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Séance décentralisée en Pays de Sault, le 16 juin 2007

les MOULINS du REBENTY, l’ABBAYE de JOUCOU

et l’EUPROCTE des PYRENEES

Beau ciel ce matin. Le soleil ruisselle sur les forêts qui à partir de Quillan, sans se soucier des virages de la route, montent en vagues successives jusqu’au plateau du Pays de Sault où elles abandonnent l’espace aux prairies récemment tondues et ponctuées de bottes de foin cylindriques.
Sur la place d’Espezel, Monsieur CLOTTES animateur et responsable de l’ACCES (Association de coordination culturelle, éducative et sportive) [1] nous attend. Historien passionné du Pays de Sault qu’il connaît jusque dans ses contrées les plus secrètes, il va nous servir de guide.

Les moulins du Rébenty

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Intérieur du moulin du Roc à Espezel
Photographie in Histoire en Pays de Sault, Les moulins de l’association de coordination culturelle éducative et sportive

Devant le moulin du Roc, en quelques mots, M. CLOTTES raconte l’épopée des moulins du Rébenty. Près de 45 « usines » ont été recensées le long de cette rivière, modeste mais nerveuse : 18 moulins à farine, 15 moulins à scier, trois moulins à fer (forges à la catalane) deux moulins à huile, deux moulins foulons et cinq micro-centrales électriques dont la plus ancienne fut construite en 1900. La concurrence était rude entre les différents établissements, si rude qu’elle provoqua « la guerre des écluses ». A la fin du XIXe siècle, elle opposa ceux qui travaillaient « au fil de l’eau » et ceux qui utilisaient la technique de « l’éclusée ». Elle se prolongea durant le siècle suivant, mais s’éteignant peu à peu, peut-être faute de combattants, car l’activité industrielle des rives du Rébenty périclitait, victime du modernisme.
En conclusion, Pierre CLOTTES adresse un clin d’œil à ces diables de meuniers qui s’entendaient comme larrons en foire pour détourner une poignée de grain par ci, une autre par là sans éveiller la méfiance du paysan. C’est du moins ce qu’on disait ! « Au pied de la falaise qui lui donna son nom, le moulin du Roc a toujours belle allure. Sur son site fonctionnait un moulin foulon et plus récemment un moulin à trois meules écrasait les grains de la contrée. Son système hydraulique est en place avec notamment son réservoir contre la bâtisse du moulin. Les divers bâtiments sont debout et les équipements intérieurs sont resté tels qu’ils fonctionnaient encore il y a un quart de siècle » lit-on dans l’ouvrage Les moulins du Pays de Sault. Les auteurs ajoutaient : « de par son état de conservation et en raison de sa situation, le moulin du Roc est celui qui mériterait le plus d’être, d’une manière ou d’une autre, réactivé ». C’est chose faite aujourd’hui.
Monsieur et Madame Guillard, les propriétaires actuels du moulin du Roc, sont eux aussi dévorés par une passion : celle de leur moulin qu’ils ont acquis alors qu’il menaçait ruine. Patiemment, par étapes, ils ont restauré les mécanismes pourrissants, immobiles, silencieux, maîtrisé l’eau qu’un béal long de quelques centaines de mètres canalise et amène jusqu’au moulin, appris à conduire les lourdes meules en silex. Aujourd’hui, ils produisent une farine de qualité.

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Trémie et meule du moulin du Roc

Devant nous, ils tirent sur une ficelle, manoeuvrent une petite vanne qui va donner vie au roudet, jettent deux ou trois poignées de son sur la meule... le tic-tac du moulin se fait entendre. D’abord lent, comme hésitant, il s’accélère un peu, puis encore un peu pour atteindre bientôt un rythme régulier : le moulin travaille. La mouture apparaît, glisse dans une gouttière, puis comme happée, elle s’étale dans un blutoir où la farine se sépare du son : prodige de l’imagination de nos aïeux et de l’obstination passionnée de nos hôtes ! Que nous voudrions remercier chaleureusement ici.
A quelques centaines de mètres de là, le moulin de La Carrière, lui, n’a pas eu la même chance que son voisin du Roc. Abandonné des hommes, il n’est plus aujourd’hui qu’un amas de ruines qui disparaîtraient irrémédiablement sous les orties et les broussailles, oublié de tous, sans les bénévoles de l’ACCES qui, au prix de quelques ampoules et de douloureuses courbatures entretiennent autant que faire se peut ces lieux jadis si animés. Merci à tous pour ce travail et pour leur accueil.

L’abbaye de Joucou

Après un repas pantagruélique à Espezel, nous descendons dans le village de Joucou tapi dans « son nid de verdure » sur les rives du Rébenty où Monsieur Glardon, le maire de la commune, nous accueille. Il nous conduit devant le chevet de l’ancienne église abbatiale Saint Jacques de Joucou, dernier vestige de l’abbaye bénédictine dont l’existence est attestée dès 768 et qui fut détruite au XVIe siècle. Pendant plus de sept siècles elle a rayonné sur le Pays de Sault, le Donnezan et jusqu’à Fontrabiouse dans le Capcir. De style pré-carolingien, la nef d’une largeur de 16 mètres se prolongeait par une abside centrale à trois absidioles incluses. De cette architecture on voit encore des lésènes (contreforts plats) sur le mur nord-est. Ici encore, c’est à l’opiniâtreté de quelques-uns et notamment de la municipalité et de « l’association des Amis du Rébenty » que l’on doit le sauvetage in extremis de ces murs qui vont entrer dans le domaine communal dans quelques jours nous dit en conclusion monsieur le maire que nous remercions pour son accueil et ses explications éclairées.

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La Sesa à l’Abbaye de Joucou

La séance décéntralisée
Dans la salle du foyer communal de Joucou mis à notre disposition par la mairie, le président Michel Prun remercie M.Glardon, le maire de la commune, et Bruno Le Roux. Il communique à l’assemblée forte d’une trentaine de personnes quelques informations se rapportant à la vie de la société :
- L’ouvrage « La pierre... » prix Urbain Gibert 2007 paraîtra, sauf imprévus, à la fin de la présente année.
- La séance de septembre qui coïncidera avec la journée du patrimoine se tiendra vraisemblablement dans les Corbières, à Ferrals.

Bruno Le Roux : l’euprocte des Pyrénées

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Euprocte adulte (Xavier Boutauleu)
Photographie donnée par la fédération Aude-Claire

Découvert pour la première fois dans l’Aude en 1987 l’euprocte des Pyrénées, calotriton asper, est mieux connu aujourd’hui grâce aux prospections systématiques effectuées depuis 1991 par Bruno Le Roux  [2]

A ce jour vingt-huit sites répartis sur dix-neuf communes audoises ont été reconnus.
Par ailleurs, les travaux réalisés avec le laboratoire souterrain du CNRS à Moulis (Ariège) ont permis d’obtenir quelques informations sur l’écologie de l’espèce en milieu naturel et en site de basse altitude.
Bruno Le Roux est interrogé sur les recherches relatives à l’euprocte, son mode de vie et d’alimentation, ses prédateurs, sa longévité. Le travail de recherche n’a été effectué dans aucun autre département de France précise M.Le Roux. L’euprocte se nourrit de larves d’invertébrés aquatiques, de petites chenilles peut-être, et peut-être encore de larves d’autres amphibiens. Son mode de vie est exclusivement aquatique.( Je n’ai jamais vu au cours de ces années d’observations un euprocte hors de l’eau). Quant à sa longévité, pour l’instant elle est difficile à apprécier : sept ans ? plus peut-être. Ce qui est sûr c’est que ces amphibiens sont fragiles ; toute pollution, même légère, les atteint. _ Après la communication, Bruno Le Roux conduisit le groupe sur les bords du Rébenty, pas très loin de Joucou, captura un euprocte que chacun put observer, avant d’être libéré.

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L’euprocte pyrénéen, calotriton asper

Quelques documents à consulter : Plusieurs ouvrages relatifs au Pays de Sault sont édités par les historiens de l’ACCES. Ils sont disponibles à la Maison de la Montagne à Roquefeuil et à l’office du tourisme de Belcaire :
- Les moulins du Pays de Sault ;
-  Le Pays de Sault, en réédition, Pays, paysans, paysages - Le patrimoine religieux
- Personnages, coutumes et savoir-faire. Deux livrets très illustrés sont publiés par la Fédération Aude claire :
- Pays de l’Aude, Paîs des orchidées ;
- Aude, balades et randonnées : Le Pays de Sault.

Notes

[1] Association A.C.C.E.S : Association de Coordination Culturelle Éducative et Sportive 11340 Roquefeuil Tel : 04 68 20 75 63 Mail:acces@free.fr http://www.paysdesault.com/assos_ac...

[2] FEDERATION AUDE CLAIRE - 12, avenue Camille Bouche - 11300 LIMOUX. http://assoc.orange.fr/aude.claire/

  
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