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19 décembre 2009.

* Jean-Michel Michez : Les plantes mellifères de l’Aude. A partir des relevés effectués par le groupe des botanistes de la SESA, la localisation de plus de soixante-dix plantes mellifères permet de mettre en évidence des zones plus ou moins favorables à l’élevage des abeilles.

* Claude-Marie Robion : Les ermites en pays d’Aude sous l’Ancien Régime (XVIe-XVIIIe siècles).

Peu nombreux, silencieux et dispersés, les ermites sont les grands oubliés de l’histoire religieuse des pays d’Aude du Moyen Age au XIXème siècle. Leur histoire est pourtant intéressante à plus d’un titre. A ce jour, une trentaine d’ermitages peuvent être localisés avec des situations géographiques diverses, des sources documentaires très inégales et des chronologies parfois incertaines. Aucun travail n’a été réalisé jusqu’ici sur leur implantation pendant la période médiévale. La fin du XVIème siècle, après la période des troubles religieux, marque néanmoins une véritable renaissance de l’érémitisme qui connait une sorte d’âge d’or pendant les décennies suivantes. Les ermitages, détruits ou désertés durant les Guerres de Religion, sont restaurés et repeuplés. On en construit même de nouveaux. Tous sont situés près d’une chapelle, laquelle est plus ou moins proche d’une ville ou d’un village. Au XVIIème siècle, l’ermite, gardien du lieu de culte, se rapproche de la société des hommes et joue un certain rôle social. Il participe donc à la vie paroissiale et quête régulièrement sur un territoire donné pour assurer sa subsistance et l’entretien de son sanctuaire. A ce titre, il entretient donc des rapports étroits avec les communautés d’habitants et les consuls qui les représentent. Mais les relations avec les édiles, marguilliers et curés sont parfois conflictuelles, tout comme celles entretenues avec une autorité épiscopale de plus en plus tatillonne dans son désir de surveiller et de réglementer l’activité érémitique. Rattachés spirituellement à certaines familles religieuses plutôt qu’organisés en congrégations, les ermites audois mènent parfois des vies d’errance d’ermitage en ermitage. Certains laissent autour d’eux après leur mort une certaine réputation de sainteté, d’autres sont davantage considérés comme de braves gens, tandis que d’autres encore ne correspondent plus au nouvel idéal religieux de la Réforme catholique et subissent les foudres du clergé. A travers la toponymie, la culture orale et les traditions populaires, ils ont en tout cas laissé des traces dans la mémoire collective, tandis que leurs chapelles sont toujours présentes dans les paysages de nos campagnes.

  
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