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Le 15 décembre 2012

- Jean-Louis Bonnet : Quand l’art baroque triomphait à Narbonne.

Comme en Languedoc, l’art baroque représente un art spécifique à Narbonne, un territoire particulier qui suit rarement les influences nationales. Après la période régressive due aux guerres de religion et à ses maux même dans le milieu rural, le XVIIe siècle apparaît avec la croissance démographique, des déplacements plus faciles, un renouveau des croyances. A la campagne, on retrouve les traditions ; en ville, des bandes de violons et de hautbois animent les cérémonies familiales et privées, les fêtes populaires.
Sous l’impulsion des archevêques, la théâtralité apparaît dans les cérémonies officielles et dans la réalisation d’œuvres pour les lieux de culte et les édifices publics. De 1590 à la fin du XVIIIe siècle, les artistes et artisans locaux développent l’étendue des retables depuis le tableau encadré jusqu’au monument qui couvre le chœur. L’importance et le nombre de ces monuments favorisent l’arrivée de nouveaux artistes qui séjournent ou résident à Narbonne, parmi les meilleurs compagnons du royaume. Entre Toulouse et Montpellier, l’ancienne capitale de la Septimanie devient un foyer artistique exceptionnel. La projection d’images aidera à apprécier le rayonnement de Narbonne dans la province.

- Alexandra Touzeau : Découverte d’un assemblage inédit d’Echinodermes dans l’Ordovicien supérieur des Corbières, précédé d’une introduction au secteur d’étude par Daniel Vizcaïno et Eric Monceret.

Dans les régions du Sud de l’Europe, la fin de l’Ordovicien supérieur (Katien terminal) est marquée par une transition sédimentologique majeure associée à un important renouvellement faunique. En effet, la sédimentation terrigène y fait place à de vastes plateformes carbonatées associées à des biohermes à bryozoaires. Cet épisode (Boda Event), précède la glaciation hirnantienne et traduit probablement une phase de réchauffement dont l’ampleur et la durée sont encore débattues. Les faunes d’invertébrés marins (brachiopodes et trilobites) semblent indiquer que ce réchauffement est global (migration d’assemblages « tempérés » vers de plus hautes latitudes et augmentation de l’endémisme en zone tropicale).

Le but de ce travail est d’analyser l’impact du Boda Event sur les communautés d’échinodermes du Sud de l’Europe, alors situé en zone sub-polaire. Pour cela une faune inédite des Corbières (Aude) a été récoltée et comparée à du matériel de même âge (fin du Katien) provenant de différentes régions (Aragon, Bretagne, Montagne Noire, Sardaigne). Les assemblages apparaissent très similaires, avec une prédominance des rhombifères (hémicosmitides et caryocystitides) et des crinoïdes. Deux espèces du coronoïde Mespilocystites ont également été identifiées. Il est donc possible de décrire une association d’échinodermes commune à toutes les régions du Sud de l’Europe et dont l’extension stratigraphique est restreinte au Katien supérieur.

L’étude paléogéographique montre que plusieurs des genres présents dans les Corbières sont originaires de zones situées à de plus basses latitudes (où ils existaient antérieurement). Les échinodermes semblent donc suivre un schéma de migration équivalent à celui des autres invertébrés marins. Toutefois, l’analyse de leurs préférences écologiques indique que cette migration n’est peut-être pas seulement liée au réchauffement, mais aussi au développement des biohermes à bryozoaires, qui créent les conditions propices (substrats, agitation des eaux) au renouvellement des communautés d’échinodermes.

La séance se tiendra à partir de 14 h 30 à l’auditorium de la Chapelles des Jésuites, rue des Etudes à Carcassonne.

Entrée libre et gratuite.

  
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