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Les grands projets de Léopold Petit Carcassonne

Claude Marquié a fait paraître dans le journal La Dépêche du 20 décembre 2020, dans la rubrique Les Dimanches de l’Histoire un article présentant les projets de l’architecte Léopold Petit dans les années 1889-1898. La reproduction ci-dessous en est issue.

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Ancien couvent des Cordeliers - Carcassonne

En1878, Léopold Petit, dont nous avons vu les principales réalisations carcassonnaises, participa brillamment à la construction du palais du Trocadéro. De retour dans notre ville, il exprima en 1897 dans une lettre au Courrier de l’Aude le sentiment qui l’animait alors : « J’arrivai à Carcassonne avec l’intention de tout démolir pour tout reconstruire ; toutes ces maisons me paraissaient affreuses, ces rues étroites, tout me paraissait mesquin, étriqué et sans caractère ».

Adjoint au maire puis conseiller municipal, il élabore un projet qui est soutenu par le maire Calvet en 1889. L’actuelle place de Lattre de Tassigny était alors occupée par l’ancien couvent des Cordeliers et par divers bâtiments vétustes relevant de l’armée. L. Petit, regrettant l’absence dans la ville de théâtre, de salle de concert et de bourse, entreprend d’y remédier en projetant d’y loger ces diverses réalisations futures, malheureusement l’année suivante Calvet doit laisser la place à Antoine Durand, qui enterre cet intéressant programme.

En 1896, la victoire aux élections de Jules Sauzède semble ouvrir de nouvelles perspectives à l’architecte : outre l’aménagement de l’église, il envisage de réaliser une galerie couverte depuis la place Carnot jusqu’au boulevard Jean-Jaurès en éventrant toutes les rues situées sur son passage ; dix ans de gesticulations s’en suivent, mais la seule concrétisation en sera en 1902 la destruction de l’église, remplacée en 1906 par la poste centrale.

En 1898 enfin, constatant que des pierres tombent du clocher de Saint Vincent, l’architecte propose de le restaurer… et de le prolonger par une flèche de 44 mètres de hauteur, ce qui aurait porté l’ensemble à 96 mètres, 3 mètres de plus que la défunte flèche de Notre-Dame de Paris ! Le coût de l’opération, 200 000 francs, amena le conseil municipal à écarter cette proposition, en espérant que l’Etat classerait l’église monument historique et prendrait les travaux à sa charge.

Deux ans plus tard Léopold Petit, peut-être écœuré par tous ces échecs, quittait Carcassonne pour Meudon (Hauts-de-Seine) pour y mourir en 1911. Bibliographie : Andrieu (Martial), Musique et Patrimoine de Carcassonne, novembre 2019.

  
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