Carcassonne : toutes opérations

Toutes les notices sont extraites du Bilan Scientifique 2008 du Service Régional d’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon.

Lo Badarel 1
Lo Badarel 2
Lanolier 2
10, rue du Pont Vieux
Christol 1
Christol 3
Place Carnot
Montée Porte d’Aude
La Cité, Place Marcou

CARCASSONNE - Lo Badarel 1, Montredon

AGE DU FER - ANTIQUITÉ

La fouille qui s’est déroulée sur la colline de Montredon,
quartier rural de Carcassonne, a permis de compléter
l’histoire de ce secteur, par ailleurs déjà alimenté par
de nombreuses opérations.

Un bâtiment à poteau des IVe-IIIe siècles avant
notre ère

La première occupation sur le site de Lo Badarel 1
est matérialisée par un groupe de calages de poteau
dessinant un bâtiment rectangulaire inscrit dans un
rectangle de 4,00 m de long sur 3,30 m de large. Sur
trois côtés, les poteaux porteurs sont au nombre de
trois, ménageant des portées allant de 1,60 m pour
le côté nord à 2,10 m pour la façade orientale. Seul
le pignon méridional diffère avec l’absence de poteau
médian et un poteau cornier en retrait. D’ailleurs, nous
proposerons de placer dans cet intervalle l’entrée du
bâtiment. La conservation de la base d’un poteau
brûlé a rendu possible une datation par radiocarbone.
La date calibrée donne 2215 ± 35 BP, mais nous
retiendrons plutôt la fourchette de la plus haute
probabilité entre 390 et 190 BC. Ce bâtiment sur poteau
a donc été construit entre le IVe et le tout début du IIe
siècle avant notre ère. Cette période est généralement
présentée comme celle d’une déprise agricole liée à
une chute démographique de l’ensemble de la Gaule
méditerranéenne. Si ce modèle souffre de nombreux
cas particuliers dans des terroirs maintenant bien
étudiés, il est patent que le Carcassès n’a pas livré de
sites de cette période. Or, cette lacune ne peut plus
être mise sur le compte d’une absence de recherches,
tant le développement de l’archéologie préventive a
permis de nombreuses interventions dans la campagne
carcassonnaise. Il faut donc bien envisager ce manque
de sites comme le refl et d’un recul de l’occupation du
territoire, sans doute au profi t de l’oppidum de la Cité
et de ses proches abords. Le bâtiment à poteaux de
Lo Badarel traduit un aménagement agricole simple.
En revanche, son isolement semble exclure la fonction
habitat. L’absence autour de structures de stockage,
que ce soit silo ou grenier, de captage d’eau, d’autres
aménagements agro-pastoraux — enclos, mare — ne
permet pas de qualifi er le site d’établissement rural. De
plus, les diagnostics mitoyens (la seconde tranche de
Lo Badarel et celui dirigé par H. Petitot en 2003) n’ont
pas mis en évidence d’autres vestiges de cette période.
Il faut donc chercher éventuellement l’habitat principal
soit au nord, soit à l’est, à moins de considérer que le
site du Pôle Santé (distant de plus d’un kilomètre à vol
d’oiseau) constitue le véritable centre de l’occupation
de Montredon.

L’établissement rural de la colline de Montredon du Ier
siècle avant notre ère au Ier siècle de notre ère

L’entrée de Carcassonne dans la sphère romaine à la fi n
du IIe siècle avant notre ère se traduit à Montredon par la
création d’un premier établissement rural sur la colline
vers le milieu du Ier siècle avant notre ère. La fouille de
Lo Badarel 1 n’aura permis d’apercevoir qu’une limite
de cet établissement sous la forme du mur MR1005. Et
encore, cette construction est tellement atypique que
nous ne pouvons pas la qualifi er clairement. Le mur
se divise en deux tronçons d’orientation différente : un
premier de 19,15 m d’axe nord-sud et un second de
19,70 m à N6°O. Au total, il a été dégagé sur 38,85
m de long, en sachant qu’au nord il se poursuit audelà
de la limite de décapage. Sa facture est identique
d’un bout à l’autre et se compose d’un radier de
fondation en hérisson surmonté d’une assise régulière
avec des blocs et des moellons en double parement
avec blocage de cailloux et de moellons et quelques
fragments de terre cuite et d’amphores, le tout étant
lié à la terre. Dans le tronçon nord-sud, une longueur
de 1,35 m doit matérialiser l’emplacement d’une
ouverture dans le mur et sera considérée comme un
seuil. L’arrêt du mur au sud marque bien son extrémité
et n’est pas dû à une récupération postérieure des
matériaux. En effet, bien que la tranchée de fondation
soit très étroite, elle est visible et « ferme » le mur. Il
faut donc exclure l’idée d’un retour potentiel qui aurait
totalement disparu. Le mur, dont la largeur varie de
0,60 m à 0,75 m, ne possède aucun contrefort. Sur
une telle longueur, il ne peut donc soutenir une charge
conséquente. La fonction de mur de terrasse paraîtrait
plausible, sauf qu’il n’est pas perpendiculaire à la
pente, mais parallèle.

Avant d’aller plus loin dans l’interprétation, il nous faut
considérer les vestiges mis au jour dans la seconde
tranche de diagnostic. Force est de constater que
d’autres murs de même gabarit ont été découverts,
en particulier un mur nord-sud, observé sur 26 m de
long dont le développement a été estimé à 70 m. Nous
nous garderons de mettre en doute ces liaisons et
ces longueurs, qui peuvent paraître aberrantes, mais
qui, à la lumière de la fouille, s’avèrent plausibles. À
charge pour la fouille de Lo Badarel 2 d’apporter de
nouveaux éclairages sur ce point. Quoi qu’il en soit,
l’établissement rural de la colline de Montredon doit
comporter une partie résidentielle de belle tenue, car
des briques en quart-de-rond sont réemployées dans
le mur. Par leurs dimensions (22 cm de long), elles
proviennent de colonnes formant vraisemblablement
un portique. L’utilisation de cette technique et d’une
architecture romaine classique laissent supposer que
les propriétaires d’un tel domaine sont sans doute
à cette époque des colons romains plutôt que des
indigènes acculturés. Ils tirent leurs revenus de deux
sources au moins : la vigne qui a été exploitée sur
la colline, comme l’attestent les fosses de plantation
du diagnostic, et les grands murs d’axe nord-sud
sont peut-être à mettre en relation avec de l’élevage.
L’établissement décline rapidement puisqu’il disparaît
dès la fi n du Ier siècle de notre ère. Que ce soit sur
cette fouille ou plus sûrement sur le diagnostic de la
seconde tranche, aucun élément postérieur n’a été
découvert. Ce domaine s’est-il retrouvé en concurrence
avec celui de Saint-Martin ? Ses sources de revenus
sont-elles devenues insuffi santes ? Deux siècles plus
tard, une batterie de fours est implantée sur la colline,
mais leur emprise ne concerne que Lo Badarel 2 et
pas la partie que nous avons fouillée qui, pendant près
de deux mille ans, est demeurée au mieux une terre
agricole.

Maxime GUILLAUME
INRAP Méditerranée

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CARCASSONNE Lo Badarel 2

NÉOLITHIQUE - AGE DU BRONZE
ANTIQUITÉ

La réalisation d’un lotissement au lieu-dit ‘Lo Badarel
2 ’ à Carcassonne Montredon sur une superfi cie de
7,4 ha a donné lieu à deux diagnostics. La première
tranche en août 2007 avait permis la mise au jour
d’un bâti antique axé nord-sud amenant le Service
régional de l’Archéologie à prescrire une fouille. La
seconde tranche réalisée en janvier 2008 a confi rmé
la présence d’une occupation humaine du Néolithique
fi nal, de l’Antiquité et du Moyen Âge. La présence
d’une communauté paysanne à la fi n du Néolithique
ayant fréquenté les lieux était chose acquise avant
le démarrage de nos investigations. Une large fosse
partiellement fouillée en limite de notre parcelle
avait livré un abondant mobilier céramique rattaché
à la culture Vérazienne. Cette découverte, ainsi que
la présence d’une pierre dressée interprétée par
Jean Vaquer comme un mégalithe laissaient espérer
d’autres découvertes de cette période.
Nos investigations ont en effet mis en évidence la
présence massive de céramique non tournée à gros
dégraissant de couleur noire répartie dans la zone
centrale et sud du diagnostic, ainsi qu’une série
de structures à pierres chauffantes en fosse. Il est
diffi cile de dire, en regard de la quantité du mobilier
céramique et de la présence des structures à pierres
chauffantes, si nous sommes en présence d’un
établissement à vocation domestique. Les structures
ne sont pas particulièrement diversifi ées, en effet
hormis les pierres chauffées en fosses nous n’avons
repérés ni foyers, ni calages de poteau, ni traces de
murs en terre crue qui auraient pu témoigner de la
présence de maisons. Le mobilier ne l’est pas plus, ce
qui limite l’interprétation des activités in situ (absence
d’outils en silex, de meules, de faune, corpus habituel
des établissements à caractère domestique). Les
fragments de céramiques de type Vérazien sont
piégés à l’intérieur d’une couche de limon brun, sans
que l’on puisse y voir un niveau de sol à proprement
dit.
Une série de fosses (des fonds de silos ?) témoignent
de la fréquentation des lieux à la fi n de l’Âge du
Bronze.
Des vestiges antiques appartenant à un grand domaine
agricole ont été repérés sur au moins 8000 m2. Situés
sous un niveau de démolition lié à la destruction du
bâti, deux corps de bâtiment ont été dégagés dans
le secteur est de la parcelle. Un premier bâtiment
présente des murs axés nord-sud sur une grande
distance (jusqu’à 70 m. pour le plus long). Le mur de
limite méridional n’a pas été retrouvé, au nord la limite
du bâtiment échappe à l’emprise de nos travaux.
C’est à environ une trentaine de mètres plus à l’ouest
du premier bâtiment, que nous avons localisé une
seconde série de maçonneries qui met en évidence
l’existence d’un second bâtiment dont le plan
d’ensemble nous échappe.
Les observations que nous avons faites lors de cette
campagne sont de plusieurs natures.

  • Les deux bâtiments s’adaptent à la pente naturelle
    du terrain, il ne semble pas y avoir d’aménagement
    de type terrasse.- Les bâtisseurs ont particulièrement
    privilégié la pierre de grès locale. Celle-ci est largement
    dominante dans les fondations des murs dégagés,
    toujours liés avec du mortier de chaux. Ce matériau a
    sans doute aussi été utilisé pour édifi er les élévations
    comme le laisse supposer sa présence importante
    dans les remblais de démolition. La terre crue n’est
    toutefois pas absente comme on a pu le constater
    avec la petite cloison en briques crues du bâtiment à
    l’ouest.
  • L’abondance des imbreces et tegulae témoignent de
    couverture en tuiles.
  • La mauvaise conservation voir l’absence de sols
    d’occupation ne permet pas de connaître la destination
    des différents espaces, aucun indice ne permettant de
    faire la part entre lieu d’habitation et pièces réservées
    aux activités agricoles.
  • La viticulture fait partie avec certitude des activités
    de cette exploitation, comme le laisse entrevoir les
    traces de plantation fossilisées dans les limons.
  • Le réseau fossoyé suppose à la fois des divisions
    parcellaires complexes, et témoigne des efforts mis en
    oeuvre pour drainer les eaux de pluie.
    Chose rare dans ce type de grand domaine rural,
    nous avons découvert un petit bâtiment en marge des
    deux unités décrites ci-dessus, qui pourrait être un
    sanctuaire privé. Ces lieux de cultes en milieux ruraux
    sont plus ou moins bien connus, ce sont le plus
    souvent des petits fana de plan carré. Toutefois notre
    construction, par son plan rectangulaire échappe
    à la typologie habituelle des fana. Notre hypothèse
    se fonde sur différents aspects. Tout d’abord le côté
    isolé du bâtiment, sa mise en oeuvre architecturale à
    base d’énormes blocs taillés, et enfi n la présence d’un
    espace semi enterré, moult éléments atypiques en
    regard du reste des constructions. A titre d’hypothèse,
    on peut aussi envisager comme autre piste de
    réfl exion, celle d’un mausolée isolé appartenant aux
    propriétaires de la villa. La fourchette chronologique
    montre une mise en place à partir du Ier s. av. J.-C.
    et un abandon vers la fi n du IIe s. ap. J.-C. Cette
    chronologie met en évidence une occupation qui dure
    tout au plus 200 ans. Les lieux semblent défi nitivement
    désertés au début du IIe siècle, nous n’avons pas en
    effet repéré de réoccupation in situ, ni ponctuelle, ni
    durable. Au IVe et Ve s. ap. J.-C. l’activité artisanale
    mise en évidence par la présence des fours au sudouest
    des bâtiments n’a pas laissé de traces dans
    l’emprise de ces derniers.

Tanguy WIBAUT, Eric YEBDRI
INRAP Méditerranée

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CARCASSONNE Lanolier 2

ANTIQUITE

Les résultats obtenus sur ce diagnostic relativement
conséquent du point de vue de la superfi cie sont
décevants. En effet, peu de structures ont été mises
au jour et, parmi elles, trop peu ont donné d’éléments
d’ordre chronologique. En effet, les principales
structures, découvertes dans la tranchée 80, n’ont
pu être datées. Du mobilier épars dans les tranchées
creusées dans la zone alluviale a été régulièrement
exhumés indiquant la fréquentation des rives du
Régal au cours de l’Antiquité.

Fabien CONVERTINI
INRAP Méditerranée

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CARCASSONNE 10, rue du Pont Vieux

Moyen Age - Epoque Moderne

Le diagnostic archéologique qui s’est déroulé en
octobre 2008 a concerné une parcelle située au 10, rue
du Pont Vieux. Il fait suite à une première intervention
réalisée en 1997 sous la direction d’Hervé Pomarèdes,
qui avait mis au jour, sur trois parcelles parmi lesquelles
celle étudiée cette année, des vestiges associés à
l’aménagement du bourg neuf de Carcassonne, dès
la fi n du XIIIe siècle. Les auteurs du rapport avaient
également dégagés des niveaux qui témoignaient
d’un incendie potentiellement attribuable à celui de
1355 qui a détruit le bourg primitif. Un second bourg
succède au premier, sur une emprise plus limitée,
décalée au nord de la zone étudiée en 2008.
En 1997, un sondage de 4 m2 ouvert dans la portion
sud de la parcelle, objet de notre étude, avait mis au
jour une cave d’époque moderne.
Les 250 m2 de terrain qui font l’objet d’un projet
de construction, ont été testés au moyen de trois
sondages implantés au nord, au centre et au sudouest
de la parcelle. Le sondage ouvert au nord a
permis de relever la stratigraphie (4 m de longueur sur
2,60 m de hauteur maximale) la plus importante jamais
observée au sein de l’agglomération carcassonnaise.
Les niveaux d’occupation les plus profonds reposent
sur des dépôts alluvionnaires liés à la dynamique
de l’Aude. Ils attestent d’une occupation dense
caractérisée par une superposition de sols, couches
de construction et couches d’abandon.
Le sondage central a mis au jour de nombreuses
maçonneries dont certaines jouxtent des couches
chargées en charbons de bois et nodules de terre
rubéfi ée. Le sondage percé au sud-ouest documente,
avec deux fonds de fosse, l’occupation primitive de ce
secteur de Carcassonne.
Le mobilier céramique présent au sein des différents
remblais illustrent deux grandes phases d’occupation :
les XIIIe-XIVe siècles et le XVIe siècle.
Le rapport contient une synthèse historique sur la
chevauchée du Prince Noir qui a eu pour conséquence
à Carcassonne, l’incendie du bourg neuf en 1355. Cette
« fresque » est signée par Sylvain Vondra (INRAP).

Agnès BERGERET
INRAP Méditerranée

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CARCASSONNE Christol I

AGE DU BRONZE FINAL
AGE DU FER - EPOQUES MODERNE

Le site de Christol I se situe au nord-est de la ville, dans
le quartier de Montredon, en bordure de la dépression
de la Madeleine. Un programme archéologique a été
réalisé dans le cadre du projet de déplacement à cet
endroit de l’hôpital de Carcassonne. Une opération
de diagnostic a été menée par une équipe de l’INRAP
(Guillaume, Durand 2005) qui a mis au jour un ensemble
funéraire du Bronze fi nal IIIb et un habitat de l’Age du
Fer. Ces deux secteurs, distants de moins de 500 m,
ont fait l’objet chacun d’une prescription archéologique
(Christol I et Christol III).

Les vestiges découverts sur le site de Christol I se
caractérisent principalement par une occupation
funéraire datée du Bronze fi nal IIIb. Sept tombes à
crémation se regroupent en deux noyaux funéraires,
formés chacun autour d’une tombe plus imposante.
Celles-ci sont dotées d’un dispositif de signalisation
circulaire constitué de dalles disposées de chant,
destinées probablement au soutènement d’un petit
tertre ou bien à la délimitation d’un enclos. Le premier
noyau se compose d’une sépulture à crémation
présentant une structure d’entourage de 3,60 m de
long, associée à une tombe périphérique et à deux
dépôts para-funéraires composés d’épandages de
céramique. Le second noyau est constitué de quatre
sépultures situées autour d’une sépulture de taille plus
importante.

Les loculus funéraires sont de forme circulaire ou ovale
et de petites dimensions n’excédant généralement
pas 0,60 m de diamètre. Ils sont parfois fermés par
des dalles de couverture ou signalés en surface par un
amas des petites pierres.

Les restes osseux peuvent être déposés dans un
ossuaire ou bien directement dans la fosse. Leur
quantité est généralement peu élevée (72 g en
moyenne), certains dépôts intacts atteignant parfois 5
g seulement, induisant par conséquent un dépôt partiel
des restes du défunt dans la tombe. Les sépultures
semblent individuelles à l’exception d’une seule qui
pourrait associer un adulte et un immature, à moins
qu’il ne s’agissent d’un Infans II ou d’un Juvenis.

Parmi le mobilier, 4 contenants en céramique ont servi
de vase-ossuaire. Les vases d’accompagnement
n’excèdent pas 3 individus pour 2 des sépultures. Du
mobilier métallique n’est présent que dans une seule
tombe sous la forme d’une chaînette en bronze. Enfi n
concernant les dépôts alimentaires, quelques restes
de faune brûlés ont été mis au jour dans un des vases-ossuaires.

Un deuxième ensemble concerne plusieurs structures
datées de l’Age du Fer, situées en périphérie des
sépultures du Bronze fi nal IIIb. Un premier groupe est
constitué de cinq fosses plus ou moins dispersées et de
taille variables, dont l’interprétation pose des diffi cultés.
Deux d’entre elles, de par leur taille imposante et leur
remplissage, semblent être rattachées à une aire
d’ensilage qui avait été mise au jour au cours de deux
opérations de diagnostics en 2004 et 2005 (Guillaume
et al. 2004 ; Guillaume, Durand 2005). Ces deux fosses,
situées au nord de la zone de fouille sont datées de la
fi n du premier Age du Fer. Cependant, la présence de
quelques fragments osseux brûlés, très fragmentés
et épars dans le remplissage de l’une d’entre elle,
n’exclut pas une possible vocation funéraire.

Le second groupe est une structure bâtie à double
parement de dalles plantées de chant qui pourrait
s’apparenter à un monument funéraire ou parasépulcral.
Malheureusement, cette structure est
fortement remaniée par l’intersection de deux fossés en
son centre qui ne permettent pas d’aller plus loin dans
l’interprétation. Seuls quelques tessons de céramique
appartenant au même horizon chronologique que les
fosses silos apportent des éléments de datation. Des
niveaux d’épandage de mobilier relevant également
de la fi n du premier Age du Fer se localisent au sud du
secteur concerné par l’emprise de la fouille.

Enfi n, deux fossés de drainage sans doute modernes
forment le troisième ensemble de vestiges.

Louise LOE et Juliette MICHEL
Oxford Archéologie Méditerranée

Carcassonne, Christol 1
Plan général des vestiges mis au jour sur le site de Christol 1

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CARCASSONNE Christol III

AGE DU FER

Le site de Christol III se localise au nord-est de
Carcassonne, sur la rive droite de l’Aude qui coule à
moins de 1 km à l’ouest du gisement, en bordure de
l’ancienne zone humide de La Madeleine. Dans le cadre
du projet de déplacement de l’hôpital de Carcassonne
dans le quartier de Montredon, une opération de
diagnostic a tout d’abord été réalisée par l’Inrap, sous
la direction de M. Guillaume (Guillaume, Durand 2005).
Ce site a ensuite été l’objet d’une prescription de
fouille, réalisée par Oxford Archéologie Méditerranée.
Les vestiges, répartis sur une surface de 7376 m2, se
rapportent pour l’essentiel à une occupation de la fi n
du premier Age du Fer. Ils concernent d’une part un
habitat s’organisant autour d’un bâtiment central à
abside et, d’autre part, un ensemble de structures en
creux situées plus au sud. L’ensemble bâti a souffert
du creusement d’une série de fossés diversement
orientés. Il est par ailleurs très arasé. Le mobilier
(céramique et métallique : étude V. Ropiot) est cohérent
et homogène. Il permet d’attribuer cette occupation
au premier quart du Ve s. av. n. è. On notera toutefois
que deux couches localisées dans la partie nord de
la zone de fouille ont livré du mobilier appartenant à
la fois au Ve s. et au IIe s. av. n. è. La disposition et la
composition hétérogène de ces ensembles montrent
qu’ils ne sont pas en place. Ils indiquent néanmoins

que le site a connu une phase d’occupation à la fi n
du second Age du Fer, mais aucun niveau en place
correspondant à cette période n’a été individualisé
dans ce secteur. Seul un mur isolé, localisé à l’extrémité
sud de la fouille pourrait être rattaché à cette phase.
Le bâtiment à abside se compose, dans la partie
septentrionale, d’une grande salle rectangulaire dont
les murs sont bâtis sur solins de pierre, conservés sur
deux assises. Au sud, cette salle se prolonge par une
abside dont la cloison est matérialisée par six trous
de poteaux. La superfi cie du bâtiment atteint 40 m2.
Son entrée est précédée d’un passage fermé ou d’une
cour. Aucun aménagement interne particulier (sols,
banquette éventuelle) n’est conservé, à l’exception
d’une grande fosse, évoquant un silo, creusée au
centre, contre le mur est. Un petit appentis de plan
quadrangulaire semble s’adosser au mur nord du
bâtiment à abside, tandis qu’un vaste espace se
développe à l’est. D’une superfi cie d’environ 81 m2, il
se subdivise en trois aires, une resserre, un atelier de
métallurgie et une cour, disposées en enfi lade, avec en
commun le mur de façade nord. A l’extrémité orientale
de la cour, se trouve un possible grenier aérien sur
poteaux plantés.

L’espace concerné par l’activité métallurgique se
caractérise par la présence de trois foyers ayant livré
de fortes concentrations de battitures, micro-déchets
liés au martelage à chaud d’objets en fer. Les analyses
métallographiques des déchets révèlent clairement la
pratique d’activités artisanales sur place (étude de M.
Berranger). Il est apparu que cette activité dépasse le
cadre d’une fabrication d’objets à l’échelle domestique,
puisqu’on a vraisemblablement affaire à une production
standardisée de pièces assez volumineuses, mettant
à contribution le travail d’un artisan spécialisé.
La pratique d’activités agricoles est par ailleurs
confi rmée par la présence de structures de stockage,
de paléo-semences (étude de C. Schaal), et, dans une
moindre mesure, par l’outillage en fer (faucille, pic à
douille). Le site de Christol III a notamment livré cinq
silos piriformes ou tronconiques à fond plat, situés à
une distance de 10 à 30 m au sud de l’établissement.
Enfi n, toujours au sud de l’ensemble bâti, un puits
a été creusé dans le substrat et en partie jusqu’à
un soubassement rocheux, à une profondeur d’au
moins 1,78 m. La nappe phréatique a été atteinte à ce
niveau, si bien que la remontée d’eau n’a pas permis
de déterminer sa profondeur réelle.
L’ensemble de ces éléments, ainsi que la qualité du bâti
et du mobilier, confèrent à cet établissement une place
à part dans la documentation ouest-languedocienne
et roussillonnaise. On est assez loin du modèle de la
petite ferme construite en matériaux périssables et
dévolue uniquement à un rôle agricole.

Charlie NEWMAN
Oxford Archéologie Méditerranée

Virginie ROPIOT
Oxford Archéologie Méditerranée, associée à l’UMR
5608, TRACES, Université de Toulouse - Le Mirail

Carcassonne, Christol 3
Vue générale du site. Cliché Ch. Newman

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CARCASSONNE Place Carnot

EPOQUES MODERNE
ET CONTEMPORAINE

Dans le cadre de la réfection du réseau d’assainissement
(eaux usées, égouts) sur l’emprise publique de la place
Carnot, bastide Saint-Louis, une fouille archéologique
préventive a été prescrite. En effet, par la localisation
des travaux, au coeur de la ville basse et leur impact
sur le sous-sol, des niveaux archéologiques étaient
susceptibles d’être atteints. Six tranchées successives
(L totale : 80 m ; l : 1,50 m ; P : 2,50 m), ont été
nécessaires pour poser trois regards et un nouveau
collecteur, parallèlement à l’ancien réseau (canalisation
en grès), situé légèrement plus au sud.

Ces travaux n’ont révélé aucune structure, mobilier ou
niveau antérieurs à l’époque contemporaine, hormis
une construction voûtée qui s’apparente à un égout ou
un collecteur d’eaux pluviales (XVIIIe ou XIXe siècle ?).
Or la bastide Saint-Louis est implantée à cet endroit
depuis le milieu du XIIIe siècle, fait qui permettait
d’envisager a priori la mise au jour d’éléments datables
du Moyen Age.

Frédéric LOPPE
Amicale Laïque de Carcassonne

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CARCASSONNE Montée Porte d’Aude

MOYEN AGE

Des sondages ont été organisés en juin 2008 à
proximité de la Porte d’Aude, en contrebas de
l’enceinte extérieure, sur le front ouest de la Cité de
Carcassonne. Un projet de plantation d’une vigne
pédagogique est à l’origine de cette opération.
Plusieurs phases d’occupation sont attestées au
Moyen Age entre la Cité et la rive droite de l’Aude :

  • Avant 1240, ce faubourg était appelé Granolhet. A
    cette date, la rébellion de Raymond Trencavel entraîne
    la destruction de tous les bourgs entourant la Cité.
  • De 1247 à 1262, un habitat s’installe à nouveau sur
    ces pentes. Il est rasé sur ordre royal, juste avant la
    création défi nitive du nouveau bourg sur la rive gauche
    de l’Aude.

A priori, aucune opération archéologique n’avait
encore eu lieu dans ce secteur très sensible, proche
de la porte d’Aude. Il était donc intéressant de vérifi er
la présence de structures médiévales sur ces pentes.
Conformément aux prescriptions, la plupart des
sondages ont été ouverts parallèlement à la montée
de la Porte d’Aude, dans la partie la plus basse et la
plus plane de la parcelle. Mais un autre sondage a été
implanté dans la partie haute à proximité de l’enceinte,
des travaux de reprofi lage du terrain devant avoir lieu
à cet emplacement. Trois des six sondages effectués
ont donné des résultats positifs :

  • Dans le sondage le plus proche de la Porte d’Aude, ont
    été mis au jour des vestiges de murs correspondant à
    des rampes d’accès antérieures à celle qui est utilisée
    actuellement.
  • Le sondage le plus proche de l’enceinte a permis
    d’observer une couche de démolition, apparemment
    ordonnée : un stockage de pierres probablement
    destiné au chantier de l’enceinte extérieure (milieu XIIIe
    siècle) ?
  • Le sondage effectué dans la partie basse du terrain
    a révélé deux phases d’occupation : des murs
    médiévaux probablement antérieurs à 1240, puis des
    vestiges d’habitat datés par du mobilier médiéval de la
    2e moitié du XIIIe siècle.
    Ce dernier sondage, le plus intéressant, a livré des
    restes de bâti, à vocation probablement domestique,
    au vu du mobilier. En effet, la céramique y représente
    56 % du mobilier et les objets pouvant révéler une
    activité artisanale en sont absents.

Les vestiges pourraient ainsi être rattachés à deux
phases :

  • phase 1 : deux restes de murs sont associés à une
    occupation marquée par une majorité de céramique
    grise. La datation ne peut être que relative et se
    rattache au Moyen Age, avant le milieu du XIIIe siècle :
    des vestiges de bâtiments du faubourg avant sa
    destruction en 1240 ?
  • phase 2 : une couche de démolition et des restes
    probables de pavement ou de calade peuvent eux
    aussi être rattachés à la période médiévale, mais la
    céramique plus tardive et un méreau de la seconde
    moitié du XIIIe siècle permet d’avancer l’hypothèse
    que cette deuxième occupation pourrait correspondre
    à la reconstruction provisoire d’un nouveau bourg sur
    les pentes de la Cité entre 1247 et 1260.

Le contexte immédiat de ces sondages éclaire par
ailleurs l’organisation de ce quartier : une source
appelée fount celado, a probablement cristallisé un
noyau d’habitat dès les VIe-VIIe s. en contrebas de
l’enceinte du Bas-Empire. Autre élément fédérateur
pour l’habitat, la via Aquitania traversait l’Aude à gué
depuis la Protohistoire à ce niveau. Un pont de pierre
est attesté à partir de 1184. Un moulin a fonctionné
non loin du XIIe au XXe siècle.

Suite à cette opération, qui a fourni sur seulement
57 m² un certain nombre d’éléments construits, des
investigations sur une plus large superfi cie seraient
souhaitables afi n d’en préciser la fonction et la
datation.

Marie-Elise GARDEL
Amicale Laïque de Carcassonne

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CARCASSONNE La Cité, Place Marcou

MOYEN AGE
EPOQUES MODERNE ET CONTEMPORAINE

Le renforcement de la ligne électrique par l’ERDF
effectué fi n 2008 se situait dans la partie orientale de
la Cité médiévale de Carcassonne. Il concernait la
création d’une ligne enterrée depuis le transformateur
accolé au cimetière de la Cité (contrescarpe orientale
de la forteresse), jusqu’à la rue du Plô, dont le tracé
suit grossièrement celui de l’enceinte orientale, de la
Place Marcou à l’église Saint-Nazaire. Il a nécessité
un forage destiné à faire passer les gaines électriques
sous les deux enceintes débouchant ainsi dans les
douves orientales.

L’emprise des travaux concernait donc en partie les
vestiges de l’église Saint-Sernin, autrefois adossée au
rempart et utilisant la partie supérieure de la Tour du
Sacraire Saint-Sernin comme abside.

Trois sondages ont été effectués. Sans être vraiment
spectaculaires, les résultats apportent des éléments
nouveaux pour la connaissance des quartiers ouest de
la Cité, encore assez peu connus.

Le sondage 1, place Marcou, a livré une stratigraphie
bien conservée sur 1,30 m de puissance. Un niveau
médiéval en place y a été découvert : il s’agit
vraisemblablement d’une couche de démolition
qu’on peut situer chronologiquement entre le XIe et le
XIIIe siècle. Une structure a été aperçue, qui semble
accuser une orientation d’environ N 50. Ce sondage
a livré à lui seul 273 objets, dont 217 pour l’US 2003,
confi rmant encore une fois la richesse du sous-sol de
la vieille ville.

Le sondage 2, effectué dans la partie nord de la rue
du Plô, a montré des niveaux en partie perturbés par
des travaux antérieurs. L’US 2004 a livré 236 objets
dont 103 tessons médiévaux. Il s’agit probablement
d’une couche attestant la démolition d’un bâtiment
médiéval ou un remblai constitué de matériaux de la
même époque. La rue du Plô monte insensiblement
vers le point culminant de la Cité. Des remblaiements
successifs ont peut-être eu pour objectif d’atténuer
la forte pente dans ce secteur, à différentes époques.
Par exemple, on ne peut exclure que les importants
travaux de construction de la porte Narbonnaise, à la
fi n du XIIIe siècle, ait affecté partiellement l’urbanisme
de cette partie de la Cité. Mais les événements qui
semblent avoir affecté directement ce quartier sont liés
à la construction ou reconstruction (attestée au XIIIe
siècle), puis à la destruction (XVIIIe siècle) de l’église
Saint-Sernin.

Le sondage 3, situé dans le fossé oriental, a permis
d’observer une stratigraphie en place bien litée.
Le mobilier est majoritairement céramique, mais
appartient pour l’essentiel aux époques moderne et
contemporaine. A partir du XVIIe siècle un quartier
se constitue entre les deux lignes de remparts dans
les lices. Au XIXe siècle, le nombre de ces maisons
s’élève à 86. On voit sur les photos anciennes que les
fenêtres de certaines d’entre elles donnaient sur les
fossés, permettant de se débarrasser facilement des
ordures. De plus, lors de leur démolition à la fi n du XIXe
et au début du XXe siècles de nombreux détritus ont dû
être jetés par-dessus la muraille. Les rejets cendreux
proviennent peut-être de ces travaux de démolition…

A travers ces trois sondages de dimensions modestes,
on voit apparaître en fi ligrane, du Moyen Age à nos jours,
l’existence d’une église paroissiale, l’amélioration de la
fortifi cation, des constructions et démolitions qui ont
affecté le quartier ouest, situé près du point culminant
de la Cité. De plus, son abandon progressif a entraîné
à l’époque moderne l’appropriation des lices par la
population et le comblement partiel des fossés par les
détritus.

Marie-Elise GARDEL
Amicale Laïque de Carcassonne

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