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Le 19 avril 2008

- Eric Kammenthaler : Nartau et la Royale, deux mines d’or dans le district de Salsigne (Aude).
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Mine de Villardonnel, Descenderie de la Royale

En 2004, après plus d’un siècle d’activité minière autour de Salsigne, la dernière mine d’or de France métropolitaine fermait ses portes. Avant de tourner définitivement cette page de l’histoire locale, plusieurs anciennes mines de la région devant être mises en sécurité ont fait l’objet d‘études archéologiques. Deux sites majeurs de la fin du

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Mine de la Royale à Villardonnel

XIXe et du début du XXe siècle sont ressortis de ces recherches : les mines d’or de Nartau et de la Royale. Pratiquement contemporaines et ayant exploité des minéralisations aurifères similaires, ces deux exploitations présentent un grand nombre de points communs. La comparaison des méthodes et des techniques d’exploitation mises en œuvre dans ces deux mines permet de présenter deux sites archéologiques tout à fait remarquables.

- Claude Marquié : Vincent de Gournay, la fabrique languedocienne et le commerce du Levant au XVIIIe siècle.

En 1753, Vincent de Gournay effectue en Languedoc une tournée justifiée par l’importante production de draps et l’exportation vers le Levant qui en résulte. Il étudie sur place le système de fabrication des draps très réglementé dû à Colbert et à ses successeurs et entreprend de le faire évoluer en préconisant plus de liberté dans l’industrie et le commerce ; son œuvre sera continuée après sa disparition par d’autres inspecteurs ambulants qui reprennent les idées de son courant de pensée.

Les principaux changements spécifiques à la province qui interviennent peu après concernent le système de contingentement appelé Fixation ainsi que le monopole détenu par certains négociants établis dans les Echelles du Levant, les « Majeurs » liés à des maisons marseillaises. Par ailleurs, la production des draps de qualité, jusque là limitée à trois villes et aux manufactures royales, est étendue à d’autres régions et à d’autres centres de draperie.

L’attitude des marchands-fabricants, dont l’un des plus éminents est le Carcassonnais Germain Pinel, apparaît complexe : ils réclament la

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Portrait de Germain Pinel
Jacques Gamelin (Carcassonne,1738-Ibid.1803) Huile sur toile, 76x58, 5, Inv. n° D.988.1.23, Musée des beaux-arts de Carcassonne, dépôt de l’hôpital de Carcassonne

suppression de la Fixation et des Majeurs, mais se plaignent bientôt des crises de surproduction, attribuées à une réglementation moins stricte et à l’extension de la région autorisée à produire des draps exportés mais faisant de la moins bonne qualité, malgré le maintien de certains contrôles, si bien que l’on se trouve dans un système de « liberté surveillée ». En effet, les idées du groupe Gournay ne font pas l’unanimité au niveau national, pas plus qu’à l’échelon provincial : la déréglementation est accusée d’engendrer fraudes et mauvaises qualité, donc de nuire à l’exportation. Quant aux prises de position des drapiers, elles varient selon la conjoncture, et comme le disent les jurés-gardes carcassonnais en 1753, vis-à-vis de la liberté « chacun l’envisage relativement à ses propres intérêts ». Cependant, les idées libérales semblent gagner du terrain par la suite.

Or, les Languedociens se sont spécialisés dans certaines catégories de tissus, ce qui avait étonné Gournay. Même si certains comme les Pinel vendent grâce aux ports de l’Atlantique ou s’efforcent de se reconvertir, la plupart, en refusant de s’adapter à la mode et à la demande nationale connaissent de graves difficultés aux approches de la Révolution, car les débouchés orientaux se réduisent progressivement.

  
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