Accueil du site > Nos publications > Bulletins annuels et tables des bulletins > Sommaire et résumés des bulletins depuis 1998. > Bulletin de 1999 - Tome XCIX

Bulletin de 1999 - Tome XCIX

ARCHEOLOGIE
- VAQUER (Jean), Les origines préhistoriques de Carcassonne.  [1]
- RANCOULE (Guy), Carcassonne protohistorique : les agglomérations, acquis et incertitudes.  [2]
- PASSELAC (Michel), Carcassonne romaine : observations sur l’organisation urbaine dans la Cité et ses abords.  [3]
- GARDEL (Marie-Elise), Les anciens bourgs de Carcassonne : recherches préliminaires.  [4]
- BAUDREU Dominique : la commune de Carcassonne et ses anciennes paroisses, contribution à la carte archéologique médiévale.  [5]

BOTANIQUE
- JEKHOWSKY (Benjamin de), Etudes botaniques dans les basses Corbières des environs de Lagrasse (Aude) ; esquisse d’une phénologie de la floraison à partir d’un calendrier floral semi-quantitatif détaillé.  [6]

HISTOIRE
- CRAPELLA (Véronique), La communauté « cathare » d’Arques de 1300 à 1305.  [7]
- BERMAN (Jean-Louis), Le château des Cours à Fajac-en -Val, état actuel, chronologie.  [8]
- RICALENS (Henry), Les pactes de mariage à Castelnaudary de 1560 à 1610.  [9]
- FERLUC (Guy de), La vie Municipale à Issel (fin du XVIe, première moitié du XVIIe siècle).  [10]
- FLOUTIÉ (Marcel), L’Evolution de l’habitat à Albières à partir du XVIIe siècle.  [11] des Jésuites de Carcassonne :construction et réparations des XVIIIe et XIXe siècles.  [12]
- BASCOU (Pierre), Quand les gens des Corbières descendaient vers la plaine, à travers l’exemple de la population de Bouisse aux XVIIIe et XIXe siècles.  [13]
- MARQUIÉ (Claude), Le patronat textile carcassonnais aux XIXe et XXe siècles, de la filature au tri des chiffons (1812 - 1990)  [14]

A propos de botanique : compte-rendu d’activité du groupe botanique

Notes d’archéologie : Le prieuré de Saint-Foulc à Cabazan.

Notes d’histoire : Aux origines de la brasserie Fritz Lauer, Jean-Alexis Verguet (1782-1868). Distillation de plantes aromatiques de la garrigue de Conques

Notes

[1] Si des indices de fréquentation humaine existent pour les périodes du Paléolithique et du Mésolithique, c’est à partir du milieu du 5e millénaire av. J.-C. que l’on constate le premier peuplement organisé dans la région carcassonnaise. Habitat groupé et dispersé coexistent dès cette époque qui correspond à la première mise en valeur agricole d’un fertile terroir alluvial et loessique. Le premier site fortifié, celui d’Auriac se développe au 4e millénaire et révèle une économie d’échanges déjà fortement développée qui se maintiendra sur les grands sites chasséens de Cavanac. La fin des temps néolithiques est marquée par la réalisation d’enceintes monumentales et l’apparition du mégalithisme qui témoignent de l’importance des activités cultuelles et cérémonielles dans des sociétés en cours de hiérarchisation. La civilisation des gobelets campaniformes qui a établi les premiers réseaux de communication et d’échanges à l’échelle européenne est attestée sur plusieurs sites qui contrôlent l’Isthme Aquitain. Le Carcassès acquiert dès lors un rôle stratégique sur cet axe de transit entre la Méditerranée et l’Atlantique. Il donnera lieu vers la fin de l’âge du Bronze à la création d’une des plus grandes agglomérations connues dans le midi de la France, celle de Carsac, l’ancêtre de la cité.

[2] L’existence d’agglomérations protohistoriques sur le territoire de la ville de Carcassonne, est longtemps restée du domaine de l’hypothèse, faute de données matérielles. Depuis un quart de siècle, des informations, bien que de portée inégale, se sont progressivement accumulées, permettant une première approche. Un bilan des acquis concernant le site de Carsac, habité entre le IXe et le VIIe siècle, puis celui situé à l’emplacement de la Cité, entre le VIe siècle et le dernier siècle avant notre ère, permet de mieux appréhender les caractéristiques de ces occupations, notamment sur le plan des appartenances culturelles et de la chronologie, même si nous échappent de nombreux aspects, notamment ceux concernant leur extension et l’évolution de leur organisation interne.

[3] On a recherché par des méthodes de carto-interprétation à retrouver l’organisation de l’espace antique dans la Cité de Carcassonne. Le bâti actuel reflète la présence de plusieurs structures organisées. Certaines sont antérieures à la fondation de la cité de droit latin, d’autres suivent de peu cette promotion de l’oppidum indigène, et correspondent à des réseaux organisant aussi le territoire de la cité. Deux nouveaux réseaux sont mis en évidence. Les données de la carto-interprétation sont rapprochées des observations archéologiques sur le terrain : on est bien loin du vide imaginé par J. Poux entre l’occupation indigène et la fortification tardive. L’analyse conduit à rechercher les rapports de ces structures avec l’enceinte du Bas-Empire et permet de proposer le modèle sur lequel elle a été édifiée.

[4] La ville de Carcassonne, avant 1240, était entièrement installée sur la rive droite de l’Aude. Au XIIe siècle et au début du XIIIe siècle, des “ bourgs ” entouraient la Cité. Il n’y a jamais eu de véritable synthèse sur ce thème, même si quelques auteurs ont tenté d’évoquer la physionomie médiévale de la ville. Nous proposons ici une relecture de trois sources principales : le récit du siège de 1209 par Pierre des Vaux-de-Cernay, le rapport adressé à la reine Blanche par Guillaume des Ormes, sénéchal de Carcassonne, sur les opérations du siège mis devant cette ville par Raymond Trencavel, en 1240, et surtout les Lettres des commissaires du roi Louis IX au sénéchal de Carcassonne, de 1262, qui tentent de déterminer le périmètre des bourgs détruits en 1240. Nous compléterons les éléments fournis par ces textes au moyen d’une première approche des sources antérieures, de plans anciens ainsi que d’une étude de terrain.

[5] Avec ses 6 400 ha, l’actuelle commune de Carcassonne regroupe les anciens territoires paroissiaux de la Cité, de la Ville Basse mais aussi de six habitats groupés qui ont perduré jusqu’à nos jours sous des formes diverses : Montlegun, Montredon, Gougens, Grèzes, Maquens et Villalbe. L’utilisation des plans parcellaires du XVIIIe siècle permet de dresser un premier inventaire et un premier classement des établissements médiévaux, à l’exclusion de la Cité, de ses anciens faubourgs et de la Ville Basse. Le dénombrement a porté sur une chapelle, quatorze églises et cimetières, quatre villages ouverts, trois villages castraux, onze habitats intercalaires (dont huit bastides ou maisons-fortes seigneuriales) et cinq moulins à eau. Nombre de ces établissements sont aujourd’hui des sites archéologiques puisque disparus, par simple abandon ou par destruction volontaire. En matière d’histoire du peuplement, les habitats groupés et les églises recensés posent le problème de la mise en place du réseau paroissial et du rôle attractif exercé sur le long terme, d’une part par la Cité, d’autre part par la Ville Basse, en direction de la proche campagne. Quant à la Ville Basse, création du XIIIe siècle, elle pose de façon spécifique le problème du territoire qui lui a été associé au détriment du ou des territoire(s) préexistant(s).

[6] De 1988 à 1999 inclus, des relevés botaniques détaillés ont été effectués dans la région de Lagrasse (Aude), au sein de la série du chêne vert. Certains relèvent de la phytogéographie, mais la plupart portent sur la phénologie de la reproduction et spécialement de la floraison, seule considérée ici. Un calendrier floral semi-quantitatif a été établi pour les diverses espèces de végétaux vasculaires rencontrés (environ 1100). Il est basé sur des intervalles de dix jours (décades). Il permet de détailler le cycle floral de chaque espèce par la distinction de plusieurs paramètres et l’examen de la courbe d’intensité florale correspondante. Les courbes obtenues se montrent très variées, et une amorce de typologie en est présentée. Ce calendrier permet aussi d’analyser et de visualiser les variations de l’activité florale globale au cours de l’année.

[7] Près de cinquante ans après la chute de Montségur, le catharisme resurgit dans l’Aude et notamment à Arques du Razès où s’installent en 1300 quelques sympathisants ariégeois originaires du Sabarthès. Au même moment, les fameux bons hommes, les frères Authié, Prades Tavernier, Philippe d’Alayrac et Amiel de Perles sillonnent cette région de Limoux. Pendant cinq ans, ils trouvent un accueil enthousiaste chez ces Arquois de fraîche date. Cependant, la peur va s’installer sitôt l’arrestation de Prades Tavernier et de Jacques Authié. La demande de réconciliation au pape marque la dernière action commune de ces derniers adeptes de la « petite Eglise ».

[8] La ruine du château des Cours, à Fajac-en-Val - 11 220 - au-delà d’une localisation malcommode, réserve au visiteur quelques surprises. Quant à sa chronologie, elle ne semble pas encore faire l’unanimité des historiens qui l’ont datée de toutes les époques allant du XIIe au XVIe siècle.

[9] Les « pactes de mariage » retenus, entre 1560 et 1610, par des notaires de Castelnaudary instruisent sur un aspect de la vie sociale en Lauragais dans un second XVIe siècle prolongé jusqu’à la mort d’Henri IV. Les engagements des familles aident à mesurer le poids des divers groupes sociaux au sein de la ville et de sa proche région et à apprécier leur niveau de fortune. L’accoutrement de l’épousée introduit dans la connaissance des vêtements féminins et dans les couleurs qui avaient alors la faveur de la population. On constate l’importance donnée à la literie et, dans nombre de ces actes, la valeur attribuée au plus modeste objet. Quand mention en est faite, le blé, le vin, les viandes et les épices évoquent les menus des festins des noces.

[10] Dans ce texte, nous avons voulu donner quelques aspects de ce qui faisait la vie courante d’une communauté, l’élection des consuls, les différentes charges remplies par les habitants et aussi les procès, car Issel eut de nombreux procès.

[11] Après les troubles du XVIe siècle, la paix revenue et la population augmentant, les habitants d’Albières abandonnèrent le castrum et construisirent un nouveau village. Par ailleurs les achats de terres au seigneur par bail emphitéotique les amenèrent à construire des bordes pour loger le bétail puis progressivement à transformer ces bordes en métairies et à regrouper autour de ce nouvel habitat les activités agricoles.
- BONNET (Jean-Louis), Le collège

[12] Malgré le profond désir de la communauté d’ouvrir un collège confié aux jésuites, les consuls de Carcassonne butent devant la résistance de quelques personnages officiels, devant les difficultés du financement. Autorisé en 1609 par Henri IV, les religieux commencent la construction de l’établissement quelque vingt ans après et édifient l’église entre 1640 et 1665. En présence des États de Languedoc, la cérémonie d’ouverture déploie son faste au milieu de la liesse populaire. Sur la moitié du carron, plusieurs nouveaux corps de bâtiments se développent au profit des écoliers et au bénéfice des congrégations. L’embellissement de la chapelle, réalisé progressivement, vient accroître la valeur d’un monument resté presque en l’état, malgré quelques dégradations et l’extravagance d’un projet d’aménagement à l’époque de la Révolution. Grâce à une restauration scrupuleuse, notre époque revalorise enfin ce témoignage du patrimoine architectural du XVIIe siècle, unique dans la bastide carcassonnaise.

[13] Les hautes Corbières, aujourd’hui fort dépeuplées, ont au cours des siècles passés nourri un courant migratoire continu vers la plaine de l’Aude ou le littoral narbonnais. A travers l’étude des comportements de la population, au XVIIIe et XIXe siècles, d’une commune du canton de Mouthoumet, celle de Bouisse, nous avons cherché à connaître les raisons responsables de l’accroissement démographique capable d’alimenter un courant migratoire, pour ensuite définir son ampleur, ses directions et enfin ses conséquences.

[14] L’industrie textile carcassonnaise, si importante depuis Louis XIV, disparaît dans la seconde moitié du XIXe siècle et laisse la place à une activité nouvelle au rayonnement national et même international : le tri des chiffons. Mais, curieusement, les nouvelles entreprises, qui vont marquer la vie locale pendant plus d’un siècle, ne sont pas dirigées par les anciennes familles drapières ni même par leurs compatriotes. L’explication de ce double phénomène est facilitée par la lecture d’archives familiales qui permettent de comprendre “de l’intérieur” en quelque sorte le capitalisme local de cette époque.

  
SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0