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La modernisation des ZNIEFF en Languedoc-Roussillon

Présentation : Frédéric ANDRIEU

Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles


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Sommaire

- Qu’est-ce qu’une ZNIEFF ?

- La démarche de modernisation des ZNIEFF.

- Bilan de la modernisation des ZNIEFF.

- Comparaison des deux inventaires ZNIEFF


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Qu’est-ce qu’une ZNIEFF ?

- Définition :

  • Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique. (acronyme ZNIEFF ou Z.N.I.E.F.F.)
  • Deux types de ZNIEFF : Type I et type II.

- Objectif : un porter-à-connaissance officiel et accessible.

- Cadre juridique d’une ZNIEFF ? Aucun, mais…
son contenu peut avoir une portée juridique(présence de plantes ou d’animaux rares et protégés) et la jurisprudence fait valoir les ZNIEFF lorsque l’existence de celles-ci n’est pas prise en compte dans le cadre de projets d’aménagement.

- Rappel historique des ZNIEFF :

  • Premier inventaire initié au début des années 1980 en France, achevé en LR en 1994.
  • Un inventaire de qualité inégale et hétérogène (justifications basées sur des espèces rares, mais également banales, introduites, plantées…, des territoires désignés en ZNIEFF mais sans justification…)
  • Nécessité d’une modernisation de l’inventaire au milieu des années 1990.

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Cadre et démarche de la modernisation des ZNIEFF en Languedoc-Roussillon

- Etablissement de listes d’espèces patrimoniales.

  • Liste de travail initiale de 1548 taxons constituée de :
    • taxons protégés au niveau européen (Directive Habitats et Convention de Berne)
    • taxons protégés au niveau national et régional
    • taxons inscrits au Livre rouge tome 1 et Livre rouge provisoire tome 2
    • taxons à endémisme restreint
    • taxons considérés comme rares en Languedoc-Roussillon
  • De cette première liste, suppression des taxons ne répondant pas aux critères d’éligibilité suivants :
    • niveau taxonomique retenu : espèce et sous-espèce, exceptionnellement les variétés endémiques notoires et reconnues
    • taxons fiables et stables, ce qui exclut les taxons incertains, les sous-espèces méconnues, les hybrides…
    • taxons spontanés, ce qui exclut les taxons plantés, cultivés, naturalisés, adventices et les néophytes apparues après 1492. Les plantes considérées comme adventices anciennes (antérieurement à 1492, début des grands flux commerciaux à travers le monde) sont conservées.
    • taxons d’observation postérieure à 1980.
  • De ces principes est issue une liste de 1229 taxons à hiérarchiser.

- Hiérarchisation des taxons.

Cette liste de 1229 taxons a été hiérarchisée sur la base des critères et des notes suivants :

  • Critères fondamentaux : la rareté (fréquence de la plante dans la région) et responsabilité (part de la population présente en LR par rapport au territoire national) :
Responsabilité
A
B
C
D
R
Classe 1 : 1 commune
4
3
2
1
A
Classe 2 : 2 à 5 communes
3
3
2
1
R
Classe 3 : 6 à 10 communes
2
2
1
1
E
Classe 4 : méconnaissance
1
1
1
0
T
Classe 5 : 11 à 30 communes
1
1
0
0
E
Classe 6 : plus de 30 communes
0
0
0
0

Catégories de responsabilité :

    • A : Taxon présent uniquement en Languedoc-Roussillon
    • B : Taxon partagé avec une autre région administrative ou strictement inféodé à une entité biogéographique (Pyrénées, Massif Central, Alpes…)
    • C : Taxon partagé avec au-moins trois autres régions administratives, ou présent dans deux entités biogéographiques
    • D : Taxon largement réparti en France
  • des critères additionnels :
    • Statut : cohérence avec statuts de protection, livre rouge… (+1 point et +1 point niveau européen).
    • Milieu menacé : littoral et milieux humides (+1 point), friches et cultures (-1 point).
    • Originalité biogéographique : endémique, limite d’aire, aire morcelée… (+1 point).
    • Niveau taxonomique : sous-espèces sympatriques (-1 point).
    • Autres critères
      • Originalité phylogénétique : cas de plantes constituant l’unique représentant d’un phylum génétique. Ex. Ramonda myconi (+1 point).
      • Intérêt économique pour l’agriculture ou l’horticulture : plantes sauvages constituant des ressources génétiques telles que les choux, carottes, cyclamens, pivoines... (+1 point)
      • Importance des populations : plantes dont les populations sont bien connues par rapport au reste de la flore et pour lesquelles la rareté relative serait du coup sous-évaluée. Ex. Paeonia officinalis (+1 point).

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Résultat de la hiérarchisation

A l’issue de la hiérarchisation, les notes obtenues s’étalent entre -1 et +10. Entre les notes 10 et 3, le nombre de plantes concernées va croissant, ce qui est cohérent avec des niveaux de moindre valeur patrimoniale concernant un nombre plus important de plantes.

En deçà de la note 3, la courbe est moins cohérente et décroît très vite, ce qui s’explique par la prise en compte partielle de la flore dans la hiérarchisation, 1229 taxons sur plus de 4000 dans la région.

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A partir de cette liste hiérarchisée, les plantes ont été réparties en plusieurs catégories :

- les « taxons déterminants » : leur présence peut justifier à elle seule une ZNIEFF. Cela concerne les taxons ayant obtenu une note ≥ 3, soit 661 taxons ;
- les « taxons remarquables » : ils ne peuvent justifier une ZNIEFF. Ils sont recensés pour leur contribution à la richesse du milieu et compléter le porter-à-connaissance fait par les ZNIEFF. Cela concerne les taxons ayant obtenu une note = 2, soit 165 taxons
- les taxons éliminés : taxons ayant obtenu une note < 1, à l’exception des taxons bénéficiant d’un statut de protection ou endémiques restreints, conservés comme « taxon remarquable »

Dans un souci de cohérence avec les régions voisines, un certain nombre de taxons ont été repêchés dans la catégorie « taxons déterminants locaux », soit 58 taxons concernant 3 zones géographiques, la zone « Pyrénées », la zone « Massif Central » et la zone « Littoral ».

Dévalorisés par la méthode, les taxons rudéraux et adventices bénéficiant d’un statut (protection, livre rouge) ont été également repêchés et regroupés dans la catégorie des « taxons déterminants à critères » afin de valoriser les agrosystèmes bien conservés, soit 61 taxons.


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La méthode suivie et les principes appliqués pour délimiter les ZNIEFF

- 1. Calage des limites sur des éléments fiables dans la mesure du possible : routes, pistes ou sentiers, thalwegs ou crêtes, limites franches de milieux.
Parfois courbes de niveaux, ligne entre points cotés…

- 2. Pas de chevauchement entre ZNIEFF de type I et/ou type II

- 3. Prise en compte des unités paysagères, géomorphologiques ou naturelles fonctionnelles

- 4. Prise en compte de l’inventaire initial pour la cohérence, si cela est justifié.

- 5. Agro-systèmes retenus en ZNIEFF de type II

- 6. Cohérence avec Natura 2000

Pour une progression cohérente du programme, un phasage du travail par zones biogéographiques homogènes a été privilégié : zone littorale, zone pyrénéenne, zone massif-central et zone garrigue.


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Découpage des zones biogéographiques pour le déroulement du programme

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Bilan de la modernisation des ZNIEFF

Bilan des listes flore

- Flore vasculaire :

  • → 661 taxons déterminants
  • → 58 taxons déterminants locaux
  • → 61 taxons déterminants à critères (= rudéraux, adventices)
  • → 165 taxons remarquables

- Mousses (travail basé uniquement sur les taxons à statut faute d’une connaissance parfaite du territoire) :

  • → 33 taxons déterminants
  • → 9 taxons remarquables

- Lichens (travail réalisé par l’Association française de lichénologie) :

  • → 157 taxons déterminants
  • → 91 taxons remarquables

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Bilan de la collecte des données flore
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Sur les cinq années du programme, 52 000 données de plantes patrimoniales dont 41 700 données postérieures à 1980, ont été recueillies.

- Tous les taxons postérieures à 1980 :

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  • Taxons 4 :
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  • Taxons 5 :
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  • Taxons 6 et + :
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Bilan des périmètres ZNIEFF type I et type II

En bleu foncé, les ZNIEFF de type I et en bleu clair, les ZNIEFF de type II :

- Région

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- Aude

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Bilan chiffré par département

Znieff de Type I Znieff de type II
Aude Gard Hérault Lozère P.-O.
Nombre 217 39 149 36 218 40 150 22 163 30
Surface totale ha 162 814 577 616 96 670 473 375 102 812 468 484 43 587 382 912 127 972 424 369
Pourcentage de couverture 23,02 66,09 14,40 47,41 14,15 53,68 7,52 58,75 26,96 72,78

- Pyrénées-Orientales : Département possédant en proportion, la plus forte couverture en ZNIEFF. avec ¼ du territoire en type I et près des ¾ en type II. C’est une zone très riche, alliant littoral, garrigue et haute montagne, avec beaucoup de connaissances disponibles.

- Aude : Deuxième département en termes de couverture. C’est également une zone riche et contrastée avec une zone Pyrénées certes plus réduite, mais compensée par un espace de garrigue plus étendu et des influences atlantiques notoires avec la Montagne Noire.

- Gard et Hérault : Ces deux départements présentent des caractéristiques proches dans leurs territoires. Ils ont de fait une couverture en ZNIEFF similaire, avec 14 % en type I et autour de 50 % en type II. Ce sont des territoires à forte pression anthropique, avec des enjeux dispersés en garrigues et localisés sur le littoral et Massif Central.

- Lozère : Département à l’écart des influences méditerranéennes et à territoire plus homogène, il offre de fait une richesse biologique moindre, ce qui se traduit par la couverture la plus faible en ZNIEFF de type I. La présence de grands territoires naturelles est reflétée par une couverture en ZNIEFF de type II un peu supérieure à celles du Gard et de l’Hérault.


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Bilan chiffré par zone géographique

Znieff de Type I Znieff de type II
Garrigues Littoral Massif Central Pyrénées
Nombre 276 63 213 31 282 46 149 32
Surface totale ha 211 925 954 905 127 733 216 062 93 741 697 691 121 291 516 272
Pourcentage de couverture 15,0 43,4 30,2 48,9 9,4 68,9 28,8 91,5

- Pyrénées : Zone très riche, avec un patrimoine biologique abondant, ce qui se traduit par des taux de couverture en ZNIEFF élevés, en particulier pour les type II avec la prise en compte en ZNIEFF des vastes massifs, des vallées... Les ZNIEFF y sont moins nombreuses, en particulier celles de type I, mais elles couvrent des territoires plus grands liés à des systèmes de vallées ou de massif.

- Littoral : Territoire le plus petit, où se concentre un patrimoine naturel très riche. Des enjeux très forts et très localisés, soumis à de forte pression de l’urbanisme, d’où une prise en compte en ZNIEFF de type I la plus élevée. Les ZNIEFF de type II sont proportionnellement assez faible, moins de 50 % du territoire, car la délimitation de cette zone s’étend sur une surface non négligeable dans la plaine agricole littorale.

- Garrigues : Zone la plus vaste du programme ZNIEFF. Elle est également très anthropisée et possède les plus vastes étendues agricoles de la région. Son patrimoine biologique est en outre plus diffus. Cela se traduit par une couverture en ZNIEFF de type II la plus faible.

- Massif Central : Enjeux très dispersés avec quelques zones où se concentre un patrimoine plus riche (Aubrac, crête de Margeride, Mont Lozère, Causses). Les ZNIEFF de type I y sont nombreuses mais petites (nombreuses tourbières par exemple), d’où une couverture la plus faible en ZNIEFF de type I. Par contre, les grandes étendues naturelles procurent un potentiel écologique que soulignent les ZNIEFF de type II avec plus des 2/3 du département concerné.


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Comparaison des deux inventaires ZNIEFF

>
Znieff de Type I
Znieff de type II
Génération I Génération II Génération I Génération II
Nombre de Znieff 672 833 222 132
Surface minimale ha 0,05 0,803 5 208
Surface maximale ha 5 436 9 804 90 770 74 052
Surface totale ha 175 180 471 289 1 222 036 1 644 339
Pourcentage de couverture 6 17 44 59
Surface commune aux deux inventaires 18 300 116 287

- 91% des surfaces en type II dans le premier inventaire sont repris dans le second
- 65% des surfaces en type I dans le premier inventaire sont repris dans le second

  
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