Limoux Les Jardins de la Colline

AGE DU FER MOYEN AGE [1]

Le diagnostic, motivé par le dépôt d’un permis de
construire au lieu-dit Les Pontils, parcelle BN30, est la
troisième intervention archéologique réalisée en moins
de cinq ans sur la colline dominant l’agglomération
actuelle de Limoux.

Les sondages ouverts sur la totalité du périmètre
concerné par le projet foncier ont révélé la présence
de vestiges qui décrivent un scénario d’occupation
conforme à celui observé dans le cadre des deux
opérations précédentes.

Près de cent faits stratigraphiques ont été identifiés sur
l’ensemble du versant orienté vers l’ouest. Les traces les
plus anciennes renvoient à la protohistoire et attestent
une nouvelle fois d’une fréquentation du sommet dès le
VIe-Ve siècles av. n. è.. Les informations relatives à cette
fréquentation demeurent cependant lacunaires et ne
permettent pas de caractériser cet habitat. Il est permis
tout au plus, d’envisager la restitution d’une implantation
relativement distendue ; le terme d’oppidum est en tout
cas exclu dans l’état du dossier.

L’essentiel des observations enregistrées dans le
cadre de l’étude, se rapportent au Moyen Age (XIIe-XIIIe
siècles). Elles décrivent l’investissement d’un versant
dont l’inclinaison avoisine 11 m pour une distance de
135 m. Une vingtaine d’encoches ont été dénombrées.
Comblées après l’abandon du site, elles témoignent
des rez-de-chaussée excavés d’habitations ou de
bâtiments agricoles disposés en terrasse. En raison de
leur mode d’implantation par rapport au sol déclive,
les unités conservent des limites nettes vers l’amont
(le plus souvent vers l’est). Les limites latérales sont
également lisibles. Il est en revanche plus difficile de
localiser l’emplacement des façades ouvertes sur la
pente – surtout lorsque les excavations préparatoires
ont été réalisées dans des colluvions, et non dans le
substrat géologique. Il est à craindre que la majorité
de ces façades ait été détruite en raison d’une érosion
du sol cultivé après l’abandon des habitations, durant
les époques moderne et contemporaine.

Les sondages réalisés dans les comblements
de certaines encoches (au contact de leur paroi
postérieure) avouent des profondeurs conservées qui
oscillent entre 0,30 et 2 m. Un foyer sur plaque d’argile
a été reconnu dans l’une des unités. Il en est de même
de tronçons de constructions en pierres dont la rareté,
combinée à d’autres observations, donne à penser que
l’essentiel des élévations (murs extérieurs et cloisons)
résultait de la mise en oeuvre de terre banchée, voire
façonnée à la main.

D’autres types de vestiges ont été repérés. C’est le
cas de fosses d’ensilage, de fossés, de surfaces de
circulation extérieures, ainsi que d’un possible tronçon
du fossé chargé d’assurer la protection du flanc
occidental de l’agglomération.

Olivier GINOUVEZ
INRAP Méditerranée
En collaboration
Dominique Baudreu et Jean-Loup Abbé


[1Notice extraite du Bilan Scientifique 2009 du Service Régional d’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon