Les Brachiopodes jurassiques

LES BRACHIOPODES JURASSIQUES (TEREBRATULIDINA)
PRINCIPAUX GENRES ET LEUR EVOLUTION
LES ESPÈCES, EXTENSIONS VERTICALES ET RÉPARTITIONS GÉOGRAPHIQUES

par

Yves ALMÉRAS, Michel COUGNON et Philippe FAURÉ

Trois raisons justifient la publication de ce mémoire sur les
Terebratulidina (Brachiopodes) du Jurassique inférieur et moyen
collectés sur les Plates-formes nord-ouest européennes et sur les
Marges nord et sud de la Téthys.

1)
Nos recherches depuis 1964 nous amènent aujourd’hui à synthétiser plus de 170 publications er mémoires
réalisés à partir d’un très abondant matériel collecté par nous-mêmes ou lors de missions communes
avec nos collaborateurs francais, portugais, marocains, algériens et tunisiens ou encore par ces derniers
lors de leurs propres recherches. Ces collectes proviennent de toutes les régions de France où affleure le
Jurassique, de Sardaigne, du Portugal (Sous-bassin nord-lusitanien, Rampe carbonatée de Tomar, Cap
Mondego), d’Espagne (Pyrénées, Haute-Catalogne, Haut-Aragon, Cordillères bétiques), du Maroc (Maroc
nord-oriental, Beni Snassen, Moyen-Atlas, Causse moyen-atlasique, Hauts-Plateaux, Haut-Atlas central
et oriental, Bassins d’Essaouira et d’Agadir),
d’Algérie (Ouarsenis, Monts des Traras, de
Rhar Roubane, du Nador de Tiaret et de Saïda,
Monts des Ksour occidentaux), de Tunisie (Jbel
Zaghouan, Axe Nord-Sud, Tataouine dans le
Sud-tunisien), d’Arabie Saoudite centrale,
de Syrie, du Népal central (Thakkhola) et de
l’Inde (région du Zanskar au Ladakh).

2)
La deuxième raison concerne l’acception
des genres de Brachiopodes adoptée par
les différents auteurs. Le traité américain
« Treatise on Invertebrate Paleontology »
sur les Brachiopodes de R.C. Moore (1965)
a été révisé et une nouvelle classification est
proposée dans une deuxième version éditée par
R.L. Kaesler (2002, 2006). Comme celle de
R.C. Moore, cette nouvelle version décrit très
brièvement les différents genres sur la seule
base de leur espèce-type (seule espèce figurée).
Tout en conservant cette classification, le présent mémoire donne une description plus
complète des genres rencontrés au cours de
nos études, en se basant sur leur espèce-type,
mais aussi sur les diverses espèces rapportées
à chaque genre, en précisant leurs extensions
verticales et leurs répartitions géographiques.
Cette démarche permet de reconstituer
l’évolution de chaque genre ainsi conçu
plus largement. La notion de genre implique
alors un itinéraire évolutif et non une simple
acception typologique. 99 genres sont ainsi
traités avec l’analyse de leurs 334 espèces.
Les synonymies (précédant la description
des genres et des espèces) sont réduites au
maximum. Néanmoins, elles comprennent
les références bibliographiques essentielles
permettant de retrouver la quasi-totalité des
synonymies admises par les auteurs. En
même temps que les caractères internes (non
décrits, ni figurés, les attributions génériques
des espèces étudiées étant maintenant
bien établies), le lecteur pourra ainsi avoir
connaissance des descriptions et figurations
exhaustives des diverses espèces avec leur
variabilité, chaque espèce correspondant à un
ensemble de populations présentant chacune
des variabilités plus ou moins importantes en
fonction des paléoenvironnements.
3)
La troisième raison réside dans l’origine
du matériel étudié et des spécimens figurés.
Les 19 planches correspondent à la figuration
de spécimens non encore utilisés dans nos
précédentes publications, à des topotypes provenant des localités-types des espèces ou encore à des moulages
de types et figurés communiqués pars diverses universités et musées. Le matériel étudié ainsi que les coquilles
figurées sont inventoriés et conservés au Centre Commun des Collections de Géologie de l’Université Claude-
Bernard de Lyon. Ces inventaires (que l’on peut retrouver dans ce mémoire, paragraphes « Matériel étudié »
suivant la description des espèces et des genres) permettront aux chercheurs ultérieurs de retrouver ce matériel.
Outre d’abondantes collections de Brachiopodes concernant nos 170 publications (1964-2013), il s’agit de 6530
spécimens non encore utilisés et inventoriés FSL 708956 à 709459 et de 207 coquilles figurés sur les planches
1-19 (FSL 709460 à 709666).