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Bulletin de 2009 - Tome CIX

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TABLE DES MATIÈRES

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LA VIE DE LA SOCIÉTÉ

- Conseil d’administration et bureau
- Liste des membres

BOTANIQUE

- Bruno LE ROUX : Les orchidées du massif du Madres [1]  [2]
- Jean-Michel MICHEZ : Flore mellifère de l’Aude [3] [4]

GÉOLOGIE

- Michel BILOTTE : 1781-1889, deux dates remarquables de la géologie de l’Aude et des Pyrénées [5] [6]
- Philippe FAURÉ : Le pliensbachien inférieur (Carixien inférieur, zone à Jamesoni) des Corbières (Aude, France). Biostratigraphie, évolution sédimentaire et paléontologie des ammonites [7] [8]

ARCHÉOLOGIE

- Odette TAFFANEL : La céramique du 1er Âge du Fer à Mailhac. Fouilles 1962 [9] [10]
- Guy RANCOULE, Alain VIGNAUD Installations rurales du milieu de l’âge du Fer en moyenne vallée de l’Aude [11] [12]
- Régis AYMÉ : Recherches sur la Voie d’Aquitaine. Nouveaux indices et propositions de tracés [13] [14]

HISTOIRE

- Gauthier LANGLOIS : La légende de dame Carcas. Les origines épiques. Première partie : Les versions connues de la légende [15] [16]
- Jacqueline CAILLE : Nouveaux regards sur l’attaque du Prince Noir contre Narbonne en novembre 1355. [17] [18]
- Marie-Laure JALABERT : La seigneurie des archevêques de Narbonne au XIVe siècle [19] [20]
- Claude-Marie ROBION : « Un paradis terrestre ». Ermites et ermitages des pays d’Aude sous l’Ancien Régime (XVIe-XVIIIe siècles) [21] [22]
- Pierre BASCOU : Le domaine de « l’Eau Salée », à Sougraigne, aux XVIIe et XVIIIe siècles  [23] [24].
- Marie-Rose VIALA : Nicolas Lengelée, un homme du Nord en Lauragais [25] [26]
- Claude MARQUIÉ, Guy RANCOULE : Des moulins à l’industrie textile limouxine du XIXe siècle [27] [28]
- Charles PEYTAVIE : Simon de Montfort. Où comment fut créé à Carcassonne le premier opéra sur la Croisade contre les Albigeois le 18 septembre 1860 [29] [30]

À PROPOS DE BOTANIQUE

- Compte rendu d’activité du groupe botanique pour 2009.

NOTES DE ZOOLOGIE

- Bruno LE ROUX, Christian RIOLS : Découverte d’une population de sonneur à ventre jaune (Bombina Variegata) dans l’Aude.
- Jean-François HÉBRAUD : Quelques données sur le régime alimentaire de la couleuvre d’Esculape dans la Montagne Noire.

NOTES D’ARCHÉOLOGIE

- E. GARCIA, Guy RANCOULE : Castelreng. La Bouichonne.
- Guy RANCOULE : La Caunette-sur-Lauquet. Crémailhou.
- Régis AYMÉ : Blomac.
- Régis AYMÉ : Montbrun. La picarelle.
- Guy RANCOULE : Talairan. Les coundouminos.
- Régis AYMÉ : Cruscades. Plo de Beyret.
- Guy RANCOULE : Félines-Termenès. Carrec, Escarailles.
- Régis AYMÉ : Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Caraguilhes.
- Régis AYMÉ, Guy RANCOULE : Tourouzelle. Saint Estève.
- Régis AYMÉ : Thézan-des-Corbières. La tuilerie.
- Régis AYMÉ, Guy RANCOULE : Corbières. Monnaies préromaines.

NOTE DE NUMISMATIQUE

- Michel CAU : Médaille du cinquantenaire de la Société d’Études Scientifiques de l’Aude.

NOTE D’HISTOIRE

- Michel CAU : Découverte du registre d’un marchand de tissus de Castelnaudary (1868-1872).

NOTES DE LECTURE

- Les chefs au Burkina Faso. La chefferie traditionnelle des origines à l’Indépendance. Catalogue de l’exposition présentée à Carcassonne du 17 octobre au 12 décembre 2008.
- Numéro spécial « Arthur Richard Dillon », Bulletin de la Commission Archéologique et Littéraire de Narbonne.
- Joseph Canérot : Les Pyrénées. Histoire géologique et Itinéraires de découverte.
- Perrine Ournac, Michel Passelac et Guy Rancoule : L’Aude. Volume 11/2 de la Carte Archéologique de la Gaule.
- Jean-Loup Abbé, dir. : Histoire de Limoux.
- Henri Vidal : Les États de Languedoc au XVIIIe siècle.
- Les Pays de l’Aude au temps des Cathares. Catalogue d’exposition, Comité départemental du Tourisme de l’Aude.
- Au temps de la Croisade. Sociétés et pouvoirs en Languedoc au XIIIe siècle. Catalogue de l’exposition présentée à Carcassonne du 17 septembre au 28 novembre 2009.
- Aude Viguier : Trois écarts de Palaja (Aude) : Estanave-Montrafet-Cassagnac
- Richesse de la garrigue Lauranaise

BIBLIOGRAPHIE AUDOISE - PUBLICATIONS RECUES

COMPTES RENDUS DES SÉANCES MENSUELLES ET DE SORTIES

COMPTE RENDU FINANCIER

NÉCROLOGIE

Voir aussi le reportage sur TV Carcassonne

Notes

[1] Le massif de Madres est unique d’un point de vue floristique au niveau du département de l’Aude. Son altitude élevée, son climat et sa géologie permettent cette richesse de tout premier ordre. Cette richesse se révèle au niveau des orchidées avec la présence d’au moins trois espèces que l’on ne rencontre dans notre département que dans ce massif. L’Epipogium aphyllum a été découverte récemment (Plassart, 2006). De nombreuses stations de Corallorrhiza trifida et Listera cordata ont été découvertes en 2008 (Le Roux/Barreau, 2008). Le Madres recèle également les stations de l’Aude les plus élevées en altitude de nombreuses espèces comme notamment l’Orchis pallens ou encore l’Epipactis helleborine. Un énorme travail d’inventaire depuis 2002 a permis de nombreuses découvertes orchidophiles mais d’autres espèces comme la Goodyera repens, présente à proximité dans les Pyrénées-Orientales, sont à rechercher.

[2] The orchids of the Massif Du Madres The Massif du Madres is unique from the point of view of the flora of the Aude. Its high altitude, climate and geolog y create an extremely rich environment. This setting is ideally suited to orchids, of which at least three varieties are not found anywhere else in the department. Epipogium aphyllum was discovered recently (Plassart, 2006). Many clusters of Corallorrhiza trifida and Listera cordata were first found in 2008 (Le Roux/Barreau, 2008). The highest sites in the Aude for numerous species are found in the Massif du Madres, in particular Orchis pallens and Epipactis helleborine. Large-scale cataloguing since 2002 has identified many varieties, but other species, such as Goodyera repens, known in the Pyrenees-Orientales, are yet to be found.

[3] À partir des relevés effectués par le groupe des botanistes de la SESA, la localisation de plus de soixante-dix plantes mellifères permet de mettre en évidence des zones plus ou moins favorables à l’élevage des abeilles dans les diverses régions audoises.

[4] Honey producing plants in the Aude Using the plant lists prepared by SESA’s botanical group, the identification of the sites of more than sixty six melliferous plants has enabled bee-keepers to find the most suitable areas for placing hives.

[5] En 1775 Philippe Picot de Lapeirouse, éminent naturaliste toulousain parcourt les Corbières. Entre Montferrand et Sougraigne, il fait une ample moisson de corps pétrifiés « auquel le vulgaire à donné le nom de cornes ». De l’étude de ces objets fossiles paraitra en 1781 l’ouvrage Déscription de plusieurs nouvelles espèces d’Orthocératites et d’Ostracites qui est universellement considéré comme l’ouvrage fondateur de la famille des “ Rudistes ”. Ces organismes bivalves, proches parents des huitres, ont proliféré dans les mers téthysiennes pendant plus de 85 millions d’années ; on situe leur disparition vers - 66 millions d’années. À la fin du XIXe siècle les études tectoniques sur la chaine des Pyrénées sont balbutiantes. La mise en évidence, en Provence, par Marcel Bertrand de « phénomènes de recouvrement » influence les géologues pyrénéens. Louis Carez en 1889 est le premier à reconnaitre la réalité de ces « recouvrements dans les Pyrénées de l’Aude ». Après un rappel des faits historiques, l’article évoque la place de ces découvertes dans la science contemporaine.

[6] In 1775 Philippe Picot de Lapeirouse, eminent naturalist from Toulouse traverses the Corbieres country. Between Montferrand and Sougraigne, it makes a full collection of petrified bodies. The study of these fossils appears in 1781 in the work “Description de plusieurs nouvelles espèces d’Orthoceratites et d’Ostracites” which is universally regarded as the work founder of the “Rudistes” family. These bivalvia, close relatives of oysters, proliferated in the tethysian seas during more than 85 million years ; one locates their disappearance towards - 66 million years. At the end of the XIXth century the tectonic studies on the chain of the Pyrenees are in its infancy. The description, in Provence, by Marcel Bertrand of “phénomènes de recouvrements” influences the Pyrenean geologists. Louis Carez in 1889 is the first to recognize the reality of these “recouvrements dans les Pyrénées de l’Aude”. After a recall of the historical facts, the article evokes the place of these discoveries in contemporary science.

[7] Le cycle sédimentaire du Pliensbachien débute, dans les Corbières, par des dépôts carbonatés argilo-gréseux situés à la partie inférieure de la Formation Névian : le Membre du Roc d’Agel et le Membre de la Blanquière. Ils s’inscrivent dans la seule zone à Jamesoni dont la totalité des sous-zones standards connus en Europe occidentale sont identifiées. Les brachiopodes se disposent en niveaux-repère synchrones à l’échelle du massif des Corbières. La plupart des ammonites du Carixien inférieur sont décrites et figurées.

[8] The sedimentary cycle of Pliensbachien begins, in the Corbières, with carbonated argilo-sandy deposits located at the lower part of the Névian Formation : the Roc d’Agel Member and the Blanquière Member belongs to the only Jamesoni zone. The whole of the standard Subzones of Ammonites are identified. The brachiopods lay out synchronous level-reference.

[9] Nous avons déjà publié en 1956, la découverte de déchets de cuisson de vases de cette époque dans le secteur de Cas (Taffanel 1956) ; les fouilles de 1962 dans les mêmes parages étaient restées inédites, car nous attendions le résultat d’analyses qui ont beaucoup tardé. En 1997, Hugues Boisson a pu les utiliser et a publié cette fouille (Boisson 1997), mais elles demandent à être complétées par des analyses comparatives des argiles du secteur Camberaut-Cas pour en préciser l’origine. D’autre part, ce dernier travail passe sous silence des observations de fouilles que nous jugeons importantes, et nous pensons que notre note complètera utilement cette publication.

[10] Early iron age pottery at Mailhac from 1962 excavations The discovery of kiln rubble from the Early Iron Age in the Cas sector was described in Taffanel’s paper published in 1956. The 1962 excavations of the same site were never written up because analysis of the finds was very delayed. Hugues Boisson was able to use the evidence of the 1962 finds in 1997 and published a paper on the rubble, but used comparison with clay in the Camberaut-Cas sector to confirm its origin. His published material work made no comment on the excavations, so the present paper will complement and complete previous studies.

[11] La comparaison des acquis provenant de reconnaissances et fouilles de sauvetage, les unes proches, d’autres plus éloignées du carrefour carcassonnais, apporte de nouveaux éléments d’appréciation concernant les occupations rurales dans cette partie de la vallée de l’Aude au début du 2e âge du Fer ; elle offre un intérêt certain quant à la diffusion et la quantification des apports méditerranéens en amont de Carcassonne. S’y ajoute, notamment dans un cas, les indices d’une probable production locale de céramique modelée indigène.

[12] Rural settlements in the Middle Iron Age in the central valley ot the Aude A comparison of finds from surface exploration and excavation, some near to and some distant from Carcassonne, gives us new information about rural settlements in this part of the Aude valley at the beginning of the Second Iron Age. It reveals how much Mediterranean material is to be found in the higher regions above Carcassonne. It also suggests that pottery was produced locally.

[13] En 2002 (Aymé (R.), Tracé de voie antique sur les communes de Conilhac-Corbières, Fontcouverte et Moux (Aude), d’après les indices de terrain, B. SESA, t. CII, 2002, p. 32-39) et 2005 (Tracé de voie antique sur les communes d’Ornaisons et Névian, B. SESA, t. CV, 2005 p. 35-41.), nous avons présenté le résultat de nos investigations sur la Voie d’Aquitaine. De nouvelles prospections effectuées sur plusieurs secteurs du tracé présumé nous ont permis de relever des indices qui pourraient se rapporter à l’ouvrage antique (Au cours de notre enquête, nous avons rencontré de nombreuses personnes, qui par leur accueil et leur aide nous ont grandement facilité la tâche, nous les en remercions vivement.).

[14] The via Aquitana : new information about its route Reports were made in 2002 and 2005 about our investigations into the Via Aquitana. Further exploration of several sections of the presumed line of the road has revealed more information about this Gallo- Roman highway.

[15] La légende de dame Carcas a pour cadre la reconquête par Charlemagne des terres occupées par les sarrasins en Languedoc. Recueillie par des écrivains chrétiens et musulmans au XVIe et XVIIe siècle, cette légende dérive probablement d’une chanson de geste perdue. Une chanson écrite au XIIe ou au XIIIe siècle, s’appuyant sur des traditions locales et destinée à appuyer la légitimité des Trencavel, vicomtes de Carcassonne. Le côté pittoresque de dame Carcas et de ses stratagèmes ont contribué à rendre la légende très populaire et à la faire connaître dans toute l’Europe. Au XVIe, des morisques font de dame Carcas l’héroïne d’une histoire exemplaire destinée à enseigner l’Islam. À la même époque les édiles de la Cité réalisent le buste qui orne l’entrée de la ville.

[16] The legend of Lady Carcas and its epic origins The legend of Lady Carcas is part of Charlemagne’s conquest of land occupied by the Saracens in Languedoc. Collected by Christian and Muslim writers in the sixteenth and seventeenth century, this legend probably derives from of a lost epic. An epic written in the twelfth or thirteenth century, based on local traditions and support for the legitimacy of Trencavel, Viscounts of Carcassonne. The picturesque side of Lady Carcas and its stratagems have contributed to the very popular legend and make it known throughout Europe. In the sixteenth century Moorish men make lady Carcass heroin of an exemplary story designed to teach Islam. At the same time, the authority of the City performs the bust that adorns the entrance.

[17] À l’automne de 1355, le Prince Noir entreprend une expédition armée qui le conduit de Bordeaux aux abords de Béziers et retour. Ainsi auraient été ravagés, à travers l’Armagnac, l’Astarac et le Languedoc, près de cinq cents villages et quelques villes, parmi lesquelles Carcassonne et Narbonne. C’est à cette dernière qu’est consacrée la présente étude où sont réexaminées les anciennes chroniques anglaises et “ françaises ” pour en extraire des informations mieux contrôlées, à confronter avec la documentation narbonnaise proprement dite, afin de reconstituer, autant que faire se peut, les événements dont la ville fut effectivement le théâtre les 8, 9 et 10 novembre 1355. À partir de cette vision plus “ objective ” on analyse les conséquences “ réelles ” de ces faits désormais plus assurés.

[18] A new view on the Black Prince’s attack on Narbonne in 1355 In autumn 1355, the Black Prince undertook an armed expedition that would lead him from Bordeaux to the gates of Béziers and back. During this foray over five hundred villages and several towns across the regions of Armagnac, Astarac, and Languedoc, including Carcassonne and Narbonne, were allegedly devastated. The present study will focus on the latter City with a re-examination of the English and French chronicles to extract information with which to confront the Narbonnais documents in order to reconstruct, as much as is possible, the events for which the town was effectively the scene on 8, 9 and 10 November 1355. From this more “ objective ” viewpoint one can analyze the “ real ” consequences of these henceforth more securely established facts.

[19] La seigneurie des archevêques de Narbonne au XIVe siècle est un ensemble hétérogène de biens et de droits dont chaque titulaire du siège archiépiscopal est dépositaire, pendant la durée de sa nomination. Cette mense, très lucrative, est la base de la fortune des prélats narbonnais, grands seigneurs au train de vie princier. Narbonne est alors le troisième archevêché du royaume de France par sa richesse. Deux « sources » documentaires permettent de dévoiler cette seigneurie. Le Livre Vert, rédigé sous Pierre de La Jugie (1347-1375), en fait l’inventaire. L’étude codicologique de ce dénombrement a permis de révéler la structure de présentation adoptée par le rédacteur, car elle n’est pas immédiatement lisible. Des fragments de registres comptables, originaux, conservés aux Archives secrètes du Vatican, précisent les modalités de la gestion, exclusivement fondée sur un découpage seigneurial : les baylies. Ces comptabilités confirment que les bayles ont à gérer d’immenses revenus, seigneuriaux et ecclésiastiques.

[20] Through the 14th century, Narbonne’s archbishops possessed an heterogeneous set of properties and rights which every prelate held during his archiepiscopal appointment. This “mense” was very lucrative : at that time, the Narbonne archdiocese was the third wealthiest in the French kingdom. Two kinds of historical sources reveal this situation. The first one is the Livre Vert, written during Pierre de La Jugie’s archbishopate (1346-1375), which is a catalogue on Narbonne’s archbishop’s properties, seigneurial rights and incomes. The codicological study of this enumeration tells us which structure of presentation the writer had adopted, because it is not at once legible. The second one gathers a few extracts of original “bayle” bookkeepings, preserved at the secret Archives of Vatican, clarifying the modalities of the management, which was exclusively based on a seigneurial division : “baylies”. These ledgers confirm that “bayles” had to manage immense incomes. These profits were provided by physical rights as banal landowner and spiritual rights as Archbishop. Archbishop’s expenses were also very important because of his princely way of life.

[21] Les ermites des pays d’Aude n’ont fait l’objet à ce jour d’aucune étude. Sous l’Ancien Régime, une trentaine d’ermitages peuvent néanmoins être localisés dans les anciens diocèses audois. Après les abandons et les destructions des Guerres de religion, le XVIIe siècle connaît même une véritable renaissance de la vie érémitique avec de nouvelles fondations. Gardiens de chapelles rurales, les ermites n’ont laissé que peu de traces de leur existence, disséminées à travers une vaste et inégale documentation. Ces maigres témoignages nous fournissent toutefois un éclairage sur le fonctionnement de cette petite société avec ses règles, ses caractéristiques et ses évolutions. Ils permettent aussi d’entrevoir les relations entretenues par les solitaires avec les autorités civiles et religieuses, empruntes de conflits, et les liens tissés avec les populations environnantes.

[22] « Paradise on Earth ». Hermits and Hermitages in the Aude during the Ancien Regime (16th to 18th centuries) The hermits of the Aude have not been studied until now. During the Ancien Regime, some thirty hermitages can be identified in old dioceses in the Aude. After the expulsion and destruction wrought during the Wars of Religion, the 17th century saw a rebirth of the solitary life of the hermit, with new foundations established. Hermits were guardians of rural chapels, but few traces of their existence are to be found in a large, but inconsistent amount of documentation. Such meagre evidence as there is throws some light on this small group of people, with their own rules, characteristics and development. It also tells of the turbulent relationships between hermits and the religious and lay authorities, and their links with the local population.

[23] C’est à François de Montesquieu, seigneur de Coustaussa, Bugarach, Sougraigne et autres places, que nous devons la construction du domaine de l’Eau Salée à Sougraigne au milieu du XVIIe siècle. L’intention du seigneur est de tirer le plus grand profit de l’ensemble des richesses se rencontrant à proximité du domaine quelle qu’en soit leur nature. L’agriculture, l’exploitation minière et la production de verre sont les diverses activités qu’il compte développer dans les environs de cette métairie qu’il vient d’aménager à proximité de la source salée qui sourd au nord-est de sa seigneurie de Sougraigne.

[24] The Domaine of « eau salée » at Sougraigne in the 17th and 18th centuries It is to Francois de Montesquieu, Seigneur of Coustaussa, Bugarach, Sougraigne among other places, that we owe the construction of the domaine of Eau Salee at Sougraigne in the mid 17th century. It was the seigneur’s intention to maximise the profits to be made from the domaine from whatever source. Agriculture, mining and glass production were among the activities which he intended to exploit around the farm he had created near the salt water well lying to the north-east of the seigneurie of Sougraigne

[25] Dans le bureau du maire de Castelnaudary, se trouve une grande carte du district, datée de 1790 ; c’est la seule oeuvre signée de Nicolas Lengelée, visible dans la ville. Lors de l’étude des travaux publics en Lauragais sous l’Ancien Régime, de la représentation du Languedoc au XVIIIe siècle à travers les cartes de Cassini notamment 1, nous avons croisé cet ingénieur géographe, inspecteur des travaux publics. Étranger à la province, à la ville, ignorant la langue d’oc, du moins à ses débuts, il a quand même vécu et travaillé chez nous pendant plus de trente ans. Il nous a paru souhaitable de mieux connaître un personnage auquel la ville et l’ancien diocèse doivent d’importantes transformations à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles.

[26] Nicolas Lengelee, a Frenchman from the north in the Lauragais In the Mayor’s office in Castelnaudary there is a large map of the area around the town, dated 1790. It is the only signed piece by Nicolas Lengelee in Castelnaudary. When studying public works in the Lauragais in the Ancien Regime, examining how the Lauragais looked in the 18th century in maps by Cassini in particular, we have come across this man who was a surveyor and inspector of public works. A stranger to the province and the town, unable to speak Occitan on his arrival, he nevertheless lived and worked here for more than 30 years. It seemed appropriate to get to know someone to whom the town and the former diocese were indebted for significant changes during the pivotal period between the 18th and 19th centuries.

[27] La draperie, importante à Limoux depuis le Moyen Âge, est partiellement transformée au XIXe siècle par la « révolution industrielle ». Cette activité se maintient jusque vers 1860 pour disparaître rapidement ensuite. Les filatures installées dans les moulins existants sont source de conflits entre leurs propriétaires, et les chefs d’entreprise jouent un rôle essentiel dans la ville, tandis que les ouvriers perçoivent de faibles salaires.

[28] Textile mills around Limoux in the 19th century The Industrial Revolution partly transformed cloth production in the Limoux area, where it had been an important industry since the Middle Ages. It continued until around 1860, when it completely disappeared. The machinery in the mills became a source of conflict between mill-owners, who played an important role in the town, although their workers were poorly paid.

[29] Le 18 septembre 1860, les Carcassonnais assistent à la première représentation d’un nouvel opéra nommé Simon de Montfort écrit et composé par Louis Metge et Pierre Germain. Cette oeuvre originale est la première à mettre en scène le drame albigeois et la fin tragique du jeune vicomte de Béziers sacrifié sur l’autel du Midi par les représentants de l’obscurantisme. Cette étude revient sur les conditions de la création de cette oeuvre lyrique et dramatique à Carcassonne et sur le succès public critique et enregistré au soir de la première représentation.

[30] On 18 September 1860, the people of Carcassonne attended the first performance of a new opera named Simon de Montfort written and composed by Louis Metge and Pierre Germain. This original work is the first to stage the albigeansian drama and the tragic end of the young Viscount of Béziers sacrificed on the altar of South by representatives of obscurantism. This study is about the conditions of the first production of this lyrical and dramatic work in Carcassonne and about the critical and public success recorded after the first performance.

  
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