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Les anciens châteaux seigneuriaux du département de l’Aude

Communes dont le nom commence par N ou O

par Charles Boyer

NARBONNE

Il est inutile de chercher des traces d’un château seigneurial créé par les vicomtes à Narbonne. Ceux-ci, semble s’être occupés surtout de fortifier et de défendre la ville. Ils ont construit de solides murailles en démolissant les monuments romains qui existaient nombreux.

L’Hôtel de ville siège du pouvoir qui administre la ville actuelle est l’ancien palais des archevêques de Narbonne. Ce sont eux qui ont construit, édifié ce magnifique palais qui a été embelli et modifié au cours des siècles. D’ailleurs, aux titres de métropolitain et de primat, les archevêques de Narbonne joignent celui de seigneur par suite de la donation faite en 759 à l’archevêque Daniel par le roi Pépin le Bref. Les successeurs de Daniel conservèrent cette qualification jusqu’en 1212. Arnaud Amalric, archevêque, fut alors reconnu duc de Narbonne par les évêques de la province et par le vicomte Aymeric gouverneur de la ville. Ceux qui suivirent négligèrent ce titre ; mais, en 1660, François Fouquet frère du surintendant des finances, le fit revivre en sa personne et Louis XIV le reconnut en 1690, à Pierre cardinal de Bonzy.
L’imposante façade du palais domine la place de l’Hôtel de ville. Cette façade est ornée de trois grosses tours carrées. À l’angle s’élève le donjon de Gilles Ancelin ; que l’archevêque fit construire en 1290-1310. Cet ouvrage militaire est flanqué au sommet de quatre échauguettes d’angle. La tour Saint-Martial au centre est l’ouvrage de l’archevêque Pierre de la Jugie (1347-1375). Entre deux tours sont construits la majeure partie des locaux de l’Hôtel de ville. Sur la droite s’élève la tour de la Madeleine (1273). Le passage de l’Ancre, sous la voûte, coupe en deux les constructions. Ce sont, le Palais vieux en grande partie roman et le Palais neuf du XIVe siècle. L’intérieur a été remanié au XIVe siècle. Le grand escalier est de cette époque. Il conduisait aux appartements des archevêques ducs de Narbonne.

NÉBIAS

Le château seigneurial ancien fief de la Maison de Mauléon s’élève dans l’angle Nord-Ouest du village. Vers 1883 un incendie détruisit la partie nord où se voit une tour ronde qui devait être plus élevée. La façade du côté de la place, la partie Sud du bâtiment et la fenêtre avec balcon, près de la tour, ont été restaurés vers 1778.

NÉVIAN

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [1] en 1271. Cet édifice du XIIIe siècle transformé en habitations particulières se trouve sur la place derrière l’église du XIVe siècle qui en était autrefois la chapelle et communiquait avec lui.

NIORT-de-SAULT

Le château seigneurial est cité par Sabarthès [2] en 1040. Ce château fut pris par les troupes de Simon de Montfort au XIIIe siècle. Il fut détruit par les Calvinistes au XVIe siècle. Fédié [3] signale quelques vestiges d’un petit manoir seigneurial construit du XVe ou du XVIe siècle par un membre de la famille d’Aniort, rive droite du Rébenty près de l’église du village.
Le château actuel situé sur la rive gauche du Rébenty fut construit au XVIIe siècle, il a été remanié à diverses reprises. Cette construction demeure de la famille d’Aniort est flanquée de deux élégantes tourelles et d’une tour carrée.

En aval de Niort, près du moulin du Roc et sa vieille tour sur la montagne, au milieu des prairies, est construit le château de Cazelles, ancien manoir d’un descendant de la famille de Niort au XVIIe siècle, aujourd’hui propriété de la famille Fondi de Niort.

LA NOUVELLE

Il n’y a jamais eu de château seigneurial à La Nouvelle. Cette commune récente fut érigée par démembrement de celle de Sigean, le 21 juillet 1844.

ORNAISONS

Le château seigneurial d’Ornaisons est cité par Sabarthès [4] en 1070. Ce château fut vendu à cette date au vicomte et à la comtesse de Barcelone par Raymond Bernard vicomte de Narbonne et sa femme, la vicomtesse Ermengarde. Il revint ensuite, en 1116 dans la possession du vicomte de Narbonne, Bernard Aton, par donation de la dame d’Ornaisons. Il ne reste aucun vestige de cette construction ancienne ruinée par les guerres.
Un deuxième château plus récent fut construit dans le haut du village, on y accédait par un chemin montant pavé ; il a été complètement transformé et modernisé ; seul le mur de la terrasse longeant la rue paraît être un vestige ancien de l’enceinte du château.

ORSANS

Le château seigneurial appelé aussi Le Carla ancienne communauté réunie à Orsans en 1791 s’élevait sur la colline dominant le pays. On voit encore les restes intéressants de ce château. En 1529, le seigneur du Carla était archer de la châtellenie de Montréal. Le beau château de Saint-Martin est aussi une ancienne résidence seigneuriale.

OUVEILLAN

Les documents mentionnent le château bas ou vieux sur le bord de l’étang desséché et le château haut dans le Fort. Le château bas est cité par Sabarthès [5] en 1188.
Jordy dans sa notice sur Ouveillan ne cite qu’un seul château placé sur le point culminant de la colline au lieu-dit Le Fort. Il n’en reste presque plus de trace. Il fut au XIIe siècle le théâtre de la guerre entre Roger vicomte de Carcassonne et Pierre Raynard de Béziers. Celui-ci qui le possédait au XIIe siècle, le donna à sa fille épouse de Pierre de Minerve.
Un ancien château seigneurial se trouvait à Murviel dépendant de la seigneurie de Rieux. Il était tenu par les d’Harcourt au XVe siècle et par les Montredon au XVIe siècle. Ce château de Murviel sur le territoire d’Ouveillan est cité, en 1270 par Sabarthès [6].

Notes

[1] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 274.

[2] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 274.

[3] FÉDIÉ (L.) Le Comté de Razès.

[4] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 2856.

[5] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 286.

[6] SABARTHÈS (A.) Dictionnaire topographie que l’Aude, Paris Imprimerie Nationale, 1912, p. 270.

  
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