Pomas - Rouffiac : Giratoire RD 118

ANTIQUITE

Le projet d’aménagement routier, en contrebas de
l’oppidum de La Lagaste, sur les communes de
Rouffiac d’Aude et de Pomas, a mi-chemin entre
Carcassonne et Limoux, a conduit à la réalisation
d’un diagnostic archéologique à l’emplacement d’un
giratoire, d’un pont sur l’Aude et du raccordement des
D43 et 118 sur ces ouvrages.

Cette opération a permis de mettre au jour deux
constructions datées du Ier s. de notre ère. Le premier
établissement est situé au nord du projet, le deuxième
se trouve dans la partie médiane en bordure de
l’Aude.

La première construction, constituée de fondations de
murs en pierres en calcaire gréseux de couleur bleue,
liées au mortier de chaux, témoigne d’un certain soin
apporté à l’édifice. La présence d’aménagements de
sol en radier de galets surmonté d’une couche de
béton autour des murs, dénote également d’un certain
confort. Une grande partie de la construction est située
hors emprise du diagnostic.

L’état de conservation de la deuxième construction
est beaucoup moins satisfaisant. Les niveaux de
sol ont disparu. Il ne subsiste ici que les fondations
constituées de pierres en calcaire gréseux de teinte
bleue ou de galets liés à la terre. La construction semble
moins soignée. Néanmoins la surface au sol des murs
occupe une bonne partie de ce secteur, soit environ 1
000 m2, certains murs partant hors emprise.

La découverte de ces deux sites n’est pas surprenante.
En effet ces structures sont situées à côté d’un passage
à gué, encore utilisé au XIXe s. qui desservait durant
l’Antiquité un important carrefour entre la voie nord-sud
allant de Carcassonne vers les Pyrénées, et un
tracé transversal plus aléatoire permettant de relier à
travers le massif de la Malepère, le versant occidental
des Corbières à la plaine lauragaise (le vicus de Bram)
puis à Toulouse.

La première construction longerait la voie de
communication menant à Bram par le massif de la
Malepère : ; le second site est localisé à une centaine
de mètres du gué, en bordure de l’axe de circulation
vers Carcassonne. Une étude plus approfondie de
ces deux sites permettrait de définir le statut de ces
établissements ruraux et aussi de comprendre le rôle
qu’a pu avoir ce carrefour routier sur le développement
économique et social autour de l’agglomération
antique de La Lagaste.

Gilles ACKX
INRAP Méditerranée