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Bulletin de 2015 - Tome CXV

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Table des matières

- LA VIE DE LA SOCIÉTÉ .
Conseil d’Administration et Bureau .
Liste des Membres
- BOTANIQUE

  • La richesse remarquable de la flore de l’Aude,un patrimoine à connaître et faire connaître
    Clémentine Plassart. [1] [2]
  • La plante domestiquée et la plante sauvage, ressemblances et différences à travers des exemples audois
    Bernard Pommel  [3] [4]
    - NUMISMATIQUE
    La numismatique audoise
    Jacques Roussel [5] [6]
    - ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE
    Carcassonne, terroir sud de la Cité : premier bilan archéologique
    Mathieu Enjalbert, Marie-Elise Gardel [7] [8]
    - HISTOIRE MÉDIÉVALE
    Les seigneurs de Pennautier aux XIIe et XIIIe siècles. L’itinéraire mouvementé d’un lignage du Carcassès dans l’entourage des Trencavel (1125-1273)
    Charles Peytavie [9] [10]
    - HISTOIRE MODERNE
    Pierre-Paul Riquet et le rôle de l’église du Languedoc dans la réalisation du Canal des Deux Mers
    Monique Dollin du Fresnel [11] [12]
    - HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION
    Jean-Baptiste Gibrat, doctrinaire, géographe, Jacobin
    Marie-Rose Viala [13] Jean-Baptiste Gibrat, Doctrinaire, geographer, Jacobin. [14]
    - HISTOIRE CONTEMPORAINE
  • Blanchot de Brenas, l’inventeur du « Curé de Cucugnan », son voyage a Carcassonne et dans les Corbières en 1858
    Gauthier Langlois [15] [16]
  • L’œuvre d’Eugène Mir sur le grand domaine des Cheminières, de 1870 à 1930
    Michel Cau [17] [18]
    - ACTIVITÉS DU GROUPE BOTANIQUE
  • Compte-rendu d’activité pour l’année 2015
    Dominique BARREAU
    Annexe : liste des plantes
  • Données phytosociologiques collectées lors de sorties du groupe botanique de la SESA durant l’année 2015
    Bruno de Foucault
  • SORTIES DE LICHÉNOLOGIE
    Les Ilhes (Montagne Noire) le 18 janvier 2015
    Enrico Cangini
    Sortie SESA mousses et lichens au chalet de Carach (Quillan, Ginoles) du 13 juin 2015
    Enrico Cangini
  • Bryophytes _ Alain Gaston.

- NOTES D’ARCHÉOLOGIE

  • R. Aymé, G. Rancoule
  • Le bloc gravé de Pailhères à Rennes-le-Château
    Christian Raynaud

- NOTES DE NUMISMATIQUE

  • Médailles attribuées par la Société d’Agriculture de l’Aude pour récompenser de vieux serviteurs ruraux
    Michel CAU
  • Le puits artésien des Cheminières
    Michel CAU

- NOTES D’HISTOIRE

  • Eugène Mir, amateur d’art
    Michel CAU
  • L’origine de la longue vue, visible au Musée des Beaux-Arts de Carcassonne, utilisée par l’Empereur Napoléon 1er en mars 1815
    Alain PIGNON
  • Le Grand Livre de la Cuisine - Prosper Montagné, Prosper Salles, Flammarion, 1929
    Christian CLERGUE

- NOTES DE LECTURE

- COMPTES RENDUS DES SÉANCES MENSUELLES

- RAPPORT FINANCIER POUR L’ANNÉE 2015
- NÉCROLOGIE

Notes

[1] La flore audoise est particulièrement riche grâce à la diversité géologique, climatique et topographique du département mais aussi de par les activités humaines que l’on y rencontre. Parmi les 3000 espèces présentes, certaines sont considérées comme patrimoniales, qu’elles soient magnifiques ou insignifiantes à nos yeux. Nous verrons ce que recouvre cette notion de patrimonialité notamment en nous appuyant sur le travail mené lors de la réalisation de l’atlas de la flore patrimoniale de l’Aude. Un point sera fait sur l’originalité de la flore audoise, en termes de diversité et de richesse. Les fiches descriptives de ces 300 espèces patrimoniales sont disponibles sur internet et seront éditées fin 2016.

[2] Remarkable richness of Aude’s flora, an heritage to know and to be known. Aude’s flora is particularly rich because of a geological, climatical and topographic diversity in this department but also with the various human activities met here. Amongst the 3000 species present, some of them are remarkable in regards to our natural heritage, whether magnificiant or insignificant they are to our eyes. We will see what this notion of heritage covers, basing us on the study of Aude’s patrimonial flora atlas. A focus will be done on Aude’s flora originality, in terms of diversity and richness. Descriptive forms for 300 patrimonial species are available on the Internet and will be published in 2016.

[3] Dans la longue histoire de la domestication puis de l’amélioration, certaines caractéristiques de la plante ont été transformées, d’autres pas. Une plante cultivée telle que le blé dur (Triticum durum) venue du Moyen-Orient trouve dans son voisinage audois plusieurs espèces de Triticum spontanées avec lesquelles elle est inter-fertile. Les espèces spontanées constituent des ressources génétiques potentielles pour le sélectionneur. Le pommier domestique (Malus domestica) issu du Kazakhstan peut contaminer génétiquement le pommier sauvage (Malus sylvestris) des bois audois. Dans l’Aude, où une large partie du territoire demeure en garrigues, pelouses, bois, la parcelle cultivée est l’objet de tout un jeu d’interaction avec son voisinage naturel.

[4] Domestic and wild plants : similarities and differences through examples taken from the Aude department. Through its long history of domestication and then improvement, some characteristics of plants have changed but not others. A cultivated plant such as hard wheat (Triticum durum), which first originated in the Middle East, is placed side by side with several wild Triticum in the Aude region. Both cultivated and spontaneous species are interfertile and the spontaneous species constitute potential genetic resources for the geneticist. Similarly, the domestic apple tree (Malus domestica) originating from Kazakhstan is capable of genetically contaminating the crab-apple tree (Malus sylvestris) living in the woods of the Aude department.This illustrates that within the Aude, the territory of which is to some extent made of garrigues, grasslands and woods, cultivated fields are in interaction with their natural surroundings.

[5] Cette note, après avoir rappelé l’histoire et l’origine du travail d’élaboration d’un catalogue informatique de la numismatique audoise, en fait la description avec précision dans toutes les formes qu’elle prend : monnaies, médailles, jetons, billets et monnaies de nécessité. Chaque catégorie est illustrée par un modèle, ce texte confirme la définition de la numismatique comme étant une science auxiliaire de l’Histoire.

[6] Numismatics in Aude. This note summarises the history and the origin of the work done to create a digital catalogue of numismatics in Aude and follows with a precise description of numismatics in this region in its various forms : coins, medals, tokens, banknotes and notgeld. Each category is illustrated by a model. This text confirms the definition of numismatics as an auxiliary science of history.

[7] Le territoire situé dans la partie sud de la commune de Carcassonne, outre le fait de posséder un des plus beaux joyaux de l’architecture militaire antique et médiévale, la célèbre Cité, s’avère archéologiquement beaucoup plus riche que l’on ne pense. Déjà, lors de la réalisation de l’autoroute A61 à la fin des années 1970, d’importantes fouilles de sauvetage, menées notamment par Jean Guilaine et Jean Vaquer, avaient pu mettre en avant la présence d’importants vestiges liés aux périodes protohistoriques sur les parcelles situées immédiatement au sud du domaine de Mayrevieille. Ces recherches ont ouvert la voie à toute une série de fouilles préventives, programmées et de prospections qui ont pu mettre en évidence la présence de sites d’époques variables sur toute cette série de parcelles pour la plupart encore dévolues à l’agriculture et protégées du développement urbain extensif en partie grâce à la législation liée à la proximité de la Cité de Carcassonne, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Une synthèse n’avait pas encore été tentée sur ces terroirs essentiellement agricoles. C’est à la faveur de l’Opération Grand Site, menée par un Syndicat mixte, que l’Amicale Laïque de Carcassonne a été chargée d’établir un inventaire des sites et des prospections en vue de définir les zones d’intérêt patrimonial sur le plan archéologique.

[8] Carcassonne, south of the Citadel : a first archaeological assessment. Apart from the fact that it possesses the famous Citadel, one of the most beautiful examples of antique and medieval military architecture, the territory located in the southern part of the town of Carcassonne proves to be archaeologically richer than anyone had thought. Already during the construction of the A61 motorway at the end of the ‘70s, important excavations of preservation, especially those conducted by Jean Guilaine and Jean Vaquer, were able to highlight the presence of important vestiges relating to protohistoric periods in the plots located immediately to the south of the Mayrevieille Domain. These studies have opened the way to a whole series of excavations, preventive and programmed as well as prospection, all of which have shown the presence of sites from various periods, in the whole series of plots. Most of the plots are still given over to agriculture and are protected from extensive urban development, thanks in part to legislation relating to their proximity to the Citadel of Carcassonne, listed as a UNESCO World Heritage. A synthesis has not yet been undertaken on these lands which are mainly agricultural. Making use of the Operation Grand Site carried out by a mixed Syndicate, the Amicale Laïque of Carcassonne was given the task of establishing an inventory of sites and prospections with a view to defining heritage zones of archaeological interest

[9] Proches des Trencavel, les seigneurs de Pennautier ont de plus joué un rôle de tout premier plan tout au long des vingt années de guerre que dura la Croisade albigeoise (entre 1209 et 1229), et même au-delà lors de la vaine tentative de Raymond Trencavel de reprendre sa cité de Carcassonne en 1240. Présents sur tous les champs de bataille, chevauchant à travers tous les comtés, vicomtés et pays du Midi , en contact avec de nombreuses communautés hérétiques, ils sont allés jusqu’à incarner symboliquement auprès du roi Pierre II d’Aragon en 1213 cette société des faydits, ces chevaliers rebelles et insoumis qui espéraient mettre un terme aux assauts des Montfort, père et fils, puis à ceux du roi de France et bien sûr ceux de l’Eglise de Rome. Cette étude se propose d’aller à la découverte des membres de ce lignage et de défricher pour la première fois leur parcours mouvementé aux XIIe et XIIIe siècles.

[10] The Lords of Pennautier in the XIIth and XIIIth centuries. The eventful history of a lineage from the Carcassès in the Trencavel entourage (1125-1273). Closely connected to the Trencavels, the Lords of Pennautier also played a significant role during the twenty-year conflict of the Albigensian Crusade (between 1209 and 1229) and even beyond that as Raymond Trencavel tried in vain to reconquer his citadel of Carcassonne in 1240. Riding throughout all the counties, viscountcies and territories of the Midi, they were present at every battlefield and were in contact with several heretical communities. In 1213, they went so far as to embody symbolically for King Peter II of Aragon that group of “faydits”, disobedient and rebel knights who hoped to put an end to the assaults of both Montforts, father and son, and to those of the King of France as well as, obviously, those of the Church of Rome. This study proposes a discovery of the members of this lineage and explores for the first time their tumultuous path through the XIIth and XIIIth centuries.

[11] La construction du canal des Deux-Mers a duré quinze ans. Elle a été possible grâce à l’opiniâtreté de Pierre-Paul Riquet, riche fermier des gabelles, mais surtout entrepreneur de génie. S’il a pu réussir pareil tour de force, c’est parce que, dans une période troublée et difficile, il a su s’adresser aux bons interlocuteurs, au premier rang desquels évidemment le plus grand ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert. Mais, dans le Languedoc du XVIIe siècle, les prélats membres des Etats avaient la part belle. Ainsi, l’évêque de SaintPapoul, associé dès la première heure au projet de canal, a-t-il pu jouer un rôle de pivot, au côté de l’archevêque de Toulouse, président temporaire des Etats du Languedoc. Cette participation active de l’Eglise dans une réalisation exceptionnelle est notable, et a marqué son intérêt pour l’économie et la gloire de cette province chère au cœur de Riquet.

[12] Pierre-Paul Riquet and the Languedoc church’s role in the construction of the Canal of the « Deux-Mers ». The building of the Canal of the “Deux-Mers” lasted fifteen years. Its success was only due to the perseverance of Pierre-Paul Riquet, a rich salt tax farmer who was first and foremost a brilliant entrepreneur. He accomplished this challenging task despite the difficult and troubled time context for he knew how to address the right persons, as he insightfully did with Louis XIV’s greatest minister, Jean-Baptiste Colbert. In the XVIIth century Languedoc though, prelates members of the Etats were given a leading role. Thus, Saint-Papoul’s Bishop was associated to the canal’s project from the very start and significantly took part in the process alongside with Toulouse’s Archbishop, who also was the temporary president of the Languedoc Etats. The active collaboration of the Church in this outstanding realization was a cornerstone in its long lasting commitment for Riquet’s beloved province’s economy and prestige.

[13] Le collège des Doctrinaires, dont les bâtiments sont toujours présents à Castelnaudary à l’ombre du présidial, eut pour dernier principal Jean-Baptiste Gibrat. Homme de culture, homme des Lumières dont le souvenir, dans les notices biographiques, est succinct. Il mérite pourtant d’être connu, pour toute sa vie consacrée à l’enseignement, pour son œuvre de géographe, pour son engagement dans la vie politique de Castelnaudary, peu après son installation dans la ville. Si son « Traité de la Géographie moderne » n’a pas bouleversé les connaissances de l’époque en ce domaine, il nous éclaire cependant sur ce qu’était l’enseignement de cette matière, sur l’image du monde que l’on transmettait aux élèves des collèges au XVIIIe siècle.

[14] The Collège des Doctrinaires, whose buildings are still standing in Castelnaudary in the shadow of the Présidial, had Jean-Baptiste Gibrat as its last principal. A man of culture, a man of the Enlightenment, he is only mentioned succinctly in biographical notes. Yet he is well worth knowing, for having devoted his life to teaching, for his geographical works, for his involvement in the political life of Castelnaudary, shortly after settling in the town. If his « Treatise of modern Geography » did not overwhelm geographical knowledge of that era, it does however shine a light on what the teaching of that subject was like and on the image of the world that was passed on to pupils in the schools of the XVIIIth century.

[15] Deux jeunes amis, Auguste Blanchot de Brenas, avocat originaire du Velay, et Félix Jouguet, ingénieur des mines dans les Cévennes, visitent le Languedoc. Une rencontre dans la Cité de Carcassonne les pousse à explorer les Corbières, région alors inaccessible et ignorée. Dans son journal, Auguste conte avec beaucoup d’humour leurs aventures sur les mauvais chemins des Corbières. Fin observateur, il restitue avec fidélité et talent les paysages grandioses, les rencontres avec de pittoresques personnages, les mœurs et les coutumes de cette contrée sauvage. Passionné par les légendes, il raconte les exploits de Dame Carcas contre Charlemagne à Carcassonne, les méfaits des fées lavandières qui font tourner la tête aux jeunes garçons et le sermon du curé de Cucugnan pour sauver ses ouailles de l’enfer. Cette dernière histoire est célèbre grâce aux plagiats de Roumanille et d’Alphonse Daudet mais son inventeur est bien oublié. Cet article se propose de découvrir qui est cet auteur et quel est l’intérêt de son récit.

[16] Blanchot de Brenas, the discoverer of the “priest of Cucugnan”, his travel at Carcassonne and in the Corbières in 1858. Two friends, Auguste Blanchot de Brenas, lawyer native of Velay, and Félix Jouguet, mining engineer in the Cevennes, visit the Languedoc. A meet in the City of Carcassonne drive them to explore the Corbières, inaccessible and unknown country. In his paper, Auguste tells with humour their adventures on the bad paths. Good observer, he describes with fidelity and talent beautiful landscapes, meeting colourful character, manners and customs of this wilderness. Passionate by legends, he tells the exploits de Lady Carcas against Charlemagne at Carcassonne, harms of washerwomen fairies who bewitch the young men, and “The Sermon of the Cucugnan priest” to save his parishioners from hell. This last tale was immortalized throw plagiarism of Roumanille and Alphonse Daudet but his discover was forgotten. This paper wants to discover who is this author and the interest of his travel story.

[17] Eugène Mir (1843-1930) a toujours eu son domicile principal à Paris, il s’y est marié, il y est décédé, il y a accompli ses divers mandats d’élu, comme député et comme sénateur ensuite. Cela ne l’a pas empêché de garder un attachement profond pour sa terre natale, au point d’y bâtir l’œuvre de sa vie, le grand domaine des Cheminières. Les innovations, introduites au cours de soixante années d’efforts opiniâtres, pour bâtir ce « chef d’œuvre », fournissent les éléments de la description entreprise dans ce travail. Celle-ci commence par la constitution du patrimoine (achats multiples) pour se poursuivre par l’embellissement de l’ensemble et par la création d’activités agricoles inusitées en ces lieux. Mais avant cela, nous nous demanderons pourquoi Eugène Mir a fait ce choix ?

[18] The work of Eugène Mir on the great domaine des Cheminières, from 1870 to 1930. Eugène Mir (1843-1930) had always maintained his main residence in Paris, where he got married, where he died and where he served various terms as an elected member of parliament and later as senator. This did not prevent him from retaining a deep attachment to his native land, to the point of constructing the work of his life there, the great domaine des Cheminières. The innovations, introduced in the course of sixty years of persistent efforts, for building this “masterwork”, provide the elements of the description undertaken in this present work. It begins with the setting up of the estate (through various purchases), followed by the embellishment of the whole and also by the creation of agricultural activities uncommon in these areas. But before this, we will ask ourselves : why did Eugène Mir make this choice ?

  
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