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Sorties botaniques 2005

Dominique BARREAU et Henri CASTEL

10 avril 2005 : Treilles

Cette première sortie se déroule sous un vent de nord-ouest extrêmement violent, qui a soufflé toute la journée et a même rendu parfois les déplacements difficiles. La matinée est consacrée à l’exploration de la Bade, petite colline de plus de 200 m qui domine au sud le village de Treilles. L’érosion a fait ici apparaître le massif primaire, aussi trouve-t-on un sol gréseux d’âge ordovicien couronné par une végétation calcifuge. Nous sommes en présence d’un sous-maquis formé surtout de bruyère arborescente (Erica arborea) peu élevée dont les panicules blanches parfois rosées contrastent avec le violet pourpre de la stéchade (Lavandula stoechas) et le vert sombre du ciste de Montpellier (Cistus monspeliensis) non encore fleuri. On note aussi quelques filaires (Phillyrea angustifolia, P. latifolia), le garou (Daphne gnidium), le romarin, des lentisques (Pistacia lentiscus), quelques baguenaudiers et arbousiers et même un pied de ciste à feuille de sauge. Nous descendons sur la pente orientale pour trouver une pelouse à brachypode (Brachypodium retusum) et une garrigue claire avec quelques pins sur un sol caillouteux provenant de la nappe calcaire du Jurassique. On y rencontre la plupart des espèces méditerranéennes des sols calcaires : le genêt scorpion, les genévriers (cade et de phénicie), la camélée (Cneorum tricoccon)... Dans la pelouse on trouve diverses plantes : bonjéanie (Dorycnium hirsutum), muscari, peigne de Vénus (Scandix pecten-veneris), euphorbe (Euphorbia characias), orchidées (Ophrys fusca, O. scolopax). Sur des friches côté ouest des espèces de milieu siliceux, la petite oseille et la flouve odorante. Après avoir déjeuné à l’abri dans une bâtisse mise à notre disposition par les habitants de Treilles que nous remercions, nous partons explorer le secteur au nord-est du village. Au début c’est encore un substrat siliceux puis assez vite des terrains calcaires. Nous admirons une belle station d’une orchidée du Midi en expansion (Barlia robertiana). C’est ensuite l’accès sur un petit plateau où nous accueille un vent impétueux. Nous ne nous attardons pas et accordons un simple coup d’œil dans cette garrigue claire où l’on retrouve les plantes méditerranéennes typiques vues le matin comme le romarin, le cade, le lentisque, la camélée, le genêt scorpion qui émergent d’une pelouse à « bauca » (Brachypodium retusum). Nous prenons la direction du ruisseau de l’Arène qui forme ici une gorge nous offrant un bon abri. Son lit est actuellement asséché mais des espèces profitent de la nappe phréatique : frênes, alliaire (Allaria petiolata), maceron (Smyrnium olusatrum) autrefois cultivé, Oenanthe pimpinelloides, lampsane. Sur les rochers verticaux qui bordent la gorge les genévriers de Phénicie se sont bien installés. Sur les pentes Scorzonera crispatula est abondante, mais aussi une curieuse petite plante prostrée à feuille épaisse, Theligonum cynocrambe. Nous retournons aux voitures en suivant le chemin de la station d’épuration. Cette sortie, intéressante, l’aurait été davantage si elle avait eu lieu un peu plus tard, car cette année l’hiver long a nettement retardé la végétation. Retour haut de page

22 mai 2005 : Tuchan

Ruisseau de Brianes et Mont Tauch (Pech des Fayssettes) Notre projet de monter au Mont Tauch paraît bien compromis ce matin-là, il est pris dans les nuages. Déjà à la sortie SESA du 25 mai 1997, il avait fallu se contenter d’un temps très médiocre, limitant notre herborisation au matin avec une visite assez rapide de la partie au nord de la Tour des Géographes. En espérant une amélioration, nous décidons de rester dans la plaine où le temps est acceptable. Nous partons explorer un petit vallon à 2,5 km au nord de Tuchan sur la route de Palairac. C’est le vallon du ruisseau de Brianes qui est dans un secteur siliceux (grès et pélites) de l’ordovicien. Les pentes forment un maquis assez dense où des espèces méditerranéennes classiques (chêne kermès, chêne vert, chèvrefeuilles, camélée...) se mélangent à des espèces de terrains siliceux : cistes divers (avec Cistus laurifolius), calicotome, pin maritime, lavande stéchade, Teucrium scorodonia ... Et aussi le mimosa de Nice (Acacia dealbata) qui se naturalise bien dans ce milieu sans être pour l’instant trop envahissant. On remarque aussi d’autres plantes plus modestes et également caractéristiques : Andryala integrifolia, Helichrysum italicum, Jasione montana, Xolantha guttata, Verbascum boerhavii, Micropyrum tenellum et de nombreux trèfles (dont Trifolium cherleri et le rare T. hirtum). Puis aussi Petrorhagia nanteuillii qui remplace P. prolifera en substrat siliceux, il se distingue par ses pétales échancrés et ses feuilles longuement engainantes. A noter quelques espèces inattendues ici : Aristolochia paucinervis, Vincetoxicum nigrum, Lathyrus nissolia et le rare Glaucium corniculatum. Le ruisseau possède une flore assez classique à part un Carex peu commun (Carex punctata) et un jonc halophile de la côte (Juncus acutus). Finalement ce contre-temps a amené de belles découvertes ! Nous allons pique-niquer au bord du Verdouble à la Fontaine des Aigues tout en surveillant les nuages sur le Tauch. Ce sera l’occasion de découvrir au passage Helianthemum hirtum avec ses fleurs jaunes, assez commun dans la région de Paziols. Puis nous partons pour le Tauch, nous nous arrêtons vers 750 m d’altitude au Plan de Salavet, car plus haut la crête est toujours dans les nuages, balayée par un fort vent. Nous nous couvrons comme en plein hiver et partons à pied sur la piste en direction du Pech des Fayssettes. Malgré ce temps détestable l’ambiance est paradisiaque avec des tapis de fleurs de toutes couleurs : Anthemis triumfetti, Serratula nudicaulis, Erysimum ruscinonense, Sisymbrium austriacum, Euphorbia flavicoma, Valeriana tuberosa, Fritillaria nigra, Tulipa australis... Et des espèces plus rares comme Onopordum acaulon, Legousia scabra, Lathyrus filiformis, Hypericum hyssopifolium, Plantago argentea. Nous ne sommes plus que trois à résister au froid pour jeter un coup d’œil sur la petite crête du Pech de la Couronne où nous notons encore quelques « bonnes » espèces, comme disaient les anciens : Lamium garganicum, Ephedra major, Narcissus pseudo-narcissus, Aethionema saxatile. Bien sûr, nous sommes un peu déçus de ne pas avoir pu aller au Pech de Fraysse comme prévu, mais nous avons quand même trouvé dans ce secteur moins connu nombre d’espèces qui font la réputation du Tauch. Au total la « récolte » de cette journée a été très bonne avec 336 espèces.Retour haut de page

19 juin 2005 : Puilaurens Serre Alquières et Forêt d’Aigues-Bonnes

La Serre Alquières ou de la Quière est située à la limite du département, elle termine un long chaînon qui borde les Fenouillèdes et qui va de Maury à Puilaurens. Elle culmine à plus de 1000 m. Nous y avions déjà herborisé mais un peu plus à l’ouest et nous voulions connaître la partie faisant limite pour l’Aude. Partant du col au-dessus du ruisseau de Roque Brune, nous descendons la piste vers la ferme d’Aigues-Bonnes puis remontons une autre piste qui aboutit à une petite falaise vers 700 m d’altitude. Le long de cette piste quelques plantes intéressantes ici comme Vincetoxicum nigrum, Crepis nicaeensis et Centaurea paniculata. Et sur le replat de la petite falaise Aristolochia pistolochia et quelques annuelles. Nous continuons notre montée plein nord en essayant de respecter la limite départementale. Après quelques zones ouvertes avec de la santoline, l’euphorbe de Nice et le liseron cantabrique, le milieu se referme en une chênaie verte en taillis bas, puis s’ouvre un peu en arrivant sur la crête. La vue sur les falaises du versant nord est impressionnante. C’est là que nous noterons le plus d’espèces intéressantes, certaines atteignant ici leur limite : Anthemis triumfetti, Aethionema saxatile, Lonicera pyrenaica, Bufonia perennis, Dianthus subacaulis, Thymelea dioica, Allium lusitanicum, Narcissus assoanus, et quelques Narcissus pseudonarcissus à l’abri du versant nord. En plusieurs endroits, nous notons Legousia scabra, espèce protégée déjà citée dans la sortie du Tauch. Avec cette station nous arrivons à 11 stations dans l’Aude et nous espérons en trouver d’autres... La chaleur se fait sentir et la pause déjeuner à l’ombre au col permet de récupérer. L’après-midi sera plus tranquille en suivant la piste qui monte à la forêt d’Aigues-Bonnes jusqu’à la cote 900 m d’où nous redescendrons par une traverse. En bas la forêt est assez sèche dominée par le pin sylvestre. On note le gaillet maritime et le centranthe de Lecoq. Puis localement des espèces de milieu siliceux comme la callune, les bruyères arborescentes et à balai, et Genista pilosa. Au bord du chemin une belle touffe de la rare Clematis recta, assez différente des autres clématites avec son port dressé et sa couleur vert foncé. En montant, nous accédons à une hêtraie calcaire peu humide avec un cortège classique : Stachys alpina, Hypericum androsaemum, montanum et hirsutum, Sambucus racemosa, Angelica sylvestris... et même un pied de Valeriana pyrenaica. Le contraste avec le versant sud du matin est très spectaculaire. A noter aussi un if assez grand. Pour ceux qui auraient plus de temps, nous leur conseillons de monter jusqu’au col et surtout au sommet du Pech des Escarabatets où après une hêtraie bien humide, on débouche sur de belles pelouses rocailleuses.Retour haut de page

3 juillet 2005 : Camurac Serre de Moncamp

En juillet 1997, nous étions déjà venu à Camurac pour explorer le secteur du Roc de Quercourt en limite de l’Ariège. Cette année nous complétons cette herborisation en partant aussi du col du Teil, mais dans la direction opposée, à l’est vers la Serre de Moncamp. La première pente présente une végétation inattendue de substrat siliceux : callune, myrtille, Senecio adonidifolius, Hypericum maculatum, Potentilla erecta, Jasione laevis, et trois genêts (Genista anglica, G. pilosa, G. sagittalis), et de nombreux Crepis mollis. Ensuite ce sera une végétation marquée par le calcaire qui affleure en de petits pointements rocheux recouverts de globulaire rampante avec aussi la germandrée des Pyrénées, la saxifrage paniculée, la joubarbe des toits, la bugrane striée, une sabline (Arenaria gothica), un ail non encore fleuri (Allium lusitanicum). On note un peu partout des hélianthèmes (Helianthemum nummularium et H. oelandicum), Aster alpinus, Crepis albida, Alyssum montanum, Arabis ciliata, Noccaea brachypetala, Dianthus hyssopifolius et de nombreux Plantanthera chlorantha. Nous hésitons à nommer un séneçon vivace qui se confirmera être le séneçon doronic, rare dans l’Aude. Mais nous identifions facilement le séneçon visqueux très ramifié souvent confondu avec le séneçon livide dressé et bien moins visqueux. Hélas la prairie vient juste d’être broutée par les vaches et il faudra chercher au milieu des touffes de genévrier d’autres espèces. La grande pente sud de la Serre de Moncamp est assez décevante car très recouverte de raisin d’ours. Nous y ferons notre pause au sommet sous les pins à crochet tout en admirant le paysage des Corbières aux Pyrénées. L’après-midi, Max Marty qui connaissait cet endroit propose de pousser encore plus à l’est vers le sommet suivant du Clot de la Mort. Il nous montre ainsi au col de belles touffes de lis des Pyrénées, la violette cornue, puis un versant sud avec de nombreux Anthericum liliago, ici en limite altitudinale. Cherchant de l’ombre, nous pénétrons dans la hêtraie qui est riche en espèces caractéristiques comme la cardamine à sept feuilles, la stellaire des bois, l’euphorbe d’Irlande, la scille lis-jacinthe. Une découpe des feuilles un peu différente indique deux espèces d’anémones (Anemone nemorosa et A. ranunculoides). Côte à côte, nous pouvons distinguer trois chèvrefeuilles (Lonicera xylosteum, L. alpigena, et L. nigra). Puis également séparer Laserpitium latifolium de L. nestleri, ce dernier aux feuilles glabres dessous avec aussi une découpe trilobée pour la foliole terminale. Nous y voyons aussi deux espèces, habituellement de milieux ouverts, Luzula nutans et Campanula precatoria aux feuilles larges et serrées.Retour haut de page

  
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