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Blanquette

Par un article signe Françoise Peytavi, le journal La Dépêche, dans son édition audoise du 16 février 2021 se fait l’écho des activités de la SESA et plus particulièrement du travail de Jean-Louis Abbé présenté dans le dernier bulletin de notre société :

Blanquette de Limoux : la Sésa exhume le plus vieux document connu datant de 1496

À Limoux les vins effervescents vont puiser leurs origines officielles et leurs légendes à des sources différentes. La légende voudrait qu’un moine de l’abbaye de Saint-Hilaire, en 1531, découvre fortuitement que son vin, mis en bouteilles et bouché de liège, a formé des bulles lors d’une nouvelle fermentation. Aujourd’hui la très sérieuse Société d’études scientifique de l’Aude (SESA) présidée par le Limouxin Charles Peytavie, démontre, preuve à l’appui dans le dernier bulletin (Tome CXIX, 2019) grâce à l’historien médiéviste Jean-Loup Abbé, que la date la plus ancienne qui fait mention de la blanquette de Limoux ne remonterait pas à 1531 comme l’indiquent les anciennes publicités des années 1920-1930, mais bel et bien de la fin du Moyen Âge, en 1496.

« Le terrier de Prouilhe datant de 1496 permet de mieux documenter la période entre Moyen Âge et Renaissance sur le territoire limouxin. Période dite de reconstruction après la guerre de Cent ans et ses mortalités. »

Des vignes qur les hauteurs de la ville

En ce temps-là on cultivait déjà des vignes de blanquette sur les hauteurs de la ville, à Luguel, et au lieu-dit Roque-de-Grade. Le document qui fait état de ces vignes à blanquette, a été acquis par les Archives départementales en 2017. Il s’agit d’un terrier (recueil d’actes passés devant notaire) concernant le monastère dominicain de Prouilhe et portant sur la ville et le territoire de Limoux. Ce recueil d’actes qui doit son nom de terrier au patrimoine foncier qu’il représente et permettait en son temps de prélever des redevances, serait à cette heure le plus ancien document qui tendrait à prouver que les bulles à Limoux ne seraient donc pas le fruit hasardeux d’une bouteille bien ou mal bouchée, par un moine de l’abbaye de Saint-Hilaire, ni même celle remontant à 1544 lorsque Jean de Joyeuse, sieur d’Arques, se faisait livrer quatre pintes de blanquette. L’acte de 1496 plus ancien, accrédite l’idée de valeur sur des parcelles limouxines nominatives. Il s’agit de cépage ou de vignes permettant de faire de la blanquette. Comme l’indique le médiéviste Jean-Loup Abbé : « Le fait que le notaire mentionne le cépage est un indice de valeur qui est porté à ces vignes. Aucun autre cépage n’est cité dans ce recueil d’actes notariés. » S’il est vrai que la légende d’un moine faiseur de bulles a plus d’atouts pour vendre et faire vendre l’effervescent limouxin qu’une austère reconnaissance notariale. Il faut tout de même rendre à la cité blanquetière ses pintes et ses vignes dans leur vérité historique.

  
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