Albas, Mine de Montredon

Une mine de fer a été localisée au sommet de la colline
de Montredon (Albas, Corbières centrales) au printemps
2010 lors de la prospection thématique « Exploitation
minière et production des métaux dans l’arrière-pays
narbonnais durant l’Antiquité ».

Les sources écrites y
signalaient l’existence de travaux à ciel ouvert anciens
repris au XIXe siècle. Le travail de terrain a permis
d’identifier certains de ces ouvrages anciens et de
repérer sur une halde récente, en bordure d’une minière,
quelques scories de réduction du minerai de fer.

Ces
indices laissaient supposer l’existence d’un atelier
sidérurgique implanté à proximité du gisement de fer
de Montredon, et recoupé lors de la réexploitation de
celui-ci au XIXe s.

Deux sondages ont donc été ouverts
en septembre 2010 au plus près de la minière dans
le but d’identifier clairement et dater cet atelier, ainsi
que, par voie de conséquence, l’activité minière qui lui
était associée.

Le sondage 1 a été établi au pied de la halde moderne,
en contrebas d’une plate-forme contigüe à cette
dernière et à la minière en question. La découverte
d’une couche de 0,30 m d’épaisseur constituée de
déchets de réduction (essentiellement des scories
écoulées), auxquels étaient mêlés des déblais miniers,
confirme l’existence à proximité immédiate d’un atelier
sidérurgique. Cette couche n’a cependant fourni aucun
élément de mobilier céramique, ni même de fragment
de charbon de bois susceptible de faire l’objet d’une
datation 14C, ce qui peut paraître très surprenant étant
donné le contexte archéologique.

Le sondage 2, ouvert sur la plate-forme à une dizaine
de mètres à l’ouest du sondage 1, a été entièrement
creusé dans des déblais miniers. La découverte, au
fond du sondage, d’une couche de blocs calcaires
pluridécimétriques, visible par ailleurs sur la paroi
nord de la minière voisine, prouve que cette dernière
était initialement plus vaste et a été remblayée à une
époque inconnue, peut-être au XIXe s.

Bien que le site métallurgique ne soit pas daté, sa
localisation à proximité du gîte minier de Montredon,
au sommet d’une colline, pourrait constituer un indice
d’ancienneté, et inciter à voir là un atelier antérieur à
l’époque moderne, à l’image de la situation prévalant
dans certains districts sidérurgiques anciens des
Pyrénées (massif de Larla, 64 ; Baronnies, 65).
Cependant, en l’absence d’éléments de datation,
il est bien évidemment impossible de vérifi er cette
hypothèse.

Julien MANTENANT
UTM – TRACES UMR 5608