Termes Le Château

MOYEN AGE
EPOQUE MODERNE [1]

À la suite de diverses campagnes d’analyses
architecturales et de sondages, la fouille archéologique
programmée sur le château de Termes s’est attachée à
identifier, au sein de l’importante forteresse d’époque
royale, la phase initiale de la fortification seigneuriale.

Après une identification de vestiges en élévation et de
la topographie de la forteresse seigneuriale, réalisée
en 2005 sur la partie occidentale du noyau castral, une
fouille extensive a débuté en 2006 à l’emplacement
de la chapelle castrale et de l’espace situé au sud de
celle-ci. L’étude de ces secteurs a été poursuivie et
étendue du côté nord dans le cadre d’une opération
triennale de 2007 à 2009.
Au cours de ce programme, l’exploration de la
chapelle castrale a été menée de façon intégrale.
L’organisation des vestiges y est bien reconnue.
Sur un substrat naturel présentant quelques traces
tenues d’occupation de la fin de l’âge du Fer, la phase
initiale d’installation médiévale se singularise par la
présence d’épaisses couches de mortier, sans doute
à mettre en relation avec un important chantier de
construction, probablement à l’origine du château.
Les divers niveaux d’occupation qui lui sont associés
ont livré un mobilier aux caractéristiques spécifiques
et maintenant bien daté des Xe et XIe siècles grâce
notamment à des analyses radiocarbones. Les
niveaux postérieurs ont, dans ce secteur, été arasés
lors de l’aménagement de la chapelle castrale vers la
fin du XIIIe siècle. L’occupation médiévale tardive y est
aussi très ténue et le secteur a livré essentiellement
les restes d’époque moderne (XVIIe s.) de l’occupation
finale du site.
Sur le côté sud, le dégagement exhaustif d’un grand
bâtiment rectangulaire, sur lequel est venu prendre
appui l’ensemble des constructions périphériques, a
été réalisé. Une érosion importante de son comblement
est consécutive à l’effondrement de son mur
occidental, du côté de la pente du relief. Ici aussi seuls
les niveaux d’occupation primitifs ont été préservés.
La fouille extensive a mis en évidence les couches
contemporaines de son édification, dans le courant
du Xe siècle, et d’une occupation de la première moitié
du XIe siècle, datations obtenues par des analyses
radiocarbones, qui convergent avec un ensemble de
mobilier homogène sur le plan chronologique (éperon,
monnaie, céramiques).
Les céramiques recueillies sur les deux secteurs,
bien que très fragmentées, révèlent un faciès bien
identifiable qui comprend des productions glaçurées
particulières. Celles-ci constituent une originalité qui
n’avait jusqu’à présent pas été constatée pour cette
période. Elles ont pu être mises en parallèles avec
d’autres découvertes régionales du même type mais
jusqu’alors mal datées.
Une citerne située au sud du second bâtiment a enfin
été entièrement dégagée dans la perspective d’une
consolidation des vestiges. Le niveau inférieur de son
comblement a livré un lot intéressant de mobilier de
la dernière phase d’occupation du site (milieu du XVIIe
s.), dont une grande quantité de petits creusets liés à
une activité artisanale déjà reconnue dans la chapelle,
mais dont la finalité reste à identifier.
Le secteur situé dans la partie nord du noyau castral a
enfin été dégagé en 2009. Les abords d’une muraille
considérée comme la courtine de la fortification
seigneuriale, et dotée dans la partie supérieure d’un
petit flanquement rectangulaire, ont livré des niveaux
d’occupation du bas Moyen Age, mais la fouille des
couches anciennes reste à terminer. Dans l’angle
nord-ouest, près d’une citerne reconnue en 2006,
deux assises de murs antérieurs à la courtine ont été
repérés. Ils pourraient faire partie de la première phase
d’aménagement du site vers le Xe siècle. La fouille
envisagée des niveaux stratifiés repérés à leurs abords
devrait permettre de préciser leur datation.

Jean-Paul CAZES


[1Notice extraite du Bilan Scientifique 2009 du Service Régional d’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon