Sallèles d’Aude - Moussan : le fleuve Aude

DIACHRONIQUE

Conformément aux pistes de recherche qui avaient été
proposées en 2009, la campagne de fouille 2010 s’est
concentrée sur la rive droite du fleuve Aude (commune
de Moussan), en vis à vis de la fouille réalisée en
2009, sur la rive opposée. Elle a pris la forme d’un
triple chantier alliant sondages archéologiques
subaquatiques et terrestres, centré sur la rampe
d’accès au bac de Moussan.

Une première tranchée subaquatique de 3 mètres
de longueur, perpendiculaire au rivage a permis
d’évaluer le niveau de comblement du bas de la berge
et son profil immergé jusqu’à 2,90 m de profondeur.
Plusieurs ouvrages de consolidation, dont certains
antérieurs au glacis maçonné de la rampe du bac, ont
pu être reconnus. Sur le lit de la rivière, sous 2 mètres
de sédiments, des artefacts modernes ont été mis au
jour. Il s’agit de tronçons de gros câbles en acier de
différentes sections, utilisés dans le fonctionnement
de la traille pour le franchissement du fleuve par les
chalands. Plus profondément, les lits plus anciens sont
exclusivement composés de dépôts fluviaux denses constitués de galets et de graviers. Aucun indice de
l’ouvrage maçonné reconnu en 2009, sur l’autre rive,
n’a été mis au jour par ces travaux.

Une seconde tranchée subaquatique creusée
parallèlement au pied de la rampe du bac, a permis une
plus large lecture des travaux liés à sa consolidation.

Côté « terrestre » le dégagement de la rampe de mise à
l’eau du bac a été réalisé depuis le chemin de halage
sur le haut de la berge. La voie d’accès au rivage
est recouverte d’une calade de galets délimitée par
une ligne de blocage constituée de blocs maçonnés
formant autant de murs périphériques. Dans sa
forme actuelle, le bas de la rampe d’accès au bac de
franchissement de la rivière forme une enclave dans la
berge dans laquelle pouvait s’amarrer le bac et faciliter
ainsi les manœuvres de chargement ou déchargement.
Son profil en arc de cercle consolidé par des longrines
de chêne permettait de guider l’embarcation et de
faciliter son amarrage. Son accès était alors possible
grâce à deux surfaces de circulation maçonnées. Côté
sud, l’aménagement maçonné en pente douce de la
berge, reconnu sur 6 mètres de longueur permettait
une approche facile en bordure de la surface de l’eau
et éventuellement, de hisser les embarcations sur
la berge pour des travaux de radoubage. Au bas de
la calade une maçonnerie formant une banquette
de 0,80 m de large offrait une assise stable pour les
manœuvres d’embarquement ou de débarquement.

En complément de cette fouille, les prospections ont
été poursuivies. Le corpus de tests de ramassage a été
enrichi et des parcelles supplémentaires investiguées
dans le but de mieux cerner l’emprise des sites connus
et de déceler la présence de nouveaux entre les deux
grands centres d’occupation antique repérés en 2009.
Au terme de ces deux années, elles permettent de
confirmer l’existence à l’époque romaine de deux
gros établissements proches du fleuve. Deux centres
d’occupation antiques éloignés l’un de l’autre de 920
mètres, localisés sur une paléoberge, qui prouvent,
indirectement, le caractère artificiel du cours du fleuve
actuel.

Jean-Marie FALGUERA
Association ANTEAS

Sallèles d’Aude, Moussans
Vue générale de la rampe du bac depuis l’ouest (cl. Eric Dellong).