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Saint-Michel de Carcassonne au XVe siècle

Notre sociétaire Claude Marquié evoque dans sa rubrique hebdomaire de La Dépêche du Midi Les paroissiens de Saint-Michel au XVe siècle.

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Dans la première moitié du XVe siècle, la Bastide carcassonnaise se remet des désastres de l’ère précédente (Grande peste, incendie par le Prince Noir…), si bien que sa paroisse Saint-Michel compte seulement 2 000 habitants, la moitié de ce qu’était sa population un siècle plus tôt. L’incendie de 1436 ayant détruit les archives communales, le registre des comptes tenus par les marguilliers de la paroisse au cours des années 1417-1450 est l’un des rares documents ayant survécu pour cette période.

Les scripteurs de ces 300 folios doivent notamment entretenir leur église, ce qui représente périodiquement de gros travaux : réfection de la toiture, du clocher, de la sacristie, installation des cloches, couverture d’une chapelle en ardoise, mise en place d’un auvent au-dessus de la porte « de l’escalier »… La facture se monte chaque fois à des centaines de livres, alors que le budget ordinaire de la paroisse se situe aux alentours de 60 livres.

Comment faire face ? Nos marguilliers sont à chaque occasion autorisés par les consuls à lever un impôt particulier destiné à faire face à ces dépenses exceptionnelles. Cela s’explique par les liens étroits que ces gestionnaires, qui sont des notables, entretiennent avec les consuls, si bien que l’on a affaire à un budget à deux vitesses avec, à côté de dépenses « extraordinaires » mais répétitives, une quête dominicale dérisoire, autour de 15 livres annuelles, et le « Luminaire de Pâques », une taxe prélevée pour faire face aux dépenses de cette fête.

À cela s’ajoutent des rentrées d’argent peu importantes ou irrégulières : frais de sépulture, legs testamentaires, si bien que, contrairement à d’autres paroisses, « les profits de la mort » ne pèsent guère. Saint-Michel ne possédant ni rentes, ni patrimoine immobilier, ni relique, et ne pratiquant pas le prêt à intérêt, on voit que la paroisse fonctionne sur la base d’un prélèvement fiscal sous le contrôle des autorités municipales, calqué sur le modèle de la commune. Vivant depuis 1905 sous le régime de séparation des Eglises et de l’Etat, nous sommes évidemment surpris de découvrir un tel système.

Claude Marquié

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L’église Saint-Michel en 1462, BnF

Source : Fournier (M.), dans Cahiers de Fanjeaux n° 25.

  
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