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Oppidum du Cayla à Mailhac

PRESENTATION.

Odette Taffanel a commençé à s’intéresser à l’archéologie locale vers la fin des années 1920. En 1929, elle entame, avec son frère cadet Jean, quelques recherches de terrain, mais c’est en 1931 que s’ouvre, avec l’aide d’H. Martin, un premier sondage sur la colline du Cayla. A partir de 1933, découvertes et publications concernant cet oppidum situé en bordure orientale de la plaine narbonnaise, jusqu’alors inconnu, vont se succéder. En 1938, O. et J. Taffanel présentent à la SESA, dont ils sont récemment devenus membres, une première communication sur le site et ses environs immédiats, un travail déjà très documenté, qui fait le point sur son occupation de la fin de l’âge du Bronze à l’époque romaine. Leurs recherches s’orientent ensuite vers les aspects funéraires, avec un rapport sur le champ d’Urnes de Las Fados, à Pépieux, en 1948. Dés 1950, elles s’étendent aux nécropoles correspondants aux occupations successives du Cayla de Mailhac, celle du Moulin, puis celle du Grand-Bassin, dans la plaine qui sépare le village de l’oppidum.

A partir de 1952, O. et J. Taffanel rédigent, en collaboration avec M. Louis, une importante synthèse sur le 1er âge du Fer languedocien, trois volumes, (Louis-Taffanel 1955, 1958, 1960), qui mettent en parallèle les découvertes de Mailhac et les acquis de la protohistoire récente européenne. Ce travail vaudra à O. Taffanel son intégration au CNRS.

Dès ce moment, les travaux des deux chercheurs sur le site de Mailhac feront l’objet de nombreuses publications dans des revues régionales, nationales et internationales. Entre les années 1960 et 2000, ils effectuent de multiples interventions de terrain, toujours en relation étroite avec les occupations anciennes du terroir de Mailhac et de ses environs, au cours de trois millénaires. On n’oubliera pas l’apport majeur d’Odette Taffanel à la reconnaissance des occupations préhistoriques du secteur, avec près de vingt sites répertoriés, la fouille de sites romains, de tombes d’époque tardo-romaine ou du haut moyen âge.

A la fin des années 1980, après le don à l’Etat français de l’ensemble du site archéologique, du dépôt de fouille et des collections du musée de Mailhac, un groupe de chercheurs de l’UMR 290 (Lattes), est chargé des recherches de terrain. Ce qui va permettre à O. Taffanel de se consacrer davantage à un travail de classement, d’étude, d’illustration des ensembles provenant des fouilles antérieures. Elle collabore à deux synthèses : l’une sur la nécropole du Moulin, avec T. Janin (1998), l’autre sur la stratigraphie du Cayla, avec E. Gailledrat (2002).

L’étude de la céramique, importée et indigène, marqueur culturel majeur, a été, avec juste raison, favorisée dans une majorité des travaux publiés. Celle des objets de métal ou d’autres matériaux reste plus ponctuelle, limitée à la publication des éléments particuliers ou plus caractéristiques. A partir de 1990, O. Taffanel donc mis en œuvre un inventaire exhaustif du petit mobilier, notamment celui issu des fouilles du Cayla. Des notes ou extraits sur les monnaies (Taffanel - Richard 1979), sur les fibules (Taffanel 1996), sur les parures de cou (Taffanel 1998), ont déjà été publiés.

L’ensemble de ce travail et les illustrations correspondantes ont été regroupés et numérisés en 2007. En 2010 O. Taffanel nous a demandé d’en reprendre la publication, et quelques jours encore avant son décès, en 2012, elle nous faisait part de son désir d‘en voir finaliser la parution. Le présent supplément tente donc de combler cette importante lacune, en mettant à la disposition des chercheurs la description et l’illustration, par O. Taffanel, de l’ensemble des objets issus des fouilles du Cayla, assortis des indispensables références permettant de les associer aux données de la fouille et aux niveaux archéologiques successifs, ainsi que pour certaines catégories d’objets, de précieuses considérations permettant de retrouver la vision des fouilleurs sur leur leur utilisation.

O.Taffanel a fait le choix d’un regroupement en fonction de l’usage présumé de l’objet, estimant qu’il était le mieux à même de faciliter la recherche. Il a été conservé. Le texte n’a fait l’objet que d’une indispensable unification de la mise en forme. Dans un souci d’exhaustivité, nous avons pensé qu’il était souhaitable d’y réintégrer les extraits déjà parus en 1996, 1998 et 2000, avec quelques commentaires et observations complémentaires de l’auteur, ainsi que quelques éléments de comparaison issus des nécropoles.

L’illustration correspondante a été réalisée au cours de plusieurs décennies, avec des techniques, des formats, des échelles, et une disposition très variables, il a donc été nécessaire de la réorganiser en partie. Pour éviter toute erreur ou confusion, le contenu de chaque figure et la numérotation des objets, communs au texte et à l’illustration, restent ceux mis en place par O. Taffanel. *** Le regroupement des figures en fin de volume, dans des planches au format de la publication, a permis de leur accorder un taux de réduction identique, d’environ un demi, qui reste très lisible. *** La description des objets sans numéro d’inventaire, clous, débris d’objets non identifiés destinés à la refonte, non associés à un niveau chronologique, seulement à un secteur de fouille, a été conservée, car offrant un certain intérêt, mais il ne nous a donc pas semblé indispensable d’en reproduire l’illustration, qui reste consultable à partir du CD original.***

Guy Rancoule

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