Le 15 novembre 2025

La Société d’études scientifiques de l’Aude vous invite à assister à sa séance mensuelle du samedi 15 novembre 2025 à la Salle des associations, boulevard Pasteur, Pennautier.

14 h 30 - Conférence de Maxime Chavigny - Comment écrit on l’histoire de la Seconde Guerre mondiale dans l’Aude ? - 1er prix Poux 2022
Des années 30 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Aude fut le théâtre d’une guerre fratricide entre résistants et collaborateurs, qui marqua durablement les esprits. Face à ces enjeux mémoriels forts, l’historien du XXIe siècle doit se frayer un chemin parmi les milliers de pages d’archives, avec pour seule boussole la méthode historique.
Au travers de la présentation de documents d’archives, nous détaillerons la mise en application de cette méthode, garante de la véracité des travaux historiques. Les parcours sinueux de ces audois seront ainsi percés au jour avec une approche quantitative, sans perdre de vue les hommes derrière les documents et les données.

16 h - Conférence de Charles Peytavie - Entre Moyen Age et Renaissance, la gestion des défunts et des âmes des morts à Limoux par ses élites urbaines et l’essor du culte du Purgatoire (XIIIe-XVIe siècle). L’éclairage de nouveaux documents.
À Limoux, à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance, les consuls, chargés du gouvernement urbain et garants du bien public, sont également responsables du salut de l’âme de leurs concitoyens.

Marguilliers nés de l’église paroissiale Saint-Martin, ils veillent au respect du rituel funéraire et prennent en charge le culte et la mémoire des défunts à travers un organisme paroissial désigné sous le nom de Table ou Bassin du Purgatoire. De nouveaux documents retrouvés dans différents fonds d’archives locaux ou régionaux permettent de compléter l’étude que nous avions consacrée à cette question il y a déjà un peu plus de vingt-cinq ans et de mieux mesurer encore combien le sort des défunts structure la vie quotidienne de la communauté limouxine toute entière.

La mémoire des morts est un enjeu essentiel de la municipalisation de la vie religieuse locale. Elle est si ancrée au cœur de la relation entre les élites urbaines et les institutions spirituelles de la cité qu’elle fait du Bassin du Purgatoire, au milieu du XVIe siècle, une véritable puissance financière et temporelle incontournable dans le paysage urbain et périurbain de la cité limouxine. L’exploration d’un terrier inédit de cette époque faisant état des biens fonciers du Bassin, résultats des dons obtenus depuis sa création au XIVe siècle, nous montre l’ampleur de son emprise dans chaque quartier de la ville et chaque terroir limitrophe, mais aussi ceux plus éloignés de Marceille et de Pieusse. L’examen de ce livre de reconnaissances apporte en outre un éclairage intéressant sur l’état des campagnes limouxines à la veille des guerres de Religion et vient confirmer leur dynamisme viticole déjà perçu par d’autres sources dès la fin du XVe siècle.