PREFACE DE JEAN CLOTTES

Odette et Jean TAFFANEL, préface de Jean Clottes

Préface

Quand j’ai commencé mes études et entrepris ma thèse sur les dolmens du Lot, et sur leur contexte archéologique, j’ai été vite confronté aux recherches et aux publications d’Odette et Jean Taffanel sur le Préhistoire récente. J’ai fait le pèlerinage de Mailhac, d’autant plus facilement et avec d’autant plus de plaisir que, comme eux, je suis d’origine audoise. Je me souviens de l’accueil chaleureux et sympathique que reçut le jeune chercheur que j’étais alors.

Ces agriculteurs modestes, attachés à leur terroir et qui ne l’ont jamais quitté, ont eu un énorme mérite, puisqu’ils ont mené leurs recherches, dans les environs immédiats de leur domicile, avec des moyens matériels limités. Et pourtant, leurs fouilles, leurs trouvailles et l’étude approfondie qu’ils en ont fait, ont renouvelé l’étude de l’âge du Fer dans le Midi de la France. Grâce à Odette et Jean Taffanel, le nom de Mailhac est devenu et reste célèbre parmi les Protohistoriens.

Ils n’ont jamais cessé de s’intéresser à la Préhistoire et de poursuivre leurs investigations sur tout le territoire qui était le leur. Au soir de leur vie, ils viennent de rassembler ce patient et inlassable travail de plusieurs décennies afin de le publier, c’est-à-dire pour en préserver la mémoire et pour que les générations futures puissent le connaître et en profiter. C’était d’autant plus nécessaire que l’abandon de nombreuses cultures a provoqué l’envahissement du maquis et de la garrigue. Des zones qu’ils ont jadis prospectées sont maintenant inaccessibles. D’autres ont été détruites par des labours profonds ou par d’autres causes.

Du Chasséen au début de l’âge du Fer, leur travail couvre toute la Préhistoire récente, sous tous ses aspects, des sépultures aux habitats, du mobilier lithique à la céramique omniprésente, le plus souvent distinctive et caractéristique. Leurs fouilles et leurs prospections leur ont livré un mobilier de grande qualité, au travers duquel on retrouve l’histoire complète et détaillée de ce terroir.

Les cartes et les plans, clairs et précis, qu’ils nous donnent permettent de situer leurs découvertes sans ambiguïté. Tous les mobiliers sont décrits et figurés, soit par des cessins au trait, soit à l’aide de photographies. Pour le nécropole du Péreiras, particulièrement importante, leur étude est accompagnée de celles d’un anthropologue physique (pour des restes humains malheureusement disparus depuis) et d’un paléontologue pour le faune, ce qui complète heureusement les observations de terrain et celles sur le mobilier associé.

Bref, il s’agit d’un véritable travail scientifique, solide et documenté, qui couronne toute une vie de recherches modestes et fécondes. La communauté des archéologues, qui n’est pas avare de querelles et de disputes, se retrouvera une fois unie afin d’adresser à nos collègues et amis de Mailhac l’expression de sa reconnaissance et de son respect.

Jean CLOTTES

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