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Le 20 novembre 2021

La Société d’Études Scientifiques de l’Aude vous invite le samedi 20 novembre 2021, à assister à deux nouvelles conférences inédites qui auront lieu à l’Odeum, 64 Rue Antoine Marty Carcassonne.

Entrée libre - Présentation du Passe sanitaire et port du masque obligatoires

14 h 30 : François Neibecker : Fontiers-Cabardès : une société villageoise de la Montagne Noire il y a 150 ans.

A partir de 1871, au cœur de la Montagne Noire, le village de Fontiers-Cabardès vit des mutations sociales décisives. Avec la transition démographique, la mort est en train de changer de visage. L’alphabétisation de la population est en cours. Les anciens seigneurs sont partis, remplacés par une bourgeoisie urbaine fascinée par le prestige ancien des résidences campagnardes et des propriétés rurales. Un espace s’est ouvert pour une oligarchie au petit pied, sorte de « bourgeoisie de village » mi-rentière / mi-paysanne, qui profite de la disparition des biens communaux et des communautés paysannes. Quelques artisans et commerçants, un ou deux métayers, chanceux ou méritants, parviennent à intégrer ce petit groupe dans lequel ils sont plus ou moins bien acceptés. Mais la majorité des foyers reste peuplée de « miséreux » vivant de travail à la journée, dans les filatures, les fermes, les forêts, les ateliers municipaux de charité, susceptible à tout moment de tomber dans l’indigence à cause d’un décès, de l’âge, d’enfants trop nombreux. Des enfants de pauvres qui rêvent déjà d’émigration, vers les chantiers de chemin de fer des vallées voisines, vers le Bas-Languedoc qui se couvre de vignes. L’exode rural est déjà amorcé, qui va vider Fontiers à moitié au cours du demi-siècle suivant, avant que la péri-urbanisation et un renouveau agropastoral ne revivifient le village ces dernières décennies.

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Voir aussi http://www.sesa-aude.fr/Fontiers-Ca...

15 h 30 : Charles Peytavie,Président de la SESA, : De Carcassonne à Rio de Janeiro. L’incroyable destin du carcassonnais Jean Espiau (1783-1835), officier de marine, rescapé du fameux naufrage de la Méduse (1816).

Né à Carcassonne en 1783, le lieutenant de marine Jean Espiau a vécu deux des plus terribles tragédies de la Marine française au début du XIXe siècle : la bataille de Trafalgar, au cours de laquelle il est blessé sur l’Algesiras le 21 octobre 1805, et surtout le naufrage de la désormais célèbre frégate La Méduse, le 2 juillet 1816, au large de la Mauritanie. Immortalisée par un célèbre tableau du peintre Géricault (1819), cette catastrophe macabre, qui obligea cent cinquante personnes à se réfugier sur un radeau de fortune et certains d’entre eux à survivre en dévorant les chairs des cadavres de leurs compagnons d’infortune, a frappé les esprits de tout un pays entamant le tournant politique de la Seconde Restauration. Elle touchait tout simplement au repli les plus sombres de l’âme humaine. Promis à une brillante carrière en raison de ses exploits de jeunesse durant la Guerre d’Espagne (une évasion spectaculaire), Espiau lui-même, bien qu’il ne fût pas présent sur le funèbre radeau mais sur une autre chaloupe qu’il réussit à mener jusqu’à la côte, a été marqué à jamais par ce drame humain auquel son nom resta indélébilement associé. Car, même si aux dires de tous les témoins, il se montra en la circonstance le plus courageux des officiers, sauvant la vie de nombreux passagers, sa carrière ne se releva jamais d’avoir servi sur cette funeste frégate.

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