Prospection-inventaire dans le canton de Sigean
Les prospections archéologiques pédestres réalisées
en 2010 dans le canton de Sigean ont permis de
confirmer la présence d’indices du Paléolithique
moyen et de gisements du Paléolithique supérieur sur
des terrasses anciennes.
Une exploration systématique de zones présentant des
particularités topographiques a permis la découverte
de cavités naturelles ayant eu probablement une
fonction sépulcrale entre la fin du Néolithique et l’âge du
bronze. Malheureusement certaines font actuellement
l’objet de pillages organisés très destructeurs. Les
« fouilleurs » clandestins n’hésitent pas à déplacer
des mètres cubes de sédiments et de blocs, à briser
les concrétions pour dégager des conduits obstrués,
fragilisant ainsi les voûtes de manière très dangereuse
et entraînant dans certains cas des effondrements.
On observe dans leurs déblais quelques indices
caractéristiques : charbons de bois, faune et débris
humains.
La collecte d’anciennes publications concernant le
secteur étudié m’a permis de faire le lien entre une
cavité sépulcrale que j’avais découverte en 2008 et un
ossuaire chalcolithique non inventorié, fouillé en 1958
par le Dr. L. Rigaud. Celui-ci m’a aimablement autorisé
à effectuer un inventaire photographique d’une très
grande partie du matériel exhumé. Il serait intéressant
qu’un spécialiste puisse effectuer une analyse des
restes humains (NMI = 13).
Dans un article daté du début des années 1960, Y.
Solier signalait dans le canton de Sigean la présence
d’un tumulus et d’un dolmen non inventorié. Ceux-ci
ont été retrouvés lors de mes prospections. A
proximité du dolmen j’ai observé sur une surface
lisse du substrat rocheux plusieurs cupules dont
l’origine est indéterminée. Cependant contrairement
à la plupart des cupules naturelles à fond plat et
parois verticales dentelées que j’ai pu observer sur les
territoires des communes voisines, celles-ci forment
des dépressions hémisphériques très régulières. Si leur
origine anthropique devait être confirmée, il s’agirait
d’une découverte ouvrant de nouvelles perspectives
de recherches dans le secteur.
Trois nouveaux dolmens, dont l’authenticité reste
aussi à confirmer en l’absence de matériel en surface,
ont été repérés en bordure du littoral, à proximité de
sites découverts lors de précédentes opérations. Une
recherche systématique dans des zones présentant un
contexte topographique identique devrait apporter des
résultats significatifs dans l’inventaire des monuments
mégalithiques des Corbières maritimes.
Des indices d’habitats ont étés mis en évidence devant
deux abris sous roche. L’un de taille très spectaculaire
présente diverses occupations du Néolithique à
l’époque moderne, l’autre plus modeste a livré entre
autres deux ébauches de perles circulaires en test de
cardium semblables à celles observées sur des ateliers
à l’ouest de Durban.
En ce qui concerne l’Antiquité et le Moyen Age,
plusieurs sites ont été découverts dans les garrigues
et quelques indices ont été observés à l’intérieur de
petites cavités. Deux sites médiévaux revisités ont vu
leur datation complétée en raison de l’identification
d’une occupation antique autour du changement
d’ère.
Enfin, la localisation d’une épave antique, découverte
et pillée au début des années 1980 dans la zone
portuaire de Port-La Nouvelle, m’a été signalée.
Pascal ROUQUETTE
L'Herbiel de Gabriel


