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Sorties botaniques 2004

Compte rendu par Domique Barreau et Henri Castel.

19 avril 2004 : Bages.

La matinée est consacrée à l’exploration des collines qui bordent l’étang de Bages à l’ouest du pittoresque village de pêcheurs. Elles sont en grande partie constituées de calcaires lacustres datant du début du miocène. Des branches et des restes d’arbustes calcinés nous rappellent que tout ce secteur a été le théâtre d’un important incendie qui a sévi voilà quelques années.

La visite commence au nord de Pech Crouchet dans la partie déclive couverte d’une pelouse à brachypode (Brachypodium retusum). Le sol superficiel formé ici de marne est très humide à la suite des pluies de ces derniers jours. Dans les parties les plus argileuses le sol est presque dénudé à l’exception de quelques espèces caractériqtiques : Artemisia caerulescens, Convolvulus lineatus et Hedysarum spinosissimum. Cette armoise plutôt halophile est rare en dehors de la zone strictement côtière. Cet Hedysarum aux gousses velues couvertes d’épines est bien répandu alors qu’il n’était connu que de quelques stations dans l’Aude (étang du Doul, île de l’Aute, Montgil). Nous notons au passage diverses espèces fréquentes dans notre région méditerranéenne : coris de Montpellier, hélianthème des Appenins, Ruta angustifolia, Euphorbia characias, Centranthus calcitrapa... ou d’autres plus rares mais ici communes : Fumana laevis et Polygala rupestris. Quelques arbustes pointent par-ci, par-là : Daphne gnidium, ajonc de Provence, lentisque, oléastre, kermès... Nous aboutissons sur un petit plateau caillouteux qui permet d’embrasser un vaste panorama de l’étang depuis le village de Bages à l’est jusqu’à Sigean et La Nouvelle au sud. La petite pinède qui s’étalait ici a disparu avec l’incendie et la garrigue a repris ses droits ; Romarin, ajonc de Provence, lentisque alaterne, Daphne gnidium, kermès, forment une végétation assez dense qui laisse cependant la place à certains endroits au brachypode et à d’autres espèces vues plus bas. La petite falaise bordant le plateau abrite Lithodora fructicosa. Quelques petits pins d’Alep (de semis ou plantés) augurent du bon retour de la pinède.

Nous resdescendons vers Bages par le versant oriental couvert d’une pelouse constituée surtout de l’omniprésent brachypode accompagné de quelques arbrisseaux comme Lonicera implexa, de l’inule visqueuse et de quelques orchisées (Ophrys araneola, Ophrys scolopax, Cephalanthera longifolia et un pied de Barlia robertiana en fin de floraison). Le retour s’effectue par une pelouse semblable à celles que nous avons suiviées puis par la piste où l’on peut voir quelques espèces antropiques comme le concombra sauvage (Ecballium elaterium) et des iris provenant d’anciennes cultures.

L’après-midi nous allons explorer les petites éminences bordant l’étang qui sont des anciens îlots reliés par la route de Peyriac faisant digue. Nous verrons tout d’abord le Roc du Salin recouvert d’une pelouse à brachipode et à thym, accompagnés de nombreuses espèces annuelles. Nous noterons : corbeille d’argent (Paltago lagopus), sauge (Salvia verbenaca-), rue, psoralée, de splendides Reseda alba et de nombreux Thapsia villosa- en rosette. Puis, comme déjà indiqués par G. Gautier dans cet endroit, des romulées (Romulea ramiflora) en fruits et des Iris spuria non encore fleuris. Nous nous dirigeons ensuite vers le Grand Pujol en suivant un étroit sentier puis le bord de l’étang jonché de milliers de petites coquilles de mollusques (Cardium surtout). La végétation est semblable, notons cependant de nombreux muscaris et un beau buisson de Cheirolophus intybaceus, centaurée ligneuse rare et propre au littoral méditerranéen. Le Petit Pujol possède une grotte avec une petite falaise, avec comme espèces nouvelles Phagnalon sordidum, Camphorosma monspeliaca et Mercurialis annua ssp. huetii.

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9 mai 2004 : Montgaillard.

Ce secteur situé dans les Hautes Corbières méditerranéenne à la limite orientale du Massif de Mouthoumet présente une géologie complexe où se mêlent terrains du primaire (Dévonien) et du secondaire (Trias et Lias).

Le matin nous allons herboriser sur la crête est du Roc des Quiès, petite butte de moins de 500 m dont le flanc sud domine le ruisseau des Anglades. Le sol en grande partie d’âge dévonien est constitué de calcaire plus ou moins dolomitique. Il est occupé par une garrigue à genêt scorpion , buis et cade avec des amélanchiers, du buplèvre ligneux, des Cistus albidus parfois parasité par le cytinet (Cytinus hypocistis). Cette végétation présente divers faciès selon le terrain ou le versant : arbousier et bruyère arborescente dans les parties décalcifiées, lentisque et camélée (Cneorum tricoccon) sur la pente exposée au midi, corroyère dans les endroits humides. La basse strate renferme surtout le thym , la lavande aspic, l’aphyllanthe, Globularia alypum, des euphorbes (Euphorbia chariacas, E. nicaeensis), l’épineux genêt d’Espagne (Genista hispanica), Ophrys lutea et Orchis mascula (sous-espèce olbiensis), mais plus rarement la valériane tubéreuse, Ophrys scolopax et Orchis provincialis, l’immortelle (Helichrysum stoechas), l’herbe du Mont Serrat (Thymelaea sanamunda) et même un pied de Telephium imperati. Sur le versant nord plusieurs espèces intéressantes comme Senecio provincialis en début de floraison, Tulipa australis, Scorzonera hirsuta, Euphorbia duvalii.

L’après-midi nous nous dirigeons vers le Sarrat de Germa en suivant le chemin de randonnées qui part du col de la Croix. Après la carrière où nous laissons les voitures le contraste est frappant entre la partie droite occupée par la lisière ombragée d’un bois de chênes verts et la partie gauche ensoleillée avec des arbres dispersés et la garrigue. Si nous retrouvons dans celle-ci du buis et des plantes méditerranéennes : cade, thym, Euphorbia characias, bruyère arborescente, [Ophrys lutea, nous voyons dans la lisière droite des espèces subméditerranéennes ou d’Europe moyenne : hépatique, Daphne laureola, hellébore fétide, cornouiller sanguin, violette (Viola riviniana), primevères. En bord de route une petite pelouse abrite un pied du rare Stachys heraclea. Dans un fossé humide, nous reconnaissons une plante protégée non encore fleurie la Lysimaque éphémère. Plus loin au bord d’un ruisseau nous trouvons une importante station de Pulicaria dysenterica.

Abandonnant le chemin qui conduit au col de Boussac, nous suivons l’étroit sentier qui mène au Sarrat. Il traverse une lande-pelouse piquetée surtout de genévriers communs et d’églantiers. Par endroit le sol très argileux et assez humide accueille des plantes caractéristiques de ce milieu : Onobrychis supina, Prunella hyssopifolia, Lotus maritimus. On rencontre aussi quelques cades, genévriers de Phénicie et bruyères arborescentes. Le thym, la lavande aspic, la stéheline, Genista hispanica donnent une note méditerranéenne. Mais des espèces plus collinéennes, Ophrys insectifera, Medicago hybrida, Tussilago farfara, Globularia nudicaulis avec une importante station, et plus haut une touufe, de raisin d’ours (Arctostaphylos uva-ursi) montrent bien la fraîcheur de ce versant exposé au nord. Un chétif filaria à feuilles étroites (Phillyrea angustifolia) semble bien dépaysé dans cet environnement. Au retour, un petit crochet en direction du col de Boussac nous révèle la présence d’un Cistus laurifolius, puis de quelques Campanula persicifolia. Nous y trouvons aussi en abondance le rare millepertuis à feuille d’hysope (Hypericum hyssopifolium).

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30 mai 2004 : Valmigère.

Le but de l’herborisation du matin était les pelouses du versant sud de la Malboisie, montagne peu connue mais parmi les plus hautes (908 m) de ce secteur des Corbières occidentales. Ce sommet peu pentu est surtout constitué de calcaire. Ses parties basses sont couvertes de chênes verts et pubescents, et les crêtes plus exposées alternent buis et pelouses. Ces buis, surtout sur les rochers du haut, sont souvent comme grillés, conséquences de la canicule de l’été précédent. Il sera intéressant d’observer s’ils se régénèrent. Nous partons du col à 705 m sur la route d’Arques à Valmigère. Beaucoup de plantes méditerranéennes sont encore présentes comme Helianthemum apenninum, Convolvulus cantabricus, Trigonella monspeliaca, Asterolinon linum-stellatum, Valierana tuberosa, Bombycilæna erecta... D’autres marquent plus l’altitude comme Alyssum montanum, Trinia glauca, Cerastium arvense, Dianthus pungens, Helianthemum œlandicum, H. nummularium, Sideritis hyssopifolia... Mais la présence de quelques Anthemis triumfetti, espèce vivace connue du sud des Corbières semble plutôt étonnante dans cette région (depuis nous avons trouvé d’autres stations entre Arques et Rennes-les-Bains). Il en est de même pour Legousia scabra, campanulacée rare et protégée, dont nous découvrons ici une belle station. Des muscaris à feuilles assez larges (7 mm) nous font hésiter avec Muscari botryoides, mais il ne s’agit que du Muscari neglectum ssp. neglectum. Il était un peu tard pour les orchidées sauf pour Orchis ustulata en pleine floraison et très abondant. Nous cherchons un moment le rare Dactylorhiza insularis, signalé par M. Castel, nous n’en trouvons que quelques-uns à fleurs fanées qu’il ne faut pas confondre avec Orchis provincialis assez commun ici.

Non loin du sommet, quelques genêts à balai trahissent un substrat siliceux, non marqué sur la carte géologique, s’agirait-il d’un placage quaternaire ? Aussitôt sur des zones en pelouses apparaissent des espèces caractéristiques comme la petite oseille, des trèfles (Trifolium striatum, T. strictum, T. subterraneum), Ornithopus perpusillus, Silene gallica, Scleranthus polycarpos], Logfia minima.

Malgré un temps médiocre, nous poursuivons l’après-midi l’exploration de cette montagne mais cette fois de son versant nord appelé Bois d’Ournes en suivant le chemin de l’aven de l’Estable. Ce versant offre un milieu complétement différent d’une hêtraie sur calcaire avec localement des zones bien fraîches. On y note les caractéristiques Cardamine heptaphylla, Allium ursinum, Scilla lilio-hyacinthus et aussi plus rarement Helloborus viridis, Arum maculatum, Veronica montana, Asplenium scolopendrium-. Le long du chemin et dans les éclaircies fleurit Doronicum pardalianches en abondance. Parmi des fraisiers ordinaires Fragaria vesca), on en remarque à grandes fleurs, ce sont des fraisiers verts (Fragaria viridis) à l’envers des feuilles soyeux et aux fruits à grosses granules et non appétents. Nous terminerons notre herborisation avec la découverte de quelques Carex depauperata, rare dans le département.

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4 juillet 2004 : Haut Rébenty.

Nous avions déjà effectué une sortie dans ce secteur le 2 juin 1994, mais un temps très froid avait perturbé notre herborisationau col de Pradel. Cette fois-ci nous allons visité de lieux nouveaux avec un temps très agréable. D’abord nous effectuons un arrêt sur la route à environ 1 km du col pour repérer une station de campanule à large feuille (Campanula latifolia) avec quelques pieds pas encore fleuris. Ensuite nous allons explorer le côté nord du col du Pradel D’abord nous traversons une hêtraie avant de déboucher sur les petites falaises du pic de Serembarre. Les rochers calcaires sont couverts d’espèces caractéristiques comme Crepis albida, Rhamnus pumila, Dryas octopetala, Globularia repens, mais aussi d’espèces plus rares en général comme Bupleurum angulosum ici en abondance., Campanula cochleariifolia, Ranunculus thora, Sorbus chamaemespilus, Saxifraga media. Dans la hêtraie Saxifraga umbrosa est très commun, mais il est étonnant de le trouver encore sur les rochers en pleine lumière. Sur les landes à rhododendron et raisin d’ours quelques espèces intéressantes : Dianthus barbatus, Allium victorialis, Athyrium distentifilium (très proche de la fougère femelle mais avec ses sores à indusie caduque) et aussi Gentiana occidentalis assez polymorphe et de détermination délicate. En allant vers le col de l’Orri une belle station de panicaut de Bourgat (Eryngium bourgatii). Nous revenons par la crête pour pique-niquer dans une prairie au sud-est du col avec Gentiana bursei, de nombreux Pseudorchis albida et de rares Lycopodium clavatum.

Nous parcourons ensuite la piste forestière en-dessous du col qui rejoint le ruisseau des Mouillères. Nous y notons des espèces de la hêtraie-sapinère comme Crepis lampsanoides, Ranunculus platanifolius, Hesperis matronalis, Geranium phaeum... puis des espèces plus rares comme Digitalis purpurea (très commune en Montagne Noire), Tozzia alpina, une curieuse scrophulariacée parasite (sur adénostyle, laitue de Plumier...), Bromus benekenii, un brome méconnu proche de B. ramosus, et une fougère, Oreopteris limbosperma, fréquente tout le long de la partie basse de la piste.

Nous terminerons par la tourbière en pente du ruisseau des Mouillères puis celle de Font-Rouge. Elles sont occupées par des espèces classiques comme de nombreux carex, la droséra, l’épilobe des marais, la nartécie, le ményanthes ou trèfle d’eau, deux espèces de linaigrettes (Eriophorum latifolium, E. polystachyon), Calycocorsus stipitatus... Plus bas près du ruisseau du Rébenty le milieu est encore plus frais avec la cardamine à cinq feuilles. Lors de cette sortie, on a dénombré 329 espèces, ce qui montre le richesse de cette région.

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