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Sorties botaniques 2003

- 13 avril 2003 :
Sigean
- 11 mai 2003 :
Fontjoncouse
- 1er juin 2003 :
Dernacueillette
- 29 juin 2003 :
Escouloubre

Dominique Barreau et Henri Castel

13 avril 2003 : Sigean

Cette première sortie de l’année prévoyait la visite d’un secteur peu connu de la commune de Sigean. L’excursion commence au site archéologique de Pech- Maho. Comme il est clôturé, nous le contournons en traversant un bosquet de pins d’Alep avec diverses plantes méditerranéennes : lentisque, camélée, filaires à feuille étroite et à feuille large (ssp. latifolia et media) Des oliviers ont des feuilles si grandes que nous hésitons à les reconnaître ! La ripisylve qui borde le cours d’eau de la Berre montre un milieu relativement frais. On y remarque bien des espèces habituelles de ces lieux : frêne, aubépine, chèvrefeuille d’Etrurie, pâquerette des bois (en feuille), iris fétide, moutarde, maceron (Smyrnium olusatrum) et deux aristoloches (Aristolochia rotunda et paucinervis), mais aussi dans les parties découvertes et plus sèches des plantes inféodées à d’autres biotopes : la mercuriale tomenteuse (Mercurialis tomentosa), le pavot cornu (Glaucium flavum). Dans le lit de la rivière : cresson et Apium nodiflorum. En retournant aux voitures par la partie est du site de Pech-Maho, on note deux espèces rares dans la région côtière : Phlomis herba-venti et Plantago sempervirens. Nous remarquons plusieurs spartiers présentant des « balais de sorcières », formation pathologique due à des attaques de champignons et se caractérisant par un développement anormal et très ramifié des rameaux. Nous nous dirigeons ensuite vers la Plaine du Lac. Cette plaine, constituée d’alluvions récentes, est bordée à l’est par des falaises de calcaire lacustre d’un trentaine de mètres de hauteur et d’origine miocène. Si la partie qui borde la plaine est fort abrupte, le côté oriental est en pente légère et couvert de vignes et de bosquets de pins d’Alep. C’est par ce côté que nous entreprendrons l’exploration du Pech de la Ginestelle en suivant l’étroit sentier qui chemine tout le long d’une petite falaise. La pente est formée d’un banc calcaire surmontant des marnes très instables et ravinées. Sur les replats on note Convolvulus lineatus et le rare Polygala rupestris. A la base immédiate du banc calcaire un peu d’humidité a favorisé l’installation de la camphorine de Montpellier. Plus bas sur les marnes, très peu d’espèces à part l’Erucastrum nasturtiifolium. Sur le plateau c’est une végétation typiquement méditerranéenne avec thym, lavande, brachypode rameux, stéhéline, genêt scorpion, séseli tortueux... Bordant une vigne, une haie de pourpiers de mer ou « arblanc » (Atriplex halimus), avec aussi une espèce rare de rue à bractée et foliole large (Ruta chalepensis ssp. bracteosa) son odeur est forte mais moins fétide que la classique rue à feuille étroite des garrigues. L’après-midi nous allons au Pech du Lac près de la Courtive, et nous suivons la rive gauche de l’exutoire des canaux d’irrigation vers le Trou du Bois. D’abord l’eau est douce avec encore les plantes de rivière et même un pied d’Oenanthe pimpinelloides, inattendu dans cette région. Puis l’influence maritime se fait sentir avec les plantes halophiles du littoral : salicorne, saladelle, soude, obione, tamaris... Passant sur la rive droite, nous retrouvons les pins d’Alep qui s’étagent sur la falaise et qui sont accompagnés de plantes méditerranéennes déjà vues dans la matinée. Citons cependant quelques orchidées : Ophrys araneola et Cephalanthera longifolia en début de floraison.Haut de page

11 mai 2003 : Fontjoncouse

La promesse d’une belle journée avait amené un plus grand nombre de participants pour cette sortie. Nous atteignons ici la limite ouest des Corbières orientales (vallon de Coustouges) où s’atténue l’influence méditerranéenne. C’est par le chemin de la Fontaine bordé par les nombreuses ombelles du cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris) que nous nous dirigeons vers le Petit Guimont. Ce plateau constitué essentiellement de calcaires et de marnes du Secondaire est d’abord recouvert d’une lande-garrigue assez dégradée et formée essentiellement de cade, kermès et genévrier de Phénicie. La pente au nord un peu plus humide abrite quelques espèces particulières comme l’ombellifère Peucedanum cervaria (serait-ce la bonne espèce au lieu de l’improbable Trochiscanthes nodiflora cité par Gautier ?). En allant vers le sud la garrigue s’étoffe et apparaissent l’alaterne, le térébinthe, la camélée (Cneorum tricoccon), le romarin, le garou (Daphne gnidium). La strate herbacée comprend surtout le brachypode rameux, la stéhéline, le thym, l’aphyllanthe, l’euphorbe de Nice (Euphorbia nicaeensis), l’hélianthème (Helianthemum apenninum), auxquels s’ajoutent, selon les endroits, le lin de Narbonne, la germandrée dorée (Teucrium aureum), Argyrolobium zanonii, la laitue sauvage (Lactuca perennis) appelée parfois « coscorilha » et plus rarement les petits Euphorbia exigua et Bupleurum baldense. En descendant par une pente très caillouteuse nous remarquons l’aristoloche (Aristolochia pistolochia), l’épipactis à feuilles larges (Epipactis helleborine) et l’ornithogale de Narbonne. Nous revenons au village en passant par le château où plusieurs espèces rudérales sont notées. L’après-midi avait pour but la visite des Monedières en passant par le col de la Louve. Nous empruntons pour cela le chemin qui suit le ruisseau de Bellecombe en bordure occidentale du plateau du Devès. Des suintements en terrain argileux abritent les caractéristiques Prunella hyssopifolia, Onobrychis supina et Plantago maritima. Le ruisseau est surtout bordé de frênes, de peupliers et de corroyère, abondante à certains endroits. Au col de la Louve, un ancien champ permet de trouver Caucalis platycarpos, Galium tricornutum, Scandix australis et une messicole autrefois commune Asperula arvensis, mais qui s’est raréfiée par suite des nouvelles pratiques culturales. Dans la pelouse voisine, parmi d’autres orchidées (Ophrys lutea et Anacamptis pyramidalis), deux beaux pieds d’Ophrys magniflora attirent les photographes. Les Monedières sont un vaste plateau formé de calcaire gréseux et de dolomies du Jurassique. Nous suivons un chemin tracé dans une garrigue piquetée de pins d’Alep et composée de kermès, buis, cade, genévrier de Phénicie, genêt scorpion avec parfois du cytise (Cytisophyllum sessilifolium). Plus haut elle se transforme en landemaquis difficilement pénétrable où viennent s’ajouter le romarin et l’ajonc de Provence. Avant la fin de la sortie quelques courageux vont rechercher des espèces particulières sur le bord occidental des Monedières. L’une citée hypothétiquement, Genista lobelii s’avère être plus simplement Genista pulchella (G. villarsii). L’autre est la sauge à feuille de lavande (Salvia lavandulifolia) qui constitue ici une très importante station de cette plante ibérique en limite septentrionale d’aire. Par ailleurs, elle est assez commune dans l’Aude mais sous forme cultivée ou naturalisée en petites stations dispersées. Pour terminer un rapide arrêt pour admirer les impressionnants rochers dolomitiques et ruiniformes qui bordent le plateau du Devès et qui servent d’entraînement aux amateurs d’escalades. En s’approchant, on peut y distinguer des touffes d’Hormathophylla macrocarpa, Seseli longifolium, Lithodora fruticosa... La présence d’une biscutelle sur ce substrat non siliceux est plutôt étonnante et nous n’avons pu la déterminer avec certitude, serait-ce Biscutella mediterranea ?Haut de page

1er juin 2003 : Dernacueillette

La chaleur annoncée n’avait pas découragé une dizaine de botanistes d’entreprendre une herborisation dans les Hautes-Corbières méditerranéennes. Nous visiterons un secteur situé entre Dernacueillette et le col de Cascagne, la géologie y est complexe avec des variations brutales et des intrications entre substrats siliceux et calcaires. Les sols sont encore plus variés car il y a des phénomènes de décalcification et des parties où la silice est moins active. Au total la végétation est difficile à interpréter et les faciès sont très mélangés. Ceci offre l’avantage d’une grande diversité, notre herborisation relevant 350 espèces. La matinée sera consacrée à la visite de la partie nord-est de la commune de Dernacueillette. Nous suivons pour cela un large chemin de terre bordé d’un côté par un ruisseau alimenté par les eaux pluviales, de l’autre par un talus abrupt. Sur les rives du ruisseau de nombreux arbres (chêne vert et chêne pubescent, peuplier, saule, arbousier et même figuier et merisier...) ombragent le chemin. De l’autre côté, le sol assez complexe, va nous montrer une flore plus ou moins méditerranéenne. Sur le talus poussent divers arbrisseaux : genêt scorpion, bruyère à balai et bruyère arborescente, cade, amélanchier, mais aussi des espèces plus médio-européennes : genévrier commun, troène, cornouiller. Parmi les plantes basses, nous noterons aussi ce mélange de flores : la lavande aspic, le thym, des euphorbes (Euphorbia nicaeensis, characias, amygdaloïdes), la santoline, Onobrychis supina, Phyteuma orbiculare et quelques orchidées (Serapias vomeracea et lingua). Dans la partie plus acide la lavande stoechade, la centaurée pectinée, la jasione et la callune font leur apparition. Plus haut le chemin s’éloigne du ruisseau et rejoint la route. Là, en plein soleil les méditerranéennes sont plus nombreuses : Phlomis herba-venti, Ruta montana, Asteriscus spinosus... Nous suivons ensuite un chemin qui longe le haut d’un parc à moutons. D’un côté s’étage en dessous un petit bosquet de chênes verts et pubescents, de l’autre des cistes et surtout des calycotomes et des bruyères arborescentes indiquant un terrain plus acide. Un peu plus loin une garrigue nous livre fumanas et hélianthèmes (Helianthemum apenninum et oleandicum), Euphorbia nicaeensis, Scorzonera hirsuta, l’herbe du Mont-Serrat (Thymelaea sanamunda) Pour retrouver nos voitures nous traversons le parc à moutons fort pâturé. Seuls pointent chênes et épineux (chardons, genêts, églantiers), dédaignés par les bêtes. Un point d’eau permet d’observer parmi les joncs et les scirpes de nombreux petits mourons (Anagallis tenella, A. arvensis, Samolus valerandi). Sur les pentes d’une ravine voisine, parmi les chênes verts, nous distinguons des térébinthes et des garous (Daphne gnidium). Le déjeuner est pris à l’ombre à côté de la cascade de Baïral fort réduite à cette époque de l’année. Haute d’une centaine de mètres, elle draine les eaux du plateau de Lacamp et du col de Cascagne. Une petite escalade sur sa rive droite nous donne plusieurs plantes intéressantes comme Ptychotis saxifraga, Arenaria modesta, Globularia repens, Chaenorrhinum origanifolium et le rare Galium verticillatum. Au bord de la route, un petit ruisselet alimenté par un trop plein, nous permet de voir, parmi les quelques plantes hygrophiles, une bonne station de Lysimachia ephemerum, espèce rare et protégée sur l’ensemble du territoire national. Nous repartons en direction de Massac et du col de Cascagne. Nous nous dirigeons vers l’est du col pour voir deux dolmens. Nous en profitons pour herboriser dans cette garrigue soumise au pâturage. Quelques petits boqueteaux de chênes verts et pubescents et divers arbres épars poussent dans ce lieu. On y retrouve des arbrisseaux : buis, corroyère, églantiers. Puis brusquement nous passons à une zone siliceuse au sommet avec cistes (Cistus albidus et salviifolius et même de rares C. crispus) et bruyères (Erica cinerea et scoparia). Dans la pelouse une station de raisin d’ours (Arctostaphylos uva-ursi) nous rappelle que la zone du hêtre n’est pas très loin. Par endroits le thym voisine avec le serpolet, ailleurs ce sont des stations de lins (Linum salsoloïdes et campanulatum), et tout en bas on aperçoit de nombreuses lavandes stoechade. Sur le versant nord, le terrain devient marneux avec des suintements hivernaux, ce qui favorise un groupement à Prunella hyssopifolia et Plantago maritima avec deux espèces plus rares : Scorzonera austriaca et Jasonia tuberosa. L’orage qui menaçait depuis un bon moment daignera nous octroyer un peu de pluie au moment du départ.Haut de page

29 juin 2003 : Escouloubre

Nous avions programmé cette sortie pour visiter un secteur mal connu du Roquefortès, partie la plus au sud du plateau de Sault, adossée au massif du Madres. Il s’agissait d’explorer les milieux calcaires et d’y inventorier les espèces méditerranéennes. Pour cela nous partons vers la colline des Casals au nord du village qui offre un versant sud bien exposé. Le thym y est assez commun accompagné de l’hélianthème des Apennins et de la petite coronille avec aussi des espèces plus montagnardes comme la germandrée dorée et l’ononis strié. La première vague de chaleur de la semaine précédente a déjà commencé à « griller » certaines plantes surtout celles au ras du sol comme le fumana couché. En plus de la chaleur, l’air très sec a favorisé un fort ensoleillement des calcaires. Ainsi à la suite de la canicule de cet été, un versant de buis a été brûlé par le rayonnement solaire au Pech Cardou, près de Rennes-les-Bains. Ici les arbustes n’ont pas encore trop souffert : buis, amélanchiers, cerisiers de Sainte-Lucie. Il est assez étonnant de rencontrer de nombreux buissons de ciste à feuille de laurier, abondant dans la région, mais normalement sur terrains siliceux. Sur un filon de quartz du côté ouest pousse une fougère de milieu siliceux, Asplenium septentrionale, alors que dans les rochers calcaires on note Asplenium fontanum. Plusieurs plantes attirent notre attention comme un pied de baguenaudier, quelques crupines vulgaires, Anthericum liliago, un beau chardon bleu (Echinops sphaerocephalus) et une gesse vivace peu commune : Lathyrus cirrhosus. En descendant vers le village sur d’anciennes terrasses il reste encore de la vigne ensauvagée. Près du ruisseau, l’ombre sera bienvenue pour le repos de midi. Nous partons ensuite sur la piste forestière de l’Aguzou qui monte au col de Toulnéou. Bien qu’il y ait du hêtre, c’est le chêne pubescent qui domine. Mais on sera quand même étonné de trouver quelques pieds, peut-être importés, de genêts scorpions et d’Helichrysum stoechas. Au col quelques lins de Narbonne surprennent également, bien que déjà vus en contre-bas, vers Usson. Sinon c’est une flore assez classique de milieux intermédiaires boisés avec les érables champêtres et sycomores, la verge d’or, le tussilage, Mycelis muralis, Campanula persicifolia, Lonicera xylosteum, Stellaria holostea, Vicia sepium, Epilobium montanum, Anemone nemorosa... Nous apprenons à distinguer deux ombellifères assez proches : Pimpinella saxifraga et Ptychotis saxifraga, cette dernière possède un involucelle et préfère les milieux plus arides.Haut de page

  
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