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Bulletin de 1998 - Tome XCVIII

PALEONTOLOGIE
- BUFFETEAUX (Eric), Ptérosaures et oiseaux du crétacé supérieur.  [1]  [2]

ARCHEOLOGIE
- TAFFANEL (Odette), Le Cayla de Mailhac, perles et pendeloques.  [3]

GEOGRAPHIE
- CHABAUD (Jacques), Le schéma d’aménagement hydroagricole du Lauragais audois.  [4]

HISTOIRE
- BÉA (Adeline), La collégiale Saint-Vincent de Montréal et son porche sud.  [5]
- LELU DE BRACH (Sibyle), Le cloître de Saint-Papoul.  [6]
- RICALENS (Henry), Castelnaudary sous le règne de Charles IX.  [7]
- RANCOULE (Guy), L’agriculture aux XVIe et XVIIe siècles autour de Ginestas (Aude), terre, productions, matériel et cheptel.  [8]
- BONNET (Jean Louis), Des carrières aux marbriers de Caunes-Minervois (XVIIe siècle).  [9]
- BOUSQUET (Bénédicte), Le chapitre cathédral de Carcassonne au XVIIIee siècle.  [10]
- TASSY (Henri), Histoire du four banal et de la boulangerie de Villemoustaussou.  [11]
- MARQUIÉ (Claude) et RIVES-MONOD Claudine, les protestants dans l’Aude au XIXe siècle.  [12]
- RAFFANEL (Jean Raffanel), Le mouvement républicain dans les campagnes audoises sous la IIe République, (février 1848 - décembre 1851).  [13]
- CAU (Michel), La société d’agriculture de Carcassonne (1820-1859).  [14]
- TEULIERES (Laure), Une présence méconnue : les immigrés italiens dans l’Aude durant l’entre - deux guerres.  [15]

A propos de botanique : Compte-rendu d’activité du groupe botanique pour l’année 1998.

Notes de paléontologie - Les ichthyosaures des Corbières ; découverte de pistes d’oiseaux dans le cuisien des Corbières ; la tortue fossile de Saint-Jean de Barrou(Aude) : une concrétion et non un fossile.

Notes d’archéologie- Donazac, Pech Salamou ; Pomas, La Peyrouse ; Roufiac d’Aude, Saint Estève de Gaure ; Rouffiac d’Aude, camp dal Ker. Notes d’histoire -Le moulin d’Autan à Carcassonne (1733-1877) ; hypothèses sur les différentes périodes de construction de Notre dame d’Alet.

Notes

[1] Les ptérosaures et les oiseaux étaient des éléments importants des écosystèmes du Crétacé supérieur. Néanmoins, jusqu’à une date récente ils demeurèrent inconnus dans le Crétacé supérieur du Sud de la France. Des fouilles réalisées par le Musée des Dinosaures d’Espéraza sur deux sites du département de l’Aude ont livré des restes de ptérosaures et d’oiseaux. Les ptérosaures ne sont représentés que par des restes très fragmentaires indiquant des animaux d’assez grande taille, trouvés à Bellevue (Campagne-sur-Aude) et au Bexen (Fontjoncouse). Les oiseaux sont représentés par un bassin provenant de Bellevue qui est le type de Gargantuavis philoinos, oiseau terrestre géant aux affinités incertaines qui vivait parmi des dinosaures et a probablement pondu certains des nombreux oeufs trouvés dans le Crétacé supérieur du Sud de la France.

[2] Pterosaurs and birds were important components of Late Cretaceous ecosystems. However, until recently, they were unknown in the Upper Cretaceous of southern France. Excavations carried out by the Espéraza Dinosaur Museum at two sites in Department Aude have yielded remains of pterosaurs and birds. Pterosaurs are represented only by very fragmentary material indicating fairly large animals from Bellevue (Campagne-sur-Aude) and Le Bexen (Fontjoncouse). Birds are represented by a pelvis from Bellevue which is the type of Gargantuavis philoinos, a giant terrestrial bird of uncertain affinities which lived together with dinosaurs and may have laid some of the numerous eggs found in the Upper Cretaceous of southern France.

[3] Ce nouveau volet consacré à l’inventaire systématique du mobilier provenant de l’oppidum du Cayla de Mailhac, outre trois ensembles trouvés in situ, regroupe les éléments susceptibles d’être suspendus, éventuellement utilisés dans la constitution de colliers ou d’ensembles pectoraux : anneaux, perles et rondelles en bronze, pendeloques, perles en verre, ambre, pierre, corail, grains de terre cuite et torques...

[4] L’aménagement hydroagricole de l’Ouest audois réalisé à partir de la décennie 1970, a pour objectif de doter cette région d’un outil capable d’assurer une diversification et une régulation des productions agricoles. La conception du dispositif technique et du mode l’organisation répond à une volonté politique clairement affichée par le conseil général : permettre à tout agriculteur d’avoir accès à l’eau dans des conditions identiques. La réalisation d’un tel programme, sur un périmètre de 40 000 hectares dépourvu d’eau en quantité suffisante, nécessite une maîtrise de la ressource en eau et la mise en place progressive d’un réseau de distribution. Les structures de gestion adaptées ont été créées. Celles-ci sont regroupées dans un comité technique de concertation qui garantit l’équité entre les divers usagers de l’eau. Vingt ans après le début de cette entreprise, le bilan est largement positif :
- en termes économiques au niveau des exploitations agricoles ou des organismes de collecte,
- en termes d’emploi,
- en termes d’aménagement du territoire, en particulier au niveau de l’environnement. En outre, le système mis en place s’est avéré capable de gérer des situations de pénurie en 1988,1989, 1990, 1997 et 1998, alors que beaucoup d’autres régions étaient déficientes

[5] L’église Saint-Vincent de Montréal fut reconstruite au début du XIVe siècle à la suite de la donation du roi Philippe III en 1273. Etablie sur le plan habituel de l’église à nef unique charpentée et à choeur polygonal, plus étroit et plus bas, elle n’en demeure pas moins le fruit d’une nouvelle conception architecturale. Le pape Jean XXII dota généreusement la nouvelle collégiale et le chapitre fit élever un porche digne de sa nouvelle fonction, ouvrage unique dans le diocèse de Carcassonne.

[6] Cette étude réalisée dans le cadre d’une maîtrise d’histoire de l’art soutenue à l’université de Toulouse le-Mirail, va nous permettre d’approfondir la connaissance du cloître de Saint-Papoul avec ses particularités de mettre en évidence les caractéristiques de la sculpture gothique des XIIIe et XIVe siècles dans notre région, notamment les différents courants qui l’ont influencée.

[7] Contribution à l’histoire politique, économique et sociale d’une ville présidiale du Languedoc, menée principalement à partir des délibérations des assemblées consulaires et des minutiers de notaires.

[8] Dans le cadre d’une recherche concernant quelques villages de la partie occidentale du Narbonnais, sous l’Ancien Régime, à partir de documents des XVIev et XVIIe siècle il a été recueilli de nombreuses informations. Leur intérêt et leur diversité a incité à regrouper, analyser et commenter des éléments de tous ordres concernant l’agriculture dans deux communautés, Ginestas et Mirepeisset.

[9] Après une exploitation locale, limitée à l’Antiquité et au Moyen Age, le marbre incarnat est redécouvert par un sculpteur génois invité par l’abbé de Caunes vers 1615. Les marbriers italiens pratiquent un commerce privilégié avec leur pays par le port de Narbonne. Des circonstances favorables permettent de développer l’utilisation des marbres dans la région et le royaume. Les négociants et les sculpteurs français vont gérer les difficultés de tirage, de transport jusqu’au creusement du Canal du Midi pour fournir en abondance les blocs nécessaires à l’embellissement des monuments royaux. Au cours des siècles, le marbre incarnat décore avec élégance Versailles, Fontainebleau, Marly, le Louvre, les Invalides, le Carrousel, l’Opéra... Le bourg de Caunes sait profiter, dès la fin du XVIIe siècle, de cette nouvelle industrie grâce à une main-d’oeuvre qualifiée venue de tout le pays. Les plus remarquables marbriers s’installent dans le bourg, à la fois sculpteurs et négociants au service du roi, des chapitres et des particuliers.

[10] Ce travail réalisé dans le cadre d’une maîtrise sous la direction de M Gilbert Larguier professeur d’histoire moderne à l’université de Perpignan va nous entraîner à la découverte des chanoines de la cathédrale de Carcassonne au XVIIIe siècle. C’est un véritable pèlerinage dans une institution religieuse presque millénaire, dans un monde particulier, mais avant tout très intéressant et très attachant.

[11] Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle Villemoustaussou n’a pas de boulanger. En dehors des services limités et épisodiques qu’offrent parfois des compagnons de passage, les femmes du village doivent faire leur pain elles-mêmes, et obligatoirement le porter à cuire au four banal. Contrairement aux idées reçues, le pain de ménage n’est pas aisé à fabriquer et ne revient pas bon marché. Il faut attendre 1773 pour que le « capitaliste » local, après s’être emparé de la ferme du four, le transforme en boulangerie banale. Après son décès, son employé devenu l’associé de son fils, poursuit l’entreprise et grâce à la législation et à la municipalité : conserve sur place le monopole du pain. Mais la loi change. Avec l’autorisation de la préfecture, un autre boulanger s’installe dans le village en 1812. Le four ci-devant banal construit au XVIe siècle n’est plus adapté et tombe en ruine. En 1820, il est abandonné et ne tarde pas à disparaître.

[12] Après la révocation de l’édit de Nantes (1685),il n’est plus guère question des protestants dans l’Aude, et il faut attendre 1842 pour qu’une communauté entreprenne de s’implanter, dans des conditions précaires. Cette histoire mal connue s’éclaire aujourd’hui en quelque sorte de l’intérieur grâce à l’ouverture des riches archives de la paroisse de Carcassonne et de celles des familles Monod et Rives . Ces documents montrent l’importance de certaines personnalités, mais aussi le rôle des facteurs économiques : le phylloxéra qui à partir de 1867 frappe l’Est du Languedoc entraine le déplacement de nombreux ménages du Gard et de l’Hérault vers notre département qui n’est pas encore concerné. Parmi ces migrants, se trouvent des calvinistes dont l’apport renforce les communautés locales et permet la création en 1878 de deux postes de pasteurs, à Narbonne et à Carcassonne. Dans cette dernière ville, le premier titulaire, Adolphe Monod, déploie une intense activité afin de construire le temple de la rue Antoine Marty, inauguré en 1890 et qui depuis cette date symbolise l’implantation de ses coreligionnaires dans le chef-lieu du département.

[13] Dans les campagnes audoises, le mouvement républicain eut du mal à populariser ses idées, surtout à partir de 1849, face aux autorités administratives et religieuses qui pesaient de tout leur poids sur les populations rurales. Dans la plus grande partie du département, les démocrates-socialistes se regroupèrent au sein de clubs qui agirent dans la légalité tandis que dans le Narbonnais, et plus précisément dans les villages des Corbières méridionales, les républicains préfèrent militer dans les sociétés secrètes à affiliation. Au lendemain du coup d’Etat perpétré par le rince-président les uns et les autres attendirent les consignes qui ne vinrent pas. Seuls les habitants de Chalabre tentèrent de résister. Néanmoins la répression fut sévère ; près de 250 condamnations furent prononcées par la commission mixte, instituée en tribunal d’exception.

[14] Créée en 1820 dans le cadre des actions gouvernementales post-révolutionnaires pour développer les activités économiques du pays ruiné par les guerres napoléoniennes, la Société d’Agriculture fonctionnera sans discontinuer jusqu’en 1959. Cercle aristocratique étroitement contrôlé par la tutelle préfectorale dans les premiers temps, elle se démocratise lentement pour acquérir une quasi-autonomie au début du XXe siècle. Dès l’origine son objectif est l’accroissement de la production agricole par l’adoption de bonnes méthodes de culture. Les moyens utilisés pour réaliser sa mission sont divers, le principal consistant dans l’attribution d’encouragements sous forme de primes lors de concours. On ne peut évoquer toutes ces années, où l’agriculture audoise est passée d’un modèle archaïque aux méthodes surannées à une agriculture moderne, sans y mêler intimement la Société d’Agriculture qui a pris une part prépondérante dans cette évolution.

[15] Durant l’entre-deux-guerres, le Sud-Ouest est marqué par une vague migratoire d’un nouveau genre : celle des familles italiennes du nord de la Péninsule, venues s’employer dans l’agriculture de campagnes dépeuplées. Le département de l’Aude est atteint par ce flux, surtout en Lauragais. Originale par son mode d’implanta tion et ses caractéristiques sociologiques, cette communauté se trouve en outre marquée par le clivage politique entre fascisme et antifascisme. Dans la mesure où ces immigrés vont durablement s’implanter et faire souche, leur histoire apparaît aujourd’hui comme une composante essentielle de celle de la société locale.

  
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