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Sorties botaniques 2012

Texte et liste de plantes de Dominique Barreau

Les photos, toutes prises lors de la sortie dont elles suivent le compte rendu, ont été choisies par le webmaster. Signalez SVP toute erreur.

1er avril : La Clape à Saint-Pierre-sur-Mer
29 avril : Sainte-Eugénie (Peyriac-de-Mer)
10 juin : Cubières et Camps
1er juillet : Quillan

Flore patrimoniale de l’Aude

Tout en poursuivant notre travail de prospection en vue d’une cartographie de la flore audoise, nous sommes partenaires d’un projet plus précis. Il s’agit d’établir des fiches pour environ 300 espèces dites patrimoniales présentes dans l’Aude. Pour constituer cette liste, on s’appuie sur 3 critères :
- rareté en France, dans la région et dans l’Aude,
- responsabilité de notre territoire pour la conservation,
- vulnérabilité de l’habitat. Pour ce projet, qui est programmé sur 3 ans, nous sommes associés à la Fédération Aude Claire et au Conservatoire Botanique (CBNmed). Dans le compte-rendu des sorties, les espèces patrimoniales citées sont suivies de la lettre « P ».

1er avril : La Clape à Saint-Pierre-sur-Mer

La matinée sera consacrée aux environs du célèbre Gouffre de l’Œil Doux. Nous partons du parking en longeant la bordure ouest puis sud du petit massif, Plan de l’Œil Doux. Malgré la sévère vague de froid et une assez forte sécheresse hivernale, les pelouses sont assez fournies en plantes annuelles. Quelques hélianthèmes à feuille de saule montrent leurs discrètes corolles très éphémères. Nous retrouvons quelques Gagea lacaitae (P) en fin de floraison sur une station déjà connue et normalement plus généreuse. Puis nous arrivons dans une ancienne carrière. Daniel Vizcaïno en profite pour faire un exposé rapide sur la géologie du massif de la Clape avec ici un remarquable calcaire massif à hippurites du crétacé inférieur (aptien). Nous y notons plusieurs espèces intéressantes  : Polygala rupestris (P), Phagnalon sordidum, Bufonia perennis, Cephalaria leucantha, Verbascum boerhavii et Piptatherum coerulescens.

Puis nous descendons la Combe Barboussière peuplée d’une formation végétale fermée de type maquis (mais sur calcaire) : filaire à feuille étroite, oxycèdre, pistachier lentisque, buplèvre ligneux, chèvrefeuille des Baléares, ciste de Montpellier, camélée, genêt scorpion, chêne kermès, romarin… et aussi un peu plus rare et localisé l’ajonc de Provence.

Nous terminons la boucle en passant au Gouffre de l’Œil Doux. Quelques-uns y descendent et observent au bord du petit lac des espèces peu ou non citées dans la Clape. Elles témoignent d’une salinité faible à l’exception de Juncus maritimus et acutus. Ce sont le chanvre d’eau, la guimauve officinale, l’épilobe hirsute, le scirpe maritime et un carex à confirmer (Carex cuprina).

Les falaises sont très spectaculaires mais sans intérêt botanique. Près du parking, nous sommes frappés par l’absence de fleurs d’orchidées du groupe Ophrys fusca, en général assez communes ici. C’est dans cette station qu’a été défini le type de la nouvelle sous-espèce lupercalis (qui remplace la sous-espèce fusca, non présente en France), on y observe aussi la sous-espèce bilunulata.

L’après-midi nous partons vers l’ouest dans le secteur du Réveillou. Un champ accueille quelques annuelles comme le Rumex bucephalophorus et aussi la rare Linaria micrantha (P) bien typique avec ses feuilles larges et des fleurs minuscules. Au bord du chemin c’est Medicago suffruticosa (P) déjà noté le matin. Puis nous grimpons rejoindre le bord de falaise surplombant les Combes, nous le suivrons jusqu’au petit sommet à l’altitude 115 m. Sur la falaise elle-même, poussent Lavatera maritima (P) et quelques pistachiers térébinthes tortueux.

Plus surprenant est Ephedra distachya dans la même situation qu’à l’Ile Saint-Martin et non pas sur le littoral sableux comme d’habitude. Sur son revers la valériane tubéreuse est en fleurs, mais les férules démarrent tout juste leur feuillage. Et aussi une petite station de Teucrium flavum et quelques pieds de Scorzonera crispatula (P), patrimoniale observée pour la première fois sur la Clape.

Nous descendons le versant nord à travers les chênes kermès pour accéder à une piste au lieu-dit la Prade. Nous y trouverons une belle population du rare Atractylis humilis et parmi de nombreuses feuilles de tulipes, une seule fleurie et d’autant plus belle. Sur le chemin du retour poussent de nombreux lotiers très velus, Lotus delortii.

29 avril : Sainte-Eugénie (Peyriac-de-Mer)

Comme l’année dernière, nous nous intéressons à des zones du massif de Fontfroide du côté du littoral. A la hauteur de Peyriac se trouve l’ancien prieuré de Sainte-Eugénie. Nous y sommes accueillis par le propriétaire qui aimablement nous donne carte blanche pour explorer son domaine et ses environs. Nous traversons ses vignes en direction du sud pour accéder à la Combe Peyrouse. La nappe des Corbières montre ici des terrains calcaires situés au-dessus d’autres types de substrat (marnes et argiles tertiaires).

Nous notons en abondance le lentisque, le buplèvre ligneux, le buis, l’ajonc de Provence, le genêt scorpion, le ciste de Montpellier, le romarin, le kermès, la filaire à feuille étroite, l’oxycèdre et dominant le tout, le pin d’Alep.

Le sentier remontant la gorge est peu marqué et la progression n’est pas facile, mais elle reste assez riche en espèces classiques dans ce milieu. Dans la partie haute seront vues l’alysson épineux et l’hellébore fétide. Au-dessus de la propriété, un petit lac de barrage sert à l’irrigation, dans le ruisseau on sent un peu de fraîcheur ce qui permet à quelques espèces de s’implanter comme le faux-baguenaudier et le brachypode des bois.

Après un reposant pique-nique à l’ombre, nous découvrons une curiosité géologique. C’est une roche volcanique de type basalte (ophite du trias) comme il en existe quelques-unes dans les environs. Elle a vu s’installer une petite population d’Astragalus sesameus et surtout un superbe tapis de Medicago suffruticosa (P). Non loin de là un affleurement montre de curieux blocs de gypse toujours du trias.

Puis nous partons le long de la piste qui remonte vers la crête. Au fur et à mesure, nous complétons notre liste d’espèces, d’abord en terrain calcaire avec Laserpitium gallicum, Colchicum neapolitanum (en feuilles), Dipcadi serotinum (non fleuri), Tulipa australis, Allium moschatum (reste d’ombelle) et Polygala rupestris (P).

Nous arrivons dans le secteur des grès siliceux du massif de Fontfroide. Ils sont marqués par la pinède à pin maritime (pin mésogéen) et son cortège de cistes bordant la piste : Cistus crispus, C. monspeliensis, C. salviifolius et même 2 pieds de C. populifolius (P). Mais pas de traces des baguenaudiers vus par C. Brunet en 1996. Le sous-bois de pin est sans plantes sauf dans les éclaircies où il reste très pauvre, dominé par les « 4 bruyères » : bruyère arborescente, à balai, cendrée et callune. Elles sont accompagnées de quelques autres espèces comme l’hélianthème à goutte, le rosier à feuille de pimprenelle et le Carex oedipostyla (P), espèce réputée rare dont la répartition est encore mal connue dans le massif.

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Euphorbia srrata
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Euphorbia serrata
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Medicago orbicularis
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Astragalus hamosus
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Astragalus hamosus
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Linum narbonense
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Cynoglossum creticum
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Medicago truncatula
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Medicago truncatula
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Hippocrepis biflora
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Hippocrepis biflora
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Hippocrepis biflora
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Euphorbia helioscopia
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Euphorbia helioscopia
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Euphorbia nicaeensis
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Euphorbia nicaeensis
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Euphorbia segetalis
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Reseda lutea
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Euphorbia nicaeensis
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Rosmarinus officinalis
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Smilax aspera
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Centranthus calcitrapa
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Centranthus calcitrapa
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Geranium robertianum
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Sherardia arvensis
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Polypodium cambricum
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Asplenium ceterach
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Asplenium ceterach
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Asplenium ruta-muraria
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Jasminum fruticans
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Lonicera implexa
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Amelanchier ovalis
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Linaria supina
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Allium roseum
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Aristolochia rotunda
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Medicago suffruticosa
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Medicago suffruticosa
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Pin maritime mésogéen
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Cistus
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10 juin : Cubières et Camps

Nous avions rendez-vous au village de Cubières pour visiter la station d’une espèce patrimoniale nouvelle pour nous, Ophrys santonica (P). Cette espèce du groupe Ophrys scolopax est connue en Charente d’où son nom d’ophrys de Saintonge. Puis, elle a été récemment découverte dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Peu différente de l’espèce type, elle se caractérise par une floraison tardive et un labelle petit, court et bombé.

En attendant les derniers arrivants, retardés par les élections, nous partons sur un petit coteau à la sortie sud du village où dans une prairie rase poussent quelques Orchis coriophora (P) de la sous-espèce fragrans. Quelqu’un a trouvé une petite Ophrys scolopax, nous accourons et photographions cette orchidée, pensant avoir affaire au fameux Ophrys santonica

Puis sur les indications des orchidophiles, nous partons plus au sud sur la route des Gorges de Galamus, pour accéder à la station « officielle » de cet ophrys. Grâce à un pointage GPS, nous trouvons assez rapidement plusieurs pieds en tout début de floraison de l’Ophrys santonica. Dans les environs, poussent des Ophrys scolopax en fin de floraison. Les différences entre les deux espèces ne sont pas toujours très nettes, mais nous réalisons que le pied vu auparavant n’était sans doute pas un « santonica  ». L’Orchis coriophora accompagne ces espèces.

De l’autre côté du ruisseau sur le versant opposé, nous retrouvons toutes ces orchidées au milieu de buissons de genêt scorpion et de prunellier. D’une manière générale, nous avons un mélange d’espèces méditerranéennes (santoline, thym, aphyllanthe…) et d’autres plus atlantiques (aunée à feuille de saule, grémil bleu, silène penchée…).

Nous partons ensuite à Camps pour une herborisation plus classique, nous montons à pied au village par un petit chemin de traverse. Le village est surmonté d’une butte avec des falaises calcaires où apparaissent les vestiges d’un petit donjon médiéval, mais son accès semble impossible sans escalade. En faisant le tour de ces falaises par le bas, nous trouvons un passage assez difficile pour arriver à une petite plate-forme face au rocher du donjon avec une belle vue sur le Pech de Bugarach. Nous y notons plusieurs espèces intéressantes et quelques patrimoniales : Hieracium lawsonii (P), Hieracium amplexicaule, Lactuca tenerrima (P), Hormathophylla macrocarpa (P), Lonicera pyrenaica, Dianthus subacaulis, Silene saxifraga, Globularia repens, Saxifraga fragilis (P), Centranthus lecoqiii et de grands pieds de persil échappés de jardins.

L’après-midi nous prenons un chemin descendant au ruisseau. Ses bords accueillent une flore de milieu frais avec le géranium noueux, la circée de Lutèce, la lathrée clandestine, l’ail des ours… Le long du chemin l’ambiance reste fraîche avec l’hépatique, la scrophulaire noueuse et même la néottie, et la luzerne hybride (P) n’est pas rare. Dans une belle prairie en dessous, nous découvrons du genêt des teinturiers et quelques belles touffes de Chamaecytisus hirsutus (P), espèce plutôt atlantique qui se trouve ici à sa limite orientale. Mais le mauvais temps menace et la pluie nous fait revenir rapidement aux voitures.

1er juillet : Quillan, chemin de Brenac

Ce jour-là, nous avions programmé une sortie commune avec nos amis ariégeois aux limites des départements. Cécile Brousseau, botaniste de l’ANA (Association des Naturalistes Ariégeois), avait prévu une visite des coteaux secs à l’est de Prades. Au rendez-vous à Camurac, il fait très froid et la pluie menace.

Malgré cela, nous partons visiter ces pentes bien mouillées et découvrons quelques espèces intéressantes notées par Cécile. Pour l’herborisation côté Aude, il ne semble pas très opportun de rester dans le secteur de Camurac comme prévu. Nous espérons que vers Quillan le temps sera meilleur, c’est le cas mais s’il fait moins froid, il pleut encore un peu durant le pique-nique.

Puis nous prenons l’ancien chemin de Quillan à Brenac passant sous le Roc de Capio. La cuvette de Quillan au climat bien ensoleillé abrite encore pas mal d’espèces méditerranéennes et nous notons par exemple : le pistachier térébinthe, l’immortelle stéchade, le ciste cotonneux, le liseron de Cantabrique, le thym, l’aphyllanthe. Ici le chêne kermès est commun mais arrive en limite d’aire (il occupe encore les pentes sud-est au-dessus du col du Portel à plus de 600 m !). En montant, on liste nombre d’espèces assez banales, mais aussi une patrimoniale bien commune, Medicago hybrida (P). Le substrat, celui de tout le bassin de Quillan, est formé de marnes noires du crétacé inférieur (albien). On y observe souvent des espèces acidiphiles, mais ici nous verrons seulement : Dianthus armeria, Trifolium rubens, Linum trigynum, Rumex acetosa, Verbascum pulverulentulum, Anthoxanthum odoratum. En arrivant au col, les calcaires urgoniens forment des petites falaises à la flore caractéristique : Hieracium amplexicaule, Hormathophylla macrocarpa (P), Dianthus subacaulis, Silene saxifraga, Rhamnus saxatilis, Saxifraga fragilis (P).

  
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