LE ROSSIGNOL, 1960

Carte, figure 1, n° 9.

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Plan de cet article

  • Caractères du mobilier céramique.
  • Inventaire.
  • Os
  • Métal
  • Silex
  • Schiste
  • Faune
  • Torchis
  • Datation
  • Conclusions

Carte, figure 1, n° 9.

La parcelle N° 760, section B3 du cadastre de Mailhac (figure 51), fut défoncée à la fin de l’été 1960. Elle est située non loin de l’endroit où le ruisseau des Roumanisses se jette dans le ruisseau de Cas. Du côté nord, un vieux chemin dit le « chemin de Castres » longe ce champ. C’est au bord de ce chemin que la charrue souleva de la terre noire, cendreuse dont la couleur foncée tranchait nettement sur la teinte claire du terrain environnant et qui renfermait de nombreux tessons de poterie grossière. Mesurée en surface, la trainée cendreuse s’allongeait sur 29 mètres. La largeur était de 10 mètres à une extrémité, sur 15 mètres environ, puis se rétrécissait de moitié, ce qui donnait l’impression d’une grande case de 10 m X 15 m prolongée par une dépendance de 14 m X 5 m environ (figure 51).

Le temps nous ayant manqué pour explorer tout ce foyer, nous avons seulement fait un sondage au point le plus large. Notre sondage, de 4 m X 6 m, a donné de nombreux tessons et quelques silex, disséminés dans une couche de terre cendreuse continue mais d’épaisseur inégale, suivant le profil du terrain sous-jacent (figure 51).
Gênés par la nécessité de rendre le terrain à la culture à bref délai, nous n’avons pu préciser les contours de la couche de cendres, ni vérifier s’il y avait encore sur le pourtour l’emplacement de poteaux en bois.
De nombreuses pierres, parfois assez grosses, étaient éparses au milieu des cendres. Quelques-unes étaient rougies au contact du feu, mais nous n’avons pu y reconnaître aucun dispositif formant « foyer de cuisine ».
Nous avons remarqué quatre dépressions plus ou moins circulaires mais à fond irrégulier, profondes de 0,40 m en moyenne, emplies de cendres renfermant des tessons de poterie et de grosses pierres. La plus grande de ces fosses mesurait en moyenne 1,80 m de diamètre, les autres de 0,50 m à 0,60 m. On aurait pu considérer ces dernières comme des trous de poteaux si les pierres avaient laissé au centre un espace libre, ou comme l’emplacement de grandes jarres si nous y avions trouvé des fragments en place. Mais le remplissage était identique dans ces fosses et dans le reste de la fouille. Par conséquent, elles étaient vides avant la formation de la couche de cendres. Elles auraient pu servir à caler de grands couffins en vannerie mais il n’en reste aucune trace.

  • Caractères du mobilier céramique.
    La céramique est très abondante. Nous avons inventorié 40 vases numérotés de 285 à 324, qui font l’objet d’une fiche et 263 fragments de bords simplement marqué R 60, comme les 1572 tessons irréguliers.
    La plupart des vases, non tournés, sont montés au colombin. La qualité est très inégale. Il y a quelques vases très grossièrement façonnés et quelques autres très réguliers, d’une grande finesse. Les dégraissants vont du gros sable roulé au sable très fin et même invisible.
    Les grandes jarres cylindriques sont assez rares. Les formes dominantes sont les vases à bord droit et fond arrondi souvent ornés de mamelons de préhension superposés, du même type que le n°285 (figure 52) qui est restauré. La hauteur est pratiquement égale au diamètre de l’ouverture. Ce vase était en grande partie écrasé sur place (figure 51). Ensuite, on trouve surtout des coupelles hémisphériques plus ou moins larges et profondes (N° 305 figure 53 et 298, figure 54). Les coupelles carénées sont assez rares (n° 315–318, figure 56). Quelques coupes portent un léger rétrécissement en forme de gorge à l’ouverture (n° 299, figure 54 et n° 314, figure 56). Le fragment n° 300, figure 54 appartient à un grand vase de 0,24 m de diamètre à l’ouverture (MONTECINOS 2000, figure 23).
    A l’exception du n° 320, figure 55, qui porte une ligne horizontale finement incisée avant cuisson, tous les décors sont en relief avec une nette prédominance de mamelons allongés horizontaux, souvent superposés. Quand le vase est assez complet, on voit qu’ils étaient disposés en quatre groupes diamétralement opposés, du moins sur les récipients de grande taille. On trouve aussi des groupes de deux mamelons superposés (n° 285, figure 52) de trois (n° 286-287 ) ou de quatre (n° 290). Un cordon horizontal encercle parfois le vase au-dessous du rebord (n° 288-289, figure 52, n° 301, figure 53).
    Les mamelons sont parfois verticaux (N° 288, figure 52, n° 296, figure 53). Un seul est oblique (n° 294, figure 53). Quatre seulement sont perforés (n° 303, figure 54, n° 319-320-321, figure 55). Il n’y a que deux anses dans cet ensemble, n° 302, figure 53, posée obliquement, et n° 304, figure 54, grossièrement façonnée. Trois fragments de petits vases seulement ont des fonds plats (N° 322-323-324, figure 55) et très probablement une grande jarre. Sur plusieurs tessons, l’ocre rouge semble avoir été utilisé intentionnellement peur donner une couleur rouge uniforme à l’extérieur.
  • Inventaire.
  • Céramique.
    N° 285. Poterie brunâtre et beige en surface. Cassure noire. Très fortement corrodé à l’intérieur par endroits. Dégraissant : sable grossier. Restauré. (figure 52). Do : 0,22 m, H : 0,25 m.
    N° 286. Poterie brun-rouge à l’extérieur, noire à la cassure et à l’intérieur. Dégraissant : gros sable roulé (figure 52). Do : 0,31 m, H : 0,27 m.
    N° 287. Poterie rouge à l’extérieur, noire à la cassure et à l’intérieur. Dégraissant : gros sable roulé (figure 52). Do : 0,28 m, H : 0,255 m.
    N° 288. Poterie rouge tachée de brun à l’extérieur, rouge plus pâle à l’intérieur, cassure noire. Dégraissant : sable roulé assez fin (figure 52). Do : 0,21 m, H : 0,205 m.
    N° 289. Poterie noirâtre en surface, gris foncé à la cassure Dégraissant : très gros sable roulé (figure 52) Do : 0,20 m, H : 0,24 m.
    N° 290. Poterie noirâtre. Dégraissant : sable roulé fin (figure 52).
    N° 291. Poterie rouge à l’extérieur, noirâtre à la cassure et à l’intérieur. Dégraissant : gros sable roulé avec schiste et calcaire (figure 53) .
    N° 292. Poterie noire tachée de brun, assez mince, affinée à l’extérieur. Dégraissant : sable fin avec quelques gros cailloux (figure 53). Do : 0,23 m, H : 0,165 m.
    N° 293. Poterie rougeâtre en surface, cassure noire. Dégraissant : sable assez fin (figure 53). Do : 0,17 m.
    N° 294. Poterie brunâtre en surface, noire à la cassure. Dégraissant : sable roulé assez fin avec quelques cailloux plus gros (figure 53).
    N° 295. Poterie brun-clair taché de noir en surface, cassure noire. Dégraissant : sable fin (figure 53).
    N° 296. Poterie brune tachée de noir à l’extérieur, noirâtre à l’intérieur, cassure noire. Bien lissée à l’extérieur, parois minces et régulières, dégraissant invisible (figure 53). Do : 0,15 m, H : 0,09 m.
    N° 297. Poterie noirâtre rugueuse. Cassure très noire. Dégraissant : sable fin (figure 154). Do : 0, 12 m, H : 0, 115 m.
    N° 298. Poterie brunâtre à l’extérieur, brun-rougeâtre à l’intérieur. Fragile. Cassure rouge brique. Dégraissant : sable roulé avec schiste (figure 154). Do : 0,22 m, H : 0,095 m.
    N° 299. Poterie noirâtre. Dégraissant : sable fin (figure 54) Do : 0,20m.
    N° 300. Poterie noirâtre rugueuse. Dégraissant : sable fin (figure 54). Do : 0,24 m.
    N° 301. Poterie rougeâtre à l’extérieur, noirâtre à l’intérieur Cassure rouge. Dégraissant : sable assez fin (figure 53).
    N° 302. Poterie rougeâtre à l’extérieur, noirâtre à l’intérieur cassure noire. Dégraissant : sable roulé grossier, quartz ou calcite (figure 53). Do : 0,48 m.
    N° 303. Poterie rougeâtre tachée de gris à l’extérieur, noirâtre à l’intérieur, cassure noire. Dégraissant : sable grossier (figure 54). Do : 0,40 m.
    N° 304. Poterie noire en surface, cassure rouge brique, rugueuse. Dégraissant : sable assez fin (figure 54).
    N° 305. Poterie rougeâtre en surface, cassure noire. Dégraissant : sable fin (figure 53). Do : 0,08 m, H : 0,035 m.
    N° 306. Poterie noire très fine et régulière, parois minces (figure 53). Do : 0,20 m.
    N° 307. Poterie brun-rouge en surface, cassure noire, rugueuse. Dégraissant : gros sable roulé avec schiste (figure 54). Do : 0,21 m.
    N° 308. Poterie noire virant au brun. Lissée. Dégraissant : sable assez fin (figure 54). Do : 0,22 m.
    N° 309. Poterie noirâtre à l’extérieur, brun-rougeâtre à l’intérieur, cassure noirâtre. Dégraissant : sable roulé assez fin (figure 54). Do : 0,23 m.
    N° 310. Poterie noire fine. Dégraissant sable fin (figure 54).
    N° 311. Poterie brun-rouge à l’extérieur, noirâtre à l’intérieur cassure rougeâtre. Dégraissant : sable roulé assez fin avec schiste (figure 53). Do : 0,12 m.
    N° 312. Poterie noire vacuolaire. Cassure brunâtre. Dégraissant : sable fin, un gros caillou (figure 54). Do : 0,22 m.
    N° 313. Poterie brunâtre à l’extérieur, noire à la cassure et à l’intérieur. Dégraissant : sable roulé assez gros (figure 54) .
    N° 314. Poterie noirâtre rugueuse à l’extérieur, mieux lissée à l’intérieur. Dégraissant : sable assez fin (figure 56). Do : 0,16 m.
    N° 315. Poterie brunâtre plus claire à l’intérieur, cassure noire. Dégraissant : sable fin (figure 56). Do : 0,13 m.
    N° 316. Poterie noirâtre. Dégraissant : sable roulé grossier blanchâtre (figure 56). Do : 0,20 m.
    N° 317. Poterie rougeâtre tachée de noir en surface, cassure grisâtre. Dégraissant : sable roulé assez fin (figure 56). Do : 0,10 m.
    N° 318. Poterie noirâtre, cassure noire. Dégraissant : sable roulé grossier blanchâtre (figure 56). Do : 0,20 m.
    N° 319. poterie noirâtre. Dégraissant : sable assez fin (figure 55).
    N° 320. Poterie beige bien lissée à l’extérieur, noire à la cassure et à l’intérieur. Parois minces. Dégraissant : sable fin (figure 55).
    N° 321. Poterie brunâtre. Dégraissant : sable fin. Très grossièrement façonné. (figure 55).
    N° 322. Poterie rougeâtre à l’extérieur, brunâtre à l’intérieur cassure noire. Dégraissant : sable assez fin, fond plat (figure 55). Do : 0,10 m, H : 0,06 m.
    N° 323. Poterie brunâtre et rugueuse à l’extérieur, jaunâtre à l’intérieur, cassure noire. Dégraissant : sable roulé. Fond plat (figure 55).
    N° 324. Poterie noirâtre à l’extérieur, jaunâtre à l’intérieur, cassure noire. Fines vacuoles. Dégraissant : sable assez fin avec petits grains blancs. Fond plat (figure 55) .
    Ce matériel a été utilisé pour un mémoire de D. E. A. (A. MONTECINOS 2000). A cette occasion, on a ajouté à l’inventaire 34 fragments de bords numérotés de 1 à 34. Pour éviter les doublons, nous les avons numérotés à la suite du dernier n° de ce site, avec le nouveau numéro entre parenthèses Dans les fiches d’inventaire, le n° 324 (1) correspond au n° 1 du mémoire. Non figurés ici.
  • Os.
    N° 5053. Extrémité d’un lissoir (figure 56) .
  • Métal.
    N° 5245. Fragment de couteau en bronze, à dos arqué, orné de gravures (figure 56).
  • Silex.
    N° 5049. Lame épaisse en silex oligocène brun rubané (figure 56).
    N° 5050. Fragment de lame mince en silex gris (figure 56).
    N° 5051. Eclat de silex gris-noir avec deux encoches (figure 56) .
  • Schiste.
    N° 5052. Fragment de pendeloque discoïdale percée au centre (figure 56).
  • Faune.
    Elle n’a pas encore été étudiée, mais le bœuf semble dominer. Il y a aussi du mouton et du porc. Les fragments de coquillages sont peu nombreux.
  • Torchis.
    Mêlées aux cendres, il y avait de nombreuses mottes d’argile cuite pétrie de brindilles. Les unes sont grossièrement aplanies sur les deux faces, comme des fragments d’énormes récipients, d’autres ressemblent à des fragments de cylindres, d’autres enfin, les plus nombreuses, sont irrégulières, avec des empreintes de brindilles et de branches sur toutes les faces, comme si l’argile, prise à poignées, avait servi à colmater les interstices de la cabane.
  • DATATION.

Un C 14 sur charbon donne 3210 ± 110 = 1260 avant J.-C. (analyse Gif 3574).

  • CONCLUSIONS.

Cette datation pose des problèmes. Elle serait trop basse pour le style de la céramique, et trop haute pour le couteau en bronze à dos arqué. Cependant, il est très improbable que ce couteau ait atterri par hasard juste dans les ruines d’une cabane incendiée depuis des siècles. Jusqu’à preuve du contraire on peut considérer cette cabane comme un ensemble clos. Seule la reprise des fouilles donnerait la solution de ce problème. Cette grande cabane donnerait en plus des indications précieuses sur son aménagement : aires de travail, de stockage, d’habitation, etc.
Jean Guilaine (GUILAINE 1972 page 215) propose la date de 1250 pour la fin du Bronze moyen. Sur les quelque 2000 tessons trouvés dans ce sondage, aucun ne présente une typologie attribuable à l’Age du Bronze, mais ils sont de fabrication locale, ou étroitement régionale. On peut supposer que de petits groupes humains pouvaient s’attarder à cette époque dans des traditions de céramique archaïques.
Signalons sur tout un lot de grandes jarres, non raccordables, des essais probables d’engobes à l’ocre rouge.

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