Caunes, Laure, Félines : ateliers de potiers de Salauze

CAUNE-MINERVOIS, LAURE-MINERVOIS ET FÉLINES-MINERVOIS : PROSPECTION AUTOUR DES ATELIERS DE POTIERS DE SALAUZE [1]

Cette opération de prospection s’inscrit dans le cadre
des recherches sur les ateliers de potiers romains de
la Tinal d’Abrens et de Salauze à Laure-Minervois, en
complément de la fouille programmée dirigée sur ce
dernier site par Corinne Sanchez ; l’objectif étant de
connaître l’environnement archéologique à l’époque
antique, et plus précisément au tout début du Haut
Empire, autour de ces deux ateliers et d’en découvrir
éventuellement d’autres. Le territoire à prospecter est
traversé par une voie supposée antique qui vient de l’est
depuis d’Olonzac (Hérault) et dont on perd le tracé vers
l’Ouest après l’agglomération potière de Salauze. Cette
voie dessert les deux ateliers distants de moins de 4
kilomètres. Une seule exploitation agricole antique est
connue dans cet environnement, l’habitat des Cruzels
à Caunes-minervois, occupé au Haut-Empire. Les
prospections se sont déroulées durant une quinzaine
de jours au mois de juin, période peu favorable pour les
recherches au sol ; de nombreuses parcelles plantées
en vigne étaient très souvent labourées pour aérer les
terres peu arrosées par les pluies. Aucun nouveau
site d’habitat antique n’a été découvert au cours des
prospections 2009. Un seul point a livré sur une faible
surface une densité anormale de céramiques tournées
oxydantes de l’atelier de Salauze (dépotoir ?).

Même s’il est très présomptueux, à ce stade des
recherches, de vouloir tirer des conclusions définitives
sur l’occupation antique de ce secteur, il faut quand
même souligner cette absence d’exploitation agricole
ou de villa ou même de simples fermes, que l’on aurait
repérées malgré des conditions de lecture au sol
souvent faibles.

Les épandages antiques semblent extrêmement rares
aussi ; quelques parcelles ont livré des fragments
d’amphore italique et de céramique communes
oxydante, mais en nombre insuffisant pour attester un
véritable épandage ; mais ici la mauvaise lisibilité des
terrains nous interdit d’être catégorique sur ce sujet.

Nous savons que les ateliers de potiers romains
utilisaient pour leurs fonctionnement un volume
important de bois de chauffe. Nous sommes peut-être
ici sur un ancien secteur boisé utilisé à cet fin ?

Un hypothétique atelier de potier du Haut Moyen
Age ? Au lieu-dit Les Carmes, une occupation du haut
Moyen Age a livré un lot assez important de céramiques
communes tournées réductrices à pâte sableuse,
de typologie proche des céramiques communes à
pisolithes. Parmi le mobilier récolté, nous avons pu
isoler un tesson qui semble surcuit et déformé.

Gérald SACHOT
MCC- SRA Languedoc Roussillon


[1Notice extraite du Bilan Scientifique 2009 du Service Régional d’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon