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Lastours - Castrum de Cabaret

MOYEN AGE [1]

Le programme triennal 2006-2008 avait pour objet essentiel l’étude du versant sud du site de Cabaret. Le quartier fouillé est groupé autour de l’église et du cimetière. La fouille de quatre zones a été effectuée ou poursuivie : deux d’entre elles correspondent à deux bâtiments : le bât. XVIII (zone 60), et une maison immédiatement subordonnée à l’église, le bât. XVII (zone 62) ; les deux autres zones, situées à l’est et à l’ouest de l’église, correspondent au cimetière du castrum entourant l’église (zones 63 et 65).

La fouille de la zone 60 est achevée, apportant de précieux renseignements sur le phasage de l’occupation du versant sud. Il s’agit d’un bâtiment probablement artisanal à l’origine, mais plusieurs fois remanié et fi nalement transformé en terrasse de culture à l’époque moderne. La fouille d’une citerne a été effectuée, augmentant ainsi le corpus de ce type de structures.

Dans la zone 62, une couche de toiture en lauzes de schiste a été fouillée, permettant d’atteindre dans la partie orientale du bâtiment des sols médiévaux en place. Cette découverte est d’autant plus intéressante que les édifi ces de ce versant, largement bouleversés par les épierrements et la mise en culture, ne possédaient jusqu’alors que des stratigraphies fortement perturbées. Le secteur a notamment livré un abondant matériel céramique, qui lui confère de toute évidence une fonction domestique. Mais surtout, ses dimensions exceptionnelles relancent l’intérêt d’une approche socio-topographique de ce quartier du castrum.

La fouille du versant sud permet de percevoir l’église comme pôle cristallisateur de l’habitat, plus encore que le château, appelé « Chertinhos » au XIIe siècle (aujourd’hui Quertinheux). On reconnaît en effet les vestiges d’une petite église de type roman, qui possède un chevet polygonal à cinq pans, contenant des niches semi-circulaires, plan caractéristique que l’on date généralement de la fi n du XIe siècle. L’édifi ce, occupant une position dominante, a donc fait l’objet d’une étude du bâti. Le plan fait apparaître plusieurs phases de construction. Les dimensions sont assez réduites (7 x 15 m) et s’expliquent probablement par le fait qu’il s’agissait à l’origine d’une chapelle castrale, l’église paroissiale étant située à Salsigne. Dans une enquête de 1269, on en mentionne le vocable : Saint- Pierre et Saint-Paul.

Grâce à ce programme triennal, le cimetière médiéval entourant la « vieille église » s’avère contemporain du castrum (fi n XIe - début XIIIe siècle). Il s’agit d’un cimetière à recrutement large, concernant donc la population du village castral environnant. L’objectif était d’en déterminer l’extension, les modalités d’utilisation et d’en observer l’évolution. Les pratiques funéraires, à cette période de transition, ont pu être observées. Au niveau des modes d’inhumation, on observe trois sortes d’architectures funéraires : des sépultures rupestres, d’autres en pleine terre et des coffrages de lauzes. De discrets remaniements du substrat ou des loges céphaliques tendent à leur conférer aux fosses un caractère anthropomorphe, fréquent à cette époque. La question de la répartition sociologique des individus n’est pas encore résolue.

L’existence des réductions est par ailleurs bien attestée, à raison de 1 pour 2 environ, et l’état de conservation des squelettes va permettre en aval une étude en laboratoire (biologie et biométrie, paléopathologie, caractères discrets, etc). Par ailleurs, les premiers résultats anthropologiques semblent indiquer qu’il pourrait y avoir une spécialisation des espaces, mais l’échantillonnage des squelettes mérite d’être élargi pour pouvoir aboutir à des hypothèses plus solides.

Site très riche, au même titre que le versant nord, mais peut-être plus encore puisqu’il comporte des éléments qui en sont absents (édifi ce religieux, cimetière, grands bâtiments), le versant sud de Cabaret fournit, par sa cohérence topographique, mais aussi par son occupation sur la longue durée, des résultats très intéressants pour la connaissance de ce site mais aussi de la société médiévale méridionale. Quant au cimetière du castrum, il offre d’intéressantes perspectives pour une période encore lacunaire dans la région, permettant d’envisager la mise en oeuvre d’une publication pluridisciplinaire concernant le cimetière castral de Cabaret, réunissant archéologues et anthropologues.

Marie-Elise GARDEL
Amicale Laïque de Carcassonne

Lastours, Cabaret Sépulture rupestre

Notes

[1] Notice extraite du Bilan Scientifique 2008 du Service Régional d’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon

  
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