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Bulletin de 2014 - Tome CXIV

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Bulletin 2014

TABLE DES MATIÈRES

• LA VIE DE LA SOCIÉTÉ : Conseil d’Administration et Bureau Liste des Membres

• HISTOIRE
Jean-Claude Capéra, Daniel Vizcaïno : Le château de Ferrals, approche environnementale, géologique et paléontologique.
Mots-clés : Calcaire de Ventenac, château de Ferrals, Eubrianax, Psephenidae, Saint-Papoul.  [1]  [2]
David Gazel : L’interprétation de la Divisio Wambæ et les limites des diocèses de la Narbonnaise wisigothe.
Mots clefs : Divisio Wambæ, Narbonnaise, diocèse, limite, chemin, Wisigoths, Carcassonne, Elne, Lodève, Narbonne, Razès [3]  [4]
Guillaume Roquefort : Le génie civil du XIIe au XIVe siècle en pays d’Aude à travers la construction des ponts
Mots-clés : génie civil, pont, voie de circulation. [5]  [6]
Gauthier Langlois : À propos d’une représentation du vicomte Trencavel sur une peinture murale de la conquête de Valence : L’exil du dernier vicomte de Béziers, Albi et Carcassonne dans les états de la couronne d’Aragon.
Mots clés : Alcañiz, Carcassonne, Valencia, Trencavel, fresque, héraldique, sceau. [7]  [8]  [9]
Julien Foltran : Création et transformations urbaines médiévales du bourg de Lagrasse
Mots clés : Lagrasse, Moyen Âge, bourg monastique, espace urbain, équipement collectif. [10]  [11]
Marie-Chantal Ferriol, Marie-Elise Gardel, Claude Sarrand-Guilhem : Le château de Couffoulens : première approche.
Mots-clés : Couffoulens, château, Trencavel, Voisins, Castanier. [12]  [13]
Claude-Marie Robion, Charles Peytavie : Nouvelles données sur l’histoire de l’abbaye de Saint-Hilaire
Mots-clés : abbaye de Saint-Hilaire, archives, Martin de Lucas. [14]  [15]
Bénédicte Bousquet : La bibliothèque de l’abbaye de Lagrasse (1663-1792)
Mots Clés : bibliothèque, Congrégation de Saint-Maur, enseignement, études, livres, Mauristes, moines, ouvrages religieux.  [16]  [17]
Julie Grassin Delyle : Nouveaux regards sur les décors sculptés de Notre-Dame de Marceille à Limoux, XVIIe-XVIIIe siècles - Le cas du lambris sculpté de la Vierge Noire
Mots clés : Sculpture, dévotion, décors sculptés, baroque, Limoux, Notre-Dame de Marceille, XVIIe siècle.  [18]  [19]
Pierre Bascou : Moulins et meuniers des Hautes Corbières du XVIe au XVIIIe siècle
Mots Clés : moulin roturier, moulin banal, bief, bassin, farine, chaussée, roue à aubes, meule, rente, setier, blé, méteil, geline, chapon, cochon, endogamie, Corbières, meunier, seigneur, Chapitre.  [20]  [21]
Michel Cau : Le domaine de Paret-Longue à Pennautier et la famille Castel (1818-1992).
Mots clés : Castel, Paret-longue, agriculture.  [22]  [23]
Jean-Louis Escudier : L’exploitation viticole : un espace à conquérir pour les femmes 1880-1980
Mots-clés : genre, femmes, viticulture, exploitante agricole, formation professionnelle, manifestations paysannes, grèves.  [24]  [25]
Jacques Blanco, Alfred Raucoules : Le club de rugby à XIII le plus humble de la ville de Carcassonne
Mots clés : Rugby à XIII, terrain de la Sablière, terrain de la Normale, Pétain.  [26]  [27]
Michèle François : Roger Hyvert (1901-1988), recenseur des monuments historiques de 1945 à 1965
Mots-clés : monuments historiques, patrimoine, architecture, recensement, casier archéologique, inscription, classement, Hyvert, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Aude, Hérault, Gard, Lozère, Pyrénées-Orientales.  [28]  [29]

• BOTANIQUE
Dominique Barreau : Compte-rendu d’activité pour l’année 2014 et liste des plantes observées lors des sorties.
Bruno de Foucault : Vers un renouveau de la phytosociologie audoise ? Compte rendu de la sortie phytosociologique du groupe botanique de la SESA (14 juin 2014)

• ACTIVITÉ DU GROUPE DE LICHÉNOLOGIE
Enrico Cangini, Jean Sanègre : Compte-rendu d’activité pour l’année 2014. Les rapports complets abondamment illustrés peuvent être consultés sur le site de la SESA à l’adresse http://www.sesa-aude.fr/-Le-groupe-de-lichenologie-.

• NOTES D’ARCHÉOLOGIE : R. Aymé, G. Rancoule

  • AZILLANET. Saint-Sernin
  • BADENS. Chemin de Rieux
  • BLOMAC. Le Marquisat
  • BOUTENAC. Lou Mourrel de la Cabano
  • BOUTENAC. Mountpenery
  • CAPENDU. Pourgaso
  • CESSERAS. Saint-Christol
  • DOUZENS. Robert
  • FABREZAN. Les Legnes
  • FONTIES-D’AUDE. Fount de Montirat
  • MOUX. As Montagnés
  • MOUX. Objet en terre cuite.
  • CORBIERES

• NOTES DE NUMISMATIQUE : Michel CAU

  • Les 25 ans de l’association « Les enfants de l’Aude à Paris »
  • Un membre fondateur de la SESA récompensé par la Société Centrale d’agriculture de l’Aude
  • Médaille du couronnement de la vierge de Notre-Dame de Marceille à Limoux

• NOTE D’HISTOIRE : Michel CAU

  • Plaque d’un soldat audois tombé au combat le 15 juin 1915

• NOTE DE GÉOLOGIE
Jean-Louis BERMAN : Controverse géologique à Palaja
Michel PRUN : Sortie de géologie du 13 septembre 2014

• NOTES DE LECTURE

  • Carcassonne. La Cité dans l’Histoire Jean Blanc, Claude-Marie Robion, Philippe Satgé. Editions Christian Salès, 2014.
  • Des états dans l’Etat. Les États de Languedoc, de la Fronde à la Révolution Durand (Stéphane), Jouanna (Arlette) et Pélaquier (Elie) avec le concours de Donnadieu (Jean- Pierre) et Michel (Henri). Librairie Droz, 2014, 983 p.
  • L’Aude s’affiche. La publicité dans l’Aude (1800-1960) Archives départementales de l’Aude, Carcassonne, 2014, 111 p.
  • L’Église, le clergé et les fidèles en Languedoc & en Pays catalans. XVIe-XVIIIe siècle Gilbert Larguier, dir. Presses Universitaires de Perpignan, 2013, 256 p.
  • Le « chapitre » de Saint-Paul de Fenouillet. De l’abbaye bénédictine à la Collégiale Saint-Paul, histoire et rayonnement spirituel, oeuvres d’art (9ème-18ème siècle) Gavignaud-Fontaine (Geneviève), Bayrou (Lucien) et François (Michèle). Editions Orpèges, 2013, 121 p.
  • Un Lauragais dans l’enfer de 14. Lucien Ariès Editions de l’Arbre, 2014
  • Opération Vilatges al Pais. Canton de Peyriac-Minervois et communauté de communes du Haut-Minervois Marcy (Philippe) et Joliveau (Myriam) avec la participation des habitants du haut-Minervois Narbonne, 2014, 435 p.
  • Opération Vilatges al Pais. Canton de Couiza et Communauté de Communes du pays de Couiza. Marcy (Philippe) avec la collaboration de Bascou (Pierre) et la participation des habitants du pays de Couiza Narbonne, 2013, 416 p.

• BIBLIOGRAPHIE AUDOISE

• LISTE DES REVUES REÇUES DANS LE CADRE DES ÉCHANGES

• LISTE DES OUVRAGES REÇUS

• COMPTES RENDUS DES SÉANCES MENSUELLES.

• PRÉSENTATION DES RECETTES ET DÉPENSES POUR L’ANNÉE 2013

• PUBLICATIONS DE LA SESA

• BULLETIN DE DEMANDE D’ADHÉSION

Notes

[1] En terminaison occidentale du versant sud de la Montagne Noire, le château de Ferrals, commune de Saint-Papoul, occupe une position un peu particulière entre Cabardès et Lauragais. Le bâti du château donne à voir les matériaux de la série tertiaire classiquement reconnue et en particulier les calcaires à alvéolines. Au-dessus de la série marine, les calcaires lacustres de Ventenac donnent au paysage un très léger modelé. Connus pour la présence en son sein de fossiles lacustres, mais surtout par la découverte dans les années soixante, d’une larve de coléoptère appartenant aux Psephenidae-Eubrianacinae. Ce gisement, prospecté par l’abbé Courtessole, est le premier gisement au monde à avoir fourni des restes fossiles de cette famille d’insecte aujourd’hui confinée dans quelques secteurs hors d’Europe (Afrique du Sud, Amérique du Nord, Asie du Sud-Est). Des découvertes récentes, au Japon et dans le célèbre gisement des anciennes mines de bitume de Messel en Allemagne, de larves pséphénoïdes d’Eubrianacinae d’âge équivalent, nous permet de mieux appréhender l’importance que revêt la présence de cet insecte fossile dans les calcaires lacustres à proximité du château de Ferrals.

[2] The Ferrals castle. Environmental, geological and palaeontological approach. The Ferrals castle (located on the municipality of Saint-Papoul) occupies a peculiar position, at the western end of the southern Montagne Noire and in between Cabardès and Lauragais. The building stones of the castle comprise materials typical of the classical regional Tertiary marine series and in particular the Alveolina limestones. In the vicinity of the castle, the Cenozoic marine succession is overlain by the lacustrine Ventenac Limestone, which corresponds to a slight topographic relief. Apart from typical lacustrine fossils, the Ventenac Limestone is well-known for having yielded, in the 1960s, the fossil larva of a beetle, which can be assigned to the Psephenidae-Eubrianacinae. The corresponding fossiliferous site was discovered and prospected by Robert Courtessole. This locality was the first one, worldwide, to have yielded fossil remains belonging to this family of insects, which is nowadays restricted to few geographic areas, outside of Europe (e.g., South Africa, North America, south-eastern Asia). Recent reports of similarly-aged fossil psephenoid larvae of Eubrianacinae in both Japan and in the famous locality of the former bitumen mines of Messel (Germany) reinforce the significance of the original discovery of this fossil insect in the lacustrine limestones outcropping close to the Ferrals castle.

[3] La Divisio Wambæ est un texte qui, à cause de l’impuissance des historiens à identifier la plupart des lieux qu’elle associe aux diocèses, a posé de graves difficultés depuis quatre siècles. On y a vu tour à tour un authentique document ou un apocryphe forgé au XIe s. par des évêques espagnols peu scrupuleux, cette dernière opinion étant la plus largement partagée depuis les travaux de Luis Vázquez de Parga. Sur des diocèses de Narbonnaise, peu susceptibles d’avoir été touchés par les manipulations dont fit l’objet le texte, nous montrons à l’aide de chartes des VIIIe et IXe s. qu’il existe des indices concordants pour l’appliquer à une situation antérieure à la chute du royaume wisigoth de Tolède. Outre des arguments décisifs en faveur de l’authenticité du texte, cela amène à reconsidérer l’étendue des diocèses de Narbonne, Elne et Lodève, le statut du pagus redensis (le Razès), fait apparaître des voies de communication ignorées et pose la question du rapport entre chemins et limites de diocèses (et des cités antiques dont ils sont les héritiers présumés).

[4] The interpretation of Divisio Wambæ and the boundaries of dioceses in Visigothic Narbonnaise. The inability to identify most places associated to dioceses has made the Divisio Wambæ a highly questionable text to historians who have hesitated to classify it either as an authentic document or a fake made in the 11th century by unscrupulous Spanish bishops, this last opinion being widely shared since Luis Vázquez de Parga’s works. With the help of 8th and 9th centuries charters we show on Narbonensis dioceses not likely to have been part to the text manipulations that there is consistent evidence to apply the Divisio to a situation preceding the fall of the Visigothic kingdom of Toledo. In addition to bringing decisive arguments in favour of the authenticity, this leads to reconsider the extension of Narbonne, Elne and Lodève dioceses, the status of pagus redensis (Razès), to highlight little known communication axis and to question the link between antic paths, bishoprics and previous roman cities’ boundaries.

[5] Cet article, portant sur le génie civil du XIIe au XIVe siècle, aborde l’architecture des ponts à travers les modes opératoires, les types de matériaux, la mise en oeuvre, les ouvriers à l’origine de la construction, les contraintes et les limites. Malgré le nombre très important des ouvrages d’art (2750) recensés par le service de la D.D.T.E.2, beaucoup ont fait l’objet de profonds remaniements ou sont d’époque moderne, ce qui rend la classification typochronologique difficile. Le corpus établi tient compte de ces enchevêtrements architecturaux pour ne sélectionner que les ponts considérés comme majeurs en raison de leur état de conservation et de l’absence relative de restaurations ultérieures. L’étude menée in situ s’est fixée comme objectif, l’analyse exhaustive des différentes parties de l’ouvrage, quand, il convient de le rappeler, l’accès aux parties de l’ouvrage n’était pas perturbé par la présence d’une abondante végétation, ou par un niveau d’eau trop élevé.

[6] Civil engineering from the 12th to the 14th century in Aude territory through the building of bridges. This article on civil engineering from the 12th to the 14th century deals with the architecture of bridges through operating methods, types of materials, implementation, the workers at the start of the construction, the constraints and the limits. In spite of the very large number of structures (2750) inventoried by the D.D.T.E., many have been greatly modified or they date from the modern period, which makes typochronological classification difficult. The established corpus takes into account this architectural confusion and only selects those bridges considered as major due to their state of preservation and the relative absence of subsequent restoration. The study carried out in situ had as its objective, the exhaustive analysis of different parts of the structure, when (it should be pointed out) access to parts of the structure was not hammered by profuse vegetation or by a high level of water

[7] L’étude démontre que Raimond Trencavel, dernier vicomte de Carcassonne, Albi et Béziers est représenté sur une peinture murale du début du XIVe siècle conservée au château d’Alcañiz, siège de l’ordre de Calatrava en Aragon. Cette peinture figure l’un des épisodes de la conquête du royaume de Valence entre 1232 et 1238. La présence du vicomte à cette conquête est confirmée par quelques actes. La peinture suggère en outre que le vicomte s’était rangé sous la bannière d’un baron aragonais, Artal de Luna. Ce fait pourrait s’expliquer par un lien familial entre le lignage des Luna et le vicomte. La peinture témoigne enfin de la conservation de la mémoire du vicomte en terre aragonaise, une soixantaine d’années après sa disparition. Cet article permet par ailleurs de confirmer les couleurs du blason des Trencavel et d’évoquer la vie et les relations du vicomte en exil au sud des Pyrénées.

[8] On the portrayal of Viscount Trencavel on a wall painting of the Conquest of Valencia : The exile of the last Viscount of Beziers, Albi and Carcassonne in the states of the Kingdom of Aragon. The study shows that Raimond Trencavel, the last Viscount of Carcassonne, Albi and Beziers, was portrayed in an early 14th century wall painting, stored in the castle of Alcañiz, seat of the Calatrava Order in Aragon. This painting depicts one of the episodes of the Conquest of Valencia between 1232 and 1238. The Viscount’s presence at this conquest is confirmed by various acts. Furthermore, the painting suggests that the Viscount fought under the banner of a baron of Aragon, Artal de Luna. This fact is probably explained by family ties between the Viscount and the de Luna lineage. Finally, the painting indicates that, some 60 years after his death, the Viscount was still remembered in Aragon territory. This article also permits the confirmation of the colours of the Trencavel blazon and an indication of the Viscount’s life and relations during his exile in the Southern Pyrenees.

[9] Representación del vizconde Trencavel en una pintura mural de la conquista de Valencia. El estudio muestra que Raimond Trencavel último vizconde de Carcasona, Béziers y Albi aparece en una pintura mural de principios del siglo XIV conservada en el castillo de Alcañiz, sede de la Orden de Calatrava en Aragón. Esta pintura representa a uno de los episodios de la conquista del reino de Valencia entre 1232 y 1238. La presencia del vizconde en esta conquista se ve confirmada por algunas actas. La pintura sugiere además que el vizconde se sumó al bando de un barón aragonés, Artal de Luna. Este hecho podría ser explicado por una relación de parentesco entre el linaje de los Luna y el vizconde. Finalmente esta pintura refleja cómo sesenta años después de su muerte, aún perduraba su recuerdo en las tierras aragonesas. Este artículo sirve, por otra parte, para confirmar los colores del escudo de armas de los Trencavel y para evocar la vida y relaciones del vizconde exiliado al sur de los Pirineos.

[10] Si les premiers temps du bourg de Lagrasse sont difficiles à percevoir, il s’agit déjà à la fin du XIIIe siècle d’une véritable petite ville dont les consuls étaient suffisamment influents pour négocier avec le puissant seigneur-abbé. Au XIVe siècle, l’espace urbain de Lagrasse a largement été remanié par la construction d’équipements collectifs de grande ampleur. Les archives de l’abbaye ont conservé des documents précisant l’implication des pouvoirs consulaire et seigneurial dans ces vastes transformations.

[11] The creation and medieval urban transformation of the village of Lagrasse. If it is difficult to have an insight into the early days of the village of Lagrasse, by the end of the 13th century, it had become a genuine small town whose consuls were influential enough to negotiate with the powerful Lord Abbot. In the 14th century, the urban area of Lagrasse was greatly reshaped by the large-scale construction of community facilities. The archives of the abbey have preserved documents giving details of the extent to which the consular and seigneurial powers were involved in these vast changes.

[12] L’histoire de Couffoulens, qui domine la plaine de l’Aude, est assez peu connue. Occupé dès l’Antiquité, ce site est sur une position de surveillance d’un lieu de franchissement du fleuve. Mentionné au début du XIe siècle, c’est d’abord un castellum qui devient rapidement un castrum, village fortifié dont on perçoit encore le plan circulaire. Probablement réaménagé au début du XIIe siècle sous l’impulsion de Bernard Aton, le noyau central de l’agglomération demeure jusqu’à la Croisade des Albigeois la résidence d’été des vicomtes de Carcassonne. Depuis, le château n’a cessé de se transformer jusqu’à l’époque actuelle, sous l’impulsion notamment de la famille Castanier, pour devenir le magnifique édifice que l’on admire encore au centre du village.

[13] The Castle of Couffoulens : an initial approach. Little is known of the history of Couffoulens, dominating the Aude plain. Settled since the Antique Age, this site is in a location allowing the surveillance of a river-crossing. Mentioned at the start of the 11th century, it was initially a castellum which soon became a castrum, a fortified village whose circular lay-out is still noticeable. It was probably reorganised at the beginning of the 12th century at the initiative of Bernard Aton. The central core of the settlement was the summer residence of the viscounts of Carcassonne until the Albigensian Crusade. Since then, the castle has been constantly modified up to the present period, mainly at the initiative of the Castanier family, becoming the magnificent building that is still admired to this day in the heart of the village.

[14] Les archives de l’abbaye de Saint-Hilaire ont presque totalement disparu. En l’absence d’un cartulaire, un document méconnu, conservé à Montauban, apporte des éléments complémentaires sur l’histoire de ce monastère bénédictin. Il s’agit d’un inventaire de 1657, recensant 134 documents ou ensembles de documents allant du XIIe au XVIIe siècle. Malgré des imperfections et des erreurs, il permet de restituer une partie des archives de l’abbaye, en particulier les actes concernant son patrimoine foncier. Son étude fournit également quelques précisions non négligeables sur la vie de cet établissement religieux, né sans doute à l’époque carolingienne et disparu avant la Révolution Française.

[15] New facts on the history of the abbey of Saint-Hilaire. The archives of the Abbey of Saint-Hilaire have almost completely vanished. In the absence of a cartulary, a little-known document stored in Montauban has revealed complementary elements regarding the history of this Benedictine monastery. The document is an inventory dating from 1657, which lists 134 documents or groups of documents from the 12th to the 17th century. In spite of some flaws and errors, it allows us to re-establish part of the abbey archives, in particular the deeds concerning its real estate assets. A study of the document also provides us with significant details on life in this religious establishment, which was undoubtedly founded during the Carolingian period and disappeared before the French Revolution.

[16] Le catalogue de la bibliothèque de Lagrasse, réalisé au moment de la Révolution, au tout début de l’année 1792, fait état de 1969 titres. De nombreux ouvrages ayant plusieurs tomes, il constitue un total de 4215 volumes. On y trouve des ouvrages traitant de théologie, de liturgie, de droit canon, d’histoire religieuse, de vie monastique, de Jansénisme, mais aussi de philosophie, de rhétorique, d’histoire profane, de science et d’art ; en soit, rien de bien original pour un établissement religieux. Mais, comme le fait si justement remarquer Marie-Louise Auger, une bibliothèque c’est bien plus qu’une multitude de livres rangés sur des étagères, « elle révèle les centres d’intérêts, l’étendue des connaissances de leurs propriétaires et peut dévoiler leur personnalité ».

[17] The Library of the Abbey of Lagrasse (1663-1792). In early 1792, the catalogue of the library of Lagrasse, carried out at the time of the Revolution, mentions 1969 titles. As numerous works consisted of several volumes, the total number of volumes was 4215. Among them are to be found works dealing with theology, liturgy, canon law, religious history, monastic life, Jansenism as well as philosophy, rhetoric, secular history, science and art - nothing particularly original for a religious establishment. However as Marie-Louise Auger rightly points out, a library is more than a multitude of books arranged on bookshelves, rather, “it reveals centres of interest (and) the extent of their owners’ knowledge and can shed light on their personality”.

[18] Majeures, ostentatoires, évangélisatrices. Des sculptures illustrant les idéaux dévotionnels et esthétiques d’un temps relativement éloigné de nous, s’échappent les marques de décors ambitieux et édifiants. Issus d’un contexte religieux et dévotionnel particulièrement favorables aux XVIIe et XVIIIe siècles, les décors sculptés de Limoux revêtent de nombreuses couleurs et apparences, dont la diversité reste relativement méconnue. Les décors sculptés de l’église Notre-Dame de Marceille illustrent cette richesse ornementale qui, tout comme la culture artistique dont elle émane, reste à définir à ce jour. Dans un contexte religieux profondément marqué par la réforme de l’Église après le Concile de Trente (1545-1563), la petite cité de Limoux fut le lieu de l’établissement de nombreux couvents aux décors prestigieux, dont la mise en place résulte de la crédibilité sans failles que l’on souhaite conférer à l’image, qui devait avoir le pouvoir d’inculquer gestes de prières et comportements dévots. Les impératifs religieux justifièrent et légitimèrent dès lors une concentration extraordinaire de moyens, afin de mettre en valeur un contenu imagé, dans lequel chaque fidèle pouvait se retrouver.

[19] Major, ostentatious, evangelizing. Sculptures depicting devotional and aesthetic ideals from a relatively distant time from us, designed to bring forth ambitious and inspiring decoration. Particularly favorable in the seventeenth and eighteenth centuries, in a religious and devotional context, sculptured decorations of Limoux take many colors and appearances, which diversity remain relatively unknown. The sculptured decoration of the church Notre- Dame de Marceille illustrates this ornamental richness which, like the artistic culture from which it emanates, remains to be defined to date. In a religious context deeply influenced by the reform of the Church after the Council of Trent (1545-1563), the small town of Limoux was the place of establishment of many convents, with prestigious decoration of which the setting up resulted in a flawless credible image which had the power to instill gestures of prayer and devotion. Religious imperatives justified and legitimized therefore an extraordinary range of ways in which each believer could find himself...

[20] Cette étude est consacrée aux moulins fariniers, elle s’appuie sur une abondante documentation recueillie dans les minutiers des notaires de cette période. Elle se propose de montrer leur importance au sein des communautés villageoises, du 16e au 18e siècle. Elle évoque la fragilité des édifices exposés à la violence des éléments, le vent capable d’emporter les ailes et le toit des moulins situés sur les collines, les inondations dévastatrices détruisant les chaussées et causant d’importants dégâts aux bâtiments. Il y est question du statut des moulins au cours de cette période, au cours de laquelle les seigneurs s’efforcent de reprendre en main les moulins pour les rendre banaux et profiter ainsi des rentes qu’ils espèrent en retirer. Elle se termine par une rapide évocation de l’endogamie qui se manifeste au sein des familles exerçant la profession de meuniers.

[21] Mills and millers in the Upper Corbières from the 16th to the 18th century. This study deals with flour mills, based on extensive documentation found in notarial records of that period. The study shows the importance of these mills within village communities from the 16th to the 18th century. It reveals the flimsiness of these buildings, as they were exposed to the violence of natural elements, such as winds capable of carrying off the paddles and roof of mills located on hills, devastating floods which destroyed roads and caused great damage to buildings. There is also the question concerning the status of mills during this period, when lords attempted to take control of the mills in order to turn them into communal mills, hoping thereby to benefit from the income they would generate. The study ends with a short description of the endogamy which developed among the families of millers.

[22] Le domaine agricole de Paret-Longue à Pennautier (Aude) a été mis en valeur par les membres de la famille Castel pendant un siècle et demi. C’est la description de cette occupation qui est présentée dans ce travail. Pour les acteurs, après avoir donné leur origine, chacun d’entre eux fait l’objet d’une brève biographie suivie de ses réalisations sur le domaine. Pour le domaine, après une présentation générale, les transformations réalisées sont décrites dans la gestion de chacun des occupants, depuis l’achat du domaine jusqu’à sa revente.

[23] The Paret-Longue Estate in Pennautier and the Castel family (1818-1992). The Paret- Longue agricultural estate in Pennautier (Aude) was enhanced by the Castel family for a century and a half. The present work is a description of this occupation. The origins of each of the actors is given, with a portrait in a short biography, followed by the achievements of each on the estate. After a general presentation of the estate, there is a description of the modifications carried out by each of the occupants, from the time of the purchase of the estate until its resale.

[24] Dans une première partie, couvrant les années 1880 à 1914, nous examinons les difficultés des exploitantes viticoles à se positionner dans un contexte social particulièrement conflictuel. La seconde partie vise à expliciter le rôle dévolu aux femmes dans la gestion des exploitations viticoles au cours de la Première Guerre mondiale. Enfin, dans une troisième partie, nous analysons les modalités de retour des femmes d’exploitants à un statut de main-d’oeuvre supplétive, l’absence de formation professionnelle et leur fugace implication dans les manifestations viticoles de 1967. Cette recherche repose sur des sources judiciaires et administratives, notamment les multiples conflits du travail (séries U et M des Archives départementales), sur le dépouillement systématique du Progrès agricole et viticole, de la Revue de Viticulture et sur des articles parus dans la presse quotidienne régionale.

[25] In a first part, relative to years 1880 to 1914, we examine the difficulties of women farmers to find a good position in a very hard social context. Then, we try to explain the specific activities of women farmers to manage wine growing exploitations during the 1914-18 War. The third part analyzes how, after war, female farmers returned to status of minor labor and how, in 1967, they integrate protest demonstrations. This research is based on administrative and judicial documents, on a systematic examination of the Progrès agricole et viticole, and the Revue de Viticulture and on articles published in regional media.

[26] Durant la période qui précède la Deuxième guerre mondiale, un groupe d’adolescents, issus de divers quartiers de Carcassonne, a créé une équipe de rugby à XIII, sans moyens, mais avec beaucoup d’enthousiasme. Retrouvons tous ces endroits disparus de Carcassonne qui ont été leur quotidien pendant deux ans, ainsi que des anecdotes dues à leur insouciance.

[27] The most humble rugby’s club XIII of the town of Carcassonne. During the period witch precede the world war II, a group of teenagers stemming from diverse districts of Carcassonne, created a rugby’s team XIII, without affords, but with much enthusiasm. Let us find these places disappaered from Carcassonne witch were their everyday life during two years, as well as anecdotes of their carelessness.

[28] Roger Hyvert (1901-1988) ingénieur centralien, membre de la SESA, société savante tournée vers les sciences, en devient rapidement un membre extrêmement actif, y publie beaucoup et participe à l’orientation de l’intérêt de la société vers l’histoire et l’histoire de l’art, à partir de l’archéologie. Sa réputation savante d’archéologue et sa disponibilité due à la perte de son activité d’ingénieur pendant la guerre, lui offrent l’opportunité, en 1945, d’être engagé par la Direction générale de l’Architecture du Ministère de l’Education nationale, comme délégué au recensement des Monuments de la France. Tâche qu’il effectue avec passion, méthode et une remarquable sûreté dans son jugement, de 1945 à 1965, réalisant des dossiers historiques et architecturaux aboutissant à l’inscription ou au classement au titre des Monuments historiques de plus de 800 édifices dans la région Languedoc-Roussillon. L’autorité et la justesse de son évaluation du patrimoine sont encore aujourd’hui saisissantes.

[29] Roger Hyvert (1901-1988), census-taker of Historic Monuments from 1945 to 1965. Roger Hyvert (1901-1988), engineer from the Ecole Centrale and extremely active member of the SESA, a learned society devoted to the sciences. He published a great deal in its pages and was instrumental in directing the society’s interest towards history and the history of art, starting from archaeology. His scholarly reputation as an archaeologist and his being available after having lost his job as engineer during the war, gave him the opportunity to be engaged in 1945 by the Architectural Board of the Ministry of Education, to take a census of Historic Monuments in France. He carried out this task with enthusiasm, method and a remarkable sureness of judgment. From 1945 to 1965, he produced historical and architectural files which allowed more than 800 buildings in the Languedoc-Roussillon region to be registered or listed as Historic Monuments. His authoritative and accurate assessments of historic monuments remain striking to this day.

  
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