Bram - Althéas, rue des Fleurs - Antiquité

L’assiette [1] de ce projet, situé à l’est du bourg actuel,
couvre une surface de près de 30 hectares. Cette
emprise inclut un atelier de potiers d’époque
augustéenne découvert en 1970 et partiellement fouillé
dans le cadre de fouilles programmées par Michel
Passelac entre 1970 et 1981.

Ces campagnes ont permis la découverte d’ateliers de
potiers ayant fonctionné des années 40-30 jusqu’à la
dernière décennie avant notre ère. Ils ont été établis
au sein d’une aire circonscrite par deux longs fossés
qui auraient dans un premier temps joué un rôle dans
la préparation des terres utilisées par les potiers,
selon un procédé de lévigation aboutissant au point
de contact entre les deux fossés, à une fosse ovale
destinée à la récupération des argiles fines. Les fossés
sont finalement comblés, quasi-intégralement de
rebuts de cuisson. Fouillés sur quelques sections, ils
ont livré d’importantes quantités de mobilier qui ont
permis d’établir un large catalogue de formes de présigillées.

L’ouverture des tranchées de diagnostic complète de
façon spectaculaire les données acquises. Elles ont
permis la mise au jour d’une importante concentration
de structures dans l’aire formée par les longs fossés.
Il s’agit notamment d’une série de trous de poteaux,
vestiges de bâtiments fonctionnels des ateliers et
d’une aire d’ensilage. Deux fours ont également été
localisés de part et d’autre du long fossé. Au point de
rencontre des deux fossés, deux bassins aménagés
successifs, confi rment les conclusions de M. Passelac
quant à la présence, dans ce secteur, d’une aire de
traitement des argiles.

En bordure occidentale des ateliers de potiers
est apparu un ensemble de fosses de plantations
circonscrites par des fossés témoignant de la mise en
valeur d’une parcelle durant l’époque antique.

Les parties orientales et septentrionales de l’assiette du
projet immobilier se sont révélées négatives en dehors
de quelques larges fosses récentes ou de fossés de
ruissellement indatables. L’occupation antique est donc
limitée strictement à la partie sud-orientale de l’emprise
sur une superficie d’environ 6 000 m2, confirmant peu
ou prou les conclusions antérieures. Dans l’état actuel
des recherches, il semble que les structures relatives
aux ateliers de potiers se concentrent essentiellement
dans l’aire circonscrite par les longs fossés ainsi que
dans la frange occidentale du long fossé nord-sud.
La contemporanéité de la parcelle mise en culture
n’a pu être établie clairement bien que les fosses de
plantation aient livré, en surface, du mobilier issu des
ateliers.

Véronique CANUT
INRAP Méditerranée


[1Notice extraite du Bilan Scientifique 2008 du Service Régional d’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon