial de Douzens est cité par Sabarthès [3] en 1133. Douzens était au XIIIe siècle, une forteresse entourée d’eau, renfermant un château et une église. Le seigneur commandeur de Malte avait la justice haute, moyenne et basse. Elle ressortait du sénéchal de Carcassonne. La forteresse a été démolie. L’ordre religieux des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem recueillit la seigneurie de Douzens dans la succession des chevaliers du Temple et la posséda jusqu’à la confiscation, en 1790.

Le château existe toujours, c’est la demeure de la famille Montlaur. C’est un grand bâtiment rectangulaire flanqué de quatre tours aux angles. Il était à l’origine du XIVe et du XVIe siècle, mais a été complètement modernisé. Sur la terrasse du château se trouve un blason en relief incrusté dans le mur. De forme elliptique, c’est un écu fretté chaque partie chargée d’un écu au chef chargé d’une croix. Le blason est légèrement rongé par le temps et les petits écus sont en partie disparus. Ce blason est d’après Sivade spécialiste des armoiries, le blason d’Hélion de Villeneuve grand maître de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1319, mort en 1346. Ce serait le constructeur du château et de sa chapelle qui devint ensuite l’église paroissiale.
Dans l’église on voit une console portant la représentation d’un guerrier combattant un monstre. C’est un épisode de l’histoire des chevaliers de Saint-Jean, lorsqu’ils étaient à Rhodes. Un animal fabuleux dévorait les gens. Il fut combattu par un chevalier qui le tua. C’était Dieudonné de Gozon. Cette histoire se passe à l’époque de Hélion de Villeneuve entre 1319 et 1346.

DUILHAC

Le sommet de la colline où est bâti Duilhac était entouré d’un mur d’enceinte formant un petit fort ayant l’église au centre qui elle aussi servait d’abri. Il n’y avait pas de château seigneurial, l’origine et l’histoire de ce village se confondent avec celles du château de Pierrepertuse dont il dépendait.
Peyrepertuse, cette citadelle inaccessible dans le massif des Corbières est allongée sur une crête rocheuse à 500 mètres au-dessus de la vallée. L’ascension en est quelque peu vertigineuse. Elle n’a souffert ni siège ni assaut. Elle se compose de deux châteaux, l’un du XIIe siècle aragonais, l’autre français construit par Saint-Louis sur le roc San Jordy, après 1240. Accessible par un escalier qui porte le nom du saint roi [4]

La partie principale regarde le Nord, corps de garde en ruine. On trouve ensuite une deuxième porte avec deuxième logis en ruine. Une cour triangulaire défendue au nord par deux tours rondes fait suite. Au sommet du triangle se trouve une tour polygonale à deux étages encore couverts, dont les murailles dominent l’abîme du levant. Vers le midi le rocher à pic (50 mètres environ) forme défense ; là se trouvent, la chapelle et les bâtiments de la forteresse dont il reste des vestiges Le donjon, sur la partie la plus haute est défendu par trois tours possédant une citerne. Un escalier large de trois mètres donnant sur l’abîme permet d’y monter par 30 marches taillées dans le roc. C’est la partie déjà signalée plus haut construite près 1240 par le roi Saint-Louis. Ces dernières constructions formant un réduit imprenable pouvaient servir pour résister après la prise du reste du château.
Après avoir reçu quelques réparations sous la féodalité, ce château fut mis en état complet de défense vers 1240, époque où il devint forteresse royale. Des restaurations y furent faites en 1597. De 1240 à 1732, le château fut toujours placé sous le commandement d’un gouverneur ou châtelain. De 1740 jusqu’en 1789, Pierepertuse était gardé par une escouade de vétérans sous le commandement d’un vieil officier. Depuis cette époque la forteresse est abandonnée.

DURBAN-CORBIÈRES

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [5]en 1020. La ville est dominée par les ruines du château, autrefois place forte importante. Ces ruines sont inscrites dans l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Pour arriver au château on passe dans la tour isolée de l’horloge, ancien poste avancé. La construction du château forme un grand rectangle dont les énormes murs du Nord et de l’Ouest sont encore debout. La façade de l’Ouest est percée de cinq fenêtres, l’une est formée de deux arcs romans. Deux autres fenêtres sont Renaissance à croisillons, dans un mur repris au XVIe ou au XVIIe siècle. À la façade Nord on voit aussi une superbe fenêtre Renaissance. Vers le levant, le château était défendu par deux tours auxquelles venaient s’appuyer des courtines dont on voit les restes. La tour ronde vers le midi se relie aux grands murs de l’Ouest. Une porte cintrée, dans un mur qui a plus de deux mètres d’épaisseur, permet de pénétrer dans une enceinte circulaire de 2,50 mètres de diamètre.

Elle est couverte par un dôme voûté. Les parois intérieures portent la trace d’un escalier hélicoïdal qui permettait d’atteindre le haut de la tour. La tour du Nord-Est est éventrée et montre deux étages séparés par une voûte en berceau. La couverture est constituée par une voûte semblable. Le château était la propriété des Treille de Gléon vicomtes de Périllot, seigneurs de Boutenac, comtes de Durban. Durban fut pris, en 1390 par l’Infant don Juan, fils du roi d’Aragon.

EMBRES-et-CASTELMAURE

Il n’y a pas de trace de château seigneurial à Embres de même qu’au hameau de Castelmaure où l’on voit seulement des vestiges d’une enceinte très ancienne. La seigneurie de Castelmaure appartenait aux sieurs de Saint-Jean de Caussat.

ESCALES

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [6] en 1251. Une vaste construction presque entièrement transformée serait le reste du château seigneurial. Il porte tous les caractères de la Renaissance. La seigneurie appartint d’abord au chapitre de Saint-Just de Narbonne, qui le vendit en 1231 ; elle devint ensuite un arrière-fief du vicomte de Narbonne et de la baronnie de Lézignan. Le chapitre Saint-Paul de Narbonne y avait aussi quelques fiefs, concurremment avec des Juifs.

ESCOULOUBRE

On ne trouve pas de trace de château seigneurial dans ce petit village du plateau, dont la station thermale est située dans la vallée de l’Aude. À Combret localité disparue située sur le territoire de la commune, il existait en 954 et aussi, en 1639, une église sous le vocable de Saint-Jean. L’archevêque de Narbonne était seigneur bas et moyen justicier de ce lieu et le roi seigneur haut justicier selon Sabarthès. [7].

ESCUEILLENS

Le château seigneurial s’élève sur le versant d’une colline et domine le village d’Escueillens. Bâti sur le roc, il est bien conservé. Il est divisé en plusieurs habitations particulières. Une jolie tourelle renferme l’escalier tournant en pierre. Une tour octogonale dominant la toiture flanque l’angle Nord-Ouest ; on y voit des traces de meurtrières. La façade Nord est intacte, elle possède une jolie porte dont le sommet est formé de trois boudins en anse de panier. Cette construction remonte dans ses parties anciennes au XVe siècle.
La seigneurie appartient d’abord aux Voisins puis au monastère de Prouille et, en 1276, aux Levis à la suite d’un contre échange des villages de Mortier et de la Cassaigne. Ce lieu releva d’abord de la sénéchaussée de Carcassonne puis de celle de Limoux.

ESPÉRAZA

Il n’y a pas de trace de château seigneurial à Espéraza. Au hameau de Caderonne, autrefois village, il reste des traces d’un château seigneurial déjà en ruine en 1594. Une épaisse muraille qui sert de soutien au parc actuel du château moderne est un reste du château ancien qui était sur l’emplacement du château actuel, sur une de ses portes on lit la date 1645. Durant le Moyen Âge, il faut noter l’existence d’une famille de Caderonne fidèle à son suzerain les comtes de Carcassonne. Hugues de Caderonne eut un fils Hugues II qui fut dépossédé de ses biens après la croisade contre les Albigeois. Caderonne fut donné probablement à Pierre de Voisins devenu seigneur de Rennes. En 1410, cette terre de Caderonne est toujours aux Voisins puis passe à la branche des Montesquieu Rochefort. Vers 1700, ces derniers seigneurs établissent des moulins en ces lieux : un moulin farinier, deux à foulon et un à scie, tous sur la rivière d’Aude au lieu dit « l’Ile ».

ESPEZEL

Il n’y a pas de trace d’un château seigneurial à Espezel. Ce lieu qui existait déjà au XIVe siècle était une seigneurie royale qui fut vendue en 1718 aux d’Uston de Bonrepos.

Notes

[1] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 116.

[2] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 118

[3] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 119

[4] EYDOUX (H.-P.) Châteaux fantastiques, Ed. Flammarion, 1969.

[5] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 120.

[6] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 123.

[7] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 124.

  
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