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Compte rendu de la séance du 17 novembre 2007

- Marie-Rose Viala : Plaintes de grossesse devant les consuls et le présidial de Castelnaudary de 1671 à 1789.

La déclaration de grossesse, douloureux aveu exigé des filles célibataires et des femmes sans mari est l’un des exemples de la législation impitoyable de l’Ancien Régime. L’examen de plus de 200 cas recensés dans toutes les classes de la société, rend compte des rigueurs d’un monde dur surtout aux pauvres, aux laissés pour compte, aux étrangers à la ville. Cependant, on entrevoit parfois compréhension et indulgence et, au delà des institutions et de la société du temps, des comportements privés et des sentiments qui sont, eux, de tous les temps.

- Rachel Hüwel : La mythologie de Max Ernst à partir des œuvres provenant de la collection de Joë Bousquet.

La présente étude est un aperçu d’une exploration inédite de l’œuvre du peintre allemand Max Ernst (1891-1976), la figure de proue du surréalisme, à partir des échantillons de la collection de Joë Bousquet. L’objectif de l’investigation a été de mettre en lumière l’articulation du discours mythologique de l’artiste qui déclara durant son exil aux Etats-Unis en 1942 avoir voulu « trouver le mythe de son temps ». La démarche a consisté à approfondir l’iconographie de l’artiste en prenant en compte des composantes biographiques à ce jour passées sous silence, à savoir l’expérience du peintre durant plus de 4 ans sur le front de la Grande guerre et l’amitié extraordinaire entretenue avec Joë Bousquet, l’homme dont il avait failli ramasser le corps le soir de sa fatale blessure au Chemin des Dames, le 27 mai 1918. Les chefs-d’œuvre qui tapissèrent la chambre du poète foudroyé de Carcassonne permettent de retracer la trame du scénario obsessionnel déroulé par le peintre. Derrière les figures mythologiques qui habitent l’univers de Max Ernst, telle que celle d’Œdipe ou encore « Ève, la seule qui nous reste », se dissimule une narration singulière nous ouvrant un monde éclairé d’ « une lumière infernale » que Joë Bousquet avait pertinemment reconnue. L’analyse s’appuie dans une large mesure sur la correspondance autographe de Joë Bousquet à l’ami Max Ernst retrouvée grâce à l’amabilité de la veuve du peintre, l’artiste américaine Dorothea Tanning (1910-), qui, selon son témoignage recueilli en 1998, se rendit en compagnie de Max Ernst au chevet du blessé de guerre peu de temps avant sa mort.

  
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