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Sorties botaniques 1999

5 sorties en 1999 :

- 28 mars :
Roquefort-des-Corbières
- 2 mai :
Fontfroide
- 30 mai :
Milobre de Bouisse
- 20 juin :
Saint-Just-et-le-Bézu
- 4 juillet :
Gorges de la Frau

Dominique BARREAU et Henri CASTEL

28 mars : Roquefort-des-Corbières
2 mai : Fontfroide
30 mai : Milobre de Bouisse
20 juin : Saint-Just-et-le-Bézu
4 juillet : Gorges de la Frau

28 mars : Roquefort-des-Corbières Pour cette première sortie le printemps n’était pas au rendez-vous. Malgré quelques belles éclaircies la température restera fraîche car un vent de nord-ouest, froid et violent, nous accompagnera tout le long de l’herborisation qui se déroulera sous la conduite de M. Marc Pala, viticulteur à Sigean. La matinée est occupée par la visite du plateau des Courbines qui s’étend à l’ouest du village de Roquefort. Ce fut autrefois le terrain de parcours de nombreux troupeaux et l’on y voit encore quelques bergeries plus ou moins ruinées. Nous traversons d’abord la récente plantation de résineux du Plat de Fabrègues qui s’étend jusqu’au col du Souil. Un court arrêt aux “Très pussecs” pour y voir trois puits antiques. Là, certaines plantes bulbeuses ont résisté aux opérations de défoncement lors des plantations, comme la tulipe de Celse (Tulipa australis). Plus à l’est nous cheminons dans une garrigue fort dégradée, établie sur un sous-sol de calcaire urgonien, montrant parfois quelques plages de lapiaz. On retrouve dans ce secteur les végétaux habituels du paysage méditerranéen : cade, romarin, camélée, buis, genévrier de phénicie... accompagnés de lianes comme la salsepareille. Moins communs ici sont le cerisier de Sainte-Lucie (Prunus mahaleb) et la filaire (Phillyrea latifolia ssp. media). Si l’on aperçoit quelques rares oliviers témoins d’une ancienne culture, on peut considérer que le chêne vert est là presque inexistant, victime autrefois des ramasseurs de tan et peut-être plus récemment de la dent des bestiaux. La strate herbacée est composée de brachypode rameux et de diverses plantes mésogéennes : euphorbes (Euphorbia characias, E. serrata), stéhéline, thym... Au hasard des rencontres nous citerons encore la valériane tubéreuse, Iris lutescens, Narcissus dubius, Telephium imperati, le peu commun Erodium foetidum, et les rares Scorzonera crispatula, Trigonella gladiata et Allium moschatum. Une petite violette nous intrigue, il s’agit de Viola alba ssp. scotophylla qui n’est pas blanche mais bien violette. A l’Aiga Migal, notre guide nous montre les restes d’un dolmen et nous explique que cette région était déjà occupée à l’époque préhistorique. Tout près, un petit ravin, conserve encore quelques points d’eau avec quelques plantes aquatiques comme Ranunculus trichophyllus. Sur les rochers environnants poussent un hôte des vieux murs, le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris), le perce-pierre (Saxifraga tridactylites), un géranium (Geranium lucidum) et surtout une curieuse espèce que nous ignorions : Theligonum cynocrambe à odeur de chou et représentant unique de la famille en Europe. L’après-midi, nous visitons la Combe Longue, en limite des communes de Roquefort et Fraisse. Dans cette vallée assez étroite, l’humidité du sous-sol permet une végétation plus luxuriante. Mais comme le matin, nous sommes dans les calcaires jurassiques supérieurs. Les plantes s’étant bien développées la garrigue tourne souvent au maquis et même au taillis de chêne vert. En plus du cade, du romarin et de la filaire, nous trouvons Cistus albidus et Coronilla glauca en fleurs, le laurier-tin, l’amélanchier, l’arbousier et aussi la germandrée jaunâtre (Teucrium flavum), rare dans l’Aude. Au bord du chemin, l’hellébore fétide, Euphorbia characias et nicaeensis, Medicago suffruticosa et à mi-ombre quelques coucous (Primula veris). Le chemin mal entretenu se continue par un vague sentier qui se faufile dans cette importante végétation arbustive. Il débouche sur le col d’Artigue de Mill situé sur la crête nord-ouest du Pic du Pied de Poul. Nous y découvrons des pousses de fritillaire des Pyrénées et de renoncule à feuille de graminée. haut de page

2 mai : Fontfroide

Les botanistes de la SESA. se devaient de visiter ce haut lieu de la botanique audoise qu’est le massif de Fontfroide. Il est bien difficile de citer tous ceux qui, depuis Pech et Pourret, ont hanté cet endroit en recherchant surtout les cistes et leurs nombreux hybrides. Abandonnant les touristes qui se pressent vers les bâtiments de l’abbaye, nous consacrons cette matinée à la partie occidentale du site en suivant le chemin de la combe du Moulin. Nous nous trouvons sur des terrains acides du crétacé supérieur, composés en grande partie de grès siliceux, à l’exception de quelques barres calcaires redressées comme à l’entrée du parking. Nous côtoyons d’abord une garrigue comprenant surtout des chênes verts, lentisques, ajoncs de Provence, filaires... En bordure les cistes sont nombreux mais peu fleuris à part le Cistus albidus. Cependant, à l’abri, dans un creux de la combe un beau massif de Cistus populifolius attire notre attention, et plus haut, les Cistus crispus font admirer leurs belles corolles rouges nettement plus foncées que celles duCistus albidus. Au cours de la marche nous noterons quelques plantes plus ou moins rares comme Allium flavum, Orobanche ramosa, Cytinus hypocistus, Linaria pelisseriana, Limodorum abortivum, et d’autres plus communes telles Veronica teucrium, Geum sylvaticum, avec aussi des plantes silicicoles : Lavandula stoechas, Hélianthème à goutte (Xolantha guttata) Le chemin, jusqu’alors assez large, fait place à un étroit sentier qui descend en longeant le mur de l’abbaye et l’on doit se frayer un passage dans cette végétation dense. Une petite euphorbe annuelle pourrait être l’euphorbe sillonnée (Euphorbia sulcata), mais après examen de la graine à la binoculaire ce n’est que la banale euphorbe exiguë (Euphorbia exigua). L’après-midi, nous décidons de grimper jusqu’à la croix de Fontfroide à 220 m. Cette partie à l’est de l’abbaye est géologiquement très différente car constituée de calcaires du crétacé inférieur. Suivant le chemin qui borde la partie septentrionale de cette colline, nous arrivons près d’une tour restaurée, au pied de laquelle poussent l’aster de la garrigue (Aster sedifolius) et la rare ombellifère Thapsia villosa, tandis que le rocher voisin abrite la minuscule Valantia muralis. Absorbés par notre herborisation nous oublions le chemin et nous contournons la colline pour trouver un sentier à moitié disparu, nous passons difficilement au milieu d’un maquis assez dense composé d’arbustes et d’arbrisseaux touffus : cistes (Cistus albidus, C. monspeliensis), romarin, filaires, lentisques, bruyère arborescente, buplèvre ligneux, Daphne gnidium... Nous y trouvons même quelques pieds feuillés de colchiques (Colchicum neapolitanum). Enfin nous rejoignons le petit chemin et arrivons à la croix. De cet endroit on dispose d’une excellente vue aérienne des bâtiments de l’abbaye et l’on peut admirer les collines environnantes sur lesquelles la végétation a repris ses droits après l’important incendie dont ces lieux furent l’objet, il y a quelques années. De rares arbustes comme le cerisier de Sainte-Lucie ont réussi à prendre pied sur ce sommet pierreux et venté où nous trouvons quelques plantes favorites des coins rocailleux : Hormathophylla spinosa (Alyssum spinosum), Lathyrus saxatilis et setifolius, Clypeola jonthlaspi. Après une rapide descente, nous nous dirigeons vers une ancienne bergerie et nous retrouvons une garrigue typique : à lentisque, cade, kermès, buplèvre rigide et ajonc de Provence. Le retour à l’abbaye s’effectue par le chemin des vignes qui longe le ruisseau de la Quille bordé de peupliers noirs ou grisards (Populus canescens), et de térébinthe. Près des bâtiments une petite ombellifère, c’est du cerfeuil sauvage (Anthriscus caucalis), rudérale autrefois assez commune qui est devenue rare dans le département.haut de page

30 mai : Milobre de Bouisse

En attendant les derniers arrivants, nous découvrons la flore des murs du village de Bouisse : divers sédums, la linaire cymbalaire, des fougères. Puis guidés par M. Bascou et sa soeur, originaires de la région et familiers du secteur, nous partons vers le milobre en suivant le tracé (non balisé) du GR de pays. Le temps est maussade avec une belle “marinade”, mais sans menace de pluie. La végétation au bord des chemins est exubérante et nous décidons de ne pas chercher à tout identifier car l’objectif principal est la partie sommitale. Nous remarquons tout de même le géranium des Pyrénées, la vesce de Narbonne, la luzerne hybride, la moutarde noire (Brassica nigra) et nous apprenons à distinguer deux ombellifères communes le cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris) aux fleurs extérieures rayonnantes du cerfeuil enivrant (Chaerophyllum temulentum). En cours de route, nous passons sur des terrains siliceux du carbonifère avec une flore appauvrie et quelques espèces caractéristiques comme : la callune, la bruyère cendrée, la germandrée scorodoine, le genêt à balai, la petite oseille et la jasione de montagne. Puis, nous retrouvons des calcaires dévoniens plus ou moins francs. Nous arrivons dans les premières pentes en vue du sommet, façon de parler car nous sommes pris dans les nuages et il faut éviter de se disperser ! C’est à travers ce brouillard que surgissent les merveilleux tapis violacé de l’aster des Alpes, mêlé aux hélianthèmes vulgaires. Le sommet du milobre est une pelouse écorchée couverte de plantes rares comme : l’androsace velue, le leucanthème à feuille de graminée, l’euphraise alpine, ou caractéristiques de ce milieu comme l’ononis strié, le buplèvre, fausse renoncule... Dans les secteurs rocheux, l’érine des Alpes et le genêt pileux avec une forme très prostrée qui pourrait le faire confondre avec le genêt de Villars (Genista pulchella) qu’on trouve au milobre de Massac. Certains plus hardis descendent explorer les travers du flanc est. Ils y découvrent une pédiculaire rare (Pedicularis comosa) au milieu de fritillaires en fin de floraison. Les touffes jaunes du lin campanulé rivalisent avec les bleues du lin buissonnant. Nous cherchons surtout à revoir le panicaut de Bourgat (Eryngium bourgatii) déjà repéré auparavant. Assez vite nous le retrouvons sous la forme de rosettes non encore fleuries. Il occupe ici une situation exceptionnelle car c’est une espèce de la montagne pyrénéenne. Nous retrouvons au passage quelques pieds de tulipes nettement passées. Nous remontons vers la crête et nous nous installons versant ouest, à l’abri du vent, pour pique-niquer. La vue se dégage un peu vers les vallées et collines voisines. Une petite discussion a lieu à propos d’une liliacée proche, c’est bien le lis de St Bernard (Anthericum liliago) et non l’ornithogale de Narbonne ou des Pyrénées. La différence évidente en pleine floraison est plus délicate avant. Nous continuons le chemin sur le flanc ouest avec les derniers hêtres rabougris comme montant à l’assaut de la crête. Dans ces petits bosquets apparaissent quelques espèces intéressantes comme le sceau de salomon odorant (Polygonatum odoratum). La décision est prise de revenir en faisant un grand détour par le versant sud-est pour visiter les stations de lis des Pyrénées. Nous descendons rapidement à travers prés vers le grand bois de hêtre, milieu siliceux très ombragé avec peu d’espèces. On note de la myrtille, l’ail des ours, l’anémone hépatique (Hepatica nobilis), Sanicula europaea, Phyteuma spicatum, Lathyrus linifolius... Nous arrivons enfin à la première station de lis des Pyrénées, il est sous couvert et se développe assez mal. Plus bas on atteint une piste plutôt boueuse et on arrive à une deuxième station plus belle, mais sans retrouver le lis martagon vu antérieurement par M. Bascou. La piste revient en terrain calcaire et passe au milieu de prés à la flore assez riche où l’on remarque l’arabette alpine, la campanule à feuille de pêcher.

La remontée le long de la route goudronnée pourrait paraître fastidieuse à un promeneur fatigué. Il n’en est rien, car le paysage dominant Montjoi et la vallée de l’Orbieu est superbe avec de belles falaises qui excitent notre curiosité. De plus les bords de route avec talus, rochers et falaises sont d’une grande richesse. On y voit l’ibéris amer (Iberis amara), la potentille hirsute, et des touffes d’alysson à gros fruit (Hormathophylla macrocarpa) et d’oeillet piquant (Dianthus pungens). Nous avons la chance de découvrir une espèce que l’on pensait disparue dans l’Aude, l’Orlaya à grande fleur, aux ombelles très étonnantes avec des pétales externes démesurés. La route accède enfin au plateau de Bouisse avec un milieu beaucoup plus humide et de grandes prairies naturelles où l’on voit le rare bunias oriental. Dans le fossé un blaireau mort. Arrivés au village, nous nous quittons en regrettant qu’il y ait eu si peu d’amateurs pour l’une des plus belles balades botaniques de l’Aude qui a permis de noter environ 360 espèces. Nous rappelons qu’une étude plus approfondie des milobres a été faite par M. Rémi Dupont dans le cadre d’un mémoire de D.E.A. qui est consultable à la SESA. Une article paru dans le tome 97 résume sa méthode et les principaux résultats. haut de page

20 juin : Saint-Just-et-le-Bézu

Sur la proposition de Gabriel Coirié qui nous guidera, nous visitons cette région méconnue du Bézu. Elle est peut être trop proche du pic de Bugarach qui plus riche et plus spectaculaire attire d’abord les botanistes. Mais les deux barres calcaires (crétacé) de la Serre Calmette et de la Serre de Bec abritent nombre de plantes intéressantes malgré une altitude plus faible (700-900 m). C’est aussi la limite de plusieurs espèces méditerranéennes avant la vallée de l’Aude et les collines du Razès. Nous nous retrouvons très nombreux, nos amis de la Société Castraise s’étant joints à nous, mais aussi d’autres de Lyon, Bordeaux et aussi une petite équipe de Haute-Garonne (travaillant comme nous à un inventaire départemental). La matinée fut consacrée à la montée au château des Templiers sur la Serre Calmette. Le parcours n’est pas long mais offre une flore riche et variée. Le long du sentier étroit qui monte à la barre rocheuse nous nous arrêtons souvent. C’est d’abord une molène à fleurs blanchâtres (Verbascum lychnitis). Puis de très beaux pieds de salsifis à feuille de crocus (Tragopogon crocifolius) à ne pas confondre avec celui plus commun à feuille étroite. Différentes légumineuses dont la gesse à une feuille (Lathyrus nissolia), la luzerne hybride, la vesce de Narbonne, et aussi une graminée peu fréquente : Aegilops triuncalis. Sur la barre calcaire, c’est toute une végétation caractéristique avec : l’alysson à gros fruit, la campanule remarquable, la crépide blanche, des touffes d’oeillet piquant et de silène saxifrage, des plaques de globulaire naine. Puis aussi l’érine alpine et deux épervières : amplexicaule et de Lawson. Plus surprenants ce sont le saxifrage paniculé en limite altitudinale inférieure, et le saxifrage des Corbières (Saxifraga fragilis) en limite ouest et présentant des formes à petites feuilles. Nous accédons au château ruiné des Templiers qui serait du XIIe siècle, son promontoire offre un joli point de vue. Sur les replats herbeux de la fétuque de Gautier et du buplèvre en faux, et accroché au rocher, du nerprun des Alpes. Plus discret le très petit buplèvre des garrigues (Bupleurum baldense).

Nous pique-niquons face au pic de Bugarach sur la piste forestière de la Serre de Bec, puis remontons à pied jusqu’au col du Vent. Dans une hêtraie assez humide en versant nord, nous notons de nombreuses épervières des murs, le séneçon hélénitis, la cardamine à sept feuilles, le sureau à grappes, le géranium noueux, le lamier maculé et la valériane des montagnes, plus rarement l’épiaire alpine et la belladone, mais aussi des fougères dont la scolopendre. Au col du Vent, nous passons en versant sud en suivant vers l’ouest une mauvaise piste, juste au-dessous de la crête rocheuse. Sur ce chemin très fleuri nous admirons de très belles campanules à feuille de pêcher, mais aussi Trifolium medium, trèfle méconnu par Gautier (qui cite la Serre de “Rec” au lieu de Bec). Et puis une nouvelle espèce pour l’Aude Carex depauperata, facilement reconnaissable à sa grande taille et ses gros utricules en petits chapelets. Partout le laser de Nestler (ne pas confondre avec celui à feuille large) et au bout de la prairie quelques pieds de cytise hérissé (Chamaecytisus hirsutus). Le vent souffle fort sur les petites falaises au-dessus mais ne décourage pas les plus téméraires. Ils peuvent alors noter plusieurs des espèces rupicoles vues le matin et aussi quelques nouveautés dont certaines plus montagnardes comme l’épervière à feuille en coeur, le kernera des rochers, la globulaire à feuille en coeur, la linaire à feuille d’origan, l’alchémille pâle (Alchemilla pallens). haut de page

4 juillet : Gorges de la Frau

Pour cette dernière sortie nous n’étions que quelques audois avec un groupe nombreux d’ariégeois, membres ou amis de l’Association des Naturalistes de l’Ariège (A.N.A.). Nous sommes guidés par Nicolas Point résident à Camurac, accompagné de son ami M. Danton. Ce dernier est bien connu comme coauteur du Livre des Espèces Protégées et comme botaniste professionnel spécialiste de la famille des ombellifères. Parmi les membres de l’A.N.A. il y a M. Christian Maugé connaissant bien ce secteur, il est l’auteur d’une étude sur la Réserve Naturelle d’Embeyre qui domine les gorges du côté ariégeois. Les gorges de la Frau et plus précisément le lit du torrent (ici à sec à cause des infiltrations karstiques) marquent la limite Aude-Ariège. Ces gorges spectaculaires forment une entaille très étroite dans le massif calcaire. C’est un milieu assez original et relativement différent des gorges de l’Aude car plus montagnard et plus humide et nettement moins méditerranéen. Nous prenons en voiture la piste à la sortie de Comus, bordée de bunias oriental. Puis nous descendrons à pied les gorges, à partir du grand virage de la piste jusqu’au parking du bas, et reviendrons par le chemin inverse. Il sera frappant de constater la différence de température entre ces deux extrémités (350 m de dénivelé). Dès le début, un pied très robuste de berce aux feuilles presque entières, nous fait envisager Heracleum mantegazzianum qui aurait été naturalisée. Mais M. Danton nous confirme qu’il ne s’agit que d’une forme extrême de berce commune (Heracleum sphondylium). Il nous explique plus loin les différences subtiles entre deux ombellifères : Anthriscus sylvestris et Chaerophyllum aureum. Partout une grande composée, c’est la crépide fausse lampsane, accompagnée de l’hespéride (Hesperis matronalis), la lunaire vivace, le Geranium phaeum, le pavot jaune (Meconopsis cambrica), la stellaire des bois, la grande gesse jaune (Lathyrus occidentalis) Sur les rochers, l’épervière à feuille en coeur, la campanule remarquable, l’ibéris sempervirent, la saxifrage paniculée et surtout le millepertuis nummulaire (seule localité pour l’Aude) qui est caractéristique des rochers calcaires froids. Sur le bord du chemin de nombreuses plantules non encore fleuries, c’est l’impatiente sauvage à fleur jaune (Impatiens noli-tangere), pour l’instant seule localité audoise. Des pieds de gentiane du groupe acaule sont attribués à Gentiana occidentalis (ex-gentiane des Corbières). Dans un pierrier humide, plusieurs pieds d’arabis cilié et de tabouret des montagnes (Noccaea montana = Thlaspi montanum).

Ici et là quelques lis des Pyrénées et plus étonnant le Tofieldia calyculata. Dans une anfractuosité de rocher des touffes d’une grande graminée rare pour l’Aude : Achnatherum calamagrostis. Des pigamonts jaunes de grande taille nous font hésiter, mais c’est du Thalictrum minus et non T. flavum (connu d’une station à Carcassonne). Trois espèces de saxifrages de même allure sont déterminées : Saxifraga umbrosa, S. hirsuta, S. rotundifolia. Un nouveau carex pour l’Aude : Carex sempervirens, et le peu commun Cynoglossum germanicum. Une belle station d’alysse à gros fruit, qu’on retrouve encore en Ariège, espèce protégée qui est assez commune sur tous les rochers calcaires de l’Aude dès que l’on s’éloigne de la côte où il est relayé par l’alysson épineux. Plus bas plusieurs pieds de Peucedanum schottii, une des trois stations de l’Aude de cette ombellifère très rare en France et protégée au niveau régional. Sur des rochers le rare Bupleurum angulosum, assez différent du plus commun Bupleurum falcatum. Aux jumelles dans des rochers hauts nous identifions une autre ombellifère aux feuilles très fines : Dethawia splendens. Tout en descendant, nous arrivons dans des secteurs où commence à apparaître l’influence méditerranéenne avec même du thym, et aussi Stachys recta, Polypodium cambricum, Sedum sediforme, l’euphorbe characias et l’astragale de Montpellier. Au retour nous revoyons avec plaisir cette belle végétation. haut de page

  
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