Les foires à Carcassonne
Sur La Dépêche du Midi, édition de l’Aude, en date du 24 janvier 2021, un article de Claude Marquié sur les foires de Carcassonnedu XVIIIe siècle à nos jours.
Au cours du siècle des Lumières, l’amélioration des moyens de communication enlève de leur importance aux grandes foires internationales, avec des exceptions comme à Beaucaire, mais les rassemblements locaux gardent toute leur importance et suivent toujours le calendrier rural.
Aussi bien, en 1755, Louis XV confirme pour Carcassonne l’existence de deux sessions d’une durée de trois jours, fixées désormais après Pentecôte et le 25 novembre, ce qui constitue la première apparition de cette date.
Dans son Cartulaire J-A Mahul, confirme pour le XIXe siècle les foires précédemment mentionnées, mais, pour le 25 novembre, mentionne des pépiniéristes, soucieux certainement d’appliquer le dicton « Pour la Sainte-Catherine, tout arbre prend racine ». Localisé en 1861 place Sainte-Cécile, notre square Gambetta, le rassemblement est déplacé en 1901 sur les boulevards. Deux autres nouveautés naissent au XIXe siècle, le 8 mars, mais aussi le 2 septembre une « foire des comportes », liée à l’essor de la viticulture et à la nécessité de s’équiper pour les vendanges.
D’autres échanges spécifiques se déroulaient à l‘occasion de la Sainte-Catherine sur l’actuel parking situé entre le pont Vieux et le pont Neuf. En 1984, le journaliste J-Y Tournié, en interviewant le marchand de chevaux Jean Roux nous apprend qu’on put dénombrer en 1935 2 000 moutons, 400 chèvres, 800 agneaux, 120 ânes ou ânesses et 450 équidés, qui étaient encore les rois de la locomotion.
Sur les boulevards, d’autres articles de presse nous décrivent après la Seconde guerre mondiale des hommes venus des villages voisins mais aussi de l’Ariège ou de la Haute-Garonne, en habits de dimanche, plaisantant en occitan, et s’intéressant au matériel agricole. Ils sont suivis de leurs femmes attentives aux bonnes affaires proposées par des boutiquiers qui les attirent par leur verbe ample et leur sourire facile, tandis que des camelots venus des départements voisins apostrophent les passants qui s’arrêtent pour le plaisir de les écouter.
Une partie de la foire présentait cependant un spectacle différent, celui offert par la fête foraine.
Claude Marquié
L'Herbiel de Gabriel




