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Excursion archéologique en Cabardès et Minervois

Près de 60 personnes se sont retrouvées à 9 heures précises ce dimanche 9 octobre à Villarzel-Cabardès où la Société archéologique de ce village et la Société d’études scientifiques de l’Aude s’étaient donné rendez-vous pour une promenade dans le Cabardès et le Minervois. M. Louis Guiraud les accueillit avec son habituelle bonhomie et son dynamisme légendaire, puis les invita à visiter le musée Claude-Journet.

Les pièces exposées, récemment enrichies par les trouvailles de Villeclary, ont été découvertes, pour l’essentiel, dans les communes de Villarzel et de Laure. Elles appartiennent à une vaste période qui s’étend de la Préhistoire au Moyen-Age.

Plusieurs sites ont été visités

Notre-Dame de la Lauze. Au fond d’un vallon, parmi des chênes ombreux, se dressent les murs de cette modeste chapelle rurale bâtis en pierre sèche, parfois appareillés en arêtes de poissons . Un cimetière occupe l’espace situé à l’est du chœur et au sud de l’entrée.. Une porte située à 2,50 m du sol s’ouvre dans le mur occidental ; elle donnait accès à des appartements dont les caves s’enfoncent de deux mètres sous la surface. Cette porte est en plein cintre, comme l’arc triomphal (celui-ci étant cependant en plein-cintre légèrement outrepassé). Une banquette de pierre court à la base des murs latéraux de l’édifice que l’on date généralement du Xe siècle, voire du I Xe siècle.

Le Moural des Morts. Louis Guiraud fit l’historique des recherches qui se sont succédé depuis sa découverte en 1967 jusqu’en 1973. A ce jour, 40 sépultures ont été mises au jour, parmi lesquelles de nombreuses tombes d’enfants. Cette nécropole wisigothique est datée du VI e et VIIe siècles.

Notre-Dame du Cros

Le père passioniste Philippe Plet nous reçut dans ce « lieu beau et fort », où il vit depuis quatre ans. En quelques mots il décrivit l’ordre auquel il appartient puis résuma pour nous l’histoire du sanctuaire. Selon la tradition orale et la légende, une jeune maman aurait obtenu la guérison de son enfant malade après avoir prié la Vierge en ce lieu. Un petit oratoire puis, au XIIe siècle, une chapelle, auraient été érigés pour perpétuer le souvenir de ce miracle. Prise en mains par les bénédictins de Caunes-Minervois, elle fut agrandie et enrichie au XVIIe siècle. Le style baroque éclate particulièrement dans le chœur, chargé de marbres. La Vierge Marie, fait remarquer le père Philippe Plet, « est la reine des lieux ». C’est elle que les artistes ont représentée dans les cinq tableaux qui ornent le retable et le chœur et qui racontent son histoire : sa naissance, son éducation, son mariage, l’Assomption, le choix de Lorette, en Italie, pour recevoir la « Santa Casa », sa maison .

La chapelle Notre-Dame de Centeilles à Siran

Cette église gothique fut édifiée au XIVe sur l’emplacement d’un sanctuaire roman dont le chevet fut découvert par l’abbé Giry, explique Mme Mandeville. Au XVe siècle on ajouta le transept. Plus que l’architecture de la chapelle, ce sont les peintures murales qui attirent le regard. Composés de figures géométriques et de scènes inspirées de la Bible, les décors sont traités dans des tons chauds : le blanc, le jaune, l’ocre, le rouge. On retiendra particulièrement :
- face à l’entrée : deux compositions superposées, la plus ancienne (XIVe ) figure l’arrestation du Christ et la Crucifixion, la plus récente (XVe ) l’Arbre de Jessé, thème récurrent au Moyen-Age qui illustre la généalogie du Christ selon un texte prophétique d’Isaïe.
- dans le chœur, on reconnaît l’Annonciation (XIVe), saint Bruno, fondateur de l’ordre des Chartreux ( cette chapelle fut un moment placé sous la dépendance de la Chartreuse de Castres), et saint-Michel (XVe )
- dans le bras nord du transept, on aperçoit un Christ « les mains jointes, la tête auréolée de jaune, les reins ceints, sortant à demi d’un tombeau à la perspective maladroite . Il est dit « Christ de Pitié » .Divers personnages, parmi lesquels la Vierge, complètent la scène. Au sol une mosaïque romaine du IIIe siècle a été posée. Elle provient d’une fouille effectuée dans le village de Siran lors de la construction de la nouvelle poste, dans les années 1960.

Le dolmen de Saint-Eugène à Laure-Minervois

La tombe est enfermée dans un tumulus circulaire de 22 mètres de diamètre, en partie restauré : des piliers - tous sauf cinq - ont été réinsérés dans le mur de façade conservé, par endroits, jusqu’à 0,80 cm. ; il a été reconstitué jusqu’à un hauteur de 1,10 mètre sur toute sa circonférence, dans les années 1990. La fouille du tombeau réalisée par Germain Sicard entre 1924 et 1928 a mis au jour un ossuaire qui, selon le Dr Charles Boyer contenait les restes de 300 sujets. Divers objets : céramique, lames et pointes de flèches, perles en coquillage et en os, une en or, ...ont été découverts. Ce mobilier permet de dater la tombe : elle a fonctionné de la fin du Néolithique à l’Age du bronze (IVe / IIIe avant notre ère)

  
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